Académie royale de Belgique

  • Alfred Russel Wallace (1823-1913) est l'un des plus grands naturalistes du 19e siècle. Autodidacte génial, co-inventeur de la théorie de l'évolution, explorateur de régions inconnues d'Amazonie et de l'archipel malais, père de la biogéographie, écologiste avant l'heure mais aussi socialiste, anticapitaliste, antimilitariste, féministe et donc « politiquement incorrect » dans l'Angleterre victorienne. Wallace est déiste et spiritualiste : il croit a l'existence d'un monde des esprits, à l'existence d'un pouvoir organisateur surnaturel, aux fantômes et en cela, aussi, il est « politiquement incorrect » pour ses collègues et amis comme Huxley, Hooker, Darwin qui cherchent à dégager la science de toute contrainte philosophique ou religieuse et à la fonder sur des bases rationnelles. Wallace est un personnage fascinant sur le plan scientifique et personnel. Sa vie est un vrai roman !

  • L'armistice n'a pas apporté la paix... des esprits. Le Soldat inconnu enterré sous la Colonne du Congrès à Bruxelles, le monument national qui devait être élevé dans la capitale et les monuments aux morts érigés partout en Belgique ont suscité moult débats au lendemain de la Première Guerre mondiale. Afin de scruter les mémoires de la Grande Guerre en Belgique, des sources très diverses (centres d'archives, presse, réglementations, cartes postales, listes de souscriptions, etc.) ont été sondées et différentes approches (institutionnelle, culturelle, anthropologique, sociale, économique et politique) ont été combinées. La première partie de l'ouvrage revient sur la fin de la guerre, vécue de différentes manières et à des moments distincts par la population belge. Entre exaltation, haine et (dés)espoirs, le « retour à la normale » prendra du temps. Les monuments éphémères dressés pour la Joyeuse entrée du 22 novembre 1918 préfigurent ceux, plus durables, qui seront inaugurés par la suite. On fête les vivants, on glorifie les morts. L'histoire du Jass inconnu fait découvrir les aspirations de la population et des associations, ainsi que les tergiversations du gouvernement. La seconde partie s'attèle à raconter la façon dont des milliers de monuments ont été imaginés, pensés, réalisés (ou non), financés et perçus par tous les niveaux de pouvoir mais aussi par les artistes et la population. L'appel à la sobriété commémorative lancé par l'État sera délibérément ignoré par les acteurs locaux. Pour les associations, les comités et les familles endeuillées, ériger des monuments à « ses » morts constitue un réel besoin, une raison de (sur)vivre. C'est pourquoi, malgré les difficultés - notamment pour trouver un financement ou choisir un emplacement - des monuments ont été dressés partout en Belgique. Ces monuments commémoratifs - aujourd'hui parfois délaissés - demeurent les témoins fascinants d'une époque pleine d'attentes et de (res)sentiments.

  • Peut-on encore, trois quarts de siècle après le quatrième partage de la Pologne et les tragédies qui ont suivi - et que notre colloque rappelle -, accepter le dépeçage d'un État souverain par son voisin puissant désireux d'assouvir ses visées expansionnistes ? Il est vrai que les changements des frontières de l'Europe sont la cause ou la conséquence d'une longue histoire de notre continent. Des trahisons aussi, comme du mensonge et de la lâcheté, dont l'exemple est le Pacte Ribbentrop-Molotov, et ses dramatiques conséquences. La Pologne est le témoin privilégié. On peut être Polonais et avoir vécu, sans quitter sa ville natale, dans quatre pays différents, sans parler des régimes politiques. À un moment, assez récent d'ailleurs, lorsque le Mur de Berlin s'est effondré, on s'imaginait entrer à l'époque de la « fin de l'histoire ». Le monde allait dorénavant avancer à partir d'un consensus démocratique et construire l'avenir sans antagonismes sociaux. Or, il n'en est rien. Et le seul pouvoir que nous avons sur l'avenir, est la maîtrise du passé. Ce colloque était destiné à nous le rappeler, une fois de plus. Avec les contributions de : Stéphane Courtois, Philippe Degouis, Hervé Hasquin, Bernard Joliot, Joël Kotek, Adam Micknik, Andrzej Paczkowski, Yves Santamaria, Timothy Snyder

  • De Charles Darwin, on connaît la théorie révolutionnaire de l'évolution des êtres vivants qu'il a développée dans son livre-événement de 1859 L'origine des espèces mais beaucoup ignorent ce qui a bien pu l'occuper de 1859 à 1882, année de son décès. En fait, c'est au monde végétal qu'il a consacré une part importante de cette période, en particulier à l'étude des mouvements exécutés par les organes aériens et souterrains des plantes. Darwin découvre que ces mouvements sont universels, que la plupart sont lents mais que quelques-uns sont ultra-rapides, que certains sont provoqués par un facteur de l'environnement alors que d'autres paraissent « innés », c'est-à-dire contrôlés par un mécanisme interne à la plante. Darwin ressent vite le besoin de dépasser la simple observation des phénomènes et de passer à l'expérimentation. À partir de 1873, il associe à la poursuite de ce travail son fils Francis, physiologiste de formation. La coopération entre le génie intuitif de Charles et le travail méthodique de Francis va s'avérer incroyablement fructueuse. Elle les conduit à conclure en 1880 que l'agent responsable des mouvements est une « influence » se déplaçant dans les plantes. Le professeur Sachs (Würzburg), figure de proue de la physiologie végétale de l'époque, rejette catégoriquement cette proposition. Ce rejet assombrit les dernières années de la vie de Charles. C'est pourtant les Darwin qui avaient raison. Leur idée va susciter au XXe siècle des recherches qui déboucheront en 1928 sur la découverte de la première et la plus importante hormone végétale : l'auxine. L'histoire de cette épopée scientifique prodigieuse, racontée ici, révèle que Charles Darwin, le génial naturaliste et penseur, s'est « converti » au cours des 20 dernières années de sa vie en un génial pionnier de la physiologie des plantes. L'ouvrage est préfacé par Jean Gayon, professeur à l'Université de Paris 1 - Panthéon Sorbonne et directeur de l'Institut d'histoire et de philosophie des sciences et des techniques, à Paris.

  • Depuis la parution du livre remarquable de GodefroidKurth, aucune publication d'ensemble n'avait été con-sacrée à l'évêque de Liège Notger (972-1008) qui fut lecontemporain des empereurs Otton I, Otton II, Otton IIIet Henri II. Le présent ouvrage, qui réalise la synthèsed'une série d'articles tout en prenant en compte lesétudes les plus récentes consacrées à l'Église germaniqueaux alentours de l'an Mil, s'efforce de renouveler l'imagede celui qui fut le plus important des « princes-évêques »de Liège du Moyen Âge. Jean-Louis Kupper, professeur émérite aux Universités de Liège et de Luxembourg,est membre correspondant de l'Institut de France, membre de l'Académie royalede Belgique et de la Commission royale d'histoire. Il s'intéresse particulièrement àl'histoire des liens multiples qui existèrent entre l'« espace » belge et le Saint-Empiregermanique au cours de la période médiévale.

  • La liberté d'expression figure au Panthéon des grandes libertés. Elle constitue aussi le socle de la démocratie, au point d'en constituer aujourd'hui le critère prépondérant. Or, force est de constater que cet acquis fait l'objet de contestations ou d'interprétations différenciées : religion, racisme, identité, réchauffement climatique, dérapages sur les réseaux sociaux : il ne se passe plus une journée sans que la question sur ce qui est légitime de dire ou de laisser dire ne soit posée. Menacée, menaçante ? La liberté d'expression ne laisse pas d'interroger notre modernité. Contributions de Krystèle Appourchaux, Henri Bartholomeeusen, Souhayr Belhassen, Jean Bricmont, Axel Cleeremans, Pierre Daled, Édouard Delruelle, François De Smet, Philippe Dutilleul, Joumana Haddad, Monseigneur Guy Harpigny, Hervé Hasquin, Habib Kazdaghli, Nadia Khiari, Pierre Kroll, Anne-Marie Le Pourhiet, Philippe Nemo, Plantu, Tariq Ramadan, András Sajó, Mireille Salmon, Françoise Tulkens, Quentin Van Enis

  • Depuis les temps les plus reculés, l'homme n'a eu de cesse de maî- triser son environnement et la découpe du temps fut l'une de ses quêtes. Les progrès furent lents, hésitants pendant de nombreux siècles pour s'accélérer terriblement durant les dernières décen- nies. Ce long récit montre comment les progrès de la recherche en physique et en astrophysique ont transformé en une courbe exponentielle une évolution initialement linéaire. Le présent ouvrage se veut multidisciplinaire, traitant de diffé- rents aspects de la problématique de la mesure du temps. Il s'in- téresse au problème de la découpe de celui-ci et aux instruments mis en oeuvre pour son décompte. En particulier, il se polarise sur la « précision » des instruments de mesure et analyse le long cheminement historique lorsque l'on est passé des instruments les plus rudimentaires, tels que le gnomon, aux plus sophistiqués, tels que l'horloge atomique qui permet désormais de disséquer le temps avec une précision phénoménale. Spécialisé en spectroscopie et en astrophysique, Émile Biémont est docteur en Sciences et agrégé de l'enseignement supérieur. Il a enseigné dans les universités de Liège et de Mons, tout en conduisant une carrière de Directeur de Recherches au FRS-FNRS. Lau- réat de nombreuses distinctions et prix scientifiques, il a été membre d'un grand nom- bre de commissions, jurys et comités d'expertise nationaux et internationaux. Membre de la Classe des Sciences de l'Académie royale de Belgique depuis 1994, il est l'auteur de plus de 360 publications scientifiques dont une dizaine de livres. Parmi ceux-ci, on peut citer La Lumière et Effets lumineux et météores dans l'atmosphère ter- restre (Collection « Que sais-je ? »), L'ABCdaire du ciel (Flammarion) ou Rythmes du temps, Astronomie et Calendriers (De Boeck Université).

  • Dans tout État, les minorités peuvent être perçues comme une menace pour l'unité nationale. Les questions posées par l'existence de minorités sont d'autant plus complexes que différents types de minorités ont émergé au cours de l'histoire, et ont émis des revendications diverses. Tous les États européens ont été confrontés à la question des minorités au cours de leur histoire, et le sont encore aujourd'hui. C'est pourquoi ce colloque organisé par l'Académie royale de Belgique sur les minorités prend pour champ d'étude le continent européen. Afin de cerner une problématique encore plus précise, le colloque se penche sur les catégories de minorités qui, d'hier à aujourd'hui, ont été perçues comme des défis pour l'intégrité territoriale ou la cohésion politique des États. Au cours de trois parties successives, les thèmes suivants sont examinés : l'émergence historique des différents types de minorités en jeu, les principaux courants de pensée qui structurent en Europe le débat sur les minorités, et enfin les réponses apportées à cette question par divers États européens ou institutions internationales.

  • Alors que l'histoire des femmes est relativement bien implantée en Belgique, il n'existe encore aucune étude qui envisage l'ensemble des mouvements féministes dans leur rapport à la société civile et politique. L'époque choisie s'étend de 1918 à 1968. En effet des pans entiers de l'activité féministe de l'entre-deux-guerres aux années 1960 demeurent largement méconnus. Le contexte a ici toute son importance : le féminisme d'entre-deux-guerres est en effet confronté à la mise en place de nouveaux processus d'intervention de l'État et aux conséquences des politiques natalistes menées par tous les gouvernements. Or ces tendances sont en totale contradiction avec l'implication des femmes dans l'espace public, avec leur accès à de nouvelles filières professionnelles, avec leur arrivée plus nombreuse dans l'enseignement secondaire et même supérieur. Longtemps, on a cru qu'en signalant l'accès des femmes au suffrage en 1948, on avait tout dit ; pour beaucoup, ces années seraient caractérisées par un mouvement féministe en léthargie, alors qu'en réalité il engrange des succès et mène des combats fondamentaux. L'ouvrage privilégie une approche thématique des revendications féministes et offre un focus sur les avancés dans la sphère publique (pour l'essentiel la question du droit à la citoyenneté économique et politique). À terme les éléments dégagés éclairent les processus de construction des citoyennetés civile, politique et sociale des femmes. Notre étude si elle se situe sur le plan national, envisage conjointement l'impact de l'international sur l'évolution du féminisme belge. Au terme, l'ouvrage permet de mieux comprendre le processus d'inclusion des femmes dans la société belge et éclaire sur les mécanismes de démocratisation de celle-ci par l'intégration de ses citoyennes. Catherine Jacques est docteure en histoire de l'Université d'Angers et de l'Université libre de Bruxelles (2007-2008). Elle est depuis 2009 collaboratrice scientifique à l'ULB auprès du Centre d'histoire du droit et d'anthropologie juridique.

  • Pendant longtemps, les historiens qui se sont intéressés à l'histoire institutionnelle des anciens Pays-Bas ont souvent privilégié une approche structurelle des organes de gouvernement, en négligeant les hommes qui participaient au fonctionnement de ces derniers. Les points de vue ont considérablement évolués au cours des dernières décennies et les "fourmis ouvrières" du gouvernement des Pays-Bas d'Ancien Régime ont de plus en plus fait l'objet de toutes les attentions. Ce travail veut participer à ce renouvellement de l'histoire institutionnelle. Sur base de la consultation de plus de 1000 liasses d'archives, une prosopographie, comptant 810 notices, a pu voir le jour. Elle a d'ailleurs été publiée en 2012 grâce à l'appui d'Archives et Bibliothèques de Belgique et des Archives générales du Royaume et des Archives de l'État dans les provinces. La comparaison des données récoltées a permis de dégager les traits caractéristiques d'un groupe social spécifique, d'une "caste", celle des fonctionnaires d'État au XVIIe siècle. Dans ce travail sont successivement étudiés les profils de carrière, les phénomènes de la vénalité publique, du népotisme et du favoritisme. Est également analysé le processus qui a engendré la naissance d'un véritable réseau de fonctionnaires, motivés par les mêmes ambitions sociales. Finalement, sur base des quelques documents retrouvés, nous avons tenté de reconstituer, autant que faire se peut, les cadres matériel et intellectuel dans lesquels évoluaient ces fonctionnaires d'État. À travers les visages des grands commis du gouvernement central, ce travail veut rendre une certaine jeunesse à cette vieille fille qu'est l'histoire institutionnelle et aussi apporter sa pierre à la compréhension des sociétés et des institutions européennes d'Ancien Régime. Catherine Thomas est diplômée en histoire de l'Université catholique de Louvain. Elle est aujourd'hui conservatrice du Musée du Verre de la Ville de Charleroi. Si ses recherches se sont longtemps axées sur l'histoire institutionnelle, elle se consacre depuis peu à l'histoire de l'industrie verrière en Wallonie et plus particulièrement à Charleroi. La présente étude est le fruit de sa thèse de doctorat qu'elle a soutenue en 2009 à l'Université catholique de Louvain.

  • Un chat est différent d'un tigre, un moineau différent d'un aigle, un homme différent d'un gorille et donc la question « L'homme est-il un animal comme les autres ? » pourrait sembler incongrue. Pourquoi pas : le chat est-il un animal comme les autres ? La question concernant l'homme prend toutefois une connotation très différente si on la situe dans un contexte historique. Charles Darwin et Alfred Russel Wallace, les deux inventeurs de la théorie de l'évolution, étaient d'accord de voir en l'homme un animal apparenté aux grands singes. En cela l'homme était donc un animal comme les autres. Toutefois et à la différence de Darwin, Wallace considérait que les capacités intellectuelles de l'homme, son pouvoir d'abstraction, son sens du beau ne pouvaient s'expliquer par la sélection naturelle. Cette publication commémore le centième anniversaire de la mort de Wallace. Sous la direction de Jacques Reisse et Marc Richelle Préface d'Yves Coppens Contributions de Jean-Paul Bronckart, Jean-Pierre Changeux, Alexandre Ganoczy, Dominique Lambert, Michel Morange, Odile Petit, Jacques Reisse, Marc Richelle

  • Le souhait des organisateurs de ce colloque a été de s'inscrire dans les commémorations de la Grande Guerre en tant qu'acteur contribuant à la réflexion et au débat. Sur les deux jours du colloque, les nombreuses communications de très grande qualité ont permis de nous éclairer sur le contexte de cette première guerre mondiale, les événements qui se sont déroulés dans la région de Charleroi, l'impact démographique de la guerre, la question de la faim et de la survie, le fonctionnement des industries de Charleroi, la vie syndicale, le regard des élites sur la guerre, la sortie de la guerre, la mémoire de ce conflit... L'approche est donc résolument pluridisciplinaire. Cette rencontre souligne l'intérêt des commémorations qui accomplissent un devoir de mémoire et servent aussi une action utile, tournée vers l'avenir. Pour les académiques, c'est une opportunité de dynamiser la recherche. Pour la société, c'est l'occasion de tirer des enseignements et de transmettre des valeurs.

  • Du 4 au 11 février 1945, alors que la Seconde Guerre mondiale bat son plein sur les théâtres européen et asiatique, Roosevelt, Churchill et Staline se réunissent dans la station balnéaire de Yalta, en Crimée, pour préparer l'après-guerre. Le sort de l'Allemagne est évidemment au coeur de cette nouvelle conférence interalliée, à laquelle la France, au grand dam du général de Gaulle, n'a pas été conviée. Les décisions qu'y prennent les Trois Grands s'avéreront capitales pour le devenir de l'Allemagne mais aussi et surtout de la Pologne. Non content de s'entendre notamment sur le partage de l'Allemagne et de Berlin en quatre zones d'occupation, les alliés s'accordent sur une rectification majeure des frontières de l'État polonais qui se voit amputer de ses confins orientaux, au profit de l'URSS. Mieux encore, Staline obtient encore le contrôle sur le futur gouvernement polonais qui devra être constitué sur base du comité (communiste) de Lublin et non du gouvernement (légitime) de Londres. Ce furent bien les contradictions et impasses de Yalta qui conduiront inévitablement à la guerre froide, une période organisée autour du concept d'équilibre de la terreur mais paradoxalement bien plus stable que la nôtre. Avec les contributions de : Antony Beevor, Stéphane Courtois, Philippe Degouis, Hervé Hasquin, Joël Kotek, John Merriman, Mikhail Narinskiy, Andrzej Paczkowski, Jan Rubes et Georges-Henri Soutou

  • Célestin Deliège (1922-2010) a joué un rôle capital dans la prise de conscience des problèmes posés par la création et la diffusion des musiques nouvelles depuis 1950. Les experts réunis dans ce recueil font le point sur une série de questions qu'il avait été parfois le premier à soulever et à étudier. Ils rendent hommage à sa perspicacité, à son exigence et à l'originalité de sa réflexion sans en faire l'éloge béat, mais dans l'esprit de discussion et de débat contradictoire chers au chercheur et pédagogue qu'il était et qui n'a cessé de préconiser une musicologie critique. Contributions de Moreno Andreatta, Simha Arom, Pierre Bartholomée, Pierre-Albert Castanet, Jean-Pierre Devroey, Pascal Decroupet, Valérie Dufour, Bernard Foccroulle, Fabien Lévy, Maxime Joos, Nicolas Meeùs, Jean-Jacques Nattiez, Jean-Marie Rens, Robert Wangermée

  • L'évaluation de la recherche scientifique constitue un sujet d'une grande importance. D'abord, pour les chercheurs et professeurs dans le monde académique. Ensuite, pour les institutions qui les emploient et les financent. Enfin, pour la société qui entretient des attentes envers les connaissances scientifiques et leurs applications. Quels modes d'évaluation sont aujourd'hui pertinents et appropriés à la diversité des disciplines, des pratiques et des objectifs de recherche ? Cette question se pose avec acuité dans le cadre de bouleversements induits par l'informatisation, l'internationalisation, les contraintes financières des pouvoirs publics, et plus largement par les évolutions contemporaines des sociétés et de l'économie. Cet ouvrage fait le point sur ce sujet avec des chercheurs belges et internationaux, réunis à l'occasion d'un colloque « Penser la science ». Avec les contributions de : Hugues Bersini, Barbara Clerbaux, Gabriel Colletis, Alain Eraly, Bernard Fusulier, Yves Gingras, Véronique Halloin, Marek Hudon, LAC (L'Atelier des Chercheurs), Bruno Leclercq, Pierre Marage, Dominique Pestre, Maryse Salles, Isabelle Stengers, Benoît Timmermans, Christian Vandermotten, Edwin Zaccai.

  • En novembre 2010, l'Académie royale de Belgique et le Collège Belgique ont organisé sous le titre « Musique et Sciences de l'Esprit », un colloque de psychologie cognitive consacré à la musique en collaboration avec l'ESCOM (European Society for the Cognitive Sciences of Music). Cette association a été créée en 1990 par divers chercheurs européens, à l'initiative d'Irène Deliège, musicienne de formation, docteur en psychologie de l'Université de Liège et alors directrice de l'unité de recherche en psychologie de la musique au sein du service de psycho- logie expérimentale du Professeur Marc Richelle. Irène Deliège est bientôt devenue secrétaire générale de l'ESCOM. Elle a créé en 1997 une revue internationale, Musicae Scientiae, qui a pu paraître grâce à l'appui du FNRS. Elle a mené elle-même des tra- vaux originaux d'une grande rigueur scientifiquequi lui ont valu une réputation internationale. Le Colloque de l'Académie a été organisé à l'occasion de son départ à la retraite de l'ESCOM (à 76 ans), alors que la revue lui offrait un numéro spécial préparé en son honneur. Le Colloque a été organisé en coordination par l'Académie et l'ES- COM avec la participation à parts égales de membres de l'ESCOM et des quatre classes de l'Académie. Les organisateurs ont souhaité contribuer ainsi à un dialogue entre spécialistes de la musique, musi- ciens ou musicologues et représentants des disciplines de la psychologie de la musique. Cette publication veut être une introduction à la psychologie cognitive de la musique pour des lecteurs de langue française, car la littérature sur cette matière est jusqu'ici très majoritairement en langue anglaise. C'est aussi pourquoi, alors que le Colloque s'est déroulé en français et en anglais avec traductions simultanées, les actes ici publiés paraissent en français seulement. Contributions de Jean-Marie André, Emmanuel Bigand, Leen De Bruyn, Pascal Decroupet, Irène Deliège, Thierry De Smedt, Michel Hambersin, Michel Imberty, Reinhard Kopiez, Claude Ledoux, Marco Lehmann, Marc Leman, Jukka Louhivuori, Pieter Jan Maes, Bart Moens, Luc Nijs, Rosie Perkins, Friedrich Platz, Laura Ritchie, John Slobada, Sam Thompson, Robert Wangermée, Geraint A. Wiggins, Aaron Williamon

  • On pense encore souvent que l'athéisme était impossible et impensable avant la Révolution française. Cette idée est l'une de celles qui a été battue en brèche par les deux colloques qui sont à l'origine de ce volume. Les textes ici rassemblés montrent en effet qu'on trouve, sous diverses formes, des conceptions du monde athées durant toute la modernité. Mais les auteurs ne se sont pas contentés de montrer l'une ou l'autre revendication d'athéisme, ils ont analysés ce que signifiait alors l'athéisme et la manière dont il peut se donner à voir à une époque où la liberté d'expression n'est pas de mise et où la croyance est généralement considérée comme le garant de toute moralité. Textes réunis sous la direction d'Anne Staquet Contributions de Miguel Benítez, François Berriot, Gilbert Boss, Jean-Pierre Cavaillé, Jean-Pierre Cléro, Pierre F. Daled, Serge Deruette, Daniel Droixhe, Pierre Gillis, Hichem Ghorbel, Gaëlle Jeanmart, Alain Mothu, Didier Ottaviani, Gianni Paganini, Paolo Quintili, Anne Staquet, Monique Weis

  • « La démocratie, enrayée ? ». Ainsi posée, la question générique portée par le colloque international tenu à l'Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles, les 30, 31 mai et 1er juin 2013, pouvait apparaître rhétorique. Elle se justifiait pourtant pleinement par la préoccupation des organisateurs de démarrer la réflexion au départ d'une perception largement partagée et contemporaine d'essoufflement du cadre démocratique institutionnel. Celui-ci fait face aux questions politiques, démographiques, économiques qu'impose l'agenda global d'une planète désormais mondialisée sur le plan de ses échanges commerciaux et humains, de ses flux d'informations, et mise au pied du mur de défis exigeant une entente de nature globale. En définitive, le rôle ingrat de la démocratie serait de parvenir à se protéger à la fois de l'irresponsabilité et de la frilosité, en ressuscitant une vision de l'intérêt général. Cela ne sera guère facile et nécessite de réconcilier l'intérêt général et les intérêts particulier, les jeunes et les vieux, les employés et les ouvriers, les investisseurs et les travailleurs, et de dépasser cette rupture que Pierre Desproges moquait lorsqu'il nous disait que « la démocratie c'est aussi la victoire de Belmondo sur Fellini ou du top 50 sur Mozart ». Telle est la nouveauté de l'ère nucléaire et financière : la loi du plus grand nombre, que le même Desproges dénonçait parce qu'elle n'est que la loi de la médiocrité sur l'intelligence, s'efface finalement elle-même devant les devoirs que nous donnent ceux qui nous suivront, et dont nous n'avions pas été habitués comme espèce, jusqu'ici, à envisager que nos actions présentes pourraient les empêcher tout simplement de vivre. Ce qu'on nomme « démocratie enrayée » pourrait bien préfigurer une bataille décisive entre ceux qui pensent à la prochaine élection et ceux qui parviennent à faire penser les citoyens à la prochaine génération.

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