Philosophie

  • En quoi notre vie sera-t-elle transformée par les découvertes à venir ? Parviendrons-nous à mieux comprendre les mécanismes du vivant et de la conscience ? Pouvons-nous envisager un renouvellement des théories de la matière et de l'univers et l'avènement d'une nouvelle informatique ? Quels besoins de la société auront un impact sur la recherche (nouvelle robotique, révolution des neurosciences, thérapies géniques, innovations dans l'énergie, dans l'alimentation, etc.). La recherche, vecteur de l'« économie de la connaissance », échappera-t-elle à la dictature du temps court et rendra-t-elle le monde plus lisible par le débat sur les choix technologiques et la dimension éthique des enjeux ?
    C'est à ces nombreuses questions que l'auteur, fort de sa double expérience de chercheur et de responsable de la politique scientifique française, tente ici de répondre de façon claire et passionnante. Cette réflexion prospective sur la science et la technologie nous apporte des réponses rigoureuses, à travers des scénarios du futur.
    Physicien, Professeur émérite à l'École Supérieure de Physique et Chimie Industrielles de Paris (ESPCI), Pierre Papon a dirigé le Cnrs puis l'Ifremer (Institut français de Recherche pour l'exploitation de la mer) ; il est président d'honneur de Observatoire des Sciences et des Techniques.

  • L'univers est-il accessible à la connaissance humaine ?
    Malgré d'extraordinaires progrès, la science n'est pas parvenue, jusqu'ici, à apporter de réponse rationnelle à cette question - pire, elle a fini par obscurcir la notion de réel, qui paraissait pourtant évidente, remettant très profondément en cause les conceptions de base de la physique classique.
    D'où la question que l'on ne peut plus éviter aujourd'hui : quel est vraiment le contenu, c'est-à-dire la signification, d'une théorie physique fondamentale ? C'est tout le problème de l'interprétation qui est ici discuté par Marceau Felden, professeur de physique à l'Université de Paris XI-Orsay et à l'École supérieure d'Électricité.
    Une analyse critique rigoureuse de la physique actuelle mène l'auteur à mettre en évidence trois discontinuités qui conduisent irréductiblement à distinguer physiquement trois domaines complémentaires : le microcosme, le mésocosme et le mégacosme. Il montre que l'analyse de leurs spécificités respectives nécessite des descriptions différentes. Dès lors, le concept de réel- en fait de nature ontologique, mais en n'oubliant pas que c'est l'homme observateur-ne peut plus avoir la même représentation ni la même signification, dans chacun de ces trois domaines. Ce qui, entre autres conséquences, permet de poser en termes nouveaux le problème de l'interprétation de la physique quantique.
    Cet examen critique, qui est fondamentalement celui de nos possibilités d'accès à la connaissance scientifique, conduit finalement à remplacer la question initiale par la suivante : " Que peut-on connaître de l'univers? ".

  • L'idée que la diversité du réel puisse être expliquée par une unité sous-jacente est sans doute aussi ancienne que la pensée elle-même : les grandes mythologies le racontent, les premiers philosophes l'affirment, et la science moderne en a repris le programme en unifiant les conceptions du monde, de la matière et du mouvement.
    De ce pari métaphysique et quasiment religieux, la physique a aussi fait la vérité de sa démarche : identifier les objets les plus élémentaires possibles, violer les lois les plus fondamentales en cherchant à les raccorder jusqu'à pouvoir les unifier, fournir de l'ensemble la description la plus globale qui soit. Ce que l'on pourrait résumer par l'antique formule des néo-platoniciens : hen-ta-panta, c'est-à-dire "l'Un-toutes-les-choses".
    Mais comment appréhender le statut exact de cette quête d'unité ? Remontant à ses origines, examinant ses succès comme ses échecs, analysant sa place dans la physique d'aujourd'hui, Étienne Klein et Marc Lachièze-Rey en cernent les facettes. Le physicien, auteur de Conversations avec le sphinx, et l'astrophysicien, auteur de Connaissance du cosmos, font le tour des différentes formes de cette recherche, explorent les théories physiques qui s'en réclament de nos jours. Achevant leur livre par le procès de ces théories que l'on voudrait ultimes sous prétexte qu'elles aboutiraient à une plus ou moins grande unification, ils montrent que, loin d'être un résultat, l'unité de la physique est un processus qui n'a jamais fini de se déployer. Il faut qu'il y ait de l'Un pour que la physique existe, mais cet Un demeure un horizon vers lequel on est toujours en marche.

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