Éditions de l'Atelier

  • Les idées de l'extrême droite gagnent du terrain en France, comme dans une bonne partie de l'Europe. Dans le contexte de crise actuelle, le parti qui les revendique clairement, le Front national, serait crédité de 15 à 20 % des voix lors de la prochaine élection présidentielle.
    Comment ces idées, reprises insidieusement par d'autres, sont-elles construites, et sur quelles thèses s'appuient-elles pour chercher un écho dans l'électorat français et notamment dans une partie de l'électorat catholique ?
    Pour tenter de répondre à ces questions, Étienne Pinte, un député UMP, et un prêtre, Jacques Turck, tous deux hommes de foi et de convictions fortes, ont souhaité reprendre et analyser ensemble ces thèses extrémistes de droite et le programme de gouvernance qu'elles induisent, notamment dans le domaine des questions sociales, de l'immigration, dans un certain rapport au monde et à l'Europe, ou encore dans leurs conséquences économiques. Les auteurs ont considéré aussi l'attitude, la manière d'exposer ces idées, la violence et les images couramment employées. Enfin, ils ont tenu surtout à rapprocher ce discours du message de l'Évangile et des grands textes de la doctrine sociale de l'Église catholique démontrant ainsi l'incompatibilité profonde des deux positions.
    Étienne Pinte est député UMP des Yvelines, président du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l'exclusion (CMLE), et membre du Conseil d'administration de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA).
    Mgr Jacques Turck, ancien directeur du Conseil national Famille et Société de la Conférence des évêques de France, fondateur de la Maison d'Église Notre-Dame-de-Pentecôte, est curé à Issy-les-Moulineaux et a été nommé prélat d'honneur par le pape Benoit XVI.




  • Ces dernières années, on a assisté à une lutte intense pour repousser sans cesse la mort grâce au progrès médical. Face à ce que nos contemporains ont perçu comme une dérive vers une fin de vie « surmédicalisée », est alors apparue une nouvelle revendication : celle de l'euthanasie.


    Sur bien des points, le mouvement des soins palliatifs a tenté d'apporter des réponses concrètes à cette double revendication : refuser à la fois l'acharnement thérapeutique et l'euthanasie. Cependant, alors que les soins palliatifs se sont aujourd'hui largement développés, la revendication d'une acceptation légale de l'euthanasie continue à être entendue régulièrement. Comment comprendre la récurrence d'une telle demande ? Les soins palliatifs ont proposé que la fin de vie ne soit pas la fin de la vie, telle qu'elle a été vécue et chérie ; ils parient pour cela sur la continuité des soins et non sur la rupture, sur l'hospitalité et non l'exclusion.


    En développant tous ces points, Vincent Leclercq s'inscrit dans une perspective chrétienne d'éthique de la fin de la vie, soucieuse de penser les principes et de transformer ainsi les pratiques.




    Vincent Leclercq est assomptionniste, prêtre et maître de conférences. Il enseigne la bioéthique à l'Institut catholique de Paris. Il est médecin, ancien consultant à la mission-France de Médecins du Monde.

  • La politique traverse une période extrêmement paradoxale. L'opinion publique la décrie et stigmatise ses représentants officiels. Les puissances financières tentent de la maintenir sous tutelle. La grande masse des citoyens semble s'en désintéresser. Quant aux militants, les plus
    convaincus se découragent ! La politique serait-elle à bout de souffle ?
    Ce n'est pas le point de vue des auteurs de ce livre. S'ils analysent de façon lucide les difficultés actuelles de la dimension politique (perte de crédit des partis, conflits d'intérêts, parole brouillée, démocratie locale affaiblie...), Jean-Luc Deroo et Maxime Leroy démontrent également que
    quelque chose de nouveau est en train de naître. La nécessité d'une action politique s'appuyant sur l'expression et les attentes des populations, notamment des plus pauvres, l'exigence d'une éthique au service du bien commun et l'émergence d'une utopie ancrée dans la fraternité s'affirment, en effet, dans de nombreux mouvements récents.
    Les chrétiens ne sauraient rester silencieux dans ce débat. À la suite de Diaconia 2013, ils sont invités à s'impliquer encore plus dans la vie du monde ! Ils ont à collaborer avec tous les hommes et les femmes de bonne volonté pour que la parole des personnes les plus fragiles de la société soit au coeur d'une vie politique à repenser.

    Directeur d'école, Jean-Luc Deroo a exercé de nombreuses fonctions syndicales et électives. Adjoint à partir de 1989, puis maire (PS) de la ville d'Halluin dans la métropole lilloise en 2001, il est vice-président à la communauté urbaine de Lille et membre d'associations nationales d'élus. Il quitte ses fonctions électives en mars 2014.
    Maxime Leroy est prêtre du diocèse de Lille depuis 1967, engagé auprès de la Mission ouvrière - notamment dans les quartiers populaires de Lille - et coordonnateur de la formation des candidats au diaconat permanent pour la région Nord-Pas-de-Calais.
    Il enseigne la théologie pratique et pastorale. Il a publié aux Éditions de l'Atelier Nouveaux chemins d'Évangile en mars 2005.

  • Organisations économiques mais aussi actrices dans la cité, les entreprises structurent la vie des sociétés au plan national et international. Confrontées à la compétition mondiale, à la transformation du rapport espace/temps, à la financiarisation de l'économie, à l'anticipation de la pénurie des ressources et des bouleversements liés au changement climatique, elles sont, plus que d'autres, concernées par une interrogation éthique touchant au sens et à la finalité de leur action. Leurs pratiques et leurs discours, hélas, ne sont pas toujours à la hauteur des enjeux et ne contribuent pas à la prise en compte du rôle politique qui est le leur. Pourtant elles disposent d'une immense capacité d'innovation susceptible d'être orientée de façon favorable ou défavorable.
    Pour y parvenir, les chantiers sont nombreux et seule une refondation de notre modèle économique permettra de relever les défis de la transition vers une société post-carbone. Si la croissance de la richesse mondiale est à la fois impossible et insoutenable dans le contexte actuel, quels sont les repères anthropologiques, moraux, philosophiques et spirituels qui pourront nous aider à promouvoir une « prospérité sans croissance » ?
    Le livre de Cécile Renouard fait le pari que, loin d'être un discours moralisateur stérile ou une mode passagère, la démarche éthique est un aiguillon critique et une force de proposition qui nous invite, individuellement et collectivement, à poser un diagnostic, à chercher les causes de nos maux sociaux et économiques, à suggérer des remèdes et surtout des chemins en vue du grand projet de société qu'est la transition écologique. Elle vise ainsi à un fonctionnement des entreprises plus juste et épanouissant pour les salariés et les sociétés des pays du Sud et du Nord, aujourd'hui et demain.

    Religieuse de l'Assomption, philosophe, Cécile Renouard enseigne à l'École des mines de Paris et au Centre Sèvres, et est directrice d'un programme de recherche à l'ESSEC.

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