Candide & Cyrano

  • Une édition de référence du Dernier Jour d'un condamné de Victor Hugo, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « Tout à coup l'un des valets m'a enlevé ma veste, et l'autre a pris mes deux mains qui pendaient, les a ramenées derrière mon dos, et j'ai senti les noeuds d'une corde se rouler lentement autour de mes poignets rapprochés. En même temps, l'autre détachait ma cravate. Ma chemise de batiste, seul lambeau qui me restât du moi d'autrefois, l'a fait en quelque sorte hésiter un moment ; puis il s'est mis à en couper le col.
    À cette précaution horrible, au saisissement de l'acier qui touchait mon cou, mes coudes ont tressailli, et j'ai laissé échapper un rugissement étouffé. La main de l'exécuteur a tremblé.
    - Monsieur, m'a-t-il dit, pardon ! Est-ce que je vous ai fait mal ?
    Ces bourreaux sont des hommes très doux. »
    (Extrait du chapitre XLVIII)

  • Une édition de référence de Claude Gueux de Victor Hugo, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « Voyez Claude Gueux. Cerveau bien fait, coeur bien fait, sans nul doute. Mais le sort le met dans une société si mal faite, qu'il finit par voler. La société le met dans une prison si mal faite, qu'il finit par tuer.
    Qui est réellement coupable ? Est-ce lui ? Est-ce nous ?
    Questions sévères, questions poignantes, qui sollicitent à cette heure toutes les intelligences, qui nous tirent tous tant que nous sommes par le pan de notre habit, et qui nous barreront un jour si complètement le chemin qu'il faudra bien les regarder en face et savoir ce qu'elles nous veulent.
    Celui qui écrit ces lignes essaiera de dire bientôt peut-être de quelle façon il les comprend. »

  • Une édition de référence de Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « Il y a aujourd'hui trois cent quarante-huit ans six mois et dix-neuf jours que les Parisiens s'éveillèrent au bruit de toutes les cloches sonnant à grande volée dans la triple enceinte de la Cité, de l'Université et de la Ville.
    Ce n'est cependant pas un jour dont l'histoire ait gardé souvenir que le 6 janvier 1482. Rien de notable dans l'événement qui mettait ainsi en branle, dès le matin, les cloches et les bourgeois de Paris. Ce n'était ni un assaut de Picards ou de Bourguignons, ni une châsse menée en procession, ni une révolte d'écoliers dans la vigne de Laas, ni une entrée de notredit très redouté seigneur monsieur le roi, ni même une belle pendaison de larrons et de larronnesses à la Justice de Paris. [...]
     Le 6 janvier, ce qui mettait en émotion tout le populaire de Paris, comme dit Jehan de Troyes, c'était la double solennité, réunie depuis un temps immémorial, du jour des Rois et de la Fête des Fous.» (Extrait du premier chapitre du premier livre, La grand-salle.)

  • Une édition de référence des Travailleurs de la mer de Victor Hugo, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « La Christmas de 182... fut remarquable à Guernesey. Il neigea ce jour-là. Dans les îles de la Manche, un hiver où il gèle à glace est mémorable, et la neige fait évènement.
    Le matin de cette Christmas, la route qui longe la mer de Saint-Pierre-Port au Valle était toute blanche. Il avait neigé depuis minuit jusqu'à l'aube. Vers neuf heures, peu après le lever du soleil, comme ce n'était pas encore le moment pour les anglicans d'aller à l'église de Saint-Sampson et pour les wesleyens d'aller à la chapelle Eldad, le chemin était à peu près désert. Dans tout le tronçon de route qui sépare la première tour de la seconde tour, il n'y avait que trois passants, un enfant, un homme et une femme. Ces trois passants, marchant à distance les uns des autres, n'avaient visiblement aucun lien entre eux. L'enfant, d'une huitaine d'années, s'était arrêté, et regardait la neige avec curiosité. » (Incipit.)

  • Une édition de référence du Roi s'amuse de Victor Hugo, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « Elle se retourne, voit le roi à ses genoux, et s'arrête, pétrifiée.
    LE ROI, lui tendant les bras.
    Je t'aime !
    Achève ! achève ! - oh ! dis : je t'aime ! Ne crains rien.
    Dans une telle bouche un tel mot va si bien !
    BLANCHE, effrayée, cherche des yeux dame Bérarde qui a disparu.
    Bérarde ! - Plus personne, ô Dieu ! qui me réponde !
    Personne !
    LE ROI, toujours à genoux.
    Deux amants heureux, c'est tout un monde !
    BLANCHE, tremblante.
    Monsieur, d'où venez-vous ?
    LE ROI.
    De l'enfer ou du ciel,
    Qu'importe !
    /> que je sois Satan ou Gabriel,
    Je t'aime ! »
    (Extrait de l'acte II, scène IV.)

  • Han d'Islande

    Victor Hugo

    Une édition de référence d'Han d'Islande de Victor Hugo, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « Voilà plusieurs matins que vous m'abordez avec des paupières rouges et gonflées, avec des yeux qui ont pleuré et veillé. Voilà plusieurs journées, Éthel, que je passe dans le silence, sans que votre voix essaie de m'arracher à la sombre méditation de mon passé. Vous êtes auprès de moi plus triste que moi ; et cependant vous n'avez pas, comme votre père, le fardeau de toute une vie de néant et de vide qui pèse sur votre âme. » (Chapitre 40)

  • Une édition de référence de Quatre-vingt-treize de Victor Hugo, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « Robespierre était rapide dans ses choix ; qualité d'homme d'État. Il prit dans le dossier qui était devant lui une feuille de papier blanc sur laquelle on lisait cet en-tête imprimé : RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, UNE ET INDIVISIBLE. COMITÉ DE SALUT PUBLIC. » (Chapitre III, Livre II, Partie I)

  • Une édition de référence des Misérables (I - Fantine) de Victor Hugo, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « Jean Valjean venait d'atteindre, lui, sa vingt-cinquième année. Il remplaça le père, et soutint à son tour sa soeur qui l'avait élevé. Cela se fit simplement, comme un devoir, même avec quelque chose de bourru de la part de Jean Valjean. Sa jeunesse se dépensait ainsi dans un travail rude et mal payé. On ne lui avait jamais connu de "bonne amie" dans le pays. Il n'avait pas eu le temps d'être amoureux. » (Chapitre VI, Livre II)

  • Une édition de référence des Contemplations (Tome I - Autrefois) de Victor Hugo, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « Debout, les bras croisés, le front levé, l'oeil calme,
    Il contemple, serein, l'idéal et le beau ;
    Il rêve ; et , par moments, il secoue un flambeau
    Qui, ses pieds, dans l'ombre, éblouissant la haine,
    Claire tout à coup le fond de l'âme humaine ;
    Ou, ministre, il prodigue et ses nuits et ses jours ;
    Orateur, il entasse efforts, travaux, discours ;
    Il marche, lutte ! Hélas ! l'injure ardente et triste,
    À chaque pas qu'il fait, se transforme et persiste. »
    (Livre III, Chapitre 2)

  • Une édition de référence des Misérables (I - Fantine) de Victor Hugo, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « Jean Valjean venait d'atteindre, lui, sa vingt-cinquième année. Il remplaça le père, et soutint à son tour sa soeur qui l'avait élevé. Cela se fit simplement, comme un devoir, même avec quelque chose de bourru de la part de Jean Valjean. Sa jeunesse se dépensait ainsi dans un travail rude et mal payé. On ne lui avait jamais connu de "bonne amie" dans le pays. Il n'avait pas eu le temps d'être amoureux. » (Chapitre VI, Livre II)

  • Une édition de référence des Misérables (III - Marius) de Victor Hugo, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « Cependant, tandis que Marius attachait sur elle un regard étonné et douloureux, la jeune fille allait et venait dans la mansarde avec une audace de spectre. Elle se démenait sans se préoccuper de sa nudité. Par instants, sa chemise défaite et déchirée lui tombait presque à la ceinture. Elle remuait les chaises, elle dérangeait les objets de toilette posés sur la commode, elle touchait aux vêtements de Marius, elle furetait ce qu'il y avait dans les coins. » (Chapitre IV, Livre VIII)

  • Une édition de référence des Misérables (II - Cosette) de Victor Hugo, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « Vers cette époque donc, il y avait dans le couvent une personne mystérieuse qui n'était pas religieuse, qu'on traitait avec grand respect, et qu'on nommait madame Albertine. On ne savait rien d'elle sinon qu'elle était folle, et que dans le monde elle passait pour morte. Il y avait sous cette histoire, disait-on, des arrangements de fortune nécessaires pour un grand mariage. » (Chapitre V, Livre VI)

  • Une édition de référence des Misérables (V - Jean Valjean) de Victor Hugo, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « Chute brusque dans une cave ; disparition dans l'oubliette de Paris ; quitter cette rue où la mort était partout pour cette espèce de sépulcre où il y avait la vie ; ce fut un instant étrange. Il resta quelques secondes comme étourdi ; écoutant, stupéfait. La chausse-trape du salut s'était subitement ouverte sous lui. La bonté céleste l'avait en quelque sorte pris par trahison. Adorables embuscades de la providence ! Seulement le blessé ne remuait point, et Jean Valjean ne savait pas si ce qu'il emportait dans cette fosse était un vivant ou un mort. » (Chapitre I, Livre III)

  • Une édition de référence des Misérables (III - Marius) de Victor Hugo, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « Cependant, tandis que Marius attachait sur elle un regard étonné et douloureux, la jeune fille allait et venait dans la mansarde avec une audace de spectre. Elle se démenait sans se préoccuper de sa nudité. Par instants, sa chemise défaite et déchirée lui tombait presque à la ceinture. Elle remuait les chaises, elle dérangeait les objets de toilette posés sur la commode, elle touchait aux vêtements de Marius, elle furetait ce qu'il y avait dans les coins. » (Chapitre IV, Livre VIII)

  • Une édition de référence des Misérables (IV - L'idylle rue Plumet et l'épopée rue Saint-Denis) de Victor Hugo, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.
    « La Révolution de Juillet eut tout de suite des amis et des ennemis dans le monde entier. Les uns se précipitèrent vers elle avec enthousiasme et joie, les autres s'en détournèrent, chacun selon sa nature. Les princes de l'Europe, au premier moment, hiboux de cette aube, fermèrent les yeux, blessés et stupéfaits, et ne les ouvrirent que pour menacer. Effroi qui se comprend, colère qui s'excuse. Cette étrange révolution avait à peine été un choc ; elle n'avait pas même fait à la royauté vaincue l'honneur de la traiter en ennemie et de verser son sang. » (Chapitre I, Livre I)

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