Éditions David

  • Enfant au regard cocasse et lucide, amoureuse des odeurs, des saveurs et des mots, Béate se désole d'avoir des parents qui ressemblent à des enfants, une soeur calculatrice et un frère lémurien. Le temps qui passe lui apprendra à voir sa famille sous un autre angle : ses parents sont dévastés, sa soeur a une tête de scientifique et son frère est... schizophrène.

    Après la mort tragique de ce dernier, Béatrice devra affronter la culpabilité, le passé et surtout la vie qui continue, toujours et encore, malgré tout. Entourée de Wu, une Chinoise qui n'en est pas une et qui peint de grotesques personnages, et de Monsieur Pham, le charismatique Vietnamien du dépanneur qui fait de délicieux rouleaux impériaux, elle découvrira le réconfort et la douceur de l'amitié.

    Écrit avec une finesse et une fraîcheur remarquables, Quelque chose comme une odeur de printemps embaume le souvenir d'un hiver beau et glacial, non sans laisser quelques engelures.

  • Un énigmatique carnet. Un cousin ignoré d'une petite île de la mer du Nord. D'entrée de jeu, intrigué, le lecteur se laisse entraîner par la narratrice dans le monde sombre et mystérieux de Thorvald Sørensen, archéologue danois.

    Une naissance tragique, une enfance insolite auprès de parents adoptifs, Ingelise et Erland. Elle, aveugle de naissance, dans le secret de la nuit, initie l'enfant à la beauté envoûtante de la musique. Lui, embaumeur et artiste, consacre sa vie à perpétuer la mémoire des morts. Après une surprenante initiation à l'amour, survient dans la vie de Thorvald une femme sans nom. Leur lien profond le façonnera à jamais, jusqu'à sa mort. Une mort belle, longuement mûrie et librement consentie.

    Puis, il y a la mer, omniprésente, témoin et actrice, mère, maîtresse et traîtresse, berceau et tombeau.

    Aussi serein que déstabilisant, ce roman livre un véritable art poétique de la Mort, où chaque perte est renaissance, initiation à la vie. Depuis toujours, j'entendais la mer est un apprivoisement du deuil, lumineux, envoûtant et libérateur.

  • Après la misère et la pauvreté, la Seconde Guerre mondiale inflige à Théodora une profonde blessure : son fiancé, le résistant Gustave Novotný, meurt. Malgré son mariage avec un médecin, Jaromir Strílka, et la présence vivifiante de ses deux filles jumelles, Mariana et Milcza, Théodora devient de plus en plus distante et mystérieuse. Même le projet familial de partir pour quelques années en Australie ne la séduit pas...
    Ce n'est qu'après la mort de leur mère, que Mariana et Milcza, remontant dans leurs souvenirs, perceront ses secrets et reconnaîtront les liens indéfectibles qui les unissent.

    Une histoire émouvante, tout en retenue, qui montre que, dans des temps difficiles comme l'après-guerre, l'amour filial peut triompher de la haine et de l'indifférence.

  • Après avoir fait connaître l'incroyable histoire de son ancêtre et de sa lignée, dans «L'étonnant destin de René Plourde» et «Le clan Plourde», Anne-Marie Couturier raconte celle de Flavie, fière descendante du pionnier René.
    Née au début du siècle dernier dans le New Hampshire, Flavie Plourde va passer sa vie au Madawaska. Aînée d'une famille nombreuse, elle devient rapidement le bras droit de ses parents. À cinq ans, elle pétrit déjà le pain. L'école ne sera pas pour elle, ou si peu. En 1918, elle se marie avec Benjamin, son ami d'enfance, et va s'établir avec lui chez sa mère, dite Mémé, pour s'occuper d'elle et de la ferme. Les relations entre Flavie et sa belle-mère acariâtre s'avèrent pour le moins difficiles. Bientôt, la situation deviendra intolérable et Flavie devra faire des choix douloureux pour elle et ses nombreux enfants.

    À travers le portrait de Flavie, Anne-Marie Couturier rend hommage à toutes ces femmes de caractère qui ont bravé les difficultés de la première moitié du XXe siècle et vécu les premiers balbutiements du féminisme qui ont mené notamment à l'obtention du droit de vote.

  • Née aux Cèdres, un petit village à l'ouest de Montréal, Léa Bertrand voit très tôt ses projets contrecarrés par la volonté de son père, puis par la rigidité de l'Église qui refuse de la relever d'un serment. Dès lors, sa vie ne semble plus lui appartenir.
    Le parcours de Romuald et de Rodolphe est tout aussi étonnant, de l'orphelinat d'Huberdeau, dans les Laurentides, à leur arrivée à Montréal où Romuald se trouvera un travail permettant aux deux frères de vivre décemment. Quant à Roger et à Juliette, ils apprendront avec consternation qu'ils ne sont pas qui ils croyaient être.
    Comment ces destins atypiques sont-ils reliés les uns aux autres ? Micheline Tremblay nous l'apprendra dans ce singulier roman qui rappelle les tabous et les travers d'une époque pas si lointaine.

    Cette fascinante saga, à saveur historique, nous fait revivre le Montréal du début du XXe siècle avec ses grands bouleversements, tels le passage de la campagne à la ville, l'arrivée de la « fée électricité » et l'apparition du cinématographe.

  • Chine, 1934 - Dès son arrivée au port de Guilin, Rose, une jeune Anglaise, se prend d'affection pour XieXie, une servante chinoise au service de son mari. Raymond, que Rose est venue rejoindre, est grandement accaparé par la mine dont il est le directeur. Il voit donc d'un bon oeil la relation qui naît entre les deux femmes.
    Pendant ce temps, la situation politique se dégrade en Chine. Alors que les troupes nationalistes de Tchang Kaï-chek et celles, communistes, de Mao Dsedong s'affrontent, l'arrivée imminente des Japonais crée la panique à Guilin. Les Occidentaux sont obligés de rentrer dans leur pays. Rose et Raymond ne se résigneront toutefois pas à laisser XieXie derrière eux...

    Un roman dépaysant, d'une grande délicatesse, qui nous transporte dans une époque troublante et méconnue de l'occupation coloniale de la Chine.

  • Cambodge, 1975. Anouk'chet a cinq ans et file une enfance heureuse dans un milieu aisé. Sa vie bascule lorsque les Khmers rouges saisissent le pouvoir. S'ensuit une dictature d'une extrême violence. Les Khmers rouges évacuent les villes et chassent les habitants de leurs maisons, les obligeant à laisser leurs biens derrière. On les envoie travailler dans les campagnes. Ils sont mal logés, privés d'eau, de riz et de toute nourriture digne de ce nom.

    Âgée d'à peine sept ans, Anouk'chet doit aider à bâtir des digues dans les rizières. Au cours des quelque trois ans qui suivent, elle est séparée de sa famille, souffre de faim, de soif et d'un sentiment d'abandon. Constamment surveillée et contrainte d'obéir aux ordres, elle rêve de liberté. Ce désir de liberté et sa force de caractère permettront de se révolter intérieurement et de survivre aux ignominies du régime.

    Ce récit est une histoire de résilience. Anouk'chet est à l'image du lotus qui émerge des eaux stagnantes pour éclore et manifester toute sa beauté.

  • Victime du patriarcat qui régissait la société tunisienne au siècle dernier, Farida va toutefois résister au rôle qu'on lui assigne en devenant un exemple de résistance dans cette culture arabo-musulmane qui nie le pouvoir des femmes. Forcée par son père de se marier à un cousin dépravé, elle va petit à petit conquérir son indépendance après avoir mis au monde un garçon, Taoufiq, puis élevé sa petite-fille, Leila, qu'elle veut forte et déterminée.
    À travers son histoire, mais aussi celles de sa cousine Fatma et de sa belle-fille Jouda, on peut suivre cette lente affirmation des femmes, qui n'a pas été très souvent dépeinte, mais qui explique pourtant comment la domination des hommes a profondément évolué au cours des quatre-vingts dernières années.
    Après Du pain et du jasmin, qui nous transportait au coeur de la Révolution arabe, Monia Mazigh rend ici hommage à une génération entière de femmes qui ont marqué l'histoire récente de la société tunisienne et qui nous forcent à revoir nos vieux clichés sur l'ignorance, l'oppression ou la soumission des femmes arabo-musulmanes.

  • Un tueur en série continue de semer la terreur dans la région vancouvéroise : une autre femme au corps mutilé est retrouvée sans vie près de la voie ferrée où passe le West Coast Express.
    Le psychopathe, qui se fond depuis des mois dans le Downtown Eastside, a modifié son modus operandi depuis son dernier meurtre. Son terrain de chasse s'étend désormais aux parcs et aux sentiers de la forêt. Les enquêteurs, Tony, Pierre, François et Nicolas, dirigés par Greg McLeod, se lancent dans une traque sans précédent. Réussiront-ils enfin à attraper ce ou ces tueurs insaisissables ?
    En toile de fond, les lecteurs renoueront avec Raymond, le sympathique sans-abri qui inlassablement pousse son panier à travers les sombres rues de la ville, la toxicomane, Sylvia, la prostituée, Inga, tous ces personnages attachants qui nous font pénétrer au coeur de cette folie meurtrière. Sans oublier Rachel, la journaliste, qui devra affronter ses propres démons...
    Après Terreur dans le Downtown Eastside, Jacqueline Landry nous fait revivre ici toute la détresse qui imprègne un des quartiers les plus pauvres et les plus criminalisés en Amérique, avec ses toxicomanes et ses prostituées, ses revendeurs de drogue et ses bons Samaritains.

  • Cela fait plus de vingt ans que Jak a quitté sa ville natale dans l'espoir de trouver une vie meilleure, loin de son pays plombé par la dictature. Mais le passé le rattrape et il ne parvient pas à oublier le meurtre de Rosa, son premier amour, victime des manifestations.
    L'ombre de Rosa raconte cette semaine où Jak revient chez lui pour tuer l'homme qui a ruiné ses espoirs. Une semaine à errer sur les lieux qu'il a souvent hantés avec Rosa et ses amis étudiants, comme le Café Yasmine où resurgissent certaines figures oubliées. Une semaine à se convaincre que son choix est le bon et qu'il n'est pas un assassin, mais un justicier...
    Dans une lutte à finir, aux allures kafkaïennes, entre le bien et le mal, se joue le destin d'un homme en colère, déchiré entre son besoin de vengeance et sa lente marche entre hier et demain.

  • À 90 ans, Gabrielle Berlatier se rappelle comment, le 20 février 1888, de sa fenêtre de l'Hôtel Carrel d'Arles, elle a vu un homme habillé à la bohémienne se pointer à la porte. Gabrielle, qui a alors quinze ans, fait le ménage dans cet établissement où Vincent Van Gogh vient de débarquer. Elle se lie vite d'amitié avec le peintre, fascinée qu'elle est par ses toiles, ses couleurs, ses tournesols et ses portraits.
    Bientôt, Vincent connaîtra toutes sortes de déboires financiers et personnels. Objet de moquerie des gens du quartier, il lutte tant que bien que mal contre sa propre déchéance, sous l'oeil inquiet mais affectueux de sa jeune amie. Dans un moment de boisson et de folie, il se tranche l'oreille et la remet à Gabrielle. Aujourd'hui, elle lui rend ce témoignage à travers ses mémoires.
    Après La bonne de Chagall, Karen Olsen réitère sa fascination pour la vie des grands artistes en relatant la dernière année de vie de Vincent Van Gogh à Arles. La jeune fille à qui elle donne la parole pourrait être le sujet de la célèbre peinture, La Mousmé.

  • Deux jeunes hommes à l'aube de la vingtaine, Ilia et Témour, ne voient pas d'avenir pour eux dans leur petite ville de Géorgie, Koutaïssi. Ils décident d'en partir. Celui qui conçoit le projet, Ilia, est un tombeur de filles et une tête brûlée. L'autre, Témour, est un lycéen introverti qui a une passion pour le piano. Un échec amoureux, conjugué à la vie minable qu'il mène avec son père, le convainc de suivre Ilia en Amérique.
    Leur périple sera parsemé d'embûches. Plusieurs fois repris et battus, ils échappent de peu à la possibilité d'être renvoyés en Géorgie et remis à la Guépéou, la police secrète de Staline. Ils réussissent toutefois à atteindre la Turquie, puis le Liban où, après plusieurs déboires, le destin va finalement leur sourire.

  • Nomade

    Mila Younes

    Nomade s'inscrit dans la continuité du récit autobiographique Ma mère, ma fille, ma soeur. Après une adolescence déchirée entre les valeurs traditionnelles berbères et celles de la France, pays d'accueil de ses parents, Mila apprend à devenir une femme libre sur sa nouvelle terre d'adoption, le Québec.
    Elle laisse derrière elle un passé dont elle croyait pouvoir se libérer aisément. Mais il lui faudra force et détermination pour transformer l'adversité et ne pas sombrer dans l'abîme.

    Oser. Apprendre à vivre autrement que selon les diktats de sa culture d'origine et, tout en allant à la rencontre des peuples autochtones, partir en quête de son identité véritable.

  • Deux frères que tout oppose endurent tant bien que mal l'existence de l'autre. La succession du père, qui a fondé une scierie prospère, vient cristalliser leur rivalité. Incapable de prendre la relève, l'aîné camoufle sa jalousie dans une fébrile activité poétique, où la puissance des mots esquisse toutefois des plans meurtriers.



    Au coeur du Madawaska, dans un village forestier sans histoire, deux frères naissent à quelques années d'intervalle, Bruno dans le tumulte des eaux en crue, Étienne au moment de la floraison des lilas. Dès l'enfance, tout les oppose : l'un, au comportement étrange, semble habité par des démons ; l'autre est brillant, sensible et promis au succès.



    Vient le moment d'assurer la succession du père, riche propriétaire de la scierie... Dès lors, la situation dégénère. La jalousie de l'aîné s'amplifie avec les conquêtes amoureuses du cadet, elle devient haine et... désir de destruction.

  • Treize nouvelles insolites, cocasses, drôles, où la mort fera passer un bon moment à tous les amateurs de polars et aux fervents d'ironie et d'humour noir.



    R.I.P. : « Qu'il repose en paix ». Curieusement, ceux qui trouvent la paix, dans ces nouvelles de Claude Forand, ce sont ceux qui donnent la mort. Ils tuent « de bon coeur », comme on dit, sans remords ni scrupules.



    Accidentelle ou provoquée, froide ou banalisée, nécessaire ou pas, la mort échappe ici à toute forme de compassion ou de morale. « La mort est inévitable, profitons-en », semblent penser les héros ordinaires de ces histoires mourantes.



    Jusqu'à l'ultime clou qui scelle leur dénouement, ces treize histoires font des grimaces à la mort. Leur auteur, féru de littérature policière, jongle sans retenue avec les ingrédients du polar pour donner lieu à des inventions inusitées, bizarres et rocambolesques d'où la mort sort toujours gagnante.

  • « Jadis, sa parole était si facile. Comme un petit ruisseau en cascades, les mots débordaient au rythme de ses mains, qui les accompagnaient. Maintenant, ils s'affolent, s'embarrassent, pour finir par se perdre dans le brouillard. Timides, ils manquent de plus en plus de confiance et renoncent à l'effort de se tenir en rang ou même de se montrer la figure. Rétifs, ils se referment sur eux-mêmes. »

  • « Plus rien ne l'arrêterait. Ni le noir, ni ce déluge, ni la fin du monde ! René dérapa sur le limon des pierres, trébucha dans les fossés. Dans la nuit close, il perdit souvent la trace et se heurta à des arbres d'où crachait une pluie d'encre. »

    René Plourde, fils de paysans, décide, à dix-huit ans, de quitter la pauvreté de son Poitou natal et de s'embarquer pour la Nouvelle-France.

    Après une traversée éprouvante, il aboutira à la Rivière-Ouelle, où il finira par obtenir sa propre terre qu'il défrichera seul, au rythme des saisons. C'est là qu'il fondera famille.

    Entre imaginaire et réalité, cette reconstitution d'époque relate les aventures de ce pionnier hors du commun, le premier d'une grande lignée toujours vivante.

  • Après avoir évoqué l'établissement en Nouvelle-France de l'ancêtre des Plourde, dans L'étonnant destin de René Plourde, Anne-Marie Couturier poursuit l'histoire de cette lignée entreprenante et vaillante, qui partira de Kamouraska pour aller coloniser le Madoueskak (Madawaska, Nouveau-Brunswick).

    Pierre et son frère Augustin suivent la tradition de défricheur de leur légendaire père, tout en préservant jalousement sa mémoire dans un coffret qui recèle le secret de la famille et qui se transmettra d'une génération à l'autre. Pendant près de deux siècles, le clan Plourde réussira à faire sa marque malgré les nombreuses difficultés avec, en arrière-plan, des épisodes moins connus de l'Histoire, comme les conflits entre les colons français et les loyalistes ou encore les problèmes de frontières avec les États-Unis.

    Persévérance, fierté, combativité, fidélité : voilà des mots qui décrivent bien les personnages attachants de cette saga historique racontant les hauts et les bas des héritiers de René Plourde, à travers des épisodes marquants de la fondation du Madawaska.

  • Du présent au passé, entre l'ombre et la lumière, ce récit nous guide à pas feutrés à travers un paysage étrange, habité de personnages parfois insolites, souvent tendres.
    Sous les soleils calcinés couve une mémoire perdue qui n'attend que de se libérer. À travers l'innocence de deux enfants, Caroline et Emmett, la réalité se transforme et s'accomplit.

  • «Et ils vont tous revenir autour du lit : Jean, ton fils, et Alfred, ton mari amérindien, et mon père, le pianiste de blues, avec sa veste de cuir brune d'aviateur, et ils seront silencieux. Ils seront les témoins de tes cris. Après avoir entendu tes cris, Alfred va me dire que je peux te garder, parce que tu n'as plus besoin de lui, je suis ton homme, celui qui te fait crier de joie. Et John, mon père, va me dire que je n'ai plus besoin de lui.»
    Il vit un amour fou. Le premier. Aimer la femme-homme, c'est apprendre la vie et se tenir au bord du gouffre, c'est voyager au pays de la beauté fulgurante et du danger. Quarante ans plus tard, l'homme vieillissant se souvient de tout. Il raconte cette histoire qui l'a marqué au fer rouge.
    Un roman surprenant, un tableau émouvant d'un amour tout entier nourri par le passé, par ce désir des protagonistes de croiser le visage disparu ou jamais incarné du mari, du fils, du père. Avec cette histoire brève et incisive, Simone Piuze nous confronte à la réalité toute nue des êtres, une fois dégonflé le rêve autour duquel on a pu auréoler l'être aimé.

  • Doué d'un sens d'observation aigu, l'auteur offre des «instantanés», des «photographies», des «médaillons» qui dépeignent la vie quotidienne avec ses banalités, ses joies, ses insignifiances, ses douleurs et ses moments les plus risibles.

    Dans ce genre bref qu'il cultive depuis longtemps, Maurice Henrie aborde avec amusement ses thèmes de prédilection : folie du monde moderne, nostalgie du passé, observation de la nature, goût du voyage, absurdité de la vie... poursuivant dans ce seizième ouvrage une oeuvre qui prend racine dans le vrai monde.

    Dire succinctement des choses qui touchent, mais dont on n'ose parler, voilà l'intention qui inspire ces «petites pierres blanches» taillées, avec humour et finesse, pour notre plus grand plaisir.

  • Printemps 1968 - Un attentat perpétré par de jeunes révolutionnaires cause la mort d'un innocent. Un an plus tard, un homme se jette, entre Lévis et Québec, dans les eaux glacées du fleuve Saint-Laurent. Ce suicide dont la narratrice Monique est témoin et la mort de sa grande amie Claudie, dans des circonstances étranges pendant le festival country de Saint-Tite, vont la hanter longtemps.
    Les révélations d'Allan, musicien et ancien compagnon de Claudie, que Monique revoit des années plus tard, jetteront un éclairage nouveau sur ces drames. Puis, des liens d'amitié qu'elle noue avec Laurie, une Amérindienne rescapée des pensionnats, viendront changer le cours de sa vie.

    À travers ces destins qui se croisent et s'entrechoquent, tels ces morceaux de glace flottant et se brisant sur le fleuve, Claire Boulé nous plonge, avec beaucoup de finesse, au coeur de l'histoire récente du Québec, de la Crise d'Octobre au Printemps érable.

  • Qu'est-ce qui pousse des jeunes Occidentaux à aller faire une guerre qui n'est pas la leur ? Pourquoi se laisser embrigader au point de risquer, voire de donner, sa vie pour une cause telle que le djihad ? Au nom de quoi, au nom de qui ces jeunes s'impliquent-ils aussi aveuglément ?
    Ce sont ces questions qui traversent l'esprit d'Ariane le jour où elle découvre que sa fille, Élise, est soupçonnée d'avoir participé à un attentat terroriste dans le métro. Plus l'enquête menée avec intelligence et délicatesse par l'inspecteur Alex Duval avance, plus elle est obsédée par le comment et le pourquoi. Tout comme Fatima et Oleya, deux autres mères dont les fils, Tariq et Jamil, se sont aussi radicalisés. Chacune se demande ce qu'elle a bien pu faire pour que son enfant en soit arrivé là.

    Basculer dans l'enfer, un thriller des plus actuels, mettant en scène trois familles ordinaires qui sont devenues, bien malgré elles, des victimes du terrorisme !

  • 1998, Sierra Leone. Une bande armée fait irruption dans un village. Meurtres, viols, pillage. Onika voit sa fille sauvagement tuée sous ses yeux et son fils enlevé pour être enrôlé de force. Réussissant, par miracle, à survivre à cet assaut, la jeune mère n'aura de cesse de retrouver son fils, Ntangu, en sillonnant cette région d'Afrique où l'horreur et la détresse sont devenues quotidiennes. Son destin croisera celui de Béatrice, une travailleuse humanitaire, et du major Kent, un Casque bleu, deux Canadiens aimantés par ce continent meurtri.



    Palpitant et bien documenté, Pars, Ntangu ! offre le portrait saisissant d'une Afrique complexe et sismique, où le débordement des camps de réfugiés et la prolifération des enfants-soldats contrastent avec l'indifférence croissante des pays du Nord et le cynisme ou la bureaucratie des relations internationales.

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