Éditions Anacharsis

  • Une partie de campagne. Le sexe et la peinture. L'origine du monde et l'Empire des sens. Berthe et Eugène son mari se retirent dans une demeure champêtre pour profiter des lumières de l'été. Berthe, c'est Berthe Morisot, peintre et membre du groupe des « Impressionnistes » ; Eugène, c'est le frère d'Édouard Manet.

    Dans la torpeur de la nuit estivale, ces grands bourgeois intimidés basculent dans la volupté des corps emmêlés.

    Dans ce roman formant un diptyque avec Trois jours dans la vie de Paul Cézanne, Mika Biermann confond allègrement mots et couleurs, phrases et perspectives, écriture et peinture. De ces pages, comme d'autant de toiles, surgissent haut en couleur des méditations corrosives sur la chair comme matière à peindre.

    Mika Biermann est un des écrivains les plus toniques de la littérature française contemporaine. Il publie chez Anacharsis (Trois jours dans la vie de Paul Cézanne, Un Blanc, Booming, Roi.) et chez P.O.L.

  • L'oeil chafouin, le poil hirsute, Paul Cézanne crapahute dans la garrigue, suant sous son melon, le chevalet harnaché sur le dos comme à un baudet. Apparaît la bottine d'une femme gisant sur un talus, et c'est le drame.
    Trois jours dans la vie de Paul Cézanne suffisent à Mika Biermann pour faire sauter les écailles de peinture, gratter la trame, ajourer jusqu'à l'os le portraitiste de la Sainte-Victoire.
    Il transforme un thriller sordide en une Odyssée sur une mer de peinture, dans des pinèdes et des sous bois aux nuances fauves, sur les traces du peintre bourru, vaniteux et obsédé par des chimères grotesques qui n'engendrent pas la mélancolie.
    On en termine la lecture avec les doigts maculés de couleurs vives et l'oeil fringant.

    Mika Biermann est écrivain et guide-conférencier au musée des Beaux-Arts de Marseille. Trois jours dans la vie de Paul Cézanne est son septième roman, qui confirme un talent sans équivalent. Il a publié trois titres chez P.O.L., et il est notamment l'auteur de Un blanc chez Anacharsis (coll. "griffe", 2019) et de Booming, à paraître en poche dans la collection "griffe" d'Anacharsis.

  • Avec Le chien, la neige, un pied, Claudio Morandini compose un conte cruel, une de ces histoires fascinantes et terribles qu'on se raconte le soir à la veillée.

    Adelmo Farandola vit seul dans son chalet perdu dans la montagne. Depuis un temps immémorial. Les années ont passé, identiques à elles-mêmes. Quoique. Adelmo Farandola n'a pas le souvenir très lucide. Les saisons s'empilent dans sa mémoire comme en un brouillard indistinct.
    Une longue grisaille vécue à l'écart des hommes, dans une solitude absolue, entretenue, revêche, un peu méchante. Mais cet hiver-là surgit un chien. Bavard. Pétulant. La truffe en éveil. Il adopte Adelmo Farandola.
    Au printemps, la fonte des neiges révèle peu à peu un pied humain non loin de leur cabane. À qui appartient-il ? Qui l'a mis là ? Adelmo Farandola ne se souvient pas très bien des événements de l'an passé...

    Claudio Morandini a obtenu avec Le chien, la neige, un pied le prestigieux Premio Procida-isola di Arturo-Elsa Morante 2016. Auteur d'une demi-douzaine de romans, il est regardé comme un écrivain des plus prometteurs en Italie.

    Claudio Morandini a obtenu avec Le chien, la neige, un pied le prestigieux Premio Procida-isola di Arturo-Elsa Morante 2016. Auteur d'une demi-douzaine de romans, il est regardé comme un écrivain des plus prometteurs en Italie.

  • Cipriano Parodi est submergé par son imagination d'où jaillissent des personnages échappés des plus extravagants romans d'aventures et qui l'obligent à écrire. Accompagné de la cohorte de ses créatures, il se présente au rendez-vous fixé à New York par Caspar Jacobi, l'Alexandre Dumas des temps moderne... Commence une descente infernale dans les méandres d'un roman machiavélique.

  • Un blanc

    Biermann/Mika

    L'expédition scientifique de L'Astrofant dans les contrées antarctiques était de calibre standard, avec au programme un petit supplément ludique : envoyer dans le ciel de minuit du 31 décembre 2000 une fusée de feu d'artifice depuis le pôle Sud, qui marquerait l'entrée dans le nouveau millénaire. Du gâteau.Dire que ça a dérapé sur les pentes glissantes d'un iceberg quelconque serait trop facile - et très en-deçà de la vérité. Alors que s'est-il passé? Mika Biermann est parvenu à retracer la chronique de cette nef des dingues dans un récit polyphonique parfaitement givré qui inaugure de fracassante manière le roman d'aventures du XXIe siècle. Comme si Edgard Poe, après avoir pris connaissance du surréalisme, des romans d'Échenoz et des films des Monty Python avait écrit ses Aventures d'Arthur Gordon Pym directement dans la traduction de Baudelaire. Ceci dit pour les références, s'il en fallait. Car Mika Biermann possède un style propre, exact comme de la dentelle, doublé d'une palette multicolore qui distille par la grâce d'un même coup de pinceau l'ironie subtile et le grotesque bouffon sans jamais cesser d'être émouvant. Un Blanc fait partie de ces romans qui nous vengent et nous consolent tout à la fois de la médiocrité ordinaire. On pourrait y reconnaître du merveilleux.

  • Surgis du fin fond du décor, Lee Lightouch et Pato Conchi, le grand maigre et le petit gros, se rendent à Booming pour raison sentimentale.

    « Personne ne va à Booming » ; « Prenez un bonbon, je ne crois pas qu'ils en aient » : on les avait pourtant prévenu. Kid Padoon et sa bande font régner la terreur à Booming, le shérif à leur botte, le bordel à leur service, le saloon à leur disposition, le croque-mort aux petits soins.

    Mais ça n'est encore rien : il y a quelque chose de détraqué à Booming, un truc qui coince, qui débloque, qui recoince et qui vous rend cinglé.

    Accrochez-vous : Booming est un western quantique qui se joue des balles et du temps qui passe.

    Mika Biermann est romancier et guide au musée des Beaux Arts de Marseille. Il est l'auteur d'une oeuvre fortement singulière, qu'il publie en alternance chez POL et chez Anacharsis. Six titres sont parus à ce jour. Allemand d'origine, il écrit directement en français. Son plus récent livre chez Anacharsis Roi. a obtenur le prix de la Page 111 2017.

  • Nihil ou Totum : sur un coup de dés, Francesco Sacredo, jeune aristocrate vénitien, mise sa propre personne pour tenter de récupérer sa fortune perdue par son père au profit de la comtesse von Wallenstein. Le jeune homme, proscrit et condamné à fuir encore et encore, tâche pourtant de rendre coup pour coup à la comtesse, invisible et lointaine mais toujours sur ses talons.Lorsqu'il revient d'exil à Venise, Francesco Sacredo, jeune patricien de bonne famille, découvre que son père a perdu au jeu la totalité de leur immense fortune. La comtesse Mathilde von Wallenstein, une allemande borgne, sournoise et carnassière, lui a enlevé jusqu'à son dernier sequin. Ulcéré par l'inconséquence paternelle, Francesco accepte, sur un coup de dé, de miser sa propre personne pour tenter de récupérer son bien. Il perd.Mais plutôt que de livrer son corps à la maléfique comtesse comme convenu, il s'enfuit, aussitôt pris en chasse par les impitoyables spadassins de l'Allemande.Aussi cette partita se poursuit-elle grandeur nature, au rythme de la course effrénée de Francesco à travers une Italie du XVIIIe siècle plongée dans un hiver glacial. La mort aux trousses, le jeune homme, réduit à la dernière extrémité, proscrit et condamné à fuir éternellement, tâche pourtant de rendre coup pour coup à son adversaire lointaine et invisible.Roman d'aventures haletant, orchestré par Alberto Ongaro en maestro de l'art de la fiction, La Partita fait penser à un Dumas qui aurait été atteint de paranoïa, et où les élégances vénéneuses de Casanova se doubleraient de l'exubérance rieuse de Federico Fellini.

  • À la lecture de cet énigmatique ouvrage, Schultz sera projeté dans une aventure frénétique entre Londres et Venise au début du XIXe siècle, pleine de la passion fiévreuse du jeune Jacob Flint pour la volcanique Nina, patronne de la Taverne du doge Loredan et maîtresse d'un gentleman contrebandier exhalant une infâme puanteur et harcelé par deux corbeaux parlants. D'abord intrigué, Schultz est bientôt surpris puis fasciné par les étranges affinités qu'il se découvre avec Jacob Flint.

  • Dans ce roman historique en forme d'intrigue policière, Panagiotis Agapitos nous fait pénétrer un univers byzantin tel qu'il n'avait jamais été dépeint, sur ses marges et dans ses bas-fonds, grouillant de vie dans le monde interlope ou s'entremêlent de surprenante manière les traditions de Byzance et de l'Islam. Un roman oriental d'un autre genre. Empire byzantin, mai 832. Envoyé en ambassade auprès du calife al-Mamun de Bagdad par l'empereur Théophile pour négocier la paix, le Premier secrétaire impérial Léon arrive à la ville frontalière de Césarée, en Cappadoce, dernière étape avant d'entrer en territoire musulman. Paisible en surface, la ville est en réalité un chaudron en ébullition. Des silhouettes furtives se glissent le long des ruelles obscures du quartier arabe ; les rumeurs d'une guerre proche commencent à circuler ; le stratège, commandant militaire de la ville, n'est plus que l'ombre de lui-même, et non loin des ruines de la vieille ville on ourdit des complots pour assouvir les désirs lubriques de certains. Et qui sont ces moines patibulaires venus réclamer justice ? Lorsque le corps atrocement mutilé de la fille de treize ans du juge de la cité est découvert hors des murs, le commandant, débordé, se voit obligé de demander l'aide de l'ambassadeur. Jusqu'alors, le Premier secrétaire avait coulé les jours tranquilles de la vie d'un haut fonctionnaire. Célibataire et solitaire, fasciné par les romans d'amour, il s'adonne à la musique sur un luth d'ébène de facture arabe. Désormais, il va devoir entrer dans la danse des masques, enquêter dans les casernes, les tavernes et les bordels de Césarée ; pour la première fois, il va être amené à résoudre des crimes. Et à se confronter à son propre passé.

  • Lorsque pak Sutrisno débarque de sa Java natale dans la ville minière de Timika en Papouasie occidentale, il ignore dans quel monde il vient de poser le pied. En quête de fortune comme des milliers d'autres migrants dans ce far west indonésien, il va vite déchanter. Dans les montagnes de l'arrière-pays, la compagnie américaine Freeport exploite la plus grande mine d'or du monde sous la protection de l'armée indonésienne. Dépossédés de leurs terres, les Papou luttent pour s'en sortir en s'adonnant à l'orpaillage dans les rejets toxiques de la mine. L'un d'eux, Alfons, fils spirituel du leader indépendantiste Kelly Kwalik, passe à l'action ; l'engrenage implacable des mondes néo-coloniaux va s'enclencher.
    Avec ce western politique inspiré de faits réels, Nicolas Rouillé nous fait pénétrer au coeur d'une jungle emblématique du saccage écologique et humain de la planète.

    Nicolas Rouillé, né en 1971, réside à Toulouse. Il écrit de la fiction et de la poésie, et explore les mondes du son et de la performance. Il a effectué plusieurs séjours à Timika pour écrire son roman.

  • Roi

    Mika Biermann

    Beau comme l'antique ! Turpidum, la bien nommée, est la dernière cité étrusque indépendante. Larth, son roi à peine sevré, se sent un peu perdu dans son décorum fatigué. La peinture des fresques s'écaille en silence, la populace s'affaire par les ruelles au sol gras, on prépare le sable pour les jeux dans l'arène. Rome exige l'abdication du petit roi maigrichon, amateur de fruits juteux et bien arrondis. Un énigmatique gladiateur masqué fait son apparition par intervalles. La reine mère agonise au fond de son palais, pourrissant comme une gloire inutile. Matière et lumière, soleil et pénombre. Des couleurs par giclées, écrasées à la spatule. Du laurier, un cyprès, une olive, les mollets luisants des légionnaires. Un péplum total, impressionniste, le Satyricon de Mika Biermann.

    Mika Biermann est romancier et guide au musée des Beaux Arts de Marseille. Il est l'auteur d'une oeuvre fortement singulière, qu'il publie en alternance chez POL et chez Anacharsis. Six titres sont parus à ce jour. Allemand d'origine, il écrit directement en français. Son plus récent livre chez Anacharsis Roi. a obtenur le prix de la Page 111 2017.

  • Enfermé dans « sa tour de glace » - le petit appartement d'une banlieue ouvrière d'Oslo -, puisant dans un quotidien où personne ne parle sa langue, ni à l'usine ni en famille, Luigi Di Ruscio a écrit le monde quarante ans durant. Entraîné par le flot des crépitements incessants de sa machine à écrire, il mêle librement le roman, l'autobiographie, la poésie : « comment se fier à des témoins oculaires qui affirment avoir vu de magnifiques couchers de soleil quand on sait pertinemment que le soleil ne se couche pas, c'est nous qui crépusculons constamment. » Perpétuellement drôle, il s'émancipe de tout avec joie, et étrille les conventions du langage dans un élan de créativité furibonde, renverse les hiérarchies, bouscule la religion, la politique, la famille, le couple et le sexe, fusionnant l'écriture et la vie.

  • Le roman policier allemand - ou Krimi - était prolifique sous le Troisième Reich. Longtemps dédaigné par les autorités, il recueillit des auteurs indociles et prit en charge la critique que la « haute » culture n'assumait plus. Mais la censure se faisant de plus en plus pressante, et le régime cherchant à imposer le « bon roman policier allemand », les auteurs durent s'acclimater de diverses manières aux injonctions officielles. Inédite en Allemagne même, cette anthologie se fait l'écho des disparités d'une littérature sous contrainte. Si quelques écrivains vantent la police du Reich ou se conforment à l'idéologie nazie, d'autres trompent la censure en situant leurs intrigues hors des frontières nationales, ou en imaginant des confessions ironiques du criminel : car au fond, qu'est-ce que le crime et la justice dans une dictature ? Littérature populaire, le Krimi fait ainsi entendre une autre voix de l'Allemagne. Et s'il reflète le pouvoir policier au quotidien, il esquisse aussi un portrait du petit peuple et de la pègre - réelle ou fantasmée.

  • Dans une campagne incertaine, un héroïque postier pédale de l'un à l'autre de ses administrés tel un Ulysse rural coincé dans une odyssée circulaire. Chacun, affable, l'invite un instant dans son petit monde. Complice, il leur fait don de son dévouement, de sa courtoisie, de ses traits d'esprit. Mais bientôt des fissures lézardent la routine. Un jus de tomates vénéneux, un verre de trop, et tout bascule. Au-delà du miroir, le monde change d'allure. On y fait d'étranges rencontres ; on y apprend à regarder en face ses angoisses - quitte à s'y perdre. Un roman ourlé de bizarre, tout à la fois cocasse et tragique.

  • Ce roman abyssal relève un défi sans précédent sous le soleil de la littérature : établir une théorie générale des triangles amoureux ; et, accessoirement, écrire une Histoire universelle de l'adultère. La matière est abondante, comme on sait.
    À partir de seize récits énigmatiques exemplaires - venus des rives de l'Amazone, de Rio de Janeiro, de Venise, de Babylone ou de l'île de Pâques -, Alberto Mussa, méthodique et facétieux, enquête sur les fâcheuses tendances à la triangulation amoureuse de notre inconstante humanité.
    Il parvient ainsi à percer le secret du Mouvement pendulaire, clé de voûte d'un livre plein de surprises qui, à la façon des écrits de Jorge Luis Borges, repousse l'art de la fiction dans l'ordre de l'infini.

  • Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dans la petite ville de Fermo, une bande loufoque de partisans, fonctionnaires, prostituées et paysans attend fébrilement la grande fête révolutionnaire et l'avènement d'une société sans classes. Sous la forme d'une auto­biographie picaresque, Luigi Di Ruscio orchestre dans sa ville natale une comédie humaine à l'italienne, peuplée de figures tour à tour burlesques, tragiques et tendres. Armé d'une drôlerie féroce, d'une écriture à la cadence orale ponctuée de fulgurantes inventions langagières, il nous administre une formidable leçon de joie de vivre en dépit de ses désillusions politiques.

  • Alberto Ongaro ranime dans Rumba, envahi par l'ombre du Faucon Maltais de John Huston, la mythologie du grand roman noir de Raymond Chandler et Dashiell Hammett. Mais c'est pour mieux la dévorer et bâtir, comme seul il sait le faire, un polar trépidant.

  • À l'aube des temps, au milieu d'une nature épanouie, dans un Japon archaïque écartelé entre chefferies rivales, la princesse Himiko devient la proie des rois. Outragée par des brutes esclaves de leurs pulsions, elle médite sa vengeance sur les mâles dominants. Inspiré par la lecture d'antiques récits et du Salammbô de Flaubert, Yokomitsu Riichi bâtit avec Soleil un joyau littéraire éclairé par la beauté fauve des grands mythes. Comme un Miyazaki par anticipation.

  • Dans l'Âge de l'Ignorance, aux temps préislamiques, les Arabes comprirent que le langage, comme les nombres, était infini. Les poètes-guerriers du désert, passionnés par les formes, les femmes et le vin, entreprirent alors désespérément de raconter des histoires, toutes les histoires, d'écrire pour fixer le cours du temps. Sept poèmes des plus parfaits furent suspendus à la Pierre Noire de La Mecque.
    Mais il existe un huitième poème, inconnu jusqu'à ce jour, qui le résume et les contient tous. Il rapporte la quête du héros al-Gatash poursuivant la belle Layla à peine entrevue au campement d'un soir. Au milieu des guerres sans merci, en butte aux maléfices d'une sorcière et à l'obstination d'un redoutable rival ambidextre, il devra tenter de résoudre l'énigme de Qaf pour gagner sa promise.

    Alberto Mussa réitère dans ce livre ludique le geste antique des Bédouins. Il réinvente la mythologie arabe, les légendes d'Aladin, de Shéhérazade ou même de Pythagore et de Jésus ; tel Borges face à l'infini, il affronte les ruses de la fiction dans un roman d'aventures épiques bâti comme un conte des origines - de la littérature.

  • Mer noire

    Dov Lynch

    Dimitris est un ancien membre de l'IRA. À la mort de son père, il part à la recherche de son frère disparu quelque part dans le Caucase. Sa trajectoire, un road movie sur les franges de l'Europe, marquée au sceau du crime, semée de rencontres fragmentées, d'histoires inabouties, de visions fugitives, le conduira d'une guerre qui n'a plus de nom à une autre qui n'en possède pas encore, jusqu'à ce que s'accomplisse son aventure.

  • Aujourd'hui, il est le roi de la fête. Il a cent ans. Sous ses yeux fatigués s'agite sa descendance. Tous des étrangers. Sauf Lucie, belle, insolente, une lueur de cruauté dans
    le regard. Elle n'a jamais eu peur de lui. Elle connaît pourtant la terreur qu'il inspire, cette histoire d'ogre, de passe-muraille, de chats mangés vifs.

    Mais il faut qu'elle sache. Alors elle le traîne sur les lieux du drame, survenu trente-sept ans plus tôt. Ce sera son cadeau d'anniversaire.
    Dans la petite pièce poussiéreuse, face au mur couvert de mots épars écrits au crayon gris, les fantômes vont prendre corps.
    Franck Manuel invente peut-être ici un registre littéraire inédit : le terrible magique.
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    « Il aime les mots, en joue, les écume avec gourmandise » : ainsi salué déjà par Antoine Compagnon, Franck Manuel poursuit avec De la fabrication des fantômes son oeuvre romanesque chez Anacharsis, commencée avec Le Facteur phi et 029-Marie.

  • Les contours à peine dessinés de Goodbrother dans le roman Sistac prennent forme dans ce récit d'aventures alternant méditations métaphysiques, mises en scène burlesques et méticuleux travail du biographe. C'est qu'il existe des indices qui pourraient donner à penser que Goodbrother n'est pas qu'un personnage de fiction...

  • Sous les funestes auspices d'un vendredi treize de l'an 1758, Philippe Sgonzac, fringuant jeune homme tout juste promu mdecin et fils d'un lgendaire matre d'arme, quitte Paris pour rejoindre son pre. Peu aprs, sur la route de Chtillon, il est fusill par deux spadassins en embuscade et tombe dans l'eau glaces de la Marne... Enfoui dans les trfonds d'un tableau inachev du XVIIIe sicle, se dissimulait la trame d'un roman d'aventures comme plus personne aujourd'hui n'irait en imaginer. Mais Alberto Ongaro, emport par une frnsie romanesque, rveille ici - tel Stanley Kubrick dans Barry Lindon - Walter Scott, Alexandre Dumas et Casanova pour une nouvelle cavalcade, teinte cette fois d'une angoisse kafkaenne.

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