Philippe Hamon

  • Ce livre efface la coupure aussi traditionnelle qu'arbitraire entre le Moyen Âge et l'époque moderne. C'est toute cette période, de Charles VII à Henri II, qui est placée sous le signe « des » Renaissances. La fin de la guerre de Cent ans et des grandes crises socio-économiques, au milieu du XVe siècle, est effectivement le point de départ d'un renouveau général, des hommes, des échanges, des richesses... La période 1453-1559 est alors entraînée dans un mouvement de floraison, de dynamisme et de créativité en de multiples domaines ; c'est ce siècle effervescent qui, en définitive, correspond bien à l'appellation de « beau XVIe siècle ».
    On a fait ici le choix d'en évoquer les principales facettes d'une manière plus thématique que chronologique, sans négliger pour autant, à l'intérieur de chaque développement, de faire apparaître les inflexions et les mutations, aussi bien pour les réseaux marchands que pour les affrontements religieux... Les six parties correspondent à des approches successivement démographique et économique, sociale, politique, de relations internationales, religieuse et culturelle. Nombre de thèmes de recherche développés récemment y trouvent bien évidemment leur place, qu'il s'agisse de la consommation ou des identités. D'autres en revanche, comme le genre, ont été mis en valeur dans l'« atelier de l'historien ».
    Ce mode de présentation contribue à faire émerger une synthèse, au service d'une intelligibilité nouvelle de la période, avec le souci de mettre en valeur des problématiques, d'ouvrir des réflexions, en soulignant pour certains sujets les insuffisances, voire les contradictions, de l'historiographie et en nourrissant le propos de remarques critiques. Il s'agit bien ici d'un « certain regard » sur le temps des Renaissances. La dialectique du changement (emblématique des représentations sur la période) et des continuités s'impose d'une façon particulièrement nette : elle suppose d'évaluer avec justesse l'ampleur des mutations et des changements. Elle nourrit le débat, déjà ancien, sur la « modernité » de la Renaissance ; s'agit-il vraiment de l'enfantement d'un monde nouveau ? N'est-elle pas plutôt le point d'aboutissement d'un certain rapport au monde, issu des derniers siècles médiévaux ? Cette interrogation permet de tisser la trame qui sépare ce temps lumineux des Renaissances des ténèbres des guerres de Religion...

  • Cet ouvrage s'efforce de constituer la typologie de ce type structurel, en opposant la description au descriptif.

  • Le présent essai a un double objectif : étudier la cohérence interne d´une oeuvre particulière (les vingt volumes de la série familiale des Rougon-Macquart, publiée par Zola entre 1870 et 1893) et explorer les conditions d´une théorie générale du personnage de fiction, ce "vivant sans entrailles" dont parle Valéry. La notion de "système" et celle de "personnel" impliquent une étude minutieuse des relations qui unissent tous les acteurs de la série. En chemin, et dans un cadre d´analyse globalement narratologique (pas de théorie du personnage sans une théorie du récit), on évaluera le poids des contraintes a priori que le "cahier des charges" naturaliste (décrire exhaustivement, secteur après secteur, et après enquête, le "monde du Second Empire; être "objectif", etc.) fait peser sur le personnage, comment son statut de "fonctionnaire" d´un projet descriptif et sociologique ("rendre" le réel, le "document humain"sur lequel il est bâti) conditionne sa dimension "fictionnaire" d´être de papier support et moteur d´une intrigue inventée.

  • Cet ouvrage et étudie le destin de quelque cent vingt officiera de finance de la première moitié du XVIe siècle. Il analyse leur rôle dans l'appareil monarchique, en s'interrogeant sur leurs méthodes de travail et sur l'ampleur de leur engagement au service du roi. Fortement impliqués dans les circuits de l'argent, ces hommes sont souvent dénoncés pour leurs malversations : ces accusations sont-elles fondées ? La réussite sociale des officiers de finance transparaît d'abord dans l'étude de leurs fortunes, avec pour objectif de comprendre le processus de leur enrichissement, puis dans celle de leurs réseaux, dont il faut mesurer l'efficacité. Par rapport aux puissants du royaume, ils occupent une position originale, étant à la fois leurs clients et leurs créanciers. Dans leur désir de se fondre au sein des élites sociales, les gens de finance tentent de concilier volonté de mimétisme et singularité de leur position. Cette singularité découle de la place suspecte de l'argent dans leur parcours et de la rapidité de leur ascension. L'étude minutieuse de ce groupe restreint est donc mise par Philippe Hamon au service d une large réflexion sur le fonctionnement de la société et de la monarchie dans la France de la Renaissance.

  • Parce qu'il désire mettre en oeuvre une politique extérieure ambitieuse et qu'il succombe à la fascination du « mirage italien », François Ier trouve les moyens de réaliser ses projets et ses rêves. C'est avant tout d'argent dont il a besoin : il aura donc à coeur d'augmenter de façon substantielle ses ressources. Au cours de son règne, de nouvelles formes de prélèvement se développent, touchant en particulier le clergé, les villes, les officiers. Mais taxes et impôts ne suffisent pas : les problèmes de trésorerie demeurent et imposent un recours croissant au crédit. La monarchie, en ce domaine, utilise des réseaux multiples. Mais les circuits de l'argent restent encore assez rudimentaires et l'efficacité technique de l'appareil d'Etat s'avère limitée. Le flot des réformes administratives comme le nombre des procès instruits par le roi contre ses principaux officiers de finances soulignent tout à la fois l'ampleur de la tâche à accomplir et les difficultés de sa réalisation. L'étude des finances offre à l'historien de l'État un terrain d'observation privilégié. A travers elle, en effet, apparaissent les contraintes permanentes de la mobilisation des fonds, mais aussi des problèmes plus généraux : rivalités politiques, idéologies du pouvoir ou relations entre la royauté et ses sujets. Les questions d'argent révélent ainsi les ambiguïtés d'une monarchie mal assurée de son droit à imposer et parfois réticente devant sa propre croissance. Avec cette passionnante étude c'est donc au coeur du « mystére de l'Etat » que Philippe Hamon convie son lecteur.

  • La relation aux règles, le savoir-vivre (au sens large de ce terme), avec son appareil de normes, de principes, de « manières » (de table et autres), de sanctions, d´évaluations et de canevas plus ou moins codés, qu´ils soient prohibitifs, prescriptifs ou permissifs, constitue le matériau et le sujet principal de tout roman.
    Mais le texte romanesque suggère d´abord, par divers procédés cumulés, que le réel n´est pas relevable d´une norme unique, qu´il est fondamentalement carrefour d´univers de valeurs dont les frontières et les compétences ne sont pas forcément, toujours, parfaitement ajustées, complémentaires ou distinctes.

  • Comment conserver, évaluer et exploiter au mieux les ressources génétiques végétales ? Sur quels critères et avec quels outils constituer des collections représentatives de la diversité génétique des espèces cultivées ? Cet ouvrage apporte des éléments de réponse à ces questions en partant de l'étude de la diversité génétique de 11 plantes tropicales : les agrumes, les bananiers, le cacaoyer, le caféier, la canne à sucre, le cocotier, l'hévéa, le manioc, le mil, le riz, le sorgho. Trois chapitres méthodologiques sur le marquage biochimique et moléculaire, l'analyse des données et la constitution de core collections viennent compléter ces études.

  • Adult and child psychiatric disorders, including mood disorders, psychosis, substance abuse, and dementia, represent a large source of disability in the general population. The urgency to develop new treatments that may have better efficacy and tolerance is explained by the fact that none of the treatments currently available can be considered completely satisfying. Several reasons underlie this relative failure, such as, for example, (1) lack of knowledge of the mechanisms involved, (2) heterogeneity of most psychiatric disorders (that have good inter-rater validity but weak relationship with specific neurobiological mechanisms), (3) variable tolerance that leads to poor compliance, and (4) insufficient prediction for a specific treated patient of the efficacy, side effects, and outcome associated with the prescribed treatments.
    Furthermore, from an economical point of view, psychiatric disorders are now the most expensive disorders to treat. The costs associated with mental illnesses, which constitute a significant percentage of the total direct health care costs, are currently estimated above $100 billion (USD), representing $1,605 per person per year in the U.S. (9% of the gross national product).
    Prediction of efficacy, prevention of major side effects, and selection of the most appropriate treatment should thus have major medical and economical impacts. The pharmacogenetics devoted to psychotropic drugs (psychopharmacogenetics) will help to further develop these points.
    The psychopharmacogenetic field represents an important area of research that is based on various specialties including clinical psychiatry, pharmacology, neurobiology and genetics. However, data issued from such relevant investigations are frequently, for clinicians as for scientists, rather obscure and/or scattered.
    In this book, the basic and advanced knowledge on psychiatric disorders will be provided for non-clinicians: What is schizophrenia? What are the risk factors? What are the core symptoms? How is it treated? What are the efficacy and side effects of the available treatments and their mechanisms? Are there already some psychopharmacogenetic data useful in clinical practice?

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