Vincent Kaufmann

  • Sommée plus que jamais de se conformer aux impératifs du spectacle, la littérature contemporaine évolue à grands pas. S'il veut exister sur la scène littéraire, l'écrivain doit désormais accepter de comparaître devant les médias, avouer ce qu'il est, attester son authenticité, témoigner d'un goût prononcé pour le sacrifice. Or, ce choc culturel intervient au moment même où l'auteur se trouve en quelque sorte déprofessionnalisé par l'émergence des réseaux sociaux et l'injonction qui lui est faite de se soumettre au jeu, qui est le propre de l'interactivité.
    Vivons-nous pour autant la fin de la littérature ? Les impératifs de la téléréalité auront-ils raison de la création et de la culture littéraires ? Sûrement pas, et cette introduction à la littérature contemporaine récuse toute perspective " décliniste ". Elle prend acte, tout simplement, qu'à l'ère du numérique, le statut de l'auteur a changé comme ont changé nos façons d'être au monde.
    Vincent Kaufmann est professeur de littérature et d'histoire des médias au MCM Institute de l'Université de St. Gall en Suisse. Il est notamment l'auteur de Guy Debord. La révolution au service de la poésie (Fayard, 2001) et La Faute à Mallarmé. L'aventure de la théorie littéraire (Seuil, 2011).

  • La théorie littéraire se constitue à partir des années 1950 au carrefour de la nouvelle critique, de la mouvance structuraliste et de pratiques littéraires avant-gardistes (du Nouveau Roman à Tel Quel), avec le projet de défendre l´autonomie et la spécificité de l´espace littéraire.
    Dans quels contextes culturels une telle aventure a-t-elle pris forme ? Quels en étaient les enjeux ? Et pourquoi, vingt ans après son effacement du paysage intellectuel, continue-t-on de dénoncer ses effets délétères ? Pour répondre à de telles questions, Vincent Kaufmann propose une histoire raisonnée et personnelle de l´aventure de la théorie littéraire. Il éclaire des notions aussi centrales que la « réflexivité », la « mort de l´auteur ou la « production du texte, », souvent mal comprises. Il montre aussi que la « théorie » fut un lieu incontournable de résistance et d´anticipation : résistance au déclassement progressif de la chose écrite et anticipation des transformations des pratiques d´écriture et de lecture dans le nouveau monde numérique. Une manière de dire que les outils de la théorie littéraire n´ont jamais été aussi utiles qu´aujourd´hui, et que l´étude de la littérature reste inséparable d´une réflexion critique sur la place de l´écrit dans nos sociétés.

    Suivi d´entretiens avec : Jonathan Culler, Ottmar Ette, Jean-Joseph Goux, Gérard Genette Werner Hamacher, Julia Kristeva, Sylvère Lotringer, J. Hillis Miller, Michel Pierssens, Jean Ricardou, Avital Ronell, Elisabeth Roudinesco, Philippe Sollers, Karlheinz Stierle et Tzvetan Todorov.

  • Une sorte d'album de la famille avant-gardiste, avec ses ressemblances et ses différences. Les rêves de communication authentique y rejoignent les tentations d'une ritualisation de l'art, et les infortunes de l'engagement politique y coexistent avec les euphoriques expérimentations de l'espace urbain : autant de variantes d'un même désir de refonder la communauté.

  • L'imaginaire médico-religieux : un chapitre méconnu de l'histoire de la littérature moderne. De Balzac à Guibert, de Michelet à Leiris, en passant par Zola, Huysmans, Artaud et tant d'autres, un tel imaginaire a configuré les conceptions les plus diverses de la littérature et de l'art. Portraits de l'écrivain en clinicien, en anatomiste de la société, en guérisseur, ou encore en patient, digne de compassion : dans leur variété, ces figures renvoient à une problématique inséparablement médicale et religieuse. On suit ainsi les avatars littéraires d'un très vieux ménage à trois : l'artiste, le médecin, le prêtre. Pacifique, dit-on, dans les temps anciens (celui des chamans par exemple), ce ménage est devenu problématique et conflictuel chez les modernes. Il est traversé de divergences, d'exclusions, d'alliances des uns aux dépens des autres, de neutralisations et de retrouvailles. La littérature moderne n'est certes pas identifiable au médical, ni au religieux, mais elle s'y confronte comme à autant de tenaces altérités. Toute son histoire en suscite et en défait les croyances. Ménage à trois, donc : mais avec scènes de ménage...


  • Au sein d'un couple, souvent l'un et l'autre exercent leur profession dans des villes différentes. Dans leur existence pimentée de vols lointains pour le travail ou les loisirs, ils bougent sans cesse. Se sentent-ils pour autant plus libres? En ou

  • Travelling intensively to and for work helps but also challenges people to find ways of balancing work and personal life. Drawing on a large European longitudinal study, Mobile Europe explores the diversity and ambivalence of mobility situations and the implications for family and career development.

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