Sylvain Campeau

  • Cet automne, la revue Ciel variable consacre son portfolio principal à trois artistes intéressés par le phénomène de migration. « La frontière est devenue une sorte de non-lieu, une zone hors nations, où l'identité des migrants est mise en examen et leur statut tenu en suspens pour un temps de plus en plus long et indéterminé. » Ce numéro aborde certains aspects de cette traversée des frontières avec Roxham de Michel Huneault, The Castle de Richard Mosse et The Space Between the Seconds d'Émilie Serri qui traitent de l'accueil réservé aux migrants, de leur intégration et des questionnements identitaires suscités par de telles mouvances territoriales. La section « Focus », elle, propose trois articles, l'un sur le collectif Outre-vie / Afterlife créé par Raymonde April en 2013, l'un sur la photographie comme acte de collaboration et l'autre sur l'exposition Michel Campeau - avant le numérique.

  • Trois expositions récentes offrent à la revue Ciel variable l'occasion de jeter un regard inusité sur l'acte de collectionner. Serge Clément présente, avec Archipel, la collection de tous les livres photographiques qu'il a conçus, livres que l'on peut comprendre comme des mises en séquence de collections de ses propres images. Avec Tout ceci est impossible, Bertrand Carrière plonge dans la collection de la Cinémathèque québécoise en s'intéressant au film noir dont il extrait des images-types tout en explorant les jeux de temporalités propres au fondu enchaîné. Enfin, la collection Lazare représente avec États d'âmes, esprit des lieux un exemple assez rare d'une collection rassemblée patiemment au fil des ans pour refléter une vision teintée de mélancolie sur un monde en difficultés. La rubrique « Focus », elle, propose d'explorer le documentaire Le tribunal sur le Congo de Milo Rau, la 22e édition de Paris Photo, Anthropocene fatigue d'Edward Burtynsky et In Pursuit of Magic, exposition rétrospective du travail de Nathan Lyons.

  • Dirigé par Catherine Cyr, le dossier analyse quelques-unes des formes que revêt aujourd'hui la mise en action du spectateur au théâtre. Alors qu'Anyssa Kapelusz aborde le passage de la « participation » au « participatif », Gilbert Turp analyse la fragile relation qui unit l'acteur au spectateur. Certains textes posent leur éclairage sur une pratique ou une oeuvre en particulier, comme un parcours ambulatoire créé par Sophie Cadieux et Alexia Bürger ou une pièce présentée dans un hôtel abandonné de New York. On trouve aussi dans ce numéro un portrait du dramaturge Jean-Paul Quéinnec et le compte rendu d'un colloque consacré aux enjeux du son au théâtre.

  • Le dossier, Sortie publique/Going public, du numéro hivernal de Ciel variable, propose des oeuvres relevant d'univers et de temporalités très diversifiés, toutes marquées par la notion de visibilité publique. Ces oeuvres couvrent un large spectre de ce qui définit l'espace public d'énonciation artistique. Elles vont du contexte sociétal et culturel circonscrivant ce qui peut se dire, au réseau spécialisé, professionnel et mondain, accueillant et nourrissant les expérimentations, en passant par l'espace civique et urbain où les oeuvres se voient mises à l'épreuve du quotidien des gens et des contraintes urbanistiques. Découvrez le travail photographique de Justin Wonnacott qui a documenté plus de 350 oeuvres d'art public dans la région d'Ottawa, celui de Gabor Szilasi et ses images de vernissages dans les années 1960 et 1970, ainsi que l'exposition Iran, année 38, présentée aux Rencontres d'Arles l'été dernier et retraçant 38 ans de photographies iraniennes.

  • Pour son édition automnale, Ciel variable s'intéresse à la thématique de la ruine et s'attache à capter les traces d'un monde en train de disparaître, un monde où la mutation de l'image photographique s'inscrit dans une transformation plus fondamentale qui affecte l'ensemble de la culture et des valeurs de nos sociétés. La section Portfolio présente en ce sens The Donkey that became a zebra de Michel Campeau, Fin de siglo d'André Barrette et Trauma de Joan Fontcuberta.On retrouve également dans ce numéro des essais sur les expositions d'Emanuel Licha, au Musée d'art contemporain de Montréal, de Katia Kameli, Délio Jasse et Vasco Araùjo, à Londres, et les Archives du Service de la photographie de l'ONF, de même qu'une entrevue de Claude Goulet des Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie, et, dans la section Actualités, plus d'une dizaine de recensions d'expositions et de publications récentes.

  • En géologie, le concept de stratification renvoie à l'idée d'un processus au cours duquel des sédiments s'accumulent en couches, pour éventuellement former des ensembles sédimentaires plus ou moins hétérogènes, mais qui n'en demeurent pas moins des unités de sens à part entière. Ainsi en va-t-il de certaines images, dont la compréhension suppose un effeuillage des différentes strates de signes qui les constituent. À ce titre, les séries Scarti d'Adam Broomberg et Oliver Chanarin, Copperheads de Moyra Davey ainsi que les Études préparatoires de Marc-Antoine K. Phaneuf, auxquelles Ciel variable consacre la section thématique de ce numéro, ont ceci en commun qu'elles sont le fruit de processus de stratification. Ces oeuvres permettent d'apprécier comment l'ajout de signes peut modifier, enrichir ou court-circuiter la nature et le sens d'une image.

  • QUEL AVENIR POUR LE NUMÉRIQUE?
    Le n°106 interroge l'évolution des arts numériques, sur 25 ans. De corps en modélisation, de la rencontre de l'autre et des aspects pédagogiques, du récent travail de Zipertatou avec les enfants. De design vestimentaire intelligent, d'anthropologie urbaine et de sonorité, de la « fin » de l'art numérique, de l'après digital ou de l'après Internet. Un point de vue fantasmatique qui mesurera l'impact de l'avenir sur l'imaginaire. Enfin, beaucoup d'art sonore et de créateurs et créatrices d'ici. Le tout accompagné ou accompagnant des images magnifiques des oeuvres en question.

  • Peut-être serez-vous surpris de trouver autant d'oeuvres souples, organiques, délicates, « naturelles » ou banales, en bois de surcroît, dans une revue qui cherche aussi les éclats de lumière et autres effets grandioses? C'est le contraste que vous trouverez dans cette édition qui réunit deux dossiers en apparente opposition : BANG et DIY. Le premier « onomatopise » bien la force et la puissance des oeuvres qui expriment différemment le spectacle. Les artistes Oll Sorenson, Ryoji Ikeda, Richard Mosse, Sophie Calle, Kelly Richardson et les cinéastes Lizzie Fitch et Ryan Trecartin sont au sommaire dans cette section. Le deuxième dossier, intitulé DIY, renvoie quant à lui à une pratique de culture engagée où sont préconisés les moyens limités et la fabrication maison.

  • Chacune à leur façon, les oeuvres de ce numéro parlent de photographie et d'images analogiques en les transposant dans d'autres moyens d'expression artistique (simulation numérique, film, vidéo, sculpture, peinture). L'empreinte de la lumière se retrouve ainsi matérialisée dans des formes abstraites et épurées qui multiplient les registres de référentialité des images tout en relativisant le lien privilégié de la photographie au réel. Les grandes images de Thomas Ruff, réalisées avec des logiciels d'imagerie numérique en 3D, les images animées de Lorna Bauer et Jon Knowles, l'installation vidéo et les sculptures de Jacinthe Lessard L. ainsi que les images abstraites d'Henri Venne sont au coeur de ce dossier.

  • Le numéro 103 d'ETC MEDIA fait la part belle aux créateurs québécois des arts médiatiques et numériques par la publication d'articles de fond sur : Grupmuv et ses acteurs respectifs Thomas Corriveau, Michel Boulanger, et Gisèle Trudel; Sébastien Cliche (en page couverture); Sébastien Pesot (portfolio); Mario Côté; Alain Laframboise; Paul-Émile Rioux. Et, à l'international : Heather Dewey-Hagborg; Bill Viola; Christa Blümlinger; Kerstin Ergenzinger et Thom Laepple. Sans oublier des articles critiques sur divers événements internationaux, les traductions, un format de 104 pages, et près d'une centaine de documents visuels.

  • Le dossier thématique de ce numéro présente les oeuvres récentes de trois artistes montréalaises (Jacynthe Carrier, Marisa Portolese et Kim Waldron) sous l'angle de la dimension performative de leurs images. Les corps y sont mis en scène de sorte à faire pleinement ressortir la part que les proches, l'étranger et l'animal occupent dans notre identité. Ce numéro publie également dans ses pages un entretien réalisé avec Luc Courchesne autour de l'oeuvre significative qu'il a produite pour madame Phyllis Lambert dans le cadre du projet Sitegeist. Quant à la section « Focus », elle réunit des commentaires sur les grandes expositions photographiques récentes, soit les éditions 2013 de CONTACT à Toronto, du Mois de la Photo à Montréal et des rencontre d'Arles.

  • Lorsque Rober Racine publie son premier roman, Le mal de Vienne, il a déjà, dans le monde des arts visuels, une solide réputation. Aussi débarque-t-il sur la planète littérature nimbé d'une certaine auréole. Or, si ce roman étonne le monde littéraire, il apparaît moins singulier aux familiers de son oeuvre plastique, tant on peut y retrouver les traces de préoccupations déjà manifestes dans ses travaux en arts visuels. Il est certain que les premiers romans de l'artiste représentent une sorte d'aboutissement. Ils forment une extension, cherchant à répondre autrement à des questions déjà posées en d'autres lieux. Et pour mieux savourer et comprendre ce dont il est question dans la fiction littéraire, il s'avère nécessaire d'aller lorgner ce qui en forme les antécédents les plus notoires.

  • Sentir la nécessité de dire encore après, c'est reconnaître que tout a peut-être été dit mais d'une certaine manière. Que doit être tiré un trait au-delà duquel il faut chercher la possibilité de dire encore. Un récit mal commencé doit parfois être jeté aux poubelles pour qu'une narration nouvelle puisse naître. Mais encore faut-il faire le bilan de ce qui a été accompli auparavant...

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