Éditions Somme toute

  • Inspiré par la prophétie de trois sorcières et par les conseils de sa femme, le général Macbeth assassine le roi d'Écosse pour s'emparer du trône. Ce meurtre, premier d'une longue série, le plonge dans la culpabilité et le fait sombrer dans la folie.

    En transposant ce texte culte, écrit en 1606, en langue vernaculaire québécoise, Garneau rompt avec la tradition des traductions françaises de Shakespeare et lui rend tout son pouvoir d'évocation. Le Macbeth de Garneau frappe par sa puissance poétique, véritable réincarnation de la parole shakespearienne. Traduite entre l'élection du Parti québécois et le premier référendum, et inspirée de la langue québécoise populaire puisée à même sa source ancestrale, la pièce devient un texte culte, faisant accéder le québécois au rang de langue mythique. Garneau rend ici à l'oeuvre de Shakespeare ses dimensions politique, poétique et pulsionnelle. La «pièce écossaise» n'aura jamais été aussi sentie, vibrant sous la langue libre et souple du traducteur.

  • Créée par le théâtre Il va sans dire, Tout ça massassine a été représentée au théâtre Outremont en mars 2012 puis à la Cinquième salle de la Place des arts en octobre de la même année. Acclamé par le public et consacré « Production de l'Année 2011 » par la critique (La Presse), loeuvre sest méritée un retentissant succès!

  • Sous couvert d'économie narrative - deux personnages, un décor spartiate -, l'auteur brosse deux portraits saisissants, ceux d'Alain et de Marco. Amis, presque frères, les voilà divisés par un drame.

    Car Alain a tué un homme. Il s'en confesse à Marco, chez qui il vient de faire irruption en pleine nuit. Par monologues interposés, les deux hommes font le point, se souviennent.

    Alain a tué un homme. Trop d'alcool, trop de poudre. Un champ... La lune... Une carcasse...
    Alain a tué un homme.
    Et Marco qui ne sait que faire.
    Brisés, ces hommes-là.
    Alain a tué un homme.
    Et Marco qui sait quoi faire.
    Brisée, cette amitié-là.
    Une carcasse... La Lune... Un chant.

  • Claude, un jeune poète, est un ver de terre amoureux d'une étoile.
    Félicité, une femme pure et noble est cette étoile.
    Christian dit le "Grand-Cheval" est un chevalier des temps moderne, quart arrière de l'équipe de football, frère de Claude et amant de Félicité.
    Arrive alors, Richard dit "le roi soleil ave Caïus César aka le King dude". Une dispute survient. La guerre éclate. Ils se battent sans lendemain pour conquérir le coeur de la douce Félicité.

  • Dans la cuisine familiale, après qu'on eut célébré le premier anniversaire de naissance du petit Nino, sa mère, son père et leurs quelques convives tentent d'alimenter une discussion à laquelle tous aimeraient participer, mais que personne ne veut vraiment écouter.

    Nino est un texte doux-amer sur la parentalité idéalisée, la transformation des rapports familiaux et l'échec de la communication. Ponctués des pleurs d'un nouveau-né qui ne trouvera jamais le réconfort dont il semble avoir besoin dans la pièce d'à côté, les dialogues entre la mère, le père, l'amie, la soeur et le beau-frère sont autant de paroles lancées dans l'espoir de retrouver chez l'autre un peu d'empathie; des cris du coeur de ces adultes qui, eux non plus, ne trouveront jamais de réconfort.

    Le texte est accompagné d'une entrevue que l'auteure a réalisée avec les responsables du théâtre Poche à Genève, où la pièce fut présentée pour la première fois en décembre 2016, et dans laquelle elle développe une pensée autour des thèmes féministes abordés dans sa pièce.

    Ce texte a reçu une mention spéciale lors de la remise du prix Gratien-Gélinas en 2014.

  • Cabaret neiges noires, pièce phare du théâtre québécois, fête ses 25 ans en 2017. Reflet d'une génération en quête de sens, ce cabaret délirant nous emmène, sur fond de musique et de chants, aux confins de la folie et de la nature profonde de l'humain, tout en dressant un portrait critique de la société québécoise de l'époque.

    Il y est question de rêves déchus, de projets abandonnés, d'amour impossible, de fatalité, de religion; bref, de ces questions intemporelles qui témoignent d'un désenchantement d'une jeunesse pour qui le rêve américain n'était que pur mirage.

    Écrit avec ironie et poésie, ce texte dépasse l'entendement, choque, libère et apporte même une légère lueur d'espoir, malgré son actualité mordante.

    Comparée à l'Osstidcho, Cabaret neiges noires est désormais inscrite au patrimoine québécois.

  • Dans la République romaine archaïque, alors que sévit la famine, le général Marcius, inflexible, refuse de parler au peuple et d'écouter ses récriminations. Surnommé Coriolan pour avoir conquis la ville de Corioles, ce chef autoritaire incarne le refus de céder aux compromis politiques et à la démocratie. Militaire élevé par une mère lui ayant transmis l'intransigeance, Coriolan oppose ses privilèges de chef à l'inconstance du peuple jusqu'à y laisser sa vie.

    La pièce politique de Shakespeare, créée en 1607 et publiée en 1623, questionne le pouvoir de l'État et la corruption de la démocratie, mais s'enrichit dans la traduction de Michel Garneau de nouvelles dimensions. Dans une langue québécoise poétique, épurée et affranchie de toutes contraintes, Garneau construit un drame rythmé, où les joutes oratoires rivalisent avec l'action dans un jeu incessant où la scène politique devient un grand théâtre. Commandée par l'École nationale de théâtre en 1989, dans une production où l'élite politique se déplaçait en patins à roulettes, ce Coriolan traduit le mouvement infernal de la guerre livrée entre les chefs et les citoyens. Une danse cruelle et complexe qui offre un miroir troublant des dérives politiques et des abus de pouvoir de notre temps.

  • Trois femmes, trois mères, trois sexualités. Trois voix qui s'entrecroisent : une M.I.L.F. (mother I'd like to fuck), une M.I.L.S. (mother I'd like to save) et une M.I.L.K. (mother I'd like to kill).
    M.I.L.F. porte un regard acide, poétique, engagé et sans compromis sur le tabou entourant la relation entre maternité, sexualité et pornographie à travers la banalité tragique et les émois stériles du quotidien.

  • Fable satirique inédite sur les rapports entre la violence, la parole et l'art, La première internationale de narration met en scène un concours littéraire international qui se tient sur le mont Sinaï, dans un salon de verre lumineux. Diffusée en direct à la télévision, la compétition oppose les représentants des différents modes de narration (roman, poésie, chanson, etc.). Chacun y revendique son mode d'expression par des plaidoyers où sont questionnés le rôle des artistes, les jeux de pouvoir, les relations hommes-femmes, l'obsession de l'argent comme le sens de la violence. Un jury, composé de Prix Nobel de littérature, est chargé de noter les oeuvres, mais les participants n'ont pas le temps de terminer leurs exposés, interrompus par l'arrivée de terroristes. Puissante critique d'une société à la «culture agonique» dominée par la consommation, La première internationale de narration aborde avec humour, lyrisme et passion le rôle essentiel du langage, du désir et de l'engagement dans un monde déchiré par des forces brutales.

  • Duel entre un créateur publicitaire de génie et son pragmatique associé, chargés de trouver un nou-veau slogan pour l'armée canadienne, Les Guerriers dissèque la mécanique implacable du règne ca-pitaliste et de l'aliénation de l'homme. Sous la forme d'un dialogue habilement orchestré, la pièce propose une guerre de mots contaminés par l'impératif économique, un combat aussi drôle que tra-gique entre la poésie et l'argent. De paradoxes en dérision, de déroute mentale en dérive physique (alcool et cocaïne aidant), Paul et Gilles s'échangent des répliques où se révèlent tour à tour l'euphorie d'un système où tout se vend et s'achète sans scrupule et l'effroi du vide qui le compose.

    Lorsque la vie se confond avec la mort, que l'âme se perd dans l'imposture d'une créativité rentable, alors on peut dire que la guerre est bel et bien lancée contre l'humanité. Une oeuvre phare de Michel Garneau, qui a su traduire avec maestria le mal de notre époque en termes sociaux et individuels à travers l'arme redoutable du langage.

  • Dans un atelier d'artiste, trois femmes, une danseuse et deux actrices, se mettent « au travail » pour reconstituer le portrait d'une femme dont on ne sait presque rien, sinon le jour et les circonstances tragiques de sa mort en 1310 et le seul livre connu d'elle qui a traversé les siècles, Le miroir des âmes simples et anéanties, un traité de vie spirituelle à l'ampleur et à la beauté fulgurante. Pièce en trois parties, Les Marguerite(s) présente ainsi trois variations, trois approches de création autour d'un seul matériau, ce livre de Marguerite Porete, écrit à la fin du XIIIe siècle. Cette écrivaine, qui occupe une place singulière parmi les grandes auteures mystiques du Moyen Âge, est aujourd'hui seulement connue par son livre qui a perduré dans le temps malgré un premier autodafé et par les actes du procès de l'Inquisition qui l'a menée elle-même quelques années plus tard au bûcher sur la Place de Grève à Paris. Menant une sorte d'enquête poétique et imaginaire, Stéphanie Jasmin s'est inspirée en partie de la forme du procès comme point de départ. Pour cela, elle a convoqué la danse pour interpréter le silence obstiné de Marguerite devant ses juges : de nouveaux témoins, cinq autres Marguerite qui ont toutes existées entre le XIIIe siècle et la période moderne et qui prennent la parole l'une après l'autre, suivies d'une jeune fille d'aujourd'hui qui arrive inopinément pour raconter sa rencontre hasardeuse avec le livre, dont l'intensité étrange se confond avec ses états d'âmes. Cet atelier où se tissent en écho les mots et les gestes de ces trois artistes devient ainsi un lieu concret de fabrication, de création et de travail; un « théâtre qui se fait » où chacune met en place une performance pour composer le portrait cubiste d'un sujet aux parties manquantes que l'auteure a choisi de faire résonner plutôt que de la fictionner.

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