Nicolas Le Roux

  • 1559-1629 est une séquence historique particulièrement dramatique pour le royaume de France?: le Roi Très-Chrétien, qui s'engage lors de son sacre à défendre l'Église et à exterminer les hérétiques, règne désormais sur un pays profondément divisé par la question religieuse. Les protestants constituent environ 10 % de la population française au début des années 1560. Les monarques sont de jeunes hommes incapables de gouverner par eux-mêmes ou des princes déconsidérés aux yeux de leurs sujets. En dépit des efforts de Catherine de Médicis et du chancelier Michel de L'Hospital, qui accordent aux protestants la liberté de culte, le royaume sombre dans un chaos sans précédent. Les exactions se multiplient, les batailles se succèdent et les massacres culminent en 1572, lors des «?matines sanglantes?», la Saint-Barthélemy. On assiste même, par deux fois, à cette forme inouïe de violence qu'est le régicide, avec l'assassinat d'Henri III en 1589 et celui d'Henri IV en 1610.
    Grâce à l'édit de Nantes, les protestants finissent par bénéficier d'un régime de tolérance limitée, mais la religion de Calvin est désormais réduite à une petite minorité de fidèles dont le nombre ne cesse de décroître. Les troubles reprennent dans les années 1620, quand l'esprit de croisade souffle de nouveau, mais l'énergie de reconquête prend aussi d'autres formes, moins belliqueuses, et l'on assiste, au cours des premières décennies du XVIIe siècle, à un renouvellement remarquable des formes de la piété catholique.
    Temps de crise sans précédent, les guerres de Religion constituent paradoxalement le creuset de la monarchie absolue d'Ancien Régime, qui se construit sur les ruines d'un royaume déchiré par l'intolérance. Il fallait que le pouvoir royal soit désormais investi d'une puissance transcendante incontestée capable d'assurer la stabilité de l'État par-delà les questions confessionnelles. Henri IV est ainsi parvenu à reconstituer l'unité du royaume autour de l'idéal d'obéissance à la figure royale, et son fils, Louis XIII, bénéficia de ses succès pour achever de créer une monarchie puissante capable de s'imposer sur la scène européenne.
    C'est l'histoire de ces déchirures et de ces mutations que ce livre retrace.

  • Au début du XVIe siècle, certains chrétiens, « protestant » contre ce qu'ils considèrent comme des abus de Rome, ébranlent l'unité de l'Église. De ce conflit théologique découle une crise politique sans précédent, dont les guerres de Religion sont la traduction sanglante. Complots, attentats, massacres, guerre des mots et des images... De la mort d'Henri II à la signature de l'édit de Nantes, c'est cette histoire, douloureuse mais féconde sur le plan des idées politiques, que Nicolas Le Roux raconte avec verve, mettant au jour le rôle crucial que cette période troublée a joué dans le renforcement du pouvoir royal et dans l'avènement de la modernité. Pour les contemporains, une question s'est posée, qui n'a rien perdu de son actualité : le politique est-il un rempart suffisant contre les guerres menées au nom de la religion ?

  • Tout bougeait au xvie siècle : les institutions les plus anciennes vacillaient, les royaumes se disloquaient, l'Église explosait. Dans cet univers chaotique des guerres de Religion, les apparences trompeuses, les mensonges et les ruses furent souvent nécessaires à la survie. Pour mieux le comprendre, cet ouvrage propose une plongée dans les tensions qui marquèrent la noblesse française dans le second xvie siècle. Il examine ainsi, à travers les portraits d'hommes et des femmes de pouvoir - Guy de Lanssac, les Guise, Mme de Montpensier, Anne de Joyeuse, etc. - les différentes formes de contestation de la légitimité politique et d'Henri III. L'auteur retrace ainsi les étapes de la construction des principales forces d'opposition à l'autorité du monarque, qu'il s'agisse de la nébuleuse constituée autour du duc d'Anjou ou des associations catholiques radicalement opposées à l'idée qu'un hérétique puisse prétendre à la couronne. À l'issue de ce parcours, c'est bien le fascinant portrait kaléidoscopique d'un royaume que dessine Nicolas Le Roux.

  • C'est un des rois les moins aimés de l'Ancien Régime, et l'un des plus méconnus, qui meurt sous le poignard du moine Jacques Clément.
    Avec lui, au milieu des guerres de Religion qui n'en finissent pas, s'éteint la dynastie des Valois : un chapitre se referme, une autre histoire de la monarchie commence, inaugurée par l'accession au trône d'Henri de Bourbon. Avec ce successeur, la figure du prince tend à se détacher de la communauté des humains et acquiert, par l'investiture divine, une dimension d'absolu.
    De ce règne presque oublié, Nicolas Le Roux restitue les desseins secrets et les drames sanglants. Il décrit un monarque hanté par l'ambition de pacifier le royaume, de réconcilier ses sujets et de régénérer l'autorité royale par la piété, la justice et la douceur. Il analyse les violentes résistances que les catholiques zélés opposent à ce rêve d'harmonie, jusqu'à faire la guerre à leur propre souverain. Faisant parler les voix et les passions de ces années terribles, l'auteur propose une lecture renouvelée de l'extrémisme ligueur, de ses pulsions meurtrières et de ses fantasmes tyrannicides.

  • 1515 Marignan. Qui ne connaît cette correspondance entre un millésime facile à retenir et la victoire remportée par François Ier dans le nord de l'Italie ?
    Cet essai d'histoire synchronisée entend replacer dans son contexte une bataille longtemps considérée comme une date majeure de l'histoire de France.
    Le début du xvie siècle fut un moment de circulation des hommes, des oeuvres et des idées sans précédent. Les nouvelles formes artistiques inspirées par la redécouverte de la culture antique se diffusaient en Europe, et l'on a pu voir dans ce mouvement une véritable « renaissance » du Vieux Continent.
    Alors qu'Érasme défendait une vision renouvelée de la vie chrétienne et prônait la paix entre les créatures de Dieu, certains s'interrogeaient sur le sens profond des guerres qui ravageaient l'Ancien Monde et sur celui des « découvertes » ultra-marines.
    Ces événements n'annonçaient-ils pas la fin des temps ?

  • Comment l'exercice du gouvernement a-t-il évolué du temps de François Ier à celui de Louis XIII ? Comment le monarque a-t-il répondu aux défis posés par l'essor du protestantisme ? La restauration de l'ordre public pouvait-elle obliger le Roi Très-Chrétien à renoncer à supporter l'altérité confessionnelle ? Le pouvoir du souverain pouvait-il être pensé autrement que comme une forme supérieure de gouvernement des âmes ? Dans un contexte de crise, le prince devait-il toujours se soumettre aux impératifs moraux traditionnels, ou pouvait-il se considérer investi par Dieu d'une autorité extraordinaire qui l'autorisait à recourir à des formes exceptionnelles de gouvernement ? Telles sont les questions soulevées par ce livre. Pour y répondre, Nicolas Le Roux étudie les différentes conceptions du pouvoir qui avaient cours en ce siècle de drames et de violences que fut le xvie siècle. Il se penche sur la dimension exécutive du pouvoir royal, en cherchant à comprendre dans quelles conditions le souverain exerçait sa fonction de chef d'État. Il analyse la genèse de la société de cour moderne, en étudiant le fonctionnement de la Maison du roi, les transformations des résidences princières et les mesures prises pour exalter la puissance du souverain. Il examine les grandes cérémonies royales, les rituels religieux et les fêtes profanes qui rythmaient la vie de la cour. Nicolas Le Roux cherche à comprendre comment les monarques et les reines ont tenté de rétablir l'ordre public au moment du schisme religieux. Il s'interroge sur les motivations profondes de Catherine de Médicis et de ses fils, Charles IX et Henri III qui, par différents moyens, ont essayé de reconstruire la paix, parfois par les armes, parfois par la tolérance. Il s'interroge enfin sur les conséquences de la crise de succession qui a mis fin à la dynastie des Valois et fait monter Henri IV sur le trône.

  • Dans la France de la Renaissance, la cour s'impose comme un outil de gouvernement. À la fois instrument et reflet de sa puissance, l'entourage du prince joue un rôle politique majeur. C'est dans ce monde aux contours mouvants qu'un cercle privilégié de familiers acquiert une position dominante: les mignons. Ce livre s'attache à ces personnages mal connus, à la réputation sulfureuse. Jusqu'au milieu du XVIe siècle, seuls quelques grands barons jouent à la cour le rôle d'intermédiaires obligés entre les élites et le souverain. Avec les guerres de Religion (1562-1598), les conflits pour l'accès aux ressources de l'État et à la faveur du roi deviennent de plus en plus violents. Tandis que la reine mère Catherine de Médicis tente de rétablir l'unité du royaume, le futur Henri III prend la tête d'un groupe de jeunes gens soudé notamment par l'expérience des combats. Les mignons accèdent donc au pouvoir avec leur maître en 1574. Ils forment alors l'écrin qui magnifie la majesté du souverain. Les ducs de Joyeuse et d'Épernon émergent de cette nébuleuse, épurée par les assassinats, les duels et les disgrâces. Après la mort du premier et la mise à l'écart du second, la politique de la faveur s'éteint, obligeant le roi à reprendre lui- même en main le fonctionnement de la cour.Cette histoire de la faveur propose une approche renouvelée de la formation de l'État royal: elle démontre que les figures du courtisan et du favori participent pleinement à la construction du pouvoir monarchique.

  • Dans la France de la Renaissance, la cour s'impose comme un outil de gouvernement. À la fois instrument et reflet de sa puissance, l'entourage du prince joue un rôle politique majeur. C'est dans ce monde aux contours mouvants qu'un cercle privilégié de familiers acquiert une position dominante: les mignons. Ce livre s'attache à ces personnages mal connus, à la réputation sulfureuse. Jusqu'au milieu du XVIe siècle, seuls quelques grands barons jouent à la cour le rôle d'intermédiaires obligés entre les élites et le souverain. Avec les guerres de Religion (1562-1598), les conflits pour l'accès aux ressources de l'État et à la faveur du roi deviennent de plus en plus violents. Tandis que la reine mère Catherine de Médicis tente de rétablir l'unité du royaume, le futur Henri III prend la tête d'un groupe de jeunes gens soudé notamment par l'expérience des combats. Les mignons accèdent donc au pouvoir avec leur maître en 1574. Ils forment alors l'écrin qui magnifie la majesté du souverain. Les ducs de Joyeuse et d'Épernon émergent de cette nébuleuse, épurée par les assassinats, les duels et les disgrâces. Après la mort du premier et la mise à l'écart du second, la politique de la faveur s'éteint, obligeant le roi à reprendre lui- même en main le fonctionnement de la cour.Cette histoire de la faveur propose une approche renouvelée de la formation de l'État royal: elle démontre que les figures du courtisan et du favori participent pleinement à la construction du pouvoir monarchique.

  • OEuvre monumentale, parue de 1932 à 1995, voici donc Le Dictionnaire de Spiritualité enfin publié intégralement de A jusqu'à Z, avec un index particulièrement utile. A beaucoup de points de vue, c'était un défi. Le pari a été tenu. On peut même dire que les fruits dépassent le projet primitif, car très vite les perspectives du début ont été amplifiées et précisées. Dans les années 30, lancer l'idée et assurer la réalisation d'un tel dictionnaire pouvait paraître, face au bloc solide du dogme catholique, une entreprise marginale concernant les techniques de prière, les états mystiques et les divers phénomènes qui parfois les accompagnent... A cette époque, la réflexion chrétienne, encadrée et limitée par une théologie dogmatique, en grande partie déductive et obligatoire, avait besoin d'un nouveau souffle. Voici que la spiritualité, fondée en même temps sur l'expérience et sur la liberté qui président à l'invention des divers chemins conduisant à Dieu, renouvelait toutes les questions... Cette révolution tranquille s'est faite lentement, sans bruit, sans excès. A sa place, avec d'autres éléments similaires, elle a préparé l'éclosion irrésistible de Vatican II ; et aujourd'hui, patiemment, elle aide à bien comprendre l'originalité et le dynamisme de ce concile... Des milliers de collaborateurs, provenant du monde entier et de tous les horizons, ont contribué à faire de ce Dictionnaire ce qu'il est : particulièrement utile à tous ceux qui veulent mieux connaître les auteurs spirituels de divers pays, suivre l'évolution des mentalités, des institutions, des grandes notions fondamentales... et plein d'intérêt pour tous les curieux. Ainsi s'est-il répandu à travers le monde entier et dans tous les milieux.

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