Éditions Nota bene

  • Voix unique dans le paysage théâtral de notre époque, l'écriture de Carole Fréchette s'inscrit dans ce qu'il convient d'appeler un « théâtre de la comparution » par lequel les personnages ont la responsabilité de se mettre à nu devant nous, de nous prendre à témoin, de nous interpeller. À même une parole imprégnée de sensations à fleur de peau et d'incisifs questionnements, la dramaturge québécoise n'a eu de cesse d'explorer la difficulté d'être chez ses contemporains aux prises avec leurs désirs et leurs contradictions dans leur recherche d'une vie à la fois plus lucide et plus juste. Amorcée en 1989, cette oeuvre compte aujourd'hui une quinzaine de pièces, distinguées par des prix prestigieux et une réception critique élogieuse à la suite d'un grand nombre de productions tant au sein de la francophonie qu'ailleurs dans le monde en pas moins de dix-sept langues.
    Pourtant, la dramaturgie de Carole Fréchette n'avait encore jamais fait l'objet d'une analyse fouillée sous forme de livre. Le présent ouvrage comble cette lacune en rassemblant des textes de seize chercheurs provenant des deux côtés de l'Atlantique. Ces spécialistes ont répondu à l'invitation de réfléchir sur l'oeuvre qui constitue l'imaginaire original de la dramaturge en tant que « théâtre sur le qui-vive ». À ces études et ces essais s'ajoutent une préface de l'écrivaine Madeleine Monette, un texte introspectif de Carole Fréchette elle-même et une ample bibliothéâtrographie de son oeuvre. Une telle initiative éditoriale permet enfin de (re)découvrir dans toute leur amplitude les spécificités poétiques et civiques d'une dramaturgie au féminin à nulle autre pareille.
    Avec des textes de : Hélène Beauchamp, Marion Boudier, Karine Cellard, Denise Cliche, Gilbert David, Francis Ducharme, Louise H. Forsyth, Carole Fréchette, Hervé Guay, Marie-Aude Hemmerlé, Sylvain Lavoie, Barbara Métais-Chastanier, Madeleine Monette, Nicole Nolette, Stéphanie Nutting, Pascal Riendeau, Lucie Robert, Jean-Philippe Roy et Sara Thibault.

  • Comment une performance en vient-elle à être considérée comme nationale? Comment certains événements spectaculaires qui n'apparaissent pas a priori comme distinctivement québécois réussissent-ils à cultiver une idée de la québécité à l'intérieur comme à l'extérieur de la province? En explorant tour à tour l'Expo 67, les discours entourant la publication de la pièce Les belles-soeurs de Michel Tremblay, le théâtre de l'image de Carbone 14, les pratiques d'écriture de Marco Micone, la musique pop de Céline Dion et les performances féministes des années 1970 et 1980, Erin Hurley examine les mécanismes qui permettent d'établir de nouvelles articulations entre les concepts de performance et de nation. Chaque chapitre s'interroge sur un moment particulier de l'histoire du Québec moderne ainsi que sur un type de performance emblématique du moment, le tout en réhabilitant l'importance du rôle des femmes dans la production du fait national.

  • Le public québécois manifeste aujourd'hui un engouement certain pour le théâtre documentaire. Mais il n'en a pas toujours été ainsi. La rapidité avec laquelle cette esthétique s'est imposée depuis les années 2000 est à la source de cet ouvrage collectif et en explique la forme : non pas celle d'une histoire qui reste à faire, mais celle d'un étoilement que les auteur·e·s de l'ouvrage appréhendent à partir de multiples perspectives. Sont regroupés sous l'appellation de « théâtres documentaires » une variété de créateurs et de démarches que réunit l'idée d'interprétation du réel, à comprendre ici dans sa double acception de jeu avec la réalité et de point de vue sur celle-ci. On cherchera donc à saisir le fonctionnement - tant sur le plan éthique et politique que dans sa dimension véritablement esthétique - des principales manifestations de ce mouvement au Québec et à se demander à quels besoins répond cette prédilection soudaine pour la factualité dans une vie théâtrale qui s'en était très bien passée jusque-là.

  • Qu'est-ce qu'un scandale en art et que révèle-t-il ? Comment se déploie-t-il dans l'espace public et comment agit-il rétrospectivement sur ce qui fait mémoire ? Comment s'enracine-t-il aux contextes artistique et sociopolitique tout dévoilant certaines de leurs facettes ? Comment s'articule-t-il au pôle censure / liberté d'expression ? Comment l'analyse rétrospective de celui-ci est-elle elle-même ancrée dans des choix théoriques et des sensibilités éthiques et politiques qui peuvent en redéfinir les contours ?

  • Quand on pose les questions « Depuis quand parlons-nous ? » ainsi que « Depuis quand écrivons-nous ? » et qu'on examine plus en profondeur les origines de l'écriture et de la parole, l'évidence de la réponse se perd en conjectures. Certains diront que nous avons commencé à écrire il y a 3 500 ans, au moment de l'invention de l'alphabet hiéroglyphique égyptien et de l'alphabet cananéen/phénicien ougaritique (écriture cunéiforme). Nous aurions alors lié l'apparition de l'écriture au facteur urbain, d'une part, et aux nécessités de la comptabilité, d'autre part. D'autres affirmeront plutôt qu'il ne fait pas de doute que les formes totalement abstraites, qui abondent dans la plupart des ensembles préhistoriques de toutes les périodes et de toutes les régions depuis le Paléolithique moyen (entre 250 000 et 35 000 AP), constituent les premiers véritables symboles graphiques, les premières écritures ou inscriptions si l'on veut user de prudence.
    Le présent essai réaffirme l'importance de l'art pour le genre Homo et nous amène sur les traces des premières écritures, avec comme principal outil le chant. L'auteure ouvre cet espace-temps historique en conviant le lecteur à la découverte de la grotte de Niaux, ornée de chefs-d'oeuvre créés par nos ancêtres il y a plus de 14 000 ans.

  • Au-delà des inventeurs et de leurs inventions, André Mondoux dresse dans cet ouvrage, comme son titre l'in¬dique, une histoire sociale des technologies numériques. À partir d'une réflexion sur les rapports entre technologie et société, l'auteur retrace les développements techniques, économiques et sociopolitiques des technologies numériques, de l'arrivée des premiers supercalculateurs (1945) jusqu'à l'émergence des médias socionumériques (2008) comme Wikipédia, Facebook et autres.

    À l'heure où tout bouge si rapidement, en ces temps où la technologie numérique ne cesse de bouleverser notre monde, le livre d'André Mondoux fait un retour sur ce qui s'est passé pour que nous en soyons arrivé au point où nous en sommes.

  • Le phénomène des musiques dites « émergentes » occupe depuis quelques années une place croissante dans le paysage culturel québécois. Il est pourtant très difficile de bien dessiner les contours ou de saisir le mouvement d'ensemble de ces musiques que l'on perçoit parfois comme une unité cohérente. Dans cette perspective, l'objectif de ce livre est d'explorer non pas les propriétés des musiques émergentes, mais leurs façons de « devenir-ensemble ». Il ne s'agit donc pas de demander ce que sont ces musiciens, ces artisans, ces sons, mais plutôt d'examiner comment on peut « penser ensemble » l'hétérogénéité musicale, sociale, économique, médiatique et politique qui les caractérise. C'est donc en explorant certains lieux et processus qui président à leur transformation et à leur maintien en un tout diffus, que Martin Lussier fait apparaître les « musiques émer¬gentes » comme une multiplicité hétérogène, mouvante, aux frontières poreuses - non pas comme quelque chose de déterminé, mais comme un « devenir ».

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