Pina Totaro

  • Pina Totaro est une poseuse de questions. Et si admirative qu'elle soit de l'homme Spinoza et de son oeuvre, elle ne les fige jamais, évite bien sûr de les enfermer dans quelque « -isme » que ce soit, forcément simpliste et réducteur, et n'hésite pas à revenir sur les débats et les jugements contradictoires que cet homme et cette oeuvre ont suscités jusqu'à nos jours. Elle souligne certes ce qui, de cette pensée, échappe aux contingences du lieu et du temps de sa naissance et de son mûrissement, et ce qui, en elle, nous nourrit encore aujourd'hui. Elle n'en néglige pas pour autant de situer Spinoza dans une histoire complexe, parfois ambiguë, toujours riche. Le « système » spinoziste est une chose. L'atelier de cette pensée-là en est une autre. C'est dans cet atelier que Pina Totaro nous fait entrer. Par quatre portes distinctes : exégèse, vérité, Christ, politique. Je dis quatre portes distinctes, mais qui toutes quatre nous ramènent au coeur d'un spinozisme vivant, en travail, audacieux et fertile. Jean-Christophe Attias

  • L'Abrégé de grammaire hébraïque de Baruch Spinoza (le Compendium grammatices linguae hebraeae) parut en 1677 à Amsterdam dans l'édition latine de ses oeuvres posthumes.

    L'Abrégé de grammaire hébraïque de Baruch Spinoza (le Compendium grammatices linguae hebraeae) parut en 1677 à Amsterdam dans l'édition latine de ses oeuvres posthumes. Il avait été rédigé à la demande de ses amis qui s'intéressaient à l'étude de l'hébreu et connaissaient ses compétences en la matière. L'intention explicite de Spinoza dans cet ouvrage avait été d'expliquer la grammaire hébraïque " selon la méthode géométrique " et d'écrire une grammaire d'une langue vivante plutôt que celle de la langue biblique. De toutes ses oeuvres, celle-ci, inachevée, est la moins connue et étudiée, et fut longtemps considérée comme un texte marginal.

    Les contributions publiées dans le présent ouvrage tendent à resituer le Compendium dans le contexte culturel, linguistique, religieux et intellectuel de l'Europe du xviie siècle. Elles visent à en éclairer les sources, à analyser la méthode élaborée par Spinoza dans sa grammaire, à mettre en rapport ses idées linguistiques avec les principes de sa philosophie, en particulier celles du Traité théologico-politique.

    Ainsi l'Abrégé pourrait-il être reconsidéré comme une création originale et essentielle au sein du corpus spinoziste.

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