Langue française

  • Edward Harrison Barker, voyageur anglais, relate deux périples effectués en Guyenne durant les étés 1892 et 1893. Il dépeint la beauté des paysages, les curiosités environnementales ou architecturales et nous offre des témoignages d'une immense richesse sur la vie de ces campagnes ; celle des Auvergnats qui descendent le bois des montagnes, celle des moines d'Échourgnac qui ont tout fait pour éliminer les miasmes des étangs, celle des premiers inventeurs de la préhistoire aux Eyzies. Il nous fait découvrir les pratiques religieuses empreintes de superstition, les oppositions politiques dans les petits villages et les habitudes alimentaires.
    Toujours attentif aux gens qu'il rencontre, il dresse leur portrait avec une rare justesse, sans toutefois échapper toujours aux préjugés de son époque. Il voyage à pied, évite les chemins connus et reste au plus près des cours d'eau, la Dordogne, mais aussi la Vézère, l'Isle et la Dronne. Il décrit avec enthousiasme et beaucoup d'humour la navigation hasardeuse, les auberges surprenantes ainsi que la flore en botaniste éclairé.

  • » Dès l'aube des Temps modernes les Limousins ont été victimes d'une image noire, façonnée, puis largement diffusée, par les élites parisiennes.
    Il ne s'agit pas, pour nous, de revendiquer les diverses opinions qui composent cette anthologie. Certaines sont d'une insondable bêtise; d'autres malveillantes ; quelques-unes, parfois, frappent juste ...
    Or à travers ce dictionnaire, écrit à l'usage de ceux que Georges Brassens nommait les imbéciles heureux qui sont nés quelque part, nous aimerions montrer que les Limousins sont eux-mêmes capables d'autodérision.
    En exhumant ainsi les misères de cette région, peut-être n'aurons-nous fait, alors, qu'en apprivoiser les splendeurs ... »
    Yannick Beaubatie

  • Ils s'étaient résignés à une petite vie, normale, tranquille. C'est raté. Des ascenseurs qui tombent, ce n'est ni normal ni tranquille.
    Antoine Tallec est agent d'entretien d'ascenseurs et batteur d'un groupe local. Callista Lazaridis est assistante dans un bureau d'études, aussi jolie que timide. Comme beaucoup de Français, ils vivent dans la France périurbaine, ce territoire mal défini, entre ville et campagne, tout au bout des lignes de transports en commun. Parvenus à la trentaine, ayant renoncé à leurs rêves de jeunesse, ils s'étaient, chacun de leur côté, habitués à faire profil bas. Leur rencontre, bouleversée par plusieurs morts, va changer la donne.
    Si l'intrigue raconte les conséquences désastreuses d'une corruption politique, le récit se déroule à la hauteur de ses personnages : à la hauteur de ces gens ordinaires, des habitants de ces zones géographiques de la France « périurbaine », « périphérique », à la hauteur de ces vies simples depuis si longtemps ignorées qu'elles ont tendance, ces temps-ci, à ruer dans les brancards... Sous l'influence de la musique populaire et sous l'autorité tutélaire de Bruce Springsteen, musicien emblématique des oubliés, ce roman noir dégage la force de ceux qui résistent malgré tout à l'écrasement et au mépris.

  • Le Bahau

    Thalie de Molènes

    Dans le temps trouble de la guerre de 1939 à 1945, le village du Bahau, qui n'a pas été envahi depuis la guerre de Cent Ans, est obligé de s'ouvrir au monde, parfois dans le sang.
    Confronté à l'arrivée des Alsaciens réfugiés, à la traque des Juifs, aux actions des Résistants et aux représailles de la Milice, le Bahau est à lui-même son seul modèle, sa loi - il manifeste ce que personne ne lui a enseigné : sa qualité d'humain.

  • Dante l'a voué aux flammes de l'enfer, relégué avec Mahomet au chapitre des fauteurs de troubles et de discordes, condamné pour l'éternité à porter sa tête dans ses mains. Mais il n est pas sûr que Bertran de Born ait mérité pareil châtiment. La légende a fait de lui un mythe qui a occulté le véritable personnage. De nos jours, les jugements tendent à se nuancer. On commence à reconnaître dans le seigneur-troubadour qui célébra la prouesse guerrière la guerre du XIIe siècle n'a rien à voir avec les conflits modernes un poète talentueux et un précieux témoin de son époque. Dans cette biographie à la fois minutieuse et très accessible, l'auteur retrace la vie du sire d'Hautefort à travers des sources authentiques : ses poèmes, mais aussi la précieuse chronique de son contemporain, le prieur de Vigeois et le cartulaire de l'abbaye de Dalon où le troubadour termina sa vie comme simple moine. À travers cette approche renouvelée,c'est l'histoire de la grande Aquitaine d'Aliénor et celle de Richard Coeur de Lion, que Bertran de Born a côtoyé à plusieurs reprises à Bordeaux, Limoges ou Poitiers, qui renaît sous nos yeux au plus près de la réalité.

  • Thalie de Molènes, attachée au Périgord, aime parler dans ses romans du lien profond qui unit les hommes à la terre et à ses paysages. Elle est auteur de nombreux ouvrages pour la jeunesse. Son dernier roman, Le Bahau, prix Marguerite Audoux 2003, est la transposition de sa vie pendant la période de l'Occupation.

  • Il raconte l'exécution des dénonciateurs, la récupération des armes, les actions contre l'occupant, la solidarité du maquis et les conflits de stratégie.
    En restituant dans leur brutalité les nécessités de la lutte armée et de la vie dans l'illégalité, le récit passionné de Soleil apporte un point de vue sur l'histoire de cette époque.

  • Cette correspondance regroupe plus d'une centaine de lettres inédites de 1952 à 1971, année de la mort de l'auteur. Elle est accompagnée d'un texte de présentation, Lettre à un ami, et d'une postface, Le pacte secret, de Paul Placet, ainsi que de nombreuses notes et références à d'autres correspondances. L'ampleur de la période et la continuité du lien qui unit les deux hommes font de ces pages un événement pour comprendre l'oeuvre complexe et parfois réduite à son aspect marginal. Elles éclairent, nuancent et renforcent la vision des livres et des lieux : le Mont Athos, Domme, le désert, la Vézère et l'Afrique.

    Il y a chez moi une fatalité de voyage et d'instabilité, d'autant plus grande que, mettant le meilleur de ma vie dans mes livres ou dans ma peinture, je ne perds rien en brisant tout derrière moi ; j'emporte les livres et les tableaux comme les nomades emportent leurs dieux...

    François Augiéras à Paul Placet
    décembre 1962

  • Le travail de Bernard Reviriego sur le sort des Juifs de Dordogne de 1939 à 1944 correspond parfaitement à ce que j'envisageais il y a une dizaine d'années : une recherche extrêmement rigoureuse et méthodique, s'appuyant sur une documentation considérable et inédite, le souci de ne jamais oublier l'aspect humain de la tragédie qui s'est déroulée et le recours permanent aux témoignages d'époque. L'histoire des Juifs du département de la Dordogne est écrite. C'est une oeuvre importante et exemplaire. Si c'était le cas pour tous les autres départements de France, nous disposerions d'une centaine d'ouvrages qui permettraient probablement d'élaborer de nouvelles synthèses concernant le sort de Juifs de France, confirmant ou infirmant les travaux de référence en place aujourd'hui.
    Serge Klarsfeld
    Extrait de la préface

  • Dans le vallon de Gorge d'Enfer aux Eyzies, un abri-sous-roche porte la sculpture d'un saumon datant de la préhistoire. Le bas-relief est entouré de coups de ciseaux violents laissés en 1912 lors d'une tentative d'extraction pour le vendre à un musée allemand. La version la plus connue des faits met en cause l'archéologue suisse Otto Hauser, alors très actif dans la vallée de la Vézère. À partir des archives publiques et privées, en France, en Allemagne et aux Etats-Unis, l'auteur reprend point par point cette affaire surprenante, dont les procédures administratives et légales ont duré trois ans. En fait, le projet d'enlever et de vendre à l'étranger le bas-relief fut entièrement conçu par les Français. Quand le directeur du musée de Berlin est venu négocier l'achat du poisson au mois de septembre 1912, c'était à l'invitation du propriétaire. Hauser n'avait rien à voir avec l'extraction et la vente de la sculpture ; le rôle des préhistoriens fut moins héroïque qu'on ne l'a souvent raconté. Ce récit se comprend dans le climat d'alors, marqué par une crise d'identité nationale, la menace allemande, une population rurale française appauvrie, le manque de lois protégeant le patrimoine archéologique, l'absence de financement en France pour l'acquisition de collections, des incompétences administratives et des conflits entre préhistoriens.
    Randall White, né en 1952, est professeur à New York University (Center for the Study of Human Origins). Depuis plus de trente ans, il participe à des recherches en France ; il dirige actuellement les fouilles franco-américaines de l'abri Castanet à Sergeac en Dordogne. Il est l'auteur de nombreux ouvrages scientifiques et de vulgarisation, dont le plus récent est L'art préhistorique dans le monde (La Martinière, 2003).
    Polémique sur l'affaire de l'abri du poisson

  • En fait, il est pratiquement impossible de comprendre ce qui amena Malraux à quitter le compagnonnage communiste pour celui du gaullisme, sans connaître cette période essentielle de sa vie. Ses exégètes ne l'ont pas étudiée dans le détail, exploitant simplement des rumeurs contradictoires, souvent inventées de toutes pièces.
    Fort heureusement, il existe des textes imprimés, dont ses propres livres, qui sont des sources directes d'information. Malgré les quarante années passées, les témoignages de ses compagnons (ou adversaires) de lutte gardent tout leur intérêt, de même que les renseignements fournis par les services officiels français, anglais ou allemands.
    On peut donc espérer que cette étude, qui paraît alors que l'on s'apprête à commémorer le dixième anniversaire de sa mort, mette enfin un terme aux affirmations discordantes sur la conduite du « colonel Berger » dans la Résistance.»
    Extrait de l'avant-propos.

  • Comment fut décidée cette mission qui reste l'un des « vols à main armée » les plus importants de tous les temps, loin devant l'attaque du train postal Glasgow-Londres ?
    Dans quelles circonstances s'est déroulée cette opération, qui a nécessité une organisation sans faille et d'importantes complicités au plus haut niveau ? Quelle fut la destination réelle des fonds récupérés, les rumeurs les plus folles ayant circulé à ce sujet depuis un demi-siècle ?
    L'auteur Guy Penaud, historien de la Résistance, après l'audition de nombreux témoins ayant participé directement aux faits, après la confrontation des documents historiques évoquant cette affaire et la consultation d'archives publiques enfin accessibles, apporte aujourd'hui à toutes ces questions des réponses souvent inédites et parfois étonnantes.
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