Stanislas Deprez

  • L'oeuvre de Mircea Eliade est marquée par un paradoxe. En effet, si les textes de l'auteur sont aisément accessibles et abondamment diffusés, à l'inverse les commentaires et ouvrages introductifs sont rares et souvent spécialisés. L'histoire des religions telle que l'envisage Eliade, est un " réservoir de sens " permettant de transcender le désenchantement du monde occidental.

  • Comment penser et décrire l'animal aujourd'hui ? Faut-il insister sur l'identité homme-animal, au point de supprimer toute différence ? Doit-on maintenir un propre de l'homme et si oui, lequel ? Comment éviter les travers de l'anthropocentrisme ? Que faire - et ne pas faire - aux animaux, et au nom de quoi ? Georges Chapouthier et Florence Burgat travaillent depuis longtemps ces questions, d'une manière qui déplace nos (pré)conceptions...

  • En nous, peu à peu, le doute s'est insinué : cette humanité dont le paradigme, plus ou moins idéalisé, a structuré le rapport des Occidentaux à eux-mêmes et aux autres existe-t-elle encore ? A-t-elle jamais existé et si oui depuis quand ? Et si oui encore, quels sont ses traits distinctifs ? Ces traits sont-ils universels (au sens de identiques toujours et partout) ? Constate-t-on dans la modernité un effacement ou une déformation, un délitement ou une transformation de ces traits ?

    Ces interrogations s'inscrivent dans la continuité du questionnement porté par Michel Foucault il y a 50 ans. Les auteurs le reprennent et le transforment, à partir de cet objet intime et toujours étranger que le corps constitue pour chacun et pour les autres.

    C'est donc du corps qu'il s'agira ici, au sens non seulement du corps propre, mais également du corps pulsionnel, imaginaire, malade, etc. Quelles projections anthropomorphiques sont à l'oeuvre dans les inventions technologiques de l'intelligence artificielle et des biotechnologies ? Quels sont les enjeux subjectifs de la demande de maîtrise technologique sur le corps en matière de génie génétique, prothèses, ou lutte contre le vieillissement ? Comment les dispositifs machiniques interfèrent-ils dans la vie affective du sujet et la construction de son image ? Quels rapports de pouvoir sont impliqués dans les techniques génétiques et les appareillages prothétiques ?

    C'est à l'élaboration de ces interrogations que concourt ce travail collectif.

  • Les frontières de l'humain se révèlent poreuses et de plus en plus floues. Il y a une invitation, une urgence : repenser l'humain. Parmi les différentes frontières à explorer, celle entre l'homme et la chose s'avère être l'une des plus intéressantes. Le déplacement de cette frontière se donne à voir, de manière saillante, dans le post-humanisme. De ces analyses, il ressort que la question anthropologique décisive ne serait pas "qu'est-ce que l'homme ?" mais "que peut-on faire à l'homme et avec lui ?".

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