Sciences humaines & sociales

  • La collection de matrices de sceaux médiévaux du département des Monnaies, Médailles et Antiques de la Bibliothèque nationale de France compte parmi les plus volumineux ensembles de ce type conservés en Europe. Ces objets, qui servaient à fabriquer les sceaux de cire que les hommes du Moyen Âge plaçaient au bas des chartes pour les authentifier, forment l´un des plus abondants corpus métalliques qui nous soient parvenus. Ayant été gravés pour des sigillants appartenant à toutes les strates de la société, de la reine Constance de Castille à l´artisan chaussier, de l´université de Paris à l´évêque de Squillace ou de la chartreuse royale de Miraflores à dame Dauphine du Broc, les matrices révèlent, parfois de manière émouvante, toujours de manière profitable, la façon dont des hommes, des femmes, des institutions du Moyen Âge mettaient en images leur identité. L´ambition de ce catalogue est bien de sortir de leurs réserves des objets longtemps ignorés susceptibles d´alimenter l´intérêt des chercheurs, historiens, historiens d´art ou des techniques mais aussi de susciter la curiosité du plus grand nombre.

  • Les jetons servaient primitivement aux opérations de compte et portent, comme les médailles, un riche décor de portraits, de devises, d´allégories et de scènes historiques. Conçue par les savants au service du pouvoir royal et exécutée par les meilleurs graveurs, cette iconographie nous fait pénétrer dans l´univers intellectuel des élites, de la Renaissance au siècle des Lumières. Ce deuxième tome du catalogue des jetons d´Ancien Régime conservés au département des Monnaies, Médailles et Antiques de la Bibliothèque nationale de France poursuit l´exploration de l´iconographie numismatique de la monarchie française aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles avec la description des jetons émis pour les juridictions centrales de l´État royal et pour leurs auxiliaires. Conseil du Roi, Chambre des comptes et Cour des monnaies dominent ce nouvel ensemble, la plupart des séries décrites dans ce volume prenant fin au cours du XVIIe siècle. Les jetons des institutions administratives et financières prendront progressivement le relais, continuant d´illustrer la lente et profonde mutation historique de l´État français vers sa forme actuelle. Thierry Sarmant, adjoint au directeur du département des Monnaies, Médailles et Antiques de 2006 à 2009, actuellement responsable du Cabinet de numismatique du musée Carnavalet, et François Ploton-Nicollet, archiviste paléographe, maître de conférences à l´université d´Orléans, ont dressé cet inventaire en s´efforçant toujours d´ajouter à leur description une traduction des légendes latines, le repérage des sources antiques ainsi que le décryptage des significations, allusions historiques et mythologiques figurant sur ces jetons.

  • Ce quatrième tome des Monnaies chinoises, catalogue du département des Monnaies, Médailles et Antiques de la Bibliothèque nationale de France, est consacré aux quatre dynasties barbares, à la dynastie Ming et à celle des Ming du Sud, soit un éventail chronologique allant du début du xe siècle à 1661. Il présente près de 700 monnaies de bronze qui sont, pour beaucoup, peu fréquentes ; cette période est, en effet, marquée par l´usage régulier de la monnaie de papier et de l´argent dans les échanges quotidiens. Les quatre dynasties, khitane, djurtchète, tangoute puis mongole, qui occupent le Nord de la Chine où règnent provisoirement les Song, n´ont pas la même conception de la monnaie que les Chinois. Sous les Ming (1368-1644), la dépréciation du papier, en raison d´une maîtrise insuffisante des émissions, et de la valeur de l´argent - en raison des quantités de plus en plus grandes arrivant d´Amérique -, provoque une hausse de la valeur des monnaies de bronze. Comme les trois premiers volumes, le catalogue est précédé d´un commentaire historique et numismatique ; rédigé par François Thierry, conservateur général au département des Monnaies, Médailles et Antiques, il permet de comprendre l´importance du monnayage de cette période dans l´histoire monétaire de la Chine.

  • Les 694 intailles magiques du département des Monnaies, Médailles et Antiques avaient déjà été partiellement publiées, en 1964, par Armand Delatte et Philippe Derchain ; d´autres pierres l´avaient été ponctuellement, comme certains exemplaires de la collection Henri Seyrig, cataloguées par Campbell Bonner. Un nouveau catalogue, rassemblant l´ensemble de la collection du département et illustré de photographies en couleur, était donc vivement attendu. Les gemmes magiques datent pour la plupart de l´Empire romain, principalement du ier au iiie siècle, les exemplaires à iconographie chrétienne étant produits jusqu´au Moyen Âge. Cet ensemble hétérogène qui mêle traditions des Mages perses et religions égyptienne, juive, etc. constitue une source de premier ordre pour la compréhension de la piété et des croyances populaires de l´Antiquité : de petits objets manifestant les espoirs et les craintes ordinaires fournissaient une médiation permanente avec le divin pour, pensait-on, se protéger, guérir, connaître l´amour, la victoire ou la fortune. Attilio Mastrocinque propose ici une présentation approfondie de chaque objet. Chaque intaille est reproduite en couleur et soigneusement décrite dans sa profondeur historique et symbolique, permettant au lecteur de pénétrer la complexité de certaines divinités. Cet ouvrage vient enrichir le corpus des gemmes magiques dont les publications se sont multipliées, notamment en ligne. La riche collection de la Bibliothèque nationale de France est ainsi rendue accessible aux chercheurs, aux collectionneurs, mais aussi aux curieux.

  • Pour les Égyptiens, l´accès au séjour éternel nécessitait une préparation funéraire appropriée et tout défunt se devait d´avoir à ses côtés une armée de serviteurs destinés à le suppléer pour tous les travaux susceptibles de lui être imposés dans l´au-delà. Ces statuettes dites chaouabtis - puis ouchebtis à partir de la XXIe dynastie (1080-945 av. J.-C.) - sont apparues au Moyen Empire (vers 2040-1782 av. J.-C.) et se sont surtout diffusées et multipliées dans le matériel funéraire au Nouvel Empire (vers 1570-1070 av. J.-C.). Des 365 chaouabtis et ouchebtis de la belle collection d´antiquités égyptiennes constituée à partir du XVIIe siècle, seules 84 statuettes demeurent actuellement au département des Monnaies, Médailles et Antiques (les autres furent déposées au Louvre en 1907). Grâce à Liliane Aubert, à qui fut confié le soin de publier cette collection, et à son époux, Jacques François Aubert, ce fonds peu connu, mais parfaitement représentatif de la diversité des collections de la Bibliothèque nationale de France, est désormais à la disposition des chercheurs. Après une présentation de l´histoire de ces collections et de l´histoire de ces statuettes funéraires, le catalogue comprend 84 notices descriptives, avec la reproduction détaillée (face, profil et dos) de chaque pièce, ainsi qu´un relevé des inscriptions hiéroglyphiques qu´elle porte. Le lecteur trouvera, en annexes, l´inventaire des statuettes actuellement conservées à la Bibliothèque nationale de France, ainsi que les inventaires des pièces qui en proviennent et sont actuellement conservées dans d´autres musées, une chronologie, une bibliographie sélective et deux index.

  • Ce troisième tome des Monnaies chinoises, catalogue du département des Monnaies, Médailles et Antiques de la Bibliothèque nationale de France, est consacré à la dynastie Song (960-1279) ; il présente les quelque 3 000 pièces de la très importante collection du département, qui illustre l´extrême variété de ce monnayage depuis les premières monnaies Song yuan tongbao de Zhao Kuangyin jusqu´aux sapèques des derniers empereurs Song du Sud. L´Empire connaît alors des transformations socio-économiques dont les origines remontent au viiie siècle : expansion des surfaces cultivées, développement des échanges, spécialisation régionale de l´artisanat, essor de la production minière. Les plus fortes émissions de l´histoire de la Chine sont contemporaines de la dynastie : la monnaie assure la fluidité de l´économie mais est aussi un produit d´exportation. La numismatique a non seulement tiré partie de l´engouement propre aux élites pour l´histoire, l´archéologie et l´épigraphie, mais encore d´innovations comme le style dit d´« or mince ». Le catalogue est précédé d´un commentaire historique et numismatique, par Emmanuel Poisson, historien du Viêt Nam classique, qui présente l´histoire monétaire de l´Empire Song dans ses liens avec les événements politiques et l´histoire économique de la Chine, de la fin du xe siècle (960) jusqu´au xiiie siècle (1279).

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