Flammarion (réédition numérique FeniXX)

  • La contemplation du Carton de Londres de Léonard de Vinci, La Vierge et l'Enfant avec saint Jean-Baptiste et sainte Anne, incite l'analyste à rechercher ses effets inducteurs sur les fantasmes inconscients de qui le regarde. D'une exceptionnelle beauté, l'oeuvre rappelle irrésistiblement La Vierge, sainte Anne et l'Enfant du Louvre, sujet de la célèbre étude de Freud, Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci. Ce fusain, qui ne donnera jamais naissance à une oeuvre peinte, comporte des traces significatives d'inachèvement. A ce titre, il aurait dû retenir l'attention de Freud qui se proposait précisément d'éclairer les raisons des inhibitions tant artistiques que sexuelles de Léonard. Or l'examen du Carton sans postérité permet de penser que l'inhibition, en ce cas, s'expliquerait parce que l'oeuvre en dirait trop sur les structures subjectives et, tout particulièrement, sexuelles, du peintre. Le Carton illustre ce que Freud expose sur les théories sexuelles infantiles ; le regard d'André Green restitue ici au fusain toute sa valeur esthétique et sa force symbolique. Freud est passé à côté de ce qui aurait pu servir sa démonstration, tandis qu'il devait gravement se compromettre par des erreurs incompréhensibles. Ainsi Léonard, en abandonnant le Carton inachevé, laisse penser qu'il a pu le désavouer ; et Freud, en se trompant sur le souvenir, donne à ceux qu'il veut convaincre des raisons de discréditer ses thèses sur Léonard et, par extension, de désavouer la psychanalyse. Tel est le risque pris par tous ceux qui approchent de trop près une vérité qui ne peut, même affirmée, qu'être suggérée : celui qui réussit à son insu à la représenter trop clairement se détourne de ce qu'il pressent avoir dévoilé, qui aurait dû rester recouvert, et celui qui, l'ayant découverte en pensée, la rencontre figurée, recule devant sa matérialisation comme devant une « réalisation hallucinatoire du désir », trop belle pour être crue.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Ce livre se propose d'étudier le statut de l'imagination à la Renaissance et les changements qui l'affecteront à l'époque de la Réforme; il veut enregistrer les conceptions d'un âge fantastique, leur apogée et leur déclin. Ioan Couliano analyse la magie, qu'il définit comme une science de l'imaginaire, à travers les théories des philosophes néo-platoniciens comme Pic de la Mirandole, Marsile Ficin et Giordano Bruno. Il trace ainsi le portrait du magicien de la Renaissance, "le grand manipulateur". À son plus haut degré de développement, la magie est une méthode de contrôle de l'individu et des masses fondée sur une connaissance profonde des pulsions érotiques personnelles et collectives. Tout peut être manipulé par l'imagination.
    Ce n'est pas seulement un lointain ancêtre de la psychanalyse que loan Couliano reconnaît dans la magie mais aussi celui de la psychosociologie appliquée et de la sociologie des masses. La Réforme puis la Contre-Réforme imposent avec succès une censure radicale de l'imaginaire qui réussira à éliminer la magie. Cette censure permettra, selon l'auteur, l'apparition de la science exacte et de la technologie moderne. Mircea Éliade souligne dans sa préface "la nouveauté et l'originalité " des interprétations de loan Couliano. Un livre étrange, original, érudit.

  • La coexistence de deux besoins inconciliables et néanmoins fondamentaux, les origines (le commencement) et la suite (l'histoire), le sacré et le profane, explique l'entreprise apparemment vouée à l'échec de faire deux choses à la fois : la lutte dialectique du haut et du bas ou le jeu de l'alternance et de l'altération.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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