Paul Claval

  • Les géographes se sont longtemps considérés comme des artisans : ils apprenaient un métier à base de cartes, de terrain et d'enquêtes et s'interrogeaient peu sur les fondements de leur discipline. La situation a profondément changé, et de nombreux travaux sur l'histoire de la discipline et sur ses bases épistémologiques se sont multipliés, motivés notamment par l'impact sur la recherche de nouvelles technologies (télédétection, télématique, statistique spatiale). Cet ouvrage vient faire le point sur les débats qui se sont ainsi multipliés depuis une génération, afin de faire comprendre les enjeux de la géographie qui s'écrit aujourd'hui.

  • La géographie énumérait autrefois les départements et leurs chefs-lieux, elle parle aujourd'hui de populations, de paysages ; elle s'intéresse aux océans, aux montagnes, aux milieux extrêmes, mais aussi aux campagnes, aux villes, aux grandes métropoles et aux étendues de plus en plus larges d'urbanisation diffuse. Entre les deux guerres mondiales, elle chiffrait la production de charbon, de pétrole et d'acier de chaque pays. Puis elle s'est passionnée pour le Tiers Monde, les blocages de son développement et les moyens d'y remédier. Elle s'alarme aujourd'hui de la dégradation des milieux, du réchauffement climatique, de la montée du niveau des mers, et s'interroge sur la crise des identités et les remous provoqués par la globalisation.
    La géographie parle du pays où l'on vit, du concert des nations qui l'entourent, de ce qui confère à certaines la puissance. Elle colle à l'actualité nationale, mondiale, et n'a jamais été aussi présente dans le quotidien de chacun : les cartes et images animées ont envahi les journaux, les médias et les écrans de toute sorte, etc.).
    Loin des images d'un autre temps (la géographie comme science des paysages), c'est à cette vision moderne et dynamique que nous invite Paul Claval. En prenant en compte la subjectivité humaine, le rôle des représentations et le poids des imaginaires, la géographie est bien cette discipline du regard que porte l'Homme sur son environnement et qui contribue à l'intelligence du monde contemporain.

  • Les manières d'habiter, de travailler, de se distraire et de prier reflètent la spécificité des groupes humains. Elles changent d'un lieu à l'autre et marquent profondément les paysages. L'action humaine est modelée par les codes et les représentations que les individus apprennent au cours de leur enfance ou tirent de leur expérience. Les processus de transmission des savoirs, de construction des identités et d'établissement des normes conditionnent les répartitions géographiques. 
    La présente édition souligne le caractère souvent radical de la recherche la plus contemporaine. 
    Après un rappel de l'évolution des idées en ce domaine, cet ouvrage montre comment la culture pèse sur la structure spatiale des sociétés en analysant la communication, la construction de l'individu, de la société et du territoire et l'élaboration des valeurs. 
    La culture fournit aux hommes les moyens de s'orienter, de découper l'espace et d'exploiter les milieux. Elle modèle le paysage et structure les sociétés. 
    Les cultures connaissent de longues phases de stabilité interrompues par des crises de restructuration. La révolution des communications exacerbe les sentiments identitaires et les tensions qui en résultent sont au coeur des débats du monde actuel. 
    Cet ouvrage pionnier, qui présente de manière synthétique les grands thèmes de la géographie, s'adresse aux étudiants en géographie, ethnologie, sociologie, histoire et science politique. 
    Paul CLAVAL, professeur émérite à l'université Paris-Sorbonne, consacre ses recherches à l'histoire et à l'épistémologie de la géographie, à la géographie économique, sociale et politique, à la logique des systèmes territoriaux et aux problèmes culturels.

  • Le pouvoir mobilise la force et la menace qu'elle fait peser. Il repose sur la légitimité ou s'appuie sur la domination économique et l'influence idéologique. Puisque la coercition impose des décisions à des individus réticents - mais implique une surveillance permanente -, une autorité acceptée fonctionne à moindres coûts. 
    Ainsi, les jeux du pouvoir, d'abord diffus, se sont concentrés dans un système politique qui coiffe, contrôle et dirige la société civile. C'est à partir de la Renaissance que l'État souverain s'est structuré en s'appuyant sur le territoire, sur la frontière et sur la capitale. Dès lors, la vie internationale repose sur des équilibres de dissuasion. 
    Aujourd'hui, le monde est remodelé par la mondialisation de l'économie, la facilité accrue des déplacements et des communications, et le désir de pacifier la vie internationale. L'État national perd ses prérogatives, les instances de décision se multiplient, et les citoyens pèsent davantage sur la politique intérieure et étrangère. On parle de gouvernance. Toutefois, les relations internationales ne parviennent pas à s'affranchir de la dissuasion. 
    Dans un ouvrage résumant trente ans de réflexion, Paul Claval propose une synthèse magistrale renouvelant la géographie politique et la géopolitique. 
    Paul CLAVAL, est professeur émérite à l'Université de Paris-Sorbonne.

  • Une nouvelle géographie s'est constituée il y a vingt ans pour mieux répondre aux questions du monde actuel. Elle n'est plus focalisée sur les régions naturelles, politiques ou économiques mais porte désormais sur l'espace vécu, le territoire : les lieux où les hommes ont le sentiment de se sentir chez eux, qui naissent de leur expérience quotidienne, où s'exerce le pouvoir et où ils investissent leur sensibilité.
    Cet ouvrage est destiné à remplacer l'Initiation à la géographie régionale paru en collection "Fac" chez Nathan en 1992.

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