Pascal Tassy

  • De l'aube néandertalienne à l'époque contemporaine, Pascal Tassy nous narre l'émergence de la paléontologie, son histoire ainsi que son lien inextricable avec les développements de la théorie de l'évolution.
    Conteur vif et plein d'esprit, l'auteur nous invite à grimper sur les épaules des plus grands paléontologues et évolutionnistes pour brosser un vaste panorama. Nous découvrons comment, fossile après fossile, la paléontologie s'est constituée en science - se départant des mythes comme des vues finalistes et théologiques, se convertissant à la théorie de l'évolution et retravaillant, d'arbres généalogiques en rameaux phylogénétiques, ses concepts fondateurs -, qui en a été responsable et dans quel contexte.
    Aussi bien ancré dans une perspective historique qu'épistémologique, ce livre évoque, au fil des filiations, bifurcations et contradictions entre ses penseurs, la cristallisation de la théorie de l'évolution et l'histoire de la paléontologie comme science de l'évolution ; il retrace également les différents moments de la pensée et les différentes révolutions qui mènent une science à s'affirmer comme telle.

  • «?En France je n'ai pas entendu parler d'un seul zoologiste, à l'exception de M. Gaudry (encore ne le fait-il que partiellement) qui défende mes idées. » C'est ce qu'affirme Charles Darwin en 1870.
    Ce zoologiste-là est un paléontologue, aide-naturaliste au laboratoire de paléontologie du Muséum d'histoire naturelle. C'est à partir de sa lecture en 1863 de L'Origine des espèces et de la théorie de la descendance avec modification, qu'Albert Gaudry (1827-1908) oriente sa recherche en direction de la reconstitution des filiations. Il se justifie ainsi : avant l'élucidation des causes de la modification, la paléontologie a d'abord à reconstituer la descendance au travers de l'étude des modifications. Gaudry est le premier dans l'histoire à dessiner des arbres évolutifs reliant espèces éteintes et espèces actuelles en suivant le modèle darwinien.
    La science française en général et celle du Muséum en particulier ne sont alors pas darwiniennes et pourtant dans un contexte plutôt hostile, nommé en 1872 professeur de paléontologie au Muséum, Gaudry enseigne l'évolution et conçoit l'actuelle galerie de paléontologie du Muséum, la première à illustrer les transformations des êtres vivants. Si le Muséum, à l'inverse de la Sorbonne, du Collège de France, de l'Institut Pasteur, n'est pas passé à côté de Darwin il le doit entièrement au seul Albert Gaudry. Très isolé à ses débuts, celui-ci terminera sa carrière couvert d'honneurs et président de l'Académie des sciences. Sans doute en raison de son spiritualisme et de sa relative défiance vis-à-vis de l'omnipotence de la sélection naturelle, il restera dans les marges de l'histoire des sciences.
    Cependant, paradoxalement, il a mieux compris la notion de filiation que la plupart de ses contemporains et même, aussi étonnant que cela puisse paraître, des néodarwiniens du XXe siècle.

  • Comment la vie s'est-elle déployée à la surface de la Terre ? Dans quelles conditions s'est-elle diversifiée ? Des millions d'espèces ont disparu sans descendance ; des millions d'autres se sont transformées jusqu'à nous. Témoins de l'histoire de la Terre, les fossiles, ces morceaux de « temps pétrifié », apportent les preuves incontestables de l'évolution. Mais les modalités et les rythmes évolutifs restent âprement discutés. L'évolution est-elle graduelle ou discontinue ? Traduit-elle un quelconque progrès ? Les fossiles permettent de répondre à ces questions, tout en illustrant le va-et-vient constant entre observation et théorie. Reste un immense et passionnant travail, sans cesse renouvelé : fouiller, dater, interpréter. Et s'émerveiller devant des découvertes qui ne cessent de nous surprendre.

  • Les arbres évolutifs, ou phylogénies, racontent une histoire, l'histoire des êtres vivants, de leur morphologie et de leurs gènes, mais aussi, l'histoire des langues, des textes, des faits culturels ou même des idées. Ces arbres sont avant tout des hypothèses sur les liens de parentés qui exigent réflexions à la fois sur les faits et sur les méthodes. Ce livre définit les concepts fondamentaux de la reconstruction phylogénétique. Il explique la nature et la diversité des approches pratiquées depuis leurs balbutiements au XIXe siècle jusqu'à nos jours. Il insiste, de manière pédagogique et aussi objectivement que possible, sur leurs performances et leurs limites, en fonction de la nature des données étudiées.
    Cet ouvrage constitue une version largement augmentée de La Reconstruction phylogénétique. Concepts et méthodes publié en 1993 dans la collection « Biologique théorique » des éditions Masson. Il tient donc compte des méthodes et débats qui ont marqué l'évolution rapide de la discipline ces vingt-cinq dernières années.
    Il s'adresse aux étudiants des 1er, 2e et 3e cycles et aux chercheurs non spécialistes de phylogénie mais désireux de connaître l'état actuel de la question.

  • Table des matières
    I. Introduction
    II. Notions d’épistémologie
    1] Les concepts
    2] Les hypothèses scientifiques
    III. La nature de la systématique
    1] De la métaphysique à l’étude scientifique
    2] La systématique : science de la diversité
    IV. Les concepts de l’espèce
    1] Le concept typologique de l’espèce
    2] Le concept morphologique de l’espèce
    3] Le concept biologique de l’espèce
    4] Le concept évolutif de l’espèce
    5] Conclusion
    V. Le problème du niveau d’universalité de la systématique. Les nouvelles systématiques
    1] La nouvelle systématique
    2] La nouvelle nouvelle systématique
    3] La systématique évolutive
    4] Discussion et conclusion
    VI. Tâches du systématicien
    VII. Nomenclature et hiérarchie linnéennes
    1] La nomenclature de l’espèce
    • Le binôme spécifique
    • L’auteur et la date
    La loi de priorité
    • Les types
    2] La sous-espèce
    • Les concepts de sous-espèce
    • La nomenclature de la sous-espèce
    3] Les catégories supraspécifiques
    • Les concepts de catégories et de taxons supraspécifiques
    • La nomenclature générale
    • Le genre et la famille
    •• Le genre
    •• La famille
    • Les ordres, classes et phyla
    VIII. La construction des taxons
    1] Les caractères
    2] L’homologie
    3] L’homoplasie
    • Parallélisme et convergence
    • Réversion
    • Analogie
    IX. L’analyse phylogénétique
    1] Historique
    2] Terminologie
    • Phylogénie
    • Spéciation
    • Apomorphie et plésiomorphie
    • Définition de la monophylie
    • Définition des groupes-frères
    3] Principes de la systématique phylogénétique
    4] Méthodologie
    • L’analyse des caractères
    •• Critère embryologique
    •• Critère de comparaison extragroupe
    •• Critères de comparaison intragroupe
    •• Critère paléontologique
    • L’analyse cladistique
    X. Principe de classification
    1] Systématique évolutionniste
    2] Systématique numérique, ou phénétique
    3] Systématique phylogénétique
    XI. Conclusion
    Références
    Remerciements



  • Table des matières


    1. NOTICES BIOGRAPHIQUES DE ERNST MAYR ET DE WILLI HENNIG
    2. AVANT-PROPOS
    par Martin S. Fischer et Pascal Tassy
    3. ANALYSE CLADISTIQUE OU CLASSIFICATION CLADISTIQUE ?
    Par Ernst Mayr
    1) Les trois théories concurrentes de la classification
    2) La cladistique est-elle la meilleure théorie de la classification ?
    3) Les composants de la cladistique
    4) La reconstruction du schéma de branchement de la phylogénie (analyse cladistique)
    5) Analyse cladistique et classification cladistique
    6) Objections à l’encontre de la théorie de la classification cladistique
    •1. Décisions arbitraires
    a. Redéfinition de termes bien connus
    b. La négligence de la double nature du changement évolutif
    c. Une définition de l’espèce purement formelle
    d. Le mode d’origine des taxons supérieurs
    •2. Une conception trompeuse de la catégorisation
    •3. Une négligence opérationnelle de faits évidents
    a. La difficulté de déterminer la direction des séquences évolutives
    b. La discrimination entre parallélisme et convergence
    c. Le contenu informatif des caractères ancestraux
    d. Évolution en mosaïque
    7) Darwin et la classification
    8) Les objections cladistiques aux méthodes de classification évolutionniste (combinée)
    9) Synopsis
    •Remerciements
    •Références
    4. REMARQUES CRITIQUES CONCERNANT LA QUESTION « ANALYSE CLADISTIQUE OU CLASSIFICATION CLADISTIQUE ? »
    Par Willi Hennig
    Références



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