FeniXX réédition numérique (Robert Laffont)

  • Le plus grand parti de France n'est pas, comme chacun sait, le parti communiste, mais celui que forment objectivement ses anciens membres. Depuis plus d'un demi-siècle que les mésaventures de la dialectique multiplient exclusions et ruptures, des récits et des témoignages sont venus peu à peu éclairer l'expérience idéologique et politique sans doute la plus caractéristique de notre époque. Après s'être astreint à l'objectivité de l'historien dans sa remarquable biographie de Thorez, Philippe Robrieux s'est à son tour penché sur sa jeunesse pour tenter de comprendre et d'expliquer avec une sincérité sans complaisance ni amertume. L'expérience apparemment semblable à tant d'autres est, en fait, exceptionnelle. Né bourgeois, Robrieux est devenu stalinien dans la France convalescente et prosaïque de 1950 sans connaître les tumultes ou les périls qui accompagnèrent ou entraînèrent l'engagement de ses aînés. De la guerre froide à la naissance du gauchisme, cette « autobiographie politique » décrit l'ascension rapide du sein de la « contre-société » communiste, puis la chute, d'un militant qui se voulait et se croyait un révolutionnaire professionnel. Surtout, avec l'histoire mouvementée de l'Union des Étudiants communistes, c'est celle de toute une génération après tant d'autres contrariée, déçue, sacrifiée, que Robrieux fait revivre. Rescapé de ce « terrible gâchis », il a découvert la saveur des choses simples de la vie mais, fidèle à lui-même sans renoncer à l'espoir tenace qui porta sa jeunesse. « Le Parti, un jour... Peut-être ? ».

  • Dans ce livre, Maurice Maschino a voulu enquêter sur un sujet encore tabou. Loin des stéréotypes auxquels les associe une opinion souvent mal informée, ce voyage à travers la France des profs - dans leurs lycées mais aussi dans les rectorats ou à la clinique de La Verrière - nous montre à quel point ce métier, que la plupart exercent consciencieusement, est devenu, en quelques années, un métier à risques. Solitude, violence des élèves, réformes absurdes ou mal appliquées, incompréhension des parents, indifférence des autorités - tendance à la psychiatrisation des enseignants par l'administration - tout se conjugue pour que beaucoup craquent et que presque tous s'interrogent sur un métier de plus en plus mal défini. Serait-on plus fragile psychologiquement parce qu'on est prof ? Maurice Maschino, lui, met en cause le système scolaire tel qu'il fonctionne (si l'on peut dire !)... Ceux qui liront ce livre ne pourront plus dire, à propos des profs et, en général, de l'école : « Nous ne savions pas. »

  • L'État trafiquant ? C'est le ministère de la Défense qui prétend lutter contre les ventes d'armes illicites alors même qu'il les organise clandestinement. C'est la France qui fait la morale à tous les pays mais qui s'avère être le premier exportateur d'armes dans le monde par rapport à sa production nationale. Ce sont ces généraux embauchés par des entreprises avec lesquelles ils ont entretenu de fructueuses relations réciproques. Ce sont aussi des dictateurs fous, de Kadhafi à Saddam Hussein, que nous soutenons dans l'ombre pendant des années avant de leur faire parfois la guerre ! Ce « lobby de la mort » qui, contrairement à la légende, nous coûte fort cher, et où la gauche militaro-industrielle est aujourd'hui bien représentée, exerce en France une influence insoupçonnée. Les contre-pouvoirs ? Il n'y en a guère. Les affaires finissent d'ailleurs par être enterrées un jour ou l'autre. Écrit par un homme du sérail, ce livre nous fait entrer dans les cabinets ministériels, notamment celui de Charles Hernu, dans les villas de Bagdad où militaires de haut rang et marchands d'armes douteux sablaient le champagne à l'époque faste de l'idylle franco-irakienne ou dans les couloirs du SDECE, de la décolonisation à nos jours. Un témoignage précis et accablant sur l'une des faces cachées du pouvoir.

  • Si tous les présidents de la Ve République ont eu leurs émissaires secrets, jamais, comme sous le septennat de François Mitterrand, ils ne s'étaient entourés d'une garde de choc aussi directement engagée sur le terrain. En donnant parfois l'impression de prendre goût à manipuler les dossiers du contre-terrorisme ou du contre-espionnage, au risque d'exposer le pouvoir à tous les aléas de l'intox et de le compromettre. Les Français en eurent la première révélation d'importance avec les mésaventures, à la fois dramatiques et bouffonnes de la cellule élyséenne des gendarmes Prouteau et Barril, mise en place en août 1982 pour coordonner l'action contre le terrorisme. Avivée par la guerre des clans et des chefs, la rivalité entre les services aboutit rapidement, avec l'affaire des Irlandais de Vincennes, à leur neutralisation réciproque, cependant que la cellule se transformait en cabinet noir de la présidence. Mais non content d'avoir créé une police parallèle, le pouvoir n'hésitait pas ensuite à utiliser le bras armé des services secrets pour monter une véritable action de commando contre le navire écolo-pacifiste de Greenpeace dans le port néo-zélandais d'Auckland. La noyade imprévue d'un photographe suffit, la presse aidant, à transformer en affaire d'État un sabotage qui aurait pu rester de l'ordre du fait divers. Dernier épisode navrant, les otages du Liban symbolisent tragiquement l'impuissance de la France à maintenir sa présence au Proche-Orient, où, de l'assassinat de son ambassadeur en octobre 1981 au raid manqué sur Baalbek, en passant par l'hécatombe du quartier général de sa force de paix, ses services spéciaux n'ont connu que l'amertume de l'échec. Aucun rapport, à première vue, entre les mésaventures des "Mousquetaires au château ", l'affaire Greenpeace et cet adieu au Liban déchiré. Aucun rapport mais un dénominateur commun : l'engagement en première ligne de l'autorité de l'État dans le guêpier d'actions secrètes de nature à la mettre en péril ; la gauche au pouvoir se révélant étonnamment friande de "coups tordus"... et de secrets d'État ! Journalistes rompus aux investigations criminelles, les auteurs, avec le concours d'Alain Louyot, ont conjugué leur expérience pour percer ces secrets. Sans complaisance, mais sans parti pris. En historiens du présent.

  • Mars 1991. Quatre fonctionnaires des douanes se retrouvent en prison, accusés d'avoir monté un trafic de stupéfiants entre la France et le Maroc. "Nous ne sommes pas des ripoux, répondent-ils, nous avons agi sur ordre pour démasquer des trafiquants." Il faut se rendre à l'évidence. Infiltration d'agents dans le Milieu, utilisation de vrais faux papiers, recours à des auxiliaires mi-informateurs mi-barbouzes : ces méthodes, courantes aux États-Unis et popularisées par les feuilletons télé mais jusque-là inconnues en France, sont désormais appliquées dans cette guerre à la drogue où tous les coups sont permis. La polémique se double d'une "guerre des polices" - douanes contre P.J. - qui implique leurs ministères de tutelle respectifs, le Budget et l'Intérieur. Pour y mettre un terme, le gouvernement rédigera à la hâte une loi de circonstance, amnistiant les douaniers. Mais, au-delà de cette affaire dont nous suivons ici tous les rebondissements, de Tanger à Lyon, Philippe Bordes évoque les problèmes moraux, juridiques, politiques, humains qu'elle implique : est-ce le rôle d'un agent de l'État de provoquer un délit, voire d'y participer ? Où finit le renseignement, où commence la complicité ? Comment réglementer de telles pratiques ? Sont-elles en réalité aussi efficaces que dans les films ? Ne sont-elles pas génératrices d'une mentalité "cow-boy", faite du plaisir de la chasse pour la chasse ? Les réponses se trouvent sur cette ligne fuyante qui sépare bien et mal, droit et efficacité, morale et cynisme. Aux frontières de la loi.

  • Le renouvellement municipal de 1983 aura marqué, à Marseille, la fin d'une équipe et d'une époque. Pourtant tout se passe comme si la deuxième ville de France n'arrivait pas à se débarrasser de son passé de port ouvert à tous les trafics. Comme si, prisonnière de ses mythes, elle ne cessait d'accréditer sa mauvaise réputation : un demi-siècle de saga politico-crapuleuse, ponctuée de sinistres records. Or, depuis l'été 1981, l'histoire semble s'accélérer et tout se passe comme si un scandale pouvait en cacher un autre. Juillet. Le crime atteint les sommets de l'horreur avec la tuerie sauvage d'Auriol (un policier massacré avec toute sa famille par ses propres compagnons du S.A.C.) et révèle, incidemment, un inquiétant noyautage de la police marseillaise par les barbouzes. Octobre. L'assassinat du juge Pierre Michel, salué par l'explosion de joie canaille des rescapés de la "French connection", provoque un premier remue-ménage à la prison des Baumettes où l'on parle, sous le manteau, d'un trafic de faveurs médicales remontant jusqu'aux plus hautes sphères judiciaires. Mars 1982. La mort de l'ex-directeur de la Sécurité sociale, René Lucet, la tête perforée de deux balles de son revolver au lendemain de sa destitution, fait découvrir l'une des plus gigantesques magouilles de la délinquance en col blanc : un écheveau de sociétés bidon, de fausses factures, de marchés frauduleux et de pots-de-vin dont les fils passent par la mairie de Marseille pour s'étendre à des centres hospitaliers régionaux et à des bureaux d'études parisiens. Juillet. Les deux affaires de corruption - grâces médicales et fausses factures - éclatent simultanément, rebondissement indirect de ces deux énigmes non résolues. Après le sang, l'argent. L'arrestation de Nick Venturi éclabousse la mairie. Novembre 1983. Le dernier des caïds, Tany Zampa, tombe, comme Al Capone, pour des délits financiers. Poursuivant leur oeuvre de démythification, après leur Enquête sur les Affaires d'un septennat, les deux grands reporters de L'Express et du Point éclairent les mystères de Marseille en historiens du présent. "Deux valent mieux qu'un", dit l'Ecclésiaste.

  • Le principal protagoniste de l'affaire du Carrefour du développement raconte les coulisses de la République corrompue par l'argent, les abus de pouvoir, le secret et le népotisme.

  • Mis à part le Front national et quelques groupuscules, la France n'est pas seulement favorable à l'intégration, elle est restée fidèle, dans ses profondeurs, à sa tradition assimilatrice. Ainsi, Christian Jelen concluait-il son précédent livre Ils feront de bons Français. Pourtant, devant l'afflux des immigrés du tiers monde, des doutes et des inquiétudes se sont manifestés touchant les capacités de ces populations à s'intégrer, comme l'ont fait précédemment les immigrés d'origine européenne. Or, le moteur, ou le frein de cette intégration, se trouve dans la famille. Tout dépend d'abord de l'affection et de l'attention des parents envers leurs enfants, de leur attitude à l'égard de l'éducation, du rôle tenu par la femme, et de la considération qui lui est portée. Si Chinois et Viêtnamiens accordent une place privilégiée au savoir, c'est un peu moins le cas chez les Maghrébins dont l'intégration, bien qu'enclenchée, reste freinée par l'islam et le statut dévalorisé de la femme. Quant aux Africains, le principal obstacle à leur intégration est la polygamie, qui a pris une ampleur alarmante. Tels sont les résultats de l'enquête passionnante que Christian Jelen a effectuée sur le terrain. Les conclusions s'imposent d'elles-mêmes : il faut lutter contre l'éclatement et la déresponsabilisation des familles, et contrôler les flux migratoires.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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