Éditions Prise de parole

  • Quelque part dans les entrailles minières de Sudbury siège un observatoire de particules élémentaires issues de la combustion du soleil.
    À l'ombre du réel, les mélancoliques se font chercheurs miniers, lecteurs du sol, en écho à un vieil ouvrage grec dont la paternité est incertaine.
    Dans les interstices de la connaissance, l'énergie s'obstine à naître à même l'effondrement. Un gouffre personnel se rabat lentement sur celui de plusieurs, puis sur celui de personne.
    «Problème trente» porte attention au point de convergence des humeurs noires et de la recherche subatomique, là où la pensée hésite encore entre la musique et l'idée.

    Avec ce recueil, le poète prolonge son questionnement sur le lieu et l'origine entamé dans «Le milieu de partout» (Prise de parole, 2014, prix Champlain).

  • je ne suis plus au centre
    d'aucun univers
    personne n'attend mon prochain livre
    je sais maintenant
    que la mort n'est pas d'actualité

    il y a dans le détachement
    une lucidité rassurante
    des moments
    qui confèrent presque à la grâce
    si près qu'on peut la sentir

    cela me suffit
    ce théâtre d'ombres
    à l'intérieur de soi

    Les deuils sous toutes leurs formes traversent une existence et suscitent colère, regret, angoisse, tristesse, que la poésie parvient à apaiser. «Longtemps j'ai porté mes deuils comme des habits trop grands» propose un pèlerinage à la fois universel et intime vers la connaissance de soi. Ce recueil, qui marque le retour de Stefan Psenak à la poésie après une quinzaine d'années de silence, est celui d'un poète qui s'est éloigné de l'urgence par de longs détours et qui a retrouvé dans la douleur et la pensée en marche un chemin vers la parole.

  • Amants fidèles
    Au clair d'une lune entière
    Nos ébats sont des feux
    Prières d'enfants torrents de rire
    Miroir des saintes tendresses

    Parcours indécis des affluents
    Entre les sables et les roches
    Le lichen et les nouvelles pousses
    Les effluves du jour s'amoncèlent
    Se marient et s'unissent

    Duplication et multitude
    Le rythme naissant croît
    Et se meut la soif plénière
    L'appel est lancé

    Nipimanitu

    «Nipimanitu (L'esprit de l'eau)» offre une poésie spirituelle et mystique de l'effondrement, écrite dans l'urgence de tout dire. En trois mouvements - amour intégral, chute et trahison, puis résilience et retour à la vision claire -, il livre un chant révolutionnaire, puisant aux sources de la conscience, du rêve et de la mémoire, qui appelle à une transformation radicale de notre regard sur le monde.

    La poésie symboliste de Ross-Tremblay traduit une métaphysique profondément innue qui repousse les limites du langage. L'auteur y exprime une cosmogonie qui aspire à l'immanence et à l'osmose entre l'humain et ce qui fonde sa vie.

  • un amas
    de métaux
    obscurs

    recouvre
    le côté droit
    de ma tête.

    j'en extrais
    mes idées

    les rends
    malléables

    les fais fondre
    avec le réel.

    Dans «Premier quart», la poétesse revisite le Nord, lieu de sa naissance, à travers le voyage et les souvenirs. Au long de son parcours, elle tentera de comprendre les drames et réalités à l'oeuvre dans le rude climat nordique. Elle sera ainsi ramenée à ses propres combats, à la solitude, à la tristesse, à l'angoisse, et à l'hiver qui invite à l'introspection. La nature et l'écriture lui permettront d'inscrire sa quête dans un vaste héritage familial et littéraire.

    Ce premier recueil de Véronique Sylvain tisse la nordicité en contrepoint d'une identité féminine et urbaine. Il s'inscrit dans la lignée de poètes établis (Robert Dickson, Patrice Desbiens, Michel Dallaire, Gaston Tremblay) et émergents (Sonia-Sophie Courdeau, Daniel Aubin) ayant contribué à forger l'esthétique poétique du Nouvel-Ontario.

  • À la croisée des chemins, le temps est venu de faire l'inventaire de ce qu'il faut laisser derrière, de ce que l'autre côté de la nuit peut offrir. Examen des failles et des envies, décompte des fictions, transcription des trajectoires?: les poèmes de «Certains soirs de catastrophe» en appellent à la fois à ce qui n'est plus et à ce qui est désiré. Pilier de son récit, un homme raconte le souffle qui vient après une plongée en apnée, l'appel grisant de la tempête, le vertige de s'en remettre corps et âme à la potentialité de l'amour.

    Ce nouveau recueil de Stefan Psenak, qui prolonge l'exercice d'introspection entamé dans «Longtemps j'ai porté mes deuils comme des habits trop grands», raconte le retour à soi, à un état d'esprit fait d'ouverture, de découvertes et d'amour. Malgré les deuils qui continuent de peser, l'auteur renoue avec ce regard juste et lumineux qui fait de son oeuvre un rendez-vous incontournable.

  • À croire que j'aime les failles
    À louer les tremblements
    Érigés en plein ou en creux

    La route n'est droite dans aucun sens
    Ses accotements abîmes
    De souffles coupés
    Ses pentes vertiges renversés

    Des accidents
    M'échouent sur le chemin qui mène
    J'aimerais vous dire je m'y retrouverai la prochaine fois
    Ou non

    Jamais exactement là où elle devrait être, jamais attendue telle quelle, jamais tout à fait comme il faut. Ni d'eux, ni d'elles, ni d'iels, la voix poétique investit l'univers de la faille, cette imperfection qui devient ici un espace où repenser les possibles. Les trois suites poétiques du recueil sont tour à tour transgressives, grammaticales, joyeusement de guingois, et questionnent le matériau, celui avec lequel on forge une langue, celui contre lequel s'érodent les souvenirs.

    La poésie de Bérard explore le queer, «peut-être le mot [...] qui résume le mieux ce sentiment de ne pas totalement réussir à être comme il faut». C'est de ce point de départ, l'impression d'être «un peu en avance ou en retard ou juste un peu à côté, de travers, à l'écart» que s'ouvre le chemin de l'écriture.

    Après avoir remporté le prix de poésie Trillium 2018 avec «Oubliez» (Prise de parole), un magnifique premier recueil sur l'effacement, Sylvie Bérard démontre qu'elle sait créer une poésie d'une grande puissance d'évocation.

  • JE RÊVE AU POÈME

    Je rêve au poème
    qui rêve à moi

    et quand
    je me réveille
    le lit est vide
    et

    encore chaud

    Dans son nouveau recueil «Sous un ciel couleur cayenne», le poète Patrice Desbiens poursuit son exploration, avec la concision qui caractérise son oeuvre de maturité, des tonalités que revêtent les grands et petits moments de l'existence.

  • Toujours fidèle à sa manière bien à lui et à ses préoccupations thématiques, Patrice Desbiens offre, dans «Décalage», des regards rétrospectifs sur son passé partagé entre le Québec et l´Ontario français. La première partie est inspirée par la grande rencontre internationale Jack Kérouac tenue à Québec en 1987 et évoque des lieux de cette ville. La deuxième est un court mémento tandis que la troisième renoue avec le passé de Desbiens. Le recueil réunit des poèmes qui ont été publiés dans les revues Estuaire, Lettres québécoises et Steak haché. Avis aux collectionneurs qui veulent posséder le « tout Desbiens ».

  • «Je tiens près de moi l'encre,
    ma plume est une fronde
    alors qu'avec les mots que je jette
    mon ambition s'égare.
    Je crie à Dieu, C'est un sacrilège !
    Il me dit, Ou peut-être un poème.»

    Gregory Scofield se met dans la peau de Louis Riel et de personnes qui l'ont connu pour dresser un portrait humain du leader politique métis. Entremêlant extraits de journaux et de poèmes de Riel, déclarations historiques et inventions, il réussit à sortir le mythe de son carcan, donne accès à des dimensions peu connues du personnage : celles de mari, de père, d'ami, d'amoureux et de poète visionnaire.

    L'humour, l'inventivité et le souffle du texte sont rendus avec justesse par la traduction de Daniel Aubin, lui-même poète et conteur.

    Publié originalement en anglais sous le titre «Louis: The Heretic Poems» (2011, Nightwood Editions), ce recueil est la première oeuvre de l'auteur à paraître en français.

  • D'ici, de demain et « de nulle part », André Leduc pousse un cri dalarme à lamour, à la terre. Au fil des textes, le lecteur voit éclater la chair du poète en une énergie chargée dimages, propulsée à la vitesse de la lumière. Le lecteur survole sept cent millions dannées - de lÉgypte à lAmérique, des pyramides aux gratte-ciel - découvrant en cours de route, un « allô » intime dont lécho se perd dans le temps, lespace et la matière.

  • Dans « le Cahier jaune », on retrouve précisément ce qui fait lessence de la poésie de Michel Vallières et ce pourquoi on le reconnaît si chaleureusement : une voix singulière, chaude et personnelle qui se révèle dans toute sa fragilité, son inquiétude et son désir. « le Cahier jaune », c'est d'abord et avant tout la voix du poète, une parole rebelle qui laisse le champ libre à l'émotion.

  • je suis assise au bord de notre histoire
    on a fini de déjeuner de nos amours

    toi tu es déjà debout à ramasser les miettes
    d'une nuit passée en un quart d'heure

    si seulement j'avais eu le temps de finir mon café
    j'aurais pu lire dans la tasse
    le peu d'avenir qu'il nous reste

    Par ses ahurissements familiers, ses ironies de secours, ses amours malmenées dans une ville qui en a vu d'autres, «au sud de tes yeux» n'est pas sans rappeler, au féminin très singulier, la terrible lucidité d'un Patrice Desbiens.

  • « Abris nocturnes », c'est une poésie des rapports humains, des moments qui s'étirent comme de longues journées ou qui s'arrêtent brusquement pour marquer le revers.



    Des intonations justes, des images authentiques, une parole généreuse. Un recueil animé par l'intuition fuyante de l'amour à déceler en toutes choses et en toutes gens. « Abris nocturnes » sont des textes d'une beauté et d'une tendresse exquises, contrastant avec la rudesse mythique de Sudbury.

  • Avec ce recueil où tendresse et humour font bon ménage, le talent de conteur de Michel Vallières marque de nouveaux points. En quête de sa propre vérité, il relate ses expériences et réflexions personnelles par le biais d'une écriture précise et efficace.

  • Un monde idéal damour, de contes de fées et dimages denfance est confronté à des réalités bouleversantes : anges gardiens malveillants, hommes sans bras, femmes dénuées de charité. Pas de rhétorique ni de lunettes roses. Une jeune poète parle des préoccupations actuelles de lOntario français.

  • Derrière le mutisme du monde naturel, une femme entend l'écho de la solitude qui l'habite. Elle est à l'affût d'une « fêlure dans le silence », par où pénétrer la mémoire des paysages maritimes. Par là se trouve l'espoir de nommer le secret mystérieux de

  • Au fil d'une rêverie historique, l'inspiration poétique de Pierre Albert trace l'itinéraire de sa quête d'appartenance. La poésie épouse la douleur d'un espace mal habité et d'une humanité à la fois inspirée et écrasée par le Nord.

  • Une série de méditations sur le monde contemporain dici et dailleurs. Face à sa propre tradition, éclatée, comme face à la technologie de pointe, le poète témoigne dune inquiétude grandissante. Ailleurs - au Pérou, au Maroc - comme ici, lavenir du monde se prépare dans lombre. Le point de départ et le point darrivée de ce recueil ne font quun : la lucidité douloureuse est la pratique nécessaire de la parole.

  • Un homme se remémore cette femme dont « les yeux lavaient cloué sur son destin ». Ainsi samorce ce récit poétique où brille un amour ancien dans lécrin patiné dune totale solitude. Après une descente dans lenfer de sa peine, le héros retrouve sa force et son intégrité et, sublime beauté, il rejoint sa belle dans les sortilèges de lécriture : il lui « donne rendez-vous dans ce poème ».

  • D'une voix distincte, Sylvie Maria Filion explore tour à tour la langue, l'amitié, la mémoire, la douleur et la mort. Une farandole de métaphores est présentée parfois en vers libres, quelques fois en rimes. Les textes sont lyriques, parfois ludiques et drôles comme des comptines d'enfant. Une voix originale, qui résonne de fougue, de rébellion, de hardiesse et d'invention.

  • « Le jour est seul ici » est un éloge paradoxal aux puissances de la poésie. Sans complaisance, le poète affirme que ces fragiles échafaudages de la parole sont destinés à s'écrouler sous le poids du mystère qu'ils révèlent.

  • « Climats » est imprégné dune intention dhabiter et dêtre habité par un lieu, lAcadie. Un texte en quatre temps correspondant aux saisons et à leurs ambiances, où le temps et lespace se confondent dans une présence actuelle.

    Un « beau recueil de textes denses, profonds, souvent étranges, présentés en quatre volets qui répondent au rythme des saisons : le journal poétique pour le printemps, poèmes en alexandrins pour lété, réflexions sur la mémoire et la conscience de soi pour lautomne, prose plus pragmatique, à la manière de lessai, mais toujours avec une saveur poétique, pour lhiver. » - Nuit blanche

  • « "Vous" présente les multiples incarnations de cette énigmatique seconde personne du pluriel : vous, auteur; vous, ville; vous, femme [] À défaut daboutir, cest-à-dire de saisir lobjet de ses investigations (vous), le poète trouve un second souffle dans une dialectique du désir inassouvi. Cet inassouvissement donne au "vous" une consistance de moins en moins ferme : "vous" glisse entre les doigts du poète, se dérobe, mystifie toute rencontre. [] "Vous" décrit limpossible quête dun objet somme toute inaccessible. » - Spirale

  • Mes doigts sont rouges.
    Mes lèvres sont rouges.
    Mes doigts sont trempés dans mon encre.
    Mes mains s'agrippent à l'idée que j'ai de toi puis s'envolent.
    S'enfuient.
    À l'intérieur comme à l'extérieur de moi, les personnages ont quitté la scène sans verrouiller la porte.

    Tout est à mobiliser : la tête, la gorge, les mains, le ventre. Le sexe. Le corps entier couve les souvenirs, donne naissance au poème. Sur la joue où il y eut griffure, on voit maintenant les traces d'une larme ou d'une caresse. Le corps se tient aux aguets, prêt à fuir et à réinventer le temps. Et la femme cherche, parmi les histoires, celle qu'il lui faudra écrire.

    Dans «Ce qui reste sans contour», troisième recueil de la poète, on assiste à l'évolution d'une jeune femme appelée à se reconstruire par l'écriture. En reprenant contact avec sa mémoire corporelle, la femme établit un dialogue avec l'autre partie en elle et parvient à transcender l'abus dont elle a été victime.

    Le recueil s'inscrit dans une réflexion sur le rôle des procédés narratifs dans la redéfinition d'un sujet touché par un événement traumatique. Il rend hommage à la résilience de l'individu face à la violence ainsi qu'au pouvoir thérapeutique de l'art.

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