Paul-Laurent Assoun

  • Lacan

    Paul-Laurent Assoun

    « C'est à vous d'être lacaniens, si vous voulez. Moi, je suis freudien », déclare Jacques Lacan (1901-1981) : c'est de s'être voulu - radicalement - « freudien » que son nom se retrouve homologué dans l'histoire de la psychanalyse et, au-delà, par les effets de ce geste, dans la pensée contemporaine, mise à l'épreuve de l'hypothèse de l'inconscient. Il s'agit ici d'introduire à et dans la « pensée-Lacan », celle des Écrits et du Séminaire, véritable work in progress par lequel s'accomplit son « retour à Freud » en une oeuvre à la fois complexe et vivante. À partir de la présentation systématique de ses catégories majeures (imaginaire/symbolique/réel, signifiant, « objet a »...) se trouvent restitués le mouvement de sa recherche et le remaniement inlassable de son écriture. Ainsi devient lisible le passage de Freud à Lacan.

  • « De toutes les choses sérieuses le mariage est la plus bouffonne », écrivait Beaumarchais dans Le Mariage de Figaro.

    Ce à quoi s'engagent concrètement les mariés, c'est d'abord, faut-il le rappeler, à ce que l'on appelle devoir conjugal. Terme qui, malgré sa résonance surannée, désigne bien l'obligation du rapport sexuel régulier, aménageable au moyen des excuses tolérées dont la plus commune du côté de l'épouse fut constituée par les « vapeurs », étourdissements, vertiges, migraines et malaises divers, alibi pseudo-médical de dispense des obligations conjugales à l'usage des épouses. Névrose d'angoisse institutionnalisée en quelque sorte. La véritable énigme du mariage, c'est qu'il persiste malgré tout à faire miroiter un fantasme, à proportion de ce qu'il est régulièrement démenti, résistance obstinée à ses propres désillusions qu'il s'agit aussi de penser.

  • Quels sont la signification clinique, la portée et les enjeux anthropologiques du concept psychanalytique de fétichisme ? Thèmes de débats intenses, Freud l'a explicité : cet objet qu'est le "fétiche" sert de masque à l'angoisse de castration, révélant le clivage du sujet. C'est aussi un accès privilégié, via une dimension morbide de l'amour, à la fonction inconsciente de l'objet.

  • Qu'est-ce qui se joue pour un sujet quand « ça tourne mal » dans le corps ? Cette question du symptôme somatique, la psychanalyse, loin de la marginaliser par rapport à la dimension du langage, lui donne tout son relief La position freudienne du corps récuse à la fois la réduction du somatique à l'organique (biomédicale) et sa dissolution dans le « psychosomatique » : elle requiert de penser le moment physique du processus conflictuel inconscient. C'est cet apport capital à la question des liens entre corps et symptôme que les présentes leçons s'emploient à reconstituer, en ses aspects cliniques et théoriques. ; Ce premier tome - Clinique du corps - explore, à partir des textes freudiens connectés à l'expérience clinique, les tribulations du corps malade : à partir de l'hystérie, mais surtout du chassé-croisé entre épisodes organiques et travail de la névrose, se révèlent les effets du fantasme travaillant le sujet au corps. La dimension inconsciente de l'« incorporation » permet de faire surgir le masochisme en ses manifestations corporelles et les effets du trauma. La mise au travail de la métapsychologie permet de décrire le trajet du plaisir d'organe au narcissisme et au « moi-corps », ce qui débouche, via la castration, sur la jouissance corporelle, au point de « déliaison » pulsionnelle.

  • Qu'un homme entre deux âges s'éprenne d'une jeune femme au point de changer, d'un moment à l'autre, le cap de sa vie : telle est la " passion de mi-vie " que l'on désigne par l'expression de " démon de midi ", apparue dans le texte biblique.
    De quelle vérité inconsciente le " démon " est-il porteur ? Que signifie " midi " aux horloges du désir, du temps et de la mort, pour le masculin et jusqu'en son envers féminin ? Le psychanalyste Paul-Laurent Assoun, avec son érudition passionnée et son souci de la précision conceptuelle, propose dans cet essai une étude du midi de la vie, thème jamais exploré en tant que tel, à travers le foisonnement textuel que suscite l'événement venant porter le bouleversement au coeur de l'existence.
    La clinique est celle du cabinet de l'analyste, mais elle est prise également au dehors, dans l'anthropologie, la mythologie et la littérature : le démon recèle un ressort narratif et romanesque. Ainsi se dégage un portrait métapsychologique de ce démon saisi en son réel inconscient.

  • Qu'en est-il du regard et de la voix dans l'expérience freudienne ? La psychanalyse interroge cette double appartenance du sujet inconscient à l'ordre du visible (et de l'invisible) et à l'ordre de la parole (et du silence). En un premier volume (Fondements. De la clinique à la théorie), les présentes leçons reconstituent les émergences de ces deux objets pulsionnels. À partir de la cécité et de l'aphonie hystériques, se dessinent les tribulations des pulsions scopiques et vocale, puis les mises en scènes originaires de la séparation, de la castration et de la séduction. Occasion privilégiée de saisir le passage de la métapsychologie freudienne à la conception lacanienne de l'« objet a », à travers une métaphysique du visible et de l'altérité. En un second volume (Figures. Du symptôme à l'amour), sont déployées les figures cliniques - regard clivé de la perversion, voix de la psychose - et les tableaux sociaux et esthétiques, envers du symptôme. L'examen du « coup de foudre » et des « voix de la passion » permet d'interroger les puissances du regard et les pouvoirs de la parole, de l'amour de transfert à l'OEdipe féminin.

  • Qu'est-ce qui se joue pour un sujet quand « ça tourne mal » dans le corps ? Cette question du symptôme somatique, la psychanalyse, loin de la marginaliser par rapport à la dimension du langage, lui donne tout son relief. La position freudienne du corps récuse à la fois la réduction du somatique à l'organique (biomédicale) et sa dissolution dans le « psychosomatique » : elle requiert de penser le moment physique du processus conflictuel inconscient. C'est cet apport capital à la question des liens entre corps et symptôme que les présentes leçons s'emploient à reconstituer, en ses aspects cliniques et théoriques. Ce second tome - Corps et inconscient - dégage, à partir de la question de la douleur - « physique » et « morale » - le retour dans le corps de cette jouissance « intraitable », qui requestionne le lien entre l'être parlant et le substrat corporel. Du « langage d'organe » psychotique, aux pathologies somatiques chronicisées, le symptôme apparaît comme témoignant, à partir d'un « trauma incorporé », d'un appel à l'autre (« interjection »), à l'insu du sujet même. Cela permet de relire les suggestions de Lacan sur la prise de la lettre dans le corps, mais aussi de requestionner, avec Freud, le retour du « féminin » dans le corps - moment de « désymbolisation » aiguë auquel il convient de faire droit.

  • Pourquoi l'amour créé-t-il de la culpabilité ? Pourquoi angoisse-t-on là où on aime ? Et comment rendre à l'amour sa richesse et sa fécondité ?

    C'est le vécu amoureux qui - au dire de Freud - donne aux humains les plus grandes satisfactions. Mais c'est aussi la culpabilité qui hante le couple. Passé l'état de grâce et d'heureuse innocence des débuts, le sentiment de culpabilité réciproque s'installe fréquemment. C'est un fait que la clinique confirme : l'amour, contrairement à la simple jouissance, crée de la culpabilité chez le sujet. On angoisse là où l'on aime. Par un paradoxe, celui qui croit ne pas avoir été aimé se sent coupable.
    Ce livre revient donc à la question de l'amour pour l'envisager par ce symptôme de culpabilité. Culpabilité qui certes l'entrave, mais en fait aussi la profondeur, depuis la prime enfance, jusqu'à la vie de couple, en passant par l'expérience oedipienne des premières amours, pour le pire et le meilleur... « L'amour coupable », qui sépare et fait lien à la fois.
    Un ouvrage toujours accessible, qui montre comment la prise en compte et l'analyse de ce symptôme est la voie la plus sûre pour rendre à l'amour sa richesse et sa fécondité.

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