Rachel Leclerc

  • Baie des Chaleurs, 1835. Gabriel Foucault va mourir dans sa belle demeure anglo-normande. Il dévoile à son fils, Victor, sa jeunesse dans ce village de pêcheurs où la dette envers les maîtres se transmet d'une génération à l'autre. Mais il y a surtout le souvenir de Catherine, la fille de Richard Thomas, le riche marchand dont l'esprit et la loi règnent sur le village. Venue là pour un été, elle a lié son destin au jeune Gabriel, le plus insoumis des garçons de la place.

  • Atteignant l'extrême sud de la ville où j'apercevais des gens solitaires assis devant leur téléviseur en train de regarder la guerre dans un pays lointain, et interrogeant tout cela pour en tirer une parcelle de sens, je me disais que mon père et moi n'étions pas faits pour durer, que tout ce que nous avions construit et construisions encore s'effondrait à mesure, tout n'était que surface avec du vide en dessous. Nous n'étions pas meilleurs ni pires que les autres, nous n'avions pas le sens du temps, de sa continuité, encore moins de sa profondeur; nous allions mourir et c'était très bien, il n'y aurait plus qu'à devenir poussière d'or, humus, qu'à nourrir la terre, et ainsi nous serions plus utiles morts que vivants. Un père et sa fille vivent dans le Montréal des laissés-pour-compte, tentant d'accéder à la liberté, mais chacun à sa manière et en dépit du passé trouble qui les lie. Rachel Leclerc nous offre un second roman d'une grande sensibilité, porté par une écriture sobre et limpide, traversé d'élans poétiques. Un roman où la détresse urbaine - celle des exilés dans leur pays - prend tout son sens.

  • « Nous sommes une chaîne interminable dans laquelle, devant comme derrière, se trouvent des maillons plus faibles et d'autres bien plus forts que nous. Tantôt la chaîne est menacée de se rompre par la faute d'un seul, et tantôt elle contient une suite de maillons tout à fait sains, propices aux bonds de géant. Alors, sois celui qui consolide son bout de chaîne. » C'est dans une misère en bardeaux gris, du côté nord de la péninsule gaspésienne, que Joachim Levasseur est né à la fin du XIXe siècle. Au milieu du siècle suivant, il est mort au Ritz-Carlton, où il n'était ni plongeur, ni chasseur, ni même chef concierge, mais un client qui profitait comme d'autres de ce que lui avaient rapporté son ambition et son audace. Si Émilie, son arrière-petite-fille, fait partie des serviteurs de ce monde, c'est parce qu'évidemment quelque chose n'a pas fonctionné après la mort de Joachim. Il y a pour elle, comme pour chacun des descendants de Joachim, un temps normal et parfois un autre temps, qui est anormal au point de ressembler à un châtiment - d'où, peut-être, sa croyance en un mauvais sort jeté sur la famille. Ce mauvais sort, tous les personnages de ce roman cherchent à le conjurer, avec autant d'ardeur que Joachim en mettait pour fouiller la terre à la recherche de l'or qui nourrirait sa famille. Rachel Leclerc nous donne ici beaucoup plus qu'une grande saga familiale sur cinq générations. Grâce à son écriture éblouissante, elle nous propose une lumineuse méditation sur la tragédie qui se cache au milieu de toute vie. Pouvons-nous nous libérer du passé sans renoncer à notre héritage ?

  • «Personne vraiment ne peut-il rapporter ce qui s'est passé ? Non, personne à part les poètes, les fous et les amoureux, tous ceux qu'on n'appelle jamais à témoigner parce que leur témoignage est réputé sans valeur devant la justice, devant la morale ou comparé à l'indestructible rocher de la fiction familiale.»

    Richard Levasseur croit encore user de son libre arbitre quand il sort de sa maison un soir d'automne pour assister à la migration des oies sauvages, dont les cris ne cessent de l'appeler. Prisonnier du dehors, il passera une nuit envoûtante avec le fantôme de son grand-père, Joachim Levasseur.

    À ce petit-fils venu à sa rencontre, Joachim raconte une étrange et touchante histoire, celle de Georges, son enfant adultérin et inconnu de tous. Georges qui s'invente une vie bordée par les horizons du Saint-Laurent, sous les ciels immenses du Bas-du-Fleuve que se disputent l'ombre et la lumière.

  • La chambre des saisons Nouv.

    C'est le territoire de la Gaspésie où la poète vit qui unifie les trois parties de cet ambitieux recueil de poésie. Comment ne pas rendre hommage à ce paysage qui, au fil d'une vie, et même dans l'absence, a illuminé tous les chemins qu'elle a choisis?

  • Après un numéro consacré à l'imaginaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean et un sur celui de la Côte-Nord, c'est vers la Gaspésie et les Îles de la Madeleine que se tourne le magazine Nuit blanche, que ce soit aux Îles de Geneviève Boudreau, à Bonaventure chez Philippe Garon ou dans les terres de la Gespe'gewa'gi avec Philippe Ducros. Avec Andréanne R. Gagné et David Laporte, plongez au coeur du roman gaspésien contemporain. Suivez Rachel Leclerc dans sa quête de sens et de beauté. Revisitez, avec François Ouellet et Roland Bourneuf, les jours gaspésiens des classiques Ferron et Breton. Parcourez le pays fabuleux - expression de Sylvain Rivière - avec Yves Laberge. Rêvez à Miguasha avec Renaud Longchamps. David Lonergan vous invite à redécouvrir Françoise Bujold poète, dramaturge et graveuse qui a su unir lyrisme et parler gaspésien. Car ce n'est pas d'hier qu'on écrit la Gaspésie et les Îles : un coup d'oeil à la chronologie qui clôt ce dossier vous ouvrira des imaginaires à explorer. (source : Nuit blanche)

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