Paul Bazin

  • Dans ce nouveau numéro, Circuit porte un regard sur le métier de compositeur dans le contexte québécois en ce début de XXIe siècle, et aborde en filigrane les questions de l'identité, de la singularité et celle de l'exercice de cette profession, notamment selon le milieu où elle est exercée. Dirigé par le compositeur Simon Bertrand et illustré par l'artiste peintre Rita Ezrati, ce numéro intitulé « Réflexions sur le métier de compositeur : identité et singularités » génère, par la même occasion, des réflexions et des questionnements d'ordre sociologique sur le milieu de la création musicale au Québec et ses racines; celles, encore fragiles, du passé, et celles qu'il reste à inventer. Paul Bazin, Simon Bertrand, Estelle Lemire et Danick Trottier, entre autres, contribuent à ce numéro par le biais de divers portraits, enquêtes, analyses d'oeuvres et textes d'opinion mettant en relief les démarches artistiques ou sociales de compositeurs et de compositrices représentant plusieurs générations.

  • Ce numéro des Cahiers de la Société québécoise de recherche en musique témoigne de la grande variété de formes que prend la créativité musicale. Paul Bazin signe un texte sur la « cantate radiophonique » Psaume pour abri de Pierre Mercure appuyée sur des poèmes de Fernand Ouellette et constituant une prise de position claire devant la menace nucléaire. Anthony Grégoire examine, lui, la divergence entre la résultante sonore des performances d'une chorale chrétienne sénégalaise et les partitions utilisées, témoignant ainsi d'une profonde appropriation du répertoire. L'appropriation musicale est aussi au coeur du texte d'Étienne Kippelen, portant sur les différentes fonctions et connotations de la citation en musique contemporaine chez Karlheinz Stockhausen, Alfred Schnittke et Régis Campo. Carolyn Sumner se penche, elle, sur l'implication sociale, politique et artistique du compositeur torontois John Weinzweig, alors qu'Alexis Risler s'attarde à l'art de la transcription, à partir de modèles vocaux, chez Albert de Rippe. Enfin, Patrice Nicolas offre un texte consacré au prélude en do majeur du premier livre du Clavier bien-tempéré de Jean-Sébastien Bach.

  • L'édition automnale de la revue Circuit s'intéresse à l'usage de la microtonalité dans la musique moderne et contemporaine occidentale et ainsi au legs du compositeur russe et pionnier microtonal Ivan Wyschnegradsky. Philippe Leroux témoigne du rôle crucial joué par Wyschnegradsky dans l'éveil d'une génération de compositeurs à la question microtonale, tandis que la compositrice Pascale Criton, dans une entrevue avec la musicologue Sharon Kanach, illustre comment son propre langage est redevable à l'oeuvre du Russe. Dans un second entretien, le compositeur Michel Gonneville se confie à Jimmie LeBlanc au sujet de la place de la microtonalité dans son propre catalogue. La violoncelliste et compositrice Émilie Girard-Charest aborde ensuite la question de l'ergonomie de l'interprétation dans les oeuvres microtonales. Deux textes plus théoriques closent le numéro. Landon Morisson analyse Ein Schattenspiel de l'Autrichien Georg F. Haas et Paul Bazin démontre, pour sa part, comment Régime 11, Type A de Bruce Mather est profondément ancrée dans les principes théoriques de Wyschnegradsky.

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