Littérature traduite

  • Avec Le chien, la neige, un pied, Claudio Morandini compose un conte cruel, une de ces histoires fascinantes et terribles qu'on se raconte le soir à la veillée.

    Adelmo Farandola vit seul dans son chalet perdu dans la montagne. Depuis un temps immémorial. Les années ont passé, identiques à elles-mêmes. Quoique. Adelmo Farandola n'a pas le souvenir très lucide. Les saisons s'empilent dans sa mémoire comme en un brouillard indistinct.
    Une longue grisaille vécue à l'écart des hommes, dans une solitude absolue, entretenue, revêche, un peu méchante. Mais cet hiver-là surgit un chien. Bavard. Pétulant. La truffe en éveil. Il adopte Adelmo Farandola.
    Au printemps, la fonte des neiges révèle peu à peu un pied humain non loin de leur cabane. À qui appartient-il ? Qui l'a mis là ? Adelmo Farandola ne se souvient pas très bien des événements de l'an passé...

    Claudio Morandini a obtenu avec Le chien, la neige, un pied le prestigieux Premio Procida-isola di Arturo-Elsa Morante 2016. Auteur d'une demi-douzaine de romans, il est regardé comme un écrivain des plus prometteurs en Italie.

    Claudio Morandini a obtenu avec Le chien, la neige, un pied le prestigieux Premio Procida-isola di Arturo-Elsa Morante 2016. Auteur d'une demi-douzaine de romans, il est regardé comme un écrivain des plus prometteurs en Italie.

  • Cipriano Parodi est submergé par son imagination d'où jaillissent des personnages échappés des plus extravagants romans d'aventures et qui l'obligent à écrire. Accompagné de la cohorte de ses créatures, il se présente au rendez-vous fixé à New York par Caspar Jacobi, l'Alexandre Dumas des temps moderne... Commence une descente infernale dans les méandres d'un roman machiavélique.

  • Nihil ou Totum : sur un coup de dés, Francesco Sacredo, jeune aristocrate vénitien, mise sa propre personne pour tenter de récupérer sa fortune perdue par son père au profit de la comtesse von Wallenstein. Le jeune homme, proscrit et condamné à fuir encore et encore, tâche pourtant de rendre coup pour coup à la comtesse, invisible et lointaine mais toujours sur ses talons.Lorsqu'il revient d'exil à Venise, Francesco Sacredo, jeune patricien de bonne famille, découvre que son père a perdu au jeu la totalité de leur immense fortune. La comtesse Mathilde von Wallenstein, une allemande borgne, sournoise et carnassière, lui a enlevé jusqu'à son dernier sequin. Ulcéré par l'inconséquence paternelle, Francesco accepte, sur un coup de dé, de miser sa propre personne pour tenter de récupérer son bien. Il perd.Mais plutôt que de livrer son corps à la maléfique comtesse comme convenu, il s'enfuit, aussitôt pris en chasse par les impitoyables spadassins de l'Allemande.Aussi cette partita se poursuit-elle grandeur nature, au rythme de la course effrénée de Francesco à travers une Italie du XVIIIe siècle plongée dans un hiver glacial. La mort aux trousses, le jeune homme, réduit à la dernière extrémité, proscrit et condamné à fuir éternellement, tâche pourtant de rendre coup pour coup à son adversaire lointaine et invisible.Roman d'aventures haletant, orchestré par Alberto Ongaro en maestro de l'art de la fiction, La Partita fait penser à un Dumas qui aurait été atteint de paranoïa, et où les élégances vénéneuses de Casanova se doubleraient de l'exubérance rieuse de Federico Fellini.

  • À la lecture de cet énigmatique ouvrage, Schultz sera projeté dans une aventure frénétique entre Londres et Venise au début du XIXe siècle, pleine de la passion fiévreuse du jeune Jacob Flint pour la volcanique Nina, patronne de la Taverne du doge Loredan et maîtresse d'un gentleman contrebandier exhalant une infâme puanteur et harcelé par deux corbeaux parlants. D'abord intrigué, Schultz est bientôt surpris puis fasciné par les étranges affinités qu'il se découvre avec Jacob Flint.

  • Dans ce roman historique en forme d'intrigue policière, Panagiotis Agapitos nous fait pénétrer un univers byzantin tel qu'il n'avait jamais été dépeint, sur ses marges et dans ses bas-fonds, grouillant de vie dans le monde interlope ou s'entremêlent de surprenante manière les traditions de Byzance et de l'Islam. Un roman oriental d'un autre genre. Empire byzantin, mai 832. Envoyé en ambassade auprès du calife al-Mamun de Bagdad par l'empereur Théophile pour négocier la paix, le Premier secrétaire impérial Léon arrive à la ville frontalière de Césarée, en Cappadoce, dernière étape avant d'entrer en territoire musulman. Paisible en surface, la ville est en réalité un chaudron en ébullition. Des silhouettes furtives se glissent le long des ruelles obscures du quartier arabe ; les rumeurs d'une guerre proche commencent à circuler ; le stratège, commandant militaire de la ville, n'est plus que l'ombre de lui-même, et non loin des ruines de la vieille ville on ourdit des complots pour assouvir les désirs lubriques de certains. Et qui sont ces moines patibulaires venus réclamer justice ? Lorsque le corps atrocement mutilé de la fille de treize ans du juge de la cité est découvert hors des murs, le commandant, débordé, se voit obligé de demander l'aide de l'ambassadeur. Jusqu'alors, le Premier secrétaire avait coulé les jours tranquilles de la vie d'un haut fonctionnaire. Célibataire et solitaire, fasciné par les romans d'amour, il s'adonne à la musique sur un luth d'ébène de facture arabe. Désormais, il va devoir entrer dans la danse des masques, enquêter dans les casernes, les tavernes et les bordels de Césarée ; pour la première fois, il va être amené à résoudre des crimes. Et à se confronter à son propre passé.

  • Enfermé dans « sa tour de glace » - le petit appartement d'une banlieue ouvrière d'Oslo -, puisant dans un quotidien où personne ne parle sa langue, ni à l'usine ni en famille, Luigi Di Ruscio a écrit le monde quarante ans durant. Entraîné par le flot des crépitements incessants de sa machine à écrire, il mêle librement le roman, l'autobiographie, la poésie : « comment se fier à des témoins oculaires qui affirment avoir vu de magnifiques couchers de soleil quand on sait pertinemment que le soleil ne se couche pas, c'est nous qui crépusculons constamment. » Perpétuellement drôle, il s'émancipe de tout avec joie, et étrille les conventions du langage dans un élan de créativité furibonde, renverse les hiérarchies, bouscule la religion, la politique, la famille, le couple et le sexe, fusionnant l'écriture et la vie.

  • Le roman policier allemand - ou Krimi - était prolifique sous le Troisième Reich. Longtemps dédaigné par les autorités, il recueillit des auteurs indociles et prit en charge la critique que la « haute » culture n'assumait plus. Mais la censure se faisant de plus en plus pressante, et le régime cherchant à imposer le « bon roman policier allemand », les auteurs durent s'acclimater de diverses manières aux injonctions officielles. Inédite en Allemagne même, cette anthologie se fait l'écho des disparités d'une littérature sous contrainte. Si quelques écrivains vantent la police du Reich ou se conforment à l'idéologie nazie, d'autres trompent la censure en situant leurs intrigues hors des frontières nationales, ou en imaginant des confessions ironiques du criminel : car au fond, qu'est-ce que le crime et la justice dans une dictature ? Littérature populaire, le Krimi fait ainsi entendre une autre voix de l'Allemagne. Et s'il reflète le pouvoir policier au quotidien, il esquisse aussi un portrait du petit peuple et de la pègre - réelle ou fantasmée.

  • Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dans la petite ville de Fermo, une bande loufoque de partisans, fonctionnaires, prostituées et paysans attend fébrilement la grande fête révolutionnaire et l'avènement d'une société sans classes. Sous la forme d'une auto­biographie picaresque, Luigi Di Ruscio orchestre dans sa ville natale une comédie humaine à l'italienne, peuplée de figures tour à tour burlesques, tragiques et tendres. Armé d'une drôlerie féroce, d'une écriture à la cadence orale ponctuée de fulgurantes inventions langagières, il nous administre une formidable leçon de joie de vivre en dépit de ses désillusions politiques.

  • Alberto Ongaro ranime dans Rumba, envahi par l'ombre du Faucon Maltais de John Huston, la mythologie du grand roman noir de Raymond Chandler et Dashiell Hammett. Mais c'est pour mieux la dévorer et bâtir, comme seul il sait le faire, un polar trépidant.

  • Ce roman abyssal relève un défi sans précédent sous le soleil de la littérature : établir une théorie générale des triangles amoureux ; et, accessoirement, écrire une Histoire universelle de l'adultère. La matière est abondante, comme on sait.
    À partir de seize récits énigmatiques exemplaires - venus des rives de l'Amazone, de Rio de Janeiro, de Venise, de Babylone ou de l'île de Pâques -, Alberto Mussa, méthodique et facétieux, enquête sur les fâcheuses tendances à la triangulation amoureuse de notre inconstante humanité.
    Il parvient ainsi à percer le secret du Mouvement pendulaire, clé de voûte d'un livre plein de surprises qui, à la façon des écrits de Jorge Luis Borges, repousse l'art de la fiction dans l'ordre de l'infini.

  • À l'aube des temps, au milieu d'une nature épanouie, dans un Japon archaïque écartelé entre chefferies rivales, la princesse Himiko devient la proie des rois. Outragée par des brutes esclaves de leurs pulsions, elle médite sa vengeance sur les mâles dominants. Inspiré par la lecture d'antiques récits et du Salammbô de Flaubert, Yokomitsu Riichi bâtit avec Soleil un joyau littéraire éclairé par la beauté fauve des grands mythes. Comme un Miyazaki par anticipation.

  • Dans l'Âge de l'Ignorance, aux temps préislamiques, les Arabes comprirent que le langage, comme les nombres, était infini. Les poètes-guerriers du désert, passionnés par les formes, les femmes et le vin, entreprirent alors désespérément de raconter des histoires, toutes les histoires, d'écrire pour fixer le cours du temps. Sept poèmes des plus parfaits furent suspendus à la Pierre Noire de La Mecque.
    Mais il existe un huitième poème, inconnu jusqu'à ce jour, qui le résume et les contient tous. Il rapporte la quête du héros al-Gatash poursuivant la belle Layla à peine entrevue au campement d'un soir. Au milieu des guerres sans merci, en butte aux maléfices d'une sorcière et à l'obstination d'un redoutable rival ambidextre, il devra tenter de résoudre l'énigme de Qaf pour gagner sa promise.

    Alberto Mussa réitère dans ce livre ludique le geste antique des Bédouins. Il réinvente la mythologie arabe, les légendes d'Aladin, de Shéhérazade ou même de Pythagore et de Jésus ; tel Borges face à l'infini, il affronte les ruses de la fiction dans un roman d'aventures épiques bâti comme un conte des origines - de la littérature.

  • Sous les funestes auspices d'un vendredi treize de l'an 1758, Philippe Sgonzac, fringuant jeune homme tout juste promu mdecin et fils d'un lgendaire matre d'arme, quitte Paris pour rejoindre son pre. Peu aprs, sur la route de Chtillon, il est fusill par deux spadassins en embuscade et tombe dans l'eau glaces de la Marne... Enfoui dans les trfonds d'un tableau inachev du XVIIIe sicle, se dissimulait la trame d'un roman d'aventures comme plus personne aujourd'hui n'irait en imaginer. Mais Alberto Ongaro, emport par une frnsie romanesque, rveille ici - tel Stanley Kubrick dans Barry Lindon - Walter Scott, Alexandre Dumas et Casanova pour une nouvelle cavalcade, teinte cette fois d'une angoisse kafkaenne.

  • Dans son palais de Babylone, Alexandre le Grand agonise. Après avoir traversé la vie tel un météore aveugle à ses propres ravages, pris de remords, il demande à son devin de convoquer les âmes de ses proches défunts. Les ombres remontent des Enfers lui exposer leurs griefs et entendre sa défense. Ils raniment alors le souvenir de leur folle équipée. Ainsi débute cette Nuit des Morts, fresque monumentale des splendeurs du monde antique qui nous transporte d'Athènes à Persépolis, sur les rives du Nil et dans l'Olympe. Entre le fracas des batailles et les intrigues sous les péristyles, fantômes, dieux et simples mortels, malicieusement orchestrés par José Ángel Mañas, composent un opéra tragique autour des secrets enfouis du Conquérant et le conduisent, pas à pas, vers son châtiment.

  • Parodie des grandes sagas classiques, La Saga des Fiers-à-bras est un chef-duvre dhumeur noire, un roman du désenchantement empreint dun pessimisme jovial, où Laxness élève les mésaventures de deux bras-cassés au rang dune épopée magnifique.

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