Paul Savoie

  • Un peu avant l'aurore, au moment d'ouvrir les yeux, un homme sent que quelque chose d'extraordinaire va bientôt se produire. Il se lève, avance vers la fenêtre. Soudainement tout s'ouvre. Il sort. Une lumière mystérieuse l'éblouit. À ce moment précis, il sait que, désormais, tout sera changé. Rien ne sera plus jamais pareil.

    Tout flanche
    enfin la fenêtre s'ouvre
    seul le rythme d'une corde suspendue
    se conjugue au silence
    comme à travers un miroir
    qui reflète tout ce qui vient avant
    tout ce qui a été
    ce qui a à peine existé
    ou qui n'a pas encore eu la force d'être

    Un recueil envoûtant sur le désir, l'attente, la fascination, l'éblouissement, la peur et la transformation soudaine. Quelque chose qui annonce le début ou la fin de quelque chose...

  • Dans "24 mouvements pour un soliste", Paul Savoie reprend un voyage intérieur qui s'est étalé sur plusieurs décennies, avec "À la Façon d'un charpentier", "Mains de Père", "À tue-tête". Ce récit, qui constitue le portrait autobiographique des oeuvres de l'auteur, va plus loin et plus clairement encore dans la voie de l'aveu, de la franchise, de la compréhension et de la reconnaissance. Ces mémoires jettent une lumière inédite sur le processus créateur de l'écrivain, ses sources d'inspiration, sa lutte avec ses anges et ses démons, le tiraillement avec son bilinguisme, et font apparaître, à travers tous les déplacements de l'auteur, un Saint-Boniface natal innommé dans ses écrits, mais indispensable à l'exégèse de son oeuvre.

  • Inspiré de la musique, Bleu Bémol est constitué dassonances, de rythmes, de phrases musicales, de mouvements libres qui tracent le début et la fin de tout ce qui est essentiel. Paul Savoie y approfondit les différentes dimensions du bleu, la couleur, létat dâme, cette zone dêtre qui lui permet de percer le gris ou de traverser le cristal, deux voies qui façonnent son imaginaire.

    la lumière te maquille de brillance ton corps à peau tendue bat le tam-tam comme le doigt fait parfois vibrer la corde la plus triste laccord soutenu de la déchirure Par-delà la symbolique du bleu, véritable porte dentrée pour redécouvrir le monde et son intimité, lauteur de CRAC (Prix Trillium 2006) explore ici le cheminement passionné de deux êtres lun vers lautre.

  • Crac

    Paul Savoie

    Récupérer le village / le peuple qui disparaît / sous la force inlassable / de la vague dont on ne trouve / plus de trace sauf l'écho / d'une mer / qui recule maintenant / devant ce qu'elle vient d'avaler CRAC, c'est le bruit que la terre ou le coeur font lorsque quelque chose se brise, risque de s'effondrer.
    Ce recueil, c'est l'expression d'une crainte, d'un désarroi devant ce qui, pour toutes sortes de raisons, se trouve menacé ou en voie de disparaître. C'est une façon de dire non à ce qui menace de nous réduire, de nous forcer à plier l'échine, à fausser compagnie.
    Paul Savoie refuse de se faire ensevelir par les forces modernes qui tendent à réduire l'être, à anéantir la conscience, la parole. Crac est son manifeste contre l'ensevelissement, son cri du coeur, son acte d'amour, bref son art poétique.

  • L'heure ovee

    Paul Savoie

    Ce recueil confronte la création en deux temps : c'est d'abord toute la genèse du monde qui se rejoue, dans les yeux d'un enfant solitaire caché à la cime d'un arbre au milieu d'une plaine. Par se seule contemplation, suivie de l'apparition d'un adulte - homme ou femme, le texte maintient le doute -, puis d'une fleur sans nom, se recrée l'infini de l'univers. Depuis ce nombril que déploie la première partie du recueil, la deuxième réalise ensuite le rêve d'Artaud : de revenir au monde avant même son apparition, dans le corps, ici, de la muse. S'instaure alors une descente à l'envers du décor, dans l'imaginaire de cette femme allongée d'abord dans un hamac, puis agenouillée dans une salle à manger, que l'auteur observe. Elle incarne le monde à naître qu'elle refuse pourtant de laisser aller, bien que cette retenue enfantera 24 tableaux.

  • Lors d'un voyage en train entre Toronto et Montréal, Paul Savoie et Marguerite Andersen unissent leurs voix pour créer deux personnages attachants, Bibi et Vava. L'un est bien sérieux, l'autre frivole. L'un réaliste, l'autre rêveur. Ils s'interrompent, se chamaillent et s'interrogent sur l'existence.

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