ALPARA

  • Dans le cadre de vastes plaines septentrionales et de moyennes montagnes méridionales, l'Auvergne médiévale et ses marges accueillent un couvert forestier différencié et des charpentes adaptées. Cet ouvrage s'attache à montrer comment les chantiers des clercs ou des laïcs se plient aux réalités forestières, à la qualité des bois d'oeuvre et aux qualifications des équipes. Dès le xie siècle et jusqu'au milieu du xiiie siècle, la majeure partie de ces régions manque de bois et pallie la pénurie en proposant notamment la solution maçonnée de la couverture sur reins de voûtes. À partir des années 1250, l'architecture gothique s'impose en Bourbonnais, dans la Marche et le nord du diocèse de Clermont. Elle implique l'usage de combles et celui de nouvelles techniques de charpenterie. Désormais, la ferme-latine et ses dérivés sont remplacés par la solution « française » du chevron-formant-ferme. Toutefois, le processus d'acculturation n'est pas conduit à son terme. La charpente à chevrons-formant-fermes concerne les zones les plus anciennement réceptives aux ouvrages charpentés, alors qu'ailleurs les techniques romanes sont maintenues. À la suite de collaborations élargies, l'auteur tente de rassembler une documentation diversifiée et propose de nouvelles hypothèses en faisant intervenir les résultats d'études typologiques, technologiques, dendrochronologiques ou climatologiques.

  • Au lieu-dit « Chantemerle », sur la commune de Gerzat (Puy-de-Dôme), un ensemble funéraire composé de six enclos circulaires, d'un enclos ovale et de 72 tombes contenant les restes de 83 individus a été fouillé préventivement durant le printemps et l'été 2001. Il couvre une surface d'environ 6 000 m2. Les perspectives d'étude sont très favorables dans la mesure où l'on peut estimer que la fouille a touché la majeure partie de la nécropole au vu de la densité et de la répartition des tombes. L'aménagement des 72 tombes varie du simple contenant à parois rigides (coffres) à des constructions complexes comportant à la fois un dallage aménagé sur le fond de la fosse, un contenant à parois rigides (coffre), un blocage massif (calage du coffre) et un système de signalisation de surface composé d'un ou plusieurs blocs de basalte. L'élément structurant de cet ensemble semble résider dans la position et l'orientation des individus inhumés qui reposent, le plus souvent, la tête tournée vers le sud. Au-delà de ce constat, le choix du mode d'inhumation (fosse aménagée, contenant rigide ou souple, pleine terre, association de mobilier) ne laisse rien au hasard. La combinaison des différents critères descriptifs (anthropologiques, architecturaux, dépôts mobiles) a montré des cas récurrents d'associations. Il a été possible de dégager des axes et des groupes structurants au plan spatial qui ont pu être confrontés aux données de la chronométrie fournies par les radiodatations et l'étude du mobilier céramique et métallique essentiellement. Ainsi, au terme d'une publication minutieuse des constats et arguments, c'est l'histoire globale de cette nécropole, avec ses modalités de recrutement et le statut des individus, qui est mise en évidence. Cet ensemble sépulcral revêt un caractère exceptionnel par des contours connus, une trame d'organisation spatiale, une longue durée d'utilisation, le nombre et la nature variée des sépultures, une bonne conservation globale des restes osseux, un mobilier particulier. Son étude ouvre de nouvelles perspectives dans l'approche des pratiques funéraires et dans la perception de l'organisation sociale et des courants culturels qui ont marqué cette communauté du centre de la France. Son intérêt dépasse les frontières nationales et place la nécropole de Gerzat Chantemerle parmi les sites de référence européens du Bronze ancien.

  • Décidée en 1998 par la Ville de Lyon, l'opération de restructuration et de rénovation du Musée Gadagne est aujourd'hui en voie d'achèvement. Ce fut l'une des plus ambitieuses qu'ait connu le bâti civil du Vieux-Lyon, secteur sauvegardé inscrit au patrimoine mondial la même année. En donnant la parole aux divers protagonistes du chantier, maître d'ouvrage et architectes, conservateurs et archéologues, cet ouvrage est plus qu'une publication scientifique classique. C'est aussi le récit d'une réalisation technique et architecturale complexe et le bilan d'un parcours scientifique et culturel polymorphe. Il était évident pour tous que les bâtiments qui abritent le Musée historique de la ville de Lyon et le Musée international de la marionnette constituaient eux-mêmes la pièce maîtresse de la collection muséographique. Une enquête historique et archéologique exemplaire s'imposait face à ces témoins privilégiés de l'histoire urbaine. Plus que de l'étude d'un hôtel particulier, fût-il grandi par le nom des Guadani, lignée de célèbres banquiers italiens qui l'occupèrent dans le courant du xvie siècle, il s'agissait, à partir d'un îlot délimité par les actuelles montée du Garillan, montée Saint-Barthélemy et rue de Gadagne, d'aborder l'histoire d'un fragment de ville dans ses manifestations matérielles et symboliques. Dans le fond, le travail présenté ici s'inscrit dans la tradition de topographie historique qui consiste à collecter et à organiser des informations d'origine diverse sur un territoire urbain et à les représenter graphiquement, en plan, élévation et vue cavalière. Mais les recherches conduites sous l'égide du Service archéologique municipal se distinguent de l'oeuvre des grands aînés lyonnais en ce qu'elles produisent une documentation totalement inédite. Car c'est la force de l'archéologie que de se donner les moyens d'accéder à l'invisible, aux strates remblayées, aux maçonneries ennoyées et aux décors masqués, qu'aucun document d'archive ou aucune représentation figurée ancienne n'aurait permis de restituer. De Lyon avant Lugdunum jusqu'aux immeubles de rapport du xixe siècle, en passant par l'architecture et l'urbanisme Renaissance, l'étude minutieuse de l'îlot Gadagne comble un vide dans la connaissance de la topographie de la rive droite de la Saône, entre Saint- Jean et Saint-Paul, en marge du quartier canonial où s'étaient, jusque-là, concentrées les interventions archéologiques. Musée d'histoire de la ville et dans la ville, le Musée Gadagne, de longue date installé dans un édifice emblématique des grandes constructions civiles lyonnaises, se devait d'inclure les acquis des recherches les plus récentes au parcours muséographique. La boucle est ainsi bouclée d'une entreprise archéologique originale et complexe, inscrite au coeur d'un vaste chantier de réhabilitation du patrimoine ancien.

  • Les monuments du Moyen Âge parvenus jusqu'à nous contiennent les traces de leur histoire, profondément imprimées dans leur architecture. Dans leur extrême diversité, ces traces constituent une mémoire vive que sait décrypter la lecture archéologique des élévations. Les trois église lyonnaises, Saint-Jean, Saint-Nizier, Saint-Paul, représentent un demi millénaire d'architecture, quatre siècles d'aménagements et de réparations, trois décennies de restaurations, quinze ans de recherche en archéologie du bâti. En d'autres termes, ce sont de véritables conservatoires des arts de bâtir et des techniques de conservation ; mais aussi de formidables laboratoires de recherche et d'expérimentation, où ont travaillé de concert archéologues et restaurateurs. Les connaissances acquises sur ces trois édifices majeurs offrent une vision profondément renouvelée des chantiers de construction à Lyon au Moyen Âge ainsi que des méthodes de conservation, archéologiquement attestées depuis le xvie siècle. Elles englobent également le domaine de l'esthétique monumentale, tant dans le vocabulaire architectural que dans les matériaux et les techniques de mise en oeuvre. Elles concernent aussi l'environnement des églises, c'est-à-dire leur rapport étroit avec la ville. Elles éclairent, enfin, les pratiques et les activités que ces édifices ont abritées et abritent encore : liturgie, rassemblements, travaux d'entretien et d'embellissement. Nicolas Reveyron, professeur d'histoire de l'art et d'archéologie à l'Université Lumière-Lyon 2, a été de tous les chantiers ; il se devait d'être le maître d'oeuvre de ce magnifique volume qui restitue une aventure collective, mais aussi une tranche de vie de chercheur et de pédagogue.

  • À confluence du Rhône et de la Saône, la Presqu'île s'impose aujourd'hui comme le coeur historique de Lyon. C'est pourtant loin du centre actuel, au nord-ouest de l'agglomération, dans le quartier de Vaise (9e arrondissement), qu'il faut chercher le berceau de la ville. Les hommes du Paléolithique supérieur l'ont fréquenté pour la première fois il y a plus de 10 000 ans. Depuis, son attractivité n'a pas faibli, puisque cette plaine fertile est restée habitée, avec une trame plus ou moins lâche, en permanence jusqu'à nos jours. Enserrée dans l'amphithéâtre formé par les derniers contreforts du Massif Central et bordée par la Saône, la plaine de Vaise était occupée par un lac à la fin de la dernière glaciation. Depuis les temps post-glacaires, elle s'est construite par l'action conjuguée des apports des versants et de l'érosion ou de la sédimentation de la Saône. En s'installant dans la plaine, l'homme a contribué à son tour à produire des sédiments (poussières, apports organiques, constructions...) mais aussi à accroître l'érosion des versants. Depuis la fin des années 1980, de nombreuses opérations archéologiques préventives ont été conduites à Vaise, à la faveur d'une restructuration générale du quartier. L'analyse des sédiments et des marqueurs biologiques qu'ils contiennent (pollens, charbon, micro-faune), menée dans le cadre de ces recherches, a permis de comprendre et de retracer l'évolution du milieu naturel au cours du temps et ses interactions avec les occupations humaines. Ces résultats, confrontés aux connaissances acquises sur d'autres types de milieu, à l'échelle européenne, révèlent l'histoire des paysages sur une durée de près de 20 000 ans.

  • Les 7e Rencontres méridionales de Préhistoire récente, tenues à Bron, sur le campus de l'Université Lumière-Lyon 2, les 3 et 4 novembre 2006, ont réuni plus de 150 préhistoriens venus du Sud de la France et des régions alentour. Ces Rencontres biennales représentent le lien majeur de la communauté des chercheurs pour les périodes allant du Mésolithique à l'Âge du Bronze dans la moitié sud de la France. Les Actes présentés ici regroupent 24 contributions réparties en deux sections : l'actualité de la recherche, présentant les principaux résultats des fouilles et programmes récents, et le thème spécifique choisi pour cette session « Économie et société à la fin de la Préhistoire ». Cette thématique large est abordée au fil de 9 contributions très ciblées portant sur les économies de subsistance, de production et d'échange ainsi que sur l'analyse de structures immobilières qui en témoignent, où l'on voit que l'idéel et le matériel ne sont jamais très éloignés dans ces sociétés du passé.

  • Père de l'archéologie médiévale à Lyon, Jean-François Reynaud a mené avec le succès que l'on sait ses recherches sur le Lyon paléochrétien et médiéval. Puis il a ouvert ses investigations sur la région Rhône-Alpes, en ajoutant à la pratique de l'archéologie sédimentaire, celle, encore balbutiante, de l'archéologie du bâti. Son enseignement a reflété ses activités scientifiques, assurant à l'université Lumière Lyon 2 une riche moisson de maîtrises, DEA et thèses composés dans ces deux domaines. Les travaux que ses collègues, disciples et amis ont réunis dans ce volume de mélanges sont le fruit de l'enseignement et de la formation pratique que Jean-François Reynaud a dispensés au fil de sa carrière. Aussi a-t-il paru souhaitable d'y associer les nouvelles générations - la relève - qui sont les héritières par voie directe. Leurs interventions montreront que le dynamisme initial s'est conservé, la recherche amplifiée et les intérêts diversifiés. Les monographies de site ouvrent le volume. Elles constituent des laboratoires vivants où s'élaborent méthodes et problématiques, où se dessinent de grandes synthèses historiques et où la restauration et la conservation du patrimoine puisent des conseils performants. Dans un second temps, l'organisation de l'espace religieux fait entrer le lecteur dans le domaine délicat des relations entre l'architecture, l'image monumentale, la liturgie et la vie quotidienne au sein de l'église, du quartier canonial ou du monastère. Au fil des siècles, la morphogenèse des lieux et des bâtiments se nourrit de ces données déterminantes. Enfin, est abordée la pertinence de ces approches fondées sur des méthodes renouvelées englobant largement l'histoire de l'art et l'archéologie, de la sculpture et des techniques de construction aux analyses spatiales et à la conservation des sites archéologiques.

  • Au sortir du territoire héduen, les deux étapes routières de Ludna à Saint- Georges-de-Reneins et d'Asa Paulini à Anse (Rhône) sont nommées par les itinéraires routiers antiques sur la route de Lugdunum, dans un espace relativement restreint compris entre la Saône à l'est, les Monts du Beaujolais à l'ouest et les rivières de l'Ardière et de l'Azergues au nord et au sud. La première de ces étapes a principalement fait l'objet d'une fouille programmée entre 2003 et 2009. L'histoire archéologique de la seconde est plus complexe, puisque, face à l'urbanisation accélérée de la commune d'Anse, les fouilles d'archéologie préventive ont, au cours de la première décennie des années 2000, succédé à un rythme soutenu aux travaux des érudits des xixe et xxe siècles. Réuni à partir de 2008 dans un projet collectif de recherches dirigé par Jean-Claude Béal, le groupe de chercheurs, d'horizons divers, a eu pour objectif d'associer données anciennes réexaminées et données récentes dans une confrontation de ces deux étapes. Derrière l'apparente identité de leur statut, leur nature se révèle très différente. D'un côté, à Ludna, une bourgade s'est développée dès l'époque augustéenne, remarquable par l'ampleur des travaux d'aménagement public et la présence de structures de stockage. De l'autre, à Asa Paulini, on peut douter de l'existence même d'une agglomération avant la fin de l'Antiquité ; en revanche, une topographie favorable et la proximité de la capitale des Gaules explique sans doute que des habitats isolés de natures diverses et pour certains très prestigieux se juxtaposent dès le Haut-Empire, avant la construction d'une enceinte de taille restreinte qui, à un moment du Bas-Empire, a pu jouer un rôle dans l'hébergement et la circulation des hommes et des marchandises, notamment sans doute en direction de Lyon.

  • Percevoir ce qu'était l'espace sacré au Moyen Âge est à la fois simple et complexe, car si la société médiévale est profondément christianisée, il n'en demeure pas moins que déterminer l'espace sacré dans sa dimension spatiale n'est guère aisé. Le lieu sacré est lié à la pratique du culte qui se traduit par des rites et des choix liturgiques. La dimension ecclésiale et collective implique un partage physique et spirituel de cet espace entre d'une part les fidèles, les clercs et les moines et d'autre part les vivants et les morts. Cette partition génère une organisation spatiale perceptible à travers les études architecturales, les aménagements liturgiques et les circulations, mais aussi grâce à la diversité ou la permanence des programmes iconographiques. Le terme d'espace ecclésial ne se rapportant pas uniquement à l'église, il a été jugé nécessaire de s'intéresser également aux lieux qui lui sont associés, comme le cloître et le cimetière. C'est ainsi qu'à travers un grand nombre d'exemples puisés dans les régions Rhône-Alpes et Auvergne, des archéologues, historiens de l'art et liturgistes, issus des diverses institutions de recherche françaises et réunis en « Action collective de recherche », offrent ici une approche croisée de l'espace sacré depuis l'Antiquité tardive jusqu'au xve siècle. L'ouvrage s'appuie sur des études régionales dont plusieurs sont inédites.

  • Cet ouvrage livre les résultats d'une enquête pluridisciplinaire réalisée en Haute-Savoie sur l'architecture monumentale entre le XIIe et le XVIIe siècle. La région montagneuse qui recouvre en grande partie l'ancien diocèse de Genève comprend de nombreuses ressources en pierres à bâtir d'aspect et de qualité variés. L'étude archéologique croisée avec la connaissance géologique du territoire et l'apport des sources textuelles (comptes de châtellenie) permet de procéder à une analyse fine du bâti en tentant de répondre à différentes questions telles que : quelles sont les pierres utilisées, d'où proviennent-elles, comment sont-elles transportées jusqu'au chantier, comment sont-elles employées dans le bâtiment ? À l'issue de cette enquête, peut-on parler d'une utilisation raisonnée des matériaux dans les grands édifices tels que les châteaux et les églises ? Si l'approvisionnement sur toute la période est manifestement local, on distingue deux grandes phases dans la construction monumentale ; la première du XIIe à la fin du XVe siècle, et la seconde à partir du XVIe siècle. Au cours de la période médiévale les bâtisseurs utilisent essentiellement des roches tendres (tuf, molasse) ou de ramassage, tandis qu'à l'époque moderne ils emploient davantage les roches dures (différents calcaires dont le plus utilisé est le faciès urgonien). La transition vers l'époque moderne constitue une véritable révolution architecturale, qui au-delà des progrès techniques répond à des exigences esthétiques liées au mouvement de la Renaissance. Cette enquête sur l'architecture monumentale de la Haute-Savoie a permis de mettre en évidence des pratiques de construction utilisant de façon rationnelle les ressources géologiques du territoire. Elle renouvelle l'approche d'un patrimoine construit en milieu montagnard et nous invite à poursuivre de semblables prospections dans d'autres régions voisines.

  • Cet ouvrage était très attendu. Il vient, en effet, couronner les efforts de l'association « Les amis de Bressieux », créée en 1981 par Raymond Moyroud pour la sauvegarde et la promotion du château. Parallèlement aux campagnes de restauration conduites par le service des monuments historiques et à la création d'un musée par la commune de Bressieux et le Conseil général de l'Isère, les fouilles archéologiques dirigées par Yvonne Harlé-Sambet de 1983 à 1992, à la tête d'une équipe bénévole, ont permis de retracer les grandes étapes de la construction et de l'évolution du château, du xiie au xviiie siècle, et d'approcher le mode de vie de ses illustres occupants. Venu le temps de la publication, Yvonne Harlé-Sambet et son équipe, épaulées par la conservation du patrimoine de l'Isère, ont su faire appel aux divers spécialistes qui ont apporté leur concours à l'étude d'une abondante documentation archéologique et textuelle. Les DARA ont tout naturellement accueilli l'ouvrage qui en résulte. L'Association de liaison pour le patrimoine et l'archéologie en Rhône-Alpes, éditeur, a été soutenue par le ministère de la culture et de la communication (direction régionale des affaires culturelles de Rhône-Alpes), le conseil général de l'Isère et la région Rhône-Alpes. Siège d'une des plus puissantes seigneuries du Dauphiné médiéval, mentionné dès 1107 dans une bulle papale, le château de Bressieux offre encore des vestiges très spectaculaires. Cet exemple particulièrement abouti d'architecture militaire régionale en brique et galet méritait une étude architecturale et stylistique de référence. Assurément, l'importance politique et stratégique du « castrum Bressiacum » lui a valu d'être abondamment documenté, particulièrement durant le Moyen Âge au moment des guerres entre Savoie et Dauphiné, mais aussi sous l'Ancien Régime quand la résidence prend le pas sur la forteresse : les comptes-rendus des visites de 1659 et de 1721 livrent ainsi de minutieuses descriptions du château qui ont pu êtres mises en étroite relation avec les observations de terrain. Le château de Bressieux, ce sont encore ces ruines hautement pittoresques ! De tous temps prisées des peintres et des photographes, elles constituent une documentation iconographique de grand intérêt, comme le montre la sélection de reproductions présentée en fin d'ouvrage.

  • Ce nouvel ouvrage s'intègre idéalement dans la lignée et les objectifs scientifiques de la collection des DARA. Il est l'aboutissement des études archéologiques et archivistiques qui ont été déclenchées par le projet de la mise en valeur du site abbatial de Sainte-Marie d'Aulps par la Communauté des communes de la vallée d'Aulps. Des contributions interdisciplinaires enrichissent cette monographie qui prend en compte bien des aspects de la vie du monastère inséré depuis sa fondation dans un environnement alpin : conditionnement historique par sa localisation dans le diocèse de Genève et en pays savoyard ; activité agricole et pastorale en rapport avec l'exploitation du domaine temporel de l'abbaye (ferme monastique dans l'enclos abbatial ; granges, alpages en Chablais et Faucigny) ; approvisionnement local en matériaux pour la construction des bâtiments monastiques, jusqu'à la prise en compte des espèces végétales reconnues dans le domaine abbatial. La fondation de l'abbaye d'Aulps s'inscrit dans le mouvement réformateur de l'ordre bénédictin à la fin du xie siècle ; à partir de 1136, son histoire et son fonctionnement se sont confondus avec celle des cisterciens auxquels elle s'est rattachée sous la pression de Bernard de Clairvaux. Sur le plan temporel, s'est constituée, dans le cadre féodal, une véritable seigneurie ecclésiastique assurant la gestion des biens et la gouvernance des hommes relevant de l'abbaye. Le système de la commende, instauré à partir de 1468, le relâchement dans le suivi de la Règle particulièrement bien documenté grâce aux procès-verbaux de visites retrouvés dans les archives publiques, ont eu leurs répercussion sur la conservation des bâtiments et le mode d'exploitation du domaine ; en 1792 l'arrivée des troupes françaises en Savoie signait la fin de la vie monastique à Aulps, tandis que les habitants du village procédaient eux-mêmes à la démolition de l'abbatiale (1823). L'enclos monastique reste bien apparent dans la topographie actuelle qui n'a pas trop affecté l'empreinte des différentes spécialisations de fonction : église et bâtiments conventuels, porterie, ferme monastique, secteur de production. Les observations archéologiques mises en regard avec les sources écrites concourent avec bonheur à faire resurgir les conditions d'existence de la communauté monastique locale dont le chartrier a fait l'objet, dès le xvie siècle, de regrettables détournements. Par ailleurs le pèlerinage populaire auprès des reliques du second abbé de Sainte-Marie d'Aulps, saint Guérin, a été la source d'inconvénients pour la vie monastique ; ils ont trouvé solution par des aménagements architecturaux ou liturgiques relevés précisément par les archéologues.

  • Ce volume rend compte d'une série d'opérations d'archéologie préventive réalisées par l'Institut national de recherches archéologiques préventives à Annecy (Haute-Savoie), dans l'emprise de l'ancienne agglomération de Boutae. L'essentiel des données présentées dans cet ouvrage provient de deux campagnes de fouilles menées à Annecy, en 2001, puis en 2005, sur les terrains de l'ancienne caserne des chasseurs alpins du 27e BCA - quartiers de Galbert -, soit une surface fouillée de 1,6 ha. Il est désormais possible d'approcher l'évolution de l'urbanisation à la marge orientale de l'agglomération de Boutae, entre le milieu du ier siècle av. J.-C. et le ve siècle. Au début du ier siècle, par le biais d'un réseau viaire, la trame urbaine est, en effet, présente à Galbert où se développe bientôt un quartier artisanal structuré en parcelles, mais aussi deux établissements manifestement organisés sur un tout autre modèle. À côté de ces espaces intégrés au complexe urbain, une partie des terrains fouillés échappe à l'organisation parcellaire de la ville. Les données issues des fouilles, confrontées aux hypothèses anciennes, engagent à voir dans ces terrains l'extension d'un domaine privé, aux portes de la bourgade. Ce fundus se caractérise en particulier par des orientations divergentes, mais aussi par la présence d'un espace funéraire dont subsistent quatre tombes à crémation. L'une d'entre elles se distingue par un mobilier d'une richesse évidente - notamment une intéressante vaisselle de bronze - qui en fait à coup sûr la tombe d'un personnage privilégié décédé au début du Ier siècle, aristocrate d'origine allobroge ou nouvellement arrivé de Rome. Dans un secteur de friches urbaines, un second ensemble funéraire est, quant à lui, daté du ve siècle et regroupe une vingtaine d'individus dont les restes témoignent au contraire de conditions de vie particulièrement difficiles. Cette publication est également l'occasion de présenter un mobilier - instrumentum, céramique, verre, monnaies et restes fauniques -, en premier lieu celui exhumé à Galbert, qui sans être abondant, constitue un premier référentiel régional appelé, espérons-le, à être rapidement complété.

  • Cet ouvrage dresse le bilan du sauvetage documentaire et scientifique, initié en 1994, d'une opération de fouille programmée qui s'est déroulée sur près de deux décennies entre 1972 et 1990. La grotte des Balmes est l'une des très rares cavités à avoir été fouillée dans les Alpes internes, aussi semblait-il indispensable d'en livrer les éléments, malgré des observations souvent lacunaires. Les résultats sont replacés dans un cadre chronoculturel et géographique qui n'a cessé de s'élargir à mesure que progressaient les travaux d'élaboration. La première étape fut un long travail de mise en ordre des documents qui s'est appuyé sur les acquis d'une ultime intervention de terrain, en 1994. Celle-ci a permis d'alimenter le dossier de la fonction des salles qui constituent ce gisement, par une caractérisation stratigraphique, sédimentaire et chronométrique très détaillée. Une fois établie cette séquence archéologique d'occupation, de 3500 à 950 av. n.è., la synthèse des données phase par phase aboutit au constat général de l'importance de ce secteur de haute Maurienne, que renforce la localisation privilégiée du promontoire des Balmes en aval du col du Mont Cenis. Les occupants ont tiré parti de cette situation pour diverses activités, parmi lesquelles le transfert de bien socialement valorisés s'illustre plus particulièrement, par l'élevage au Néolithique final, complété du stockage alimentaire ensuite, au Bronze final notamment. Nécessités économiques et culture matérielle révèlent une mobilité structurelle des populations, à vocation pastorale principalement, et le plus souvent à large échelle. Ainsi, les productions céramiques renvoient aussi bien au nord-est qu'au sud des Alpes, mais aussi au Midi et aux pourtours méridionaux du Massif central de façon plus surprenante. Cette publication fournit des corpus mobiliers qui sont appelés à constituer de solides référentiels chronoculturels dans une région qui en était dépourvue pour les Âges des métaux. Complété des analyses des ressources végétales et carnées et d'un bilan paléoenvironnemental, l'ensemble des sources, qui bénéficie d'une riche illustration, jette les bases d'une réflexion sur les emprises culturelles à la fin de la Préhistoire dans les Alpes occidentales et sur leurs conditions d'évolution en milieu de montagne.

  • Les fouilles réalisées ces trente dernières années dans la région Rhône-Alpes ont permis de constituer une exceptionnelle collection de poteries des xvie, xviie et xviiie siècles. Les archéologues céramologues se sont attachés à établir l'inventaire de ces milliers de fragments, à reconstituer le catalogue des récipients auxquels ils appartenaient, à établir leur chronologie précise, à reconnaître leur modes de fabrication et à rechercher les ateliers dont ils provenaient. À partir de l'étude approfondie de plus d'une cinquantaine d'ensembles archéologiques, l'auteur livre ici une synthèse aussi impressionnante qu'utile des connaissances acquises à ce jour sur ces témoins omniprésents de l'équipement domestique que sont les vaisselles de terre. L'ouvrage est conçu comme un manuel apte à offrir différentes entrées en fonction des préoccupations des lecteurs. La première partie s'intéresse plus particulièrement aux techniques de fabrication durant la période considérée en déterminant les groupes techniques ou types de production : des plus simples céramiques grises, d'allure encore médiévale, aux porcelaines sophistiquées des temps modernes, l'étude fait ressortir la diversité et l'évolution des techniques et des décors sur près de trois siècles ; les céramiques engobées glaçurées et les faïences se taillent alors une place de choix dans les intérieurs régionaux. L'illustration graphique et photographique revêt la forme d'un « tessonnier » de référence pour les recherches à venir. La deuxième partie regroupe les sources archéologiques puisque le travail est fondé sur une analyse méthodique du mobilier issu des fouilles conduites en particulier à Lyon et en Lyonnais, mais aussi en Dauphiné, Savoie, Forez, Dombes et Bugey. Les assemblages de types et de formes de récipient sont ainsi reconnus et datés au plus près des informations du terrain. Dans ce vaste espace, le vaisselier domestique témoigne de phénomènes commerciaux et culturels très proches : les foyers sont approvisionnés en majorité par des officines régionales florissantes, mais un commerce plus large, notamment avec l'Europe du Sud, apporte sa part de diversité et d'exotisme. Forte de cette masse d'informations, la troisième partie brosse le panorama de trois cents ans de céramiques à travers les fonctions et usages des récipients replacés dans leur contexte quotidien et humain. Un riche dictionnaire illustré des formes répertoriées du xvie au xviiie siècle dans la région Rhône-Alpes clôt l'ouvrage. Il est certes assuré que les professionnels adopteront cette publication comme un formidable outil pour la recherche, mais, plus largement, tout un chacun trouvera intérêt et plaisir à sa consultation tant la richesse et la qualité de l'illustration colorée font la part belle à l'esthétique de ces objets à la fois modestes et décoratifs. C'est aussi un bel hommage à ceux qui les ont conçus comme à ceux qui les ont utilisés.

  • L'ouvrage livre les résultats d'une recherche pluridisciplinaire sur le Tricastin antique, en moyenne vallée du Rhône, et sur la centuriation qui en a structuré les campagnes dès la fin de la République romaine. Cette centuriation est attestée par les documents cadastraux de la colonie d'Orange, sous le nom de Cadastre B, le moins lacunaire des trois plans épigraphiques identifiés par le chanoine Joseph Sautel et André Piganiol. L'ouvrage s'ouvre par une présentation géographique, géologique et pédologique du Tricastin, complétée par une présentation synthétique de son évolution historique avant et après la conquête romaine. Il se poursuit par une enquête sur le plan cadastral B de la colonie d'Orange et son insertion dans le dossier des documents cadastraux dont on rappelle le contexte historique. La recherche a porté sur les vestiges de cette centuriation, à la fois sous leur forme archéologique, révélés par les fouilles réalisées sur le tracé de la ligne TGV Méditerranée, et sous leur forme archéogéographique, en évaluant leur influence sur le tracé des voies, des cours d'eau rectifiés, des canaux et fossés de drainage et des limites parcellaires. La recherche a concerné aussi les formes de l'habitat gallo-romain, repéré par prospections aériennes, prospections au sol et fouilles archéologiques. L'ouvrage offre une synthèse détaillée sur l'évolution du système du peuplement durant l'Antiquité. Cette approche est étayée par une enquête sur les contrats de location renseignés par l'épigraphie du cadastre B d'Orange, par une étude de la mise en valeur des terres et par un bilan des connaissances sur le système de culture, éclairé, entre autres, par les témoignages archéologiques sur les établissements viticoles et la viticulture. L'ouvrage se clôt par une approche archéogéographique de l'évolution du paysage centurié, qui s'interroge sur les formes de pérennisation du cadre morphologique de la centuriation B et sur son impact sur le paysage actuel.

  • Les dolmens ardéchois marquent la limite orientale de l'ensemble des tombes monumentales qui occupent les causses au sud et à l'ouest du Massif central à la fin du Néolithique. La plupart de ces sépultures qui sont souvent groupées en petites nécropoles assez lâches, sont dans le sud du département de l'Ardèche, concentration qui empiète sur le nord-est du Gard. Après une interruption des travaux de terrain sur les dolmens de l'Ardèche pendant plus d'une décennie et en prévision d'une opération de restauration et de mise en valeur du site, des recherches ont été engagées à partir de 2002 sur les six monuments des Géandes (Bourg-Saint-Andéol) qui se rattachent aux principaux styles architecturaux connus en Languedoc. C'est la première fois dans le Midi de la France qu'on aborde une nécropole dolménique simultanément dans sa globalité. Même si les remplissages sépulcraux sont bouleversés depuis la fin du xixe siècle, les informations sont de première importance. Elles concernent la succession des dépôts, la chronologie relative, l'architecture de l'espace sépulcral (cella et antichambre ou vestibule) et non sépulcral (couloir et tertre), les étapes de construction et l'environnement immédiat de la nécropole. En particulier, la mise en évidence d'un horizon néolithique repéré à la base du tumulus du dolmen n° 1 et donc antérieur à son édification, est un fait majeur pour la connaissance du dolménisme méridional. Parallèlement aux fouilles proprement dites, une prospection thématique fut engagée par la même équipe sur les quelques cent-cinquante monuments funéraires encore conservés - souvent bien mal - aux abords des gorges de l'Ardèche. Il s'agissait en priorité de retrouver les dolmens et sépultures apparentées déjà signalés dans la littérature ou les inventaires antérieurs et d'établir enfin une documentation homogène scientifiquement exploitable. Plus qu'une synthèse de connaissances glanées au coup par coup, le terme de puzzle serait alors plus exact, cet ouvrage vise avant tout à articuler les différents domaines d'études qu'offre le dolménisme méditerranéen et plus globalement les sépultures collectives de notre région et ce, sans chercher obstinément à les hiérarchiser. Cette approche qui se veut exhaustive, prend donc en compte l'ensemble des données architecturales, environnementales, archéologiques et chrono-culturelles, anthropologiques et démographiques obtenues depuis le xixe siècle : elles sont présentées successivement en les resituant dans le contexte qui semble si confus, de la fin du Néolithique languedocien. Au final, le tableau dressé paraît plutôt cohérent : on s'est pourtant épargné de tenter une trop grande globalisation et une modélisation qui auraient obligatoirement conduit à forcer le trait de caractères trop ponctuels. Et surtout, cela aurait conduit à minorer voire écarter les graves lacunes dues aux destructions d'origine humaine, qu'il s'agisse de la disparition de la moitié des monuments ou de l'ablation pure et simple des dépôts sépulcraux et des tumulus. Toutes ces recherches ont été financées par le Conseil général de l'Ardèche et la Sous-direction de l'archéologie du ministère de la Culture et de la Communication et la Deutsche Forschungsgemeinschaft. Elles furent dirigées conjointement par le Service régional de l'archéologie (DRAC Rhône-Alpes, Lyon, France) et l'Institut für Ur- und Frühgeschichte und Archäologie des Mittelalters (Albert-Ludwigs-Universität de Freiburg, Allemagne).

  • Ce volume rend compte de dix années de fouilles sur une installation du second âge du Fer de la Grande Limagne d'Auvergne. Les prospections et les opérations d'archéologie préventive montrent que cette plaine, très fertile, située entre l'Allier et la chaîne des Puys a connu une occupation très importante et une exploitation intensive durant l'époque gauloise. Engagée en 1986 dans le cadre d'un programme de recherche de l'université de Sheffield, qui s'était préalablement intéressée à l'agglomération contemporaine « d'Aulnat », et conclue en 1995 par une campagne de sauvetage confiée à l'AFAN, l'étude du site du Pâtural se solde par la première étude monographique publiée d'un site laténien auvergnat. Ce DARA n° 30 est donc un livre très attendu qui doit beaucoup à l'investissement de quelques-uns et de Yann Deberge en particulier. L'approche méthodique des vestiges immobiliers, confrontée à l'examen de la dispersion des restes, permet une analyse exemplaire du développement du site. Faisant suite à plusieurs occupations plus anciennes - funéraire au vie siècle, domestique au ve siècle -, une installation nouvelle est implantée au tournant du iiie siècle et du iie siècle av. J.-C. Constituée d'une plateforme fossoyée abritant divers bâtiments, elle suscite la comparaison avec les « fermes indigènes », bien connues dans les plaines du Bassin parisien. L'occupation prend une autre tournure dans le courant du iie siècle, puisque l'abondance des vestiges suggère le regroupement d'une population plus importante au sein d'un « hameau » dont les recherches récentes ont encore livré peu d'exemples. Ce hameau ne survivra pas au-delà de la fin du IIe siècle av. J.-C. Le peuplement des Limagnes subit en effet, à ce moment-là, une forte réorganisation liée à un autre événement capital : l'apparition d'un oppidum central au coeur du territoire arverne. L'ouvrage comporte, en outre, une présentation systématique des abondants mobiliers découverts, datés dans leur grande majorité des iiie et iie siècles av. J.-C., ainsi que plusieurs contributions spécialisées sur l'artisanat, les résidus animaux et végétaux... Une documentation inédite livrée exhaustivement, des interprétations étayées d'analyses rigoureuses, des analyses fondées sur des observations méticuleuses, le tout dans le cadre d'une coordination éditoriale exigeante, font de la monographie du Pâtural un modèle du genre qui intéressera, bien au-delà du cercle des antiquisants, tous ceux que la question de la publication archéologique intéresse.

  • Les Baronnies s'étendent aujourd'hui sur les départements de la Drôme, des Hautes-Alpes et du Vaucluse. Cette vaste région n'est pas que le pays du tilleul, de la lavande et de l'olivier. Historiquement, il s'agit d'un vaste territoire compris entre la moyenne vallée du Rhône et la moyenne vallée de la Durance et enclavé entre de grandes entités politiques comme le Dauphiné, la maison des Baux et le comté de Provence. Son relief accidenté est ponctué de châteaux de pierre construits par les membres de trois des grandes familles du Midi médiéval, les Mévouillon, les Montauban et les Mison. L'histoire de ces châteaux recouvre celle de leur pouvoir grandissant, de leurs alliances puis de leur déclin. Cette région jusqu'ici mal connue fait depuis quelques années l'objet de recherches historiques et archéologiques menées par Marie-Pierre Estienne. Cet ouvrage est le second volet d'un travail universitaire soutenu en 1999, dont une première partie « Châteaux, villages, terroirs en Baronnies, xe-xve siècles » a déjà été publiée aux Presses universitaires d'Aix-Marseille en 2004. Le DARA 31 qui reprend la seconde partie de cette étude porte, après une minutieuse étude historique, sur l'analyse typologique des constructions qui illustrent le phénomène de l'enchâtellement. On saluera ce travail pionnier pour la diversité et la richesse des données historiques inédites et l'apport considérable à la connaissance des lignées baronniardes. Enfin, il met en lumière le rôle éminent des constructions réalisées par les seigneurs, tours et châteaux, qui ont profondément marqué le paysage des Baronnies.

  • La Grotte des Barasses 11 (Balazuc, Ardèche) est une petite cavité située le long du cours moyen de l'Ardèche sur sa rive droite. Elle s'ouvre en falaise à une cinquantaine de mètres au-dessus du niveau actuel de la rivière. En 1967 et 1968, J. Combier et J.-L Porte y menèrent les premières investigations archéologiques, permettant de révéler plusieurs niveaux archéologiques du Paléolithique moyen. Cet ouvrage monographique présente les données obtenues lors de la reprise des opérations dans la grotte par C. Daujeard, entre 2011 et 2013, dans le cadre du PCR « Espaces et subsistance au Paléolithique moyen dans le sud du Massif central » (dir. J.-R Raynal et M.-H. Moncel). Sont ainsi exposées les modalités de mise en place du remplissage, la chronologie des unités sédimentaires (US) et les modes d'occupation de la cavité. Trois principaux ensembles lithostratigraphiques, supérieur (US 1 à 4), médian (US 5) et inférieur (US 6 à 8), ont été reconnus. Un bilan paléoenvironnemental et biostratigraphique, alimenté par des datations radiométriques est proposé : l'ensemble inférieur correspondrait à un épisode froid du stade isotopique ou MIS (Marine Isotopic Stage) 5 et l'ensemble supérieur, toujours caractérisé par un environnement froid et ouvert, appartiendrait au début du MIS 3. L'étude de la faune, riche aussi bien en grands mammifères qu'en petits vertébrés (avifaune, ichtyofaune, herpétofaune et micromammifères) conclut à des accumulations mixtes, dans une grotte fréquentée en alternance par des Néandertaliens et de nombreux animaux. L'étude du matériel lithique met en évidence la présence d'un corpus hétérogène caractérisé par une chaîne opératoire segmentée pour l'exploitation du silex et une chaîne complète pour l'exploitation des roches volcaniques locales. Les grands traits techniques et la composition de l'assemblage subsistent tout au long de la séquence, suggérant une récurrence dans le type d'occupation et les activités, à savoir des occupations très brèves de type bivouacs.

  • À partir de la seconde moitié du xe siècle et jusqu'au xiiie siècle, le Vivarais, comme la plupart des régions d'Europe occidentale à cette époque, se couvre de châteaux. Généralement de taille très modestes, ceux-ci sont souvent mal identifiés et mal interprétés en raison de l'image traditionnelle du château médiéval qui renvoie, en réalité, dans l'immense majorité des cas, à des forteresses postérieures aux années 1350. Faisant appel à une large documentation écrite et iconographique, fréquemment inédite, et aux ressources de l'archéologie, l'auteur dresse ici un état des lieux, aussi exhaustif que possible, de 175 sites fortifiés édifiés entre les xe et xiiie siècles en Vivarais, à l'intérieur d'un espace historiquement homogène.

  • Avec les fouilles de la villa de Champ Madame et l'étude pluridisciplinaire qui en a été menée, sous la direction de Guy Alfonso et Frédérique Blaizot, l'archéologie préventive livre ici une publication majeure, synthèse des résultats des opérations réalisées sur ce secteur de la vallée de l'Artière. Elle éclaire d'un jour nouveau les connaissances sur les domaines ruraux que nous tirions des textes de Sidoine Apollinaire, des prospections et des deux seules fouilles d`établissements de ce type conduites jusque-là dans la région. Les zones explorées ont en effet permis de reconnaître à la fois la pars urbana et la pars rustica de la villa. Bâtie à la fin du ie ou au début du iie siècle, dotée d'un secteur balnéaire complexe, elle succède à un établissement laténien et à un petit habitat rural de la période gallo-romaine précoce. Les rares éléments de décor et de mobilier recueillis, malgré les pillages dont elle fut l'objet après son abandon à la fin du ive ou au début du ve siècle, attestent la richesse et l'importance d'un ensemble qui constitue, en Limagne, un établissement rural de rang supérieur, probable propriété d'un patricien de la cité arverne. La zone funéraire attenante, dégagée de part et d'autre du mur d'enclos, rassemble les seules sépultures, datées en majorité de 90-120 ap. J.-C., d'enfants décédés avant l'âge de six mois. Cet ensemble exceptionnel, second exemple auvergnat d`un espace sépulcral spécialisé, fait l'objet d'une étude exhaustive, dont l'un des apports, et non le moindre, est d'autoriser à revoir l'interprétation des textes antiques. La richesse et la complémentarité des niveaux de lecture et d'interprétation proposés ici permettent de mieux cerner les lacunes des données, au niveau micro-régional, et de pallier au moins partiellement les choix inévitables imposés par les projets d'aménagement.

  • L'objectif premier de cet ouvrage est de publier l'ensemble de la chaîne opératoire qui conduit de l'extraction du minerai jusqu'à la phase ultime d'enrichissement, c'est-à-dire le lavage. L'approche est à la fois historique, archéologique et archéométrique. Historique grâce à une relecture de l'ensemble des textes relatifs à Brandes, à partir d'un corpus enrichi par une recherche systématique dans des fonds encore non explorés, notamment en l'élargissant à l'ensemble du massif de l'Oisans, à la politique minière et monétaire des Dauphins et en intégrant les archives de la prévôté d'Oulx conservées aux archives de Turin (Italie). Cette documentation ne concerne pas stricto sensu la chaîne opératoire du traitement minéralurgique, mais elle permet de mieux connaître le site dans son ensemble et d'en appréhender l'importance. Archéologique, grâce à la fouille d'une partie importante du quartier industriel qui occupe l'extrémité occidentale du site. Les campagnes de terrain de ces quinze dernières années ont apporté des informations inédites sur le traitement du minerai grâce à la découverte des ateliers, des outils et des déchets correspondant aux différentes étapes de la chaîne opératoire. Un moulin hydraulique destiné au broyage du minerai, premier du genre fouillé et étudié pour le Moyen Âge, a été mis au jour. Il est désormais possible de proposer une restitution de l'organisation et du fonctionnement du quartier industriel. Archéométrique, enfin, car des analyses ont été réalisées sur les minerais, sur les déchets de minéralurgie comme les sables de lavage, etc. La collaboration avec des géologues et des archéomètres a considérablement élargi le champ des connaissances. Pour autant, si l'essentiel de cet ouvrage est consacré à la chaîne opératoire du traitement d'un minerai polymétallique argentifère, il contient aussi les dernières avancées relatives à l'agglomération minière. En 1994, un premier volume de la collection des DARA faisait le point sur cette agglomération et sur les chantiers extractifs. Il a paru intéressant de contextualiser les acquis les plus récents en reprenant en partie certains aspects de l'agglomération et de la mine, ceci afin de montrer à quel point Brandes est une cité ouvrière et combien ceux qui l'habitent sont au service de l'entreprise minière.

  • Jusqu'au début des années 2000, l'histoire de Roanne, actuelle sous préfecture du département de la Loire, concernait essentiellement son passé antique. Le Moyen Âge était considéré à travers les vestiges de son château dont la fondation, au Xe siècle, serait le signal de la renaissance d'une agglomération plus ou moins désertée après la chute de l'Empire romain. Après la découverte en 2004, lors d'une fouille préventive, d'un baptistère paléochrétien sur la place Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny, l'ancienne place du Château, la vision traditionnelle du déclin de l'antique Rodumna et de sa désertion durant plusieurs siècles se trouve fortement remise en question. Le vaste cimetière qui s'étendait autour du baptistère confirme sinon le maintien de l'occupation du site à la fin du IIIe siècle, du moins la présence effective, dès le siècle, d'une population attirée par le groupe baptismal. Une autre vision s'impose, une « histoire renouvelée » de la Roanne médiévale commence à s'écrire. En 2005, au Centre Hospitalier à quelque 700 m de là, la fouille d'un second cimetière lié à la paroisse Saint-Julien apporte des indices supplémentaires et ouvre de nouvelles questions sur la topographie de Roanne médiévale. Au fil des découvertes, on constate que la ville du haut Moyen Âge a connu au plan régional un rang plus important qu'on ne le soupçonnait. L'origine de la publication tient donc aux résultats de ces deux fouilles principales auxquels les auteurs ont joint ceux de la surveillance des tranchées place Georges-Clémenceau en 2001 et de la fouille du site du Palais de Justice réalisée en 2002, ainsi que de divers sondages et surveillances réalisés dans le contexte des travaux de rénovation du centre ville. Malgré les difficultés de lecture des vestiges dans un contexte urbain très remanié, l'évolution du site du baptistère et de son contexte monumental est retracée de l'Antiquité à la fin du Moyen Âge. Le volet funéraire, traité dans sa globalité, apporte des données chronologiques essentielles et caractérise la population inhumée. L'analyse architecturale du donjon et de son environnement bâti a été reprise avec minutie ; une relecture plus avertie de l'ensemble des découvertes anciennes pour la période médiévale renouvelle le discours sur le rôle et les étapes de la fortification. Plus généralement, le retour systématique à la documentation et aux collections mobilières des fouilles anciennes a conduit à reconsidérer des découvertes ponctuelles et à mieux les interpréter. Enfin, l'analyse des textes reprise à l'occasion de ces recherches, confrontée aux données archéologiques, éclaire l'histoire locale et régionale et donne corps à l'hypothèse originale d'une coseigneurie au Moyen Âge central. Les responsables des fouilles et divers spécialistes réunis autour de Monique Le Nézet-Célestin livrent ici un bilan scientifique impressionnant qui marque assurément une étape pour la recherche historique et archéologique roannaise.

empty