Romuald Fonkoua

  • C´est avec un long poème limpide et magnifique qu'Aimé Césaire entre tout à la fois en littérature et en politique. Nous sommes en 1937 et sa colère jaillit par l´intensité de son verbe et la modernité de son écriture. SonCahier d´un retour au pays natal le classe au rang des plus grands écrivains de son temps. Après des études brillantes au lycée de Fort de France où Césaire a passé une enfance qu'il ne cessera de chanter toute sa vie, il rejoint Paris (1931) et intègre Louis Le Grand, l´ancien collège des Jésuites. Des rencontres décisives comme celles avec Senghor ou Bigaro Diop alors jeunes étudiants se vont donner naissance à une revue L´étudiant noir (1934) où Césaire y peaufine son concept de « négritude ». Car le « Nègre antillais » veut faire bouger les esprits, et faire connaître aux métropolitains le sort infâmant des territoires outre-mer. Suivront l´aventure des revues Tropiques et Présence africaine, le soutien d´André Breton qui rédigera la préface du Cahier d´un retour au pays natal qui ne paraîtra en librairie qu´en 1947...

    Après la guerre, Césaire est élu, avec le soutien du PCF, maire de Fort de France et dans la foulée devient député, ardent défenseur de la départementalisation de la Martinique (1946). Mais son ralliement au PCF ne dure pas et Césaire rend sa carte en 1956. Entre temps, son Discours sur le colonialisme (1950) comparant nazisme et colonialisme aura fait scandale. C´est pourtant une oeuvre essentielle qui est désormais étudiée dans les programmes scolaires.

    A la fin de sa vie, Césaire est devenu ce grand sage que tous les prétendants à la campagne présidentielle 2007 devront visiter. Une vie bouleversante, où l´amour n´est pas absent : Suzanne rencontrée au lycée, elle aussi écrivain, intellectuelle et sa muse lui aura donné six enfants avant leur séparation en 1950.

  • Le voyage occupe une place improtante dans l'invetniond e l'histoire générale, dans l'évolution de l'histoire des idées et dans la littérature. S'il est traditionnellement perçu comme un modalité de connaissance pour l'Européen qui découvre l'Ailleurs, le voyage remplit aussi de nombreuses fonctions auprès des voyageurs africains et antillais. A travers une étude comparée des discours de voyages européens, africains et antillais, les auteurs relèvent l'intérêt du voyage dans l'évolution de l'ethnologie en Europe au XIXe siècle. Ils découvrent ensuite le renversement de l'exotisme dans les écritures africaines et antillaises au XXe siècle. Puis, ils analysent la fonction et la signification du voyage dans les cultures de l'Afrique. Ils montrent enfin son traitement dans les littératures modernes. Tel qu'il se donne à lire, cet ouvrage contribue ainsi à l'histoire générale des littératures par les différents aspects, thématique, esthétique et culturel, qui se dégagent de l'approche du voyage. Romuald Foukoua est maître de conférences de littérature générale et comparée. ila publié de nombreux articles consacrés aux littératures africaines et antillaises. Sur le thème du voyage, il a réuni autour de lui vongt-deux spécialistes, universitaires ou chercheurs venus de tous les horizons.

  • Cet ouvrage au titre ambitieux constitue moins un état des lieux qu'une interrogation sur un genre protéiforme dont l'expansion semble illimitée et qui occupe de plus en plus la scène littéraire. La première question concerne la notion de francophonie elle-même, ensemble hétérogène et extrêmement complexe. En effet, comment désigner les diverses littératures francophones sans les marginaliser ou les exclure, tout en prenant acte de leur statut singulier? L'écrivain francophone doit composer avec la proximité d'autres langues, avec une première deterritorialisation constituée par le passage de l'oral à l'écrit et avec cette autre créée par des publics immédiats ou éloignés. Condamné à penser la langue, il doit aussi penser les formes par lesquelles le monde se donne à voir ; son oeuvre, en jouant sur les codes des différents horizons culturels, devient une reconfiguration de la littérature.

    Qu'apporte le roman francophone à la forme roman? Quels en sont les modèles et de quelles manières s'y inscrit le palimseste? Quels types de rapports se sont créés entre ce genre d'origine européenne et les nouvelles littératures de langue française? Quelles redéfinitions ont été proposées et comment s'y décline le contemporain? Quel(s) savoir(s) véhicule-t-il? Dernière question, mais non la moindre : le roman, en tant que genre, n'est-il pas par définition suspect? Au lecteur d'en décider.

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