Michel Tournier

  • Septembre 1759. Robinson est à bord de La Virginie faisant route pour le Chili. Une tempête formidable précipite le navire sur des récifs, et Robinson va se retrouver seul survivant du naufrage sur une île déserte. Livré à lui-même, sa solitude va le contraindre à faire preuve d'ingéniosité, de persévérance et de courage, afin de survivre dans ce monde sauvage. Jusqu'au jour où, se croyant abandonné de tous, il rencontre un être humain pour le moins inattendu...

  • "Tous ceux qui m'ont connu, tous sans exception me croient mort. Ma propre conviction que j'existe a contre elle l'unanimité. Quoi que je fasse, je n'empêcherai pas que dans l'esprit de la totalité des hommes, il y a l'image du cadavre de Robinson. Cela suffit - non certes à me tuer - mais à me repousser aux confins de la vie, dans un lieu suspendu entre ciel et enfers, dans les limbes, en somme...
    Plus près de la mort qu'aucun autre homme, je suis du même coup plus près des sources mêmes de la sexualité."

    Grand Prix du roman de l'Académie française 1967

  • Le roi des Aulnes

    Michel Tournier

    "3 janvier 1938. Tu es un ogre, me disait parfois Rachel. Un Ogre ? C'est-à-dire un monstre féerique, émergeant de la nuit des temps ? Je crois, oui, à ma nature féerique, je veux dire à cette connivence secrète qui mêle en profondeur mon aventure personnelle au cours des choses, et lui permet de l'incliner dans son sens. [...]
    Je relis ces lignes. Je m'appelle Abel Tiffauges, je tiens un garage place de la Porte-des-Ternes, et je ne suis pas fou. Et pourtant ce que je viens d'écrire doit être envisagé avec un sérieux total. Alors ? Alors l'avenir aura pour fonction essentielle de démontrer - ou plus exactement d'illustrer - le sérieux des lignes qui précèdent."
    Prix Goncourt

  • Deux jumeaux, Jean et Paul, forment un couple fraternel si uni qu'on l'appelle Jean-Paul. Mais Jean veut briser cette chaîne et essaie de se marier. Paul fait échouer ce projet. Désespéré, Jean part seul en voyage de noces à Venise. Paul se lance à sa poursuite et accomplit un long voyage initiatique autour du monde.
    À travers des aventures multiples et de nombreux personnages, comme le scandaleux oncle Alexandre, surnommé le dandy des gadoues, ce roman illustre le grand thème du couple humain.

  • La goutte d'or

    Michel Tournier

    Donne-moi la photo.
    Idriss gardait ses chèvres et ses moutons non loin de l'oasis de Tabelbala quand une Land Rover a surgi. Une jeune femme blonde aux jambes nues a pris en photo le petit berger saharien. Sa photo, elle la lui enverra dès son retour à Paris.
    Idriss a attendu en vain. Son image volée ne lui a pas été rendue. Plus tard, quand il va partir vers le nord et jusqu'à Paris pour chercher du travail, il va se heurter à des images de lui-même qu'il ne reconnaîtra pas. Perdu dans un palais de mirages, il s'enfoncera dans la dérision jusqu'à ce qu'il trouve son salut dans la calligraphie. Seul le signe abstrait le libérera de la tyrannie de l'image, opium de l'Occident.

  • L'épisode des Rois Mages venus d'Arabie Heureuse pour adorer l'Enfant Jésus, s'il ne fait l'objet que de quelques lignes d'un seul des quatre Évangiles, a magnifiquement inspiré la peinture occidentale. Mais qui étaient ces rois ? Pourquoi avaient-ils quitté leur royaume ? Qu'ont-ils trouvé à Jérusalem - chez Hérode le Grand - puis à Bethléem ? L'Histoire et la légende étant également muettes, il incombait à un romancier de répondre à ces questions. C'est ce qu'a tenté Michel Tournier avec ce récit naïf et violent qui plonge aux sources de la spiritualité occidentale.

  • Comment Jeanne d'Arc, si lucide, au bon sens si fort, a-t-elle pu accepter pour compagnon ce Gilles de Rais dont la monstruosité continue à révolter et à fasciner, un demi-millénaire après son supplice ? À cette question - toujours esquivée ou laissée pendante par les historiens -, Michel Tournier tente de répondre : et si Gilles de Rais n'était devenu un monstre que sous l'influence de Jeanne ? Et s'il avait remis son âme entre ses mains pour le meilleur et pour le pire ? Pour le meilleur : libération d'Orléans, victoire de Patay, sacre de Charles VII. Pour le pire : blessure, capture, procès, condamnation par l'Église, bûcher. Gilles de Rais a suivi Jeanne jusqu'au bout, jusqu'à la sorcellerie, jusqu'au bûcher sur lequel il est monté neuf ans après elle.

  • C'étaient des statues sculptées, dans le sable, d'une étrange et poignante beauté. Les corps se lovaient dans une faible dépression, ceints d'un lambeau de tissu gris souillé de vase. On songeait à adam et Éve avant que Dieu vînt souffler la vie dans leurs narines de limon. Le rocher de Tombelaine émergeait de la brume. Suspendu comme un mirage saharien au-dessus des nuées, le Mont-Saint-Michel brillait de toutes ses tuiles vermeilles, de tous les vitraux de sa pyramide abbatiale.

  • Comment le Père Noël donnerait-il le sein à l'Enfant Jésus ? L'Ogre du Petit Poucet était-il un hippie ? Un nain peut-il devenir un surhomme ? Est-il possible de tuer avec un appareil de photographie ? Le citron donne-t-il un avant-goût du néant ?
    À ces questions - et à bien d'autres plus graves et plus folles encore - ce livre répond par des histoires drôles, navrantes, exaltantes et toujours exemplaires.

  • Connaissez-vous l'aire du Muguet, une aire de repos sur l'autoroute A6, près de la sortie Pouilly-en-Auxois ? Non ? Alors, n'hésitez pas à vous y arrêter, peut-être y ferez-vous, comme Pierre, un jeune routier, une rencontre bouleversante...

    L'auteur du Roi des Aulnes nous offre deux nouvelles surprenantes, pleines de poésie et de mystère.

  • Il faut deux jambes pour marcher, et pour bien saisir on se sert des deux mains. Cette évidence a été le point de départ de ce petit traité où les idées s'éclairent en s'opposant deux à deux. La femme sert de révélateur à l'homme, la lune nous dit ce qu'elle est en plein soleil, la cuiller manifeste sa douceur maternelle grâce à la fourchette, l'encolure du taureau est mise en évidence par la croupe du cheval, etc.L'autre principe de ce livre, c'est que la pensée fonctionne à l'aide de concepts-clé qui sont en nombre fini. C'est ce que les philosophes appellent des catégories. Aristote en comptait dix, Leibnitz six, Kant douze. Les définir et les analyser, c'est mettre à plat les pièces de la machine cérébrale.

    En élargissant la "table de catégories" à cent concepts, l'auteur a manifesté sa modestie spéculative et son souci d'embrasser la plus grande richesse concrète possible.

  • "À propos de l'amour, il disait : "Il y a un signe infaillible auquel on reconnaît qu'on aime quelqu'un d'amour, c'est quand son visage vous inspire plus de désir physique qu'aucune autre partie de son corps."
    S'il avait eu une tombe, voici l'épitaphe qu'il aurait voulu qu'on y inscrivît : Je t'ai adorée, tu me l'as rendu au centuple. Merci, la vie !"

  • En 1845, le pasteur Éléazar quitte son Irlande natale avec sa femme et ses deux enfants pour émigrer en Amérique, comme des milliers de ses compatriotes chassés par la grande famine. Débarquant en Virginie, il entreprend la traversée du continent pour gagner cette Californie qui se confond pour beaucoup avec la Terre promise. Parvenu dans le désert du Colorado, il lui semble qu'un voile se déchire devant ses yeux et qu'il lit pour la première fois la Bible. Sa propre aventure personnelle s'éclaire à la lumière du destin grandiose de Moïse. Il comprend que le drame de Moïse, c'était son déchirement entre le Buisson ardent, symbole du sacré, de la voix de Yahweh, et les sources que ne cessent de lui réclamer les Hébreux pour leurs femmes, pour leurs enfants, leur bétail et leurs cultures. Un choix tragique s'impose entre la Source et le Buisson.

  • "Il y a longtemps que j'ai pris l'habitude de noter non seulement les étapes et incidents de mes voyages, mais les événements petits et grands de ma vie quotidienne, le temps qu'il fait, les métamorphoses de mon jardin, les visites que je reçois, les coups durs et les coups doux du destin. On peut parler de "journal" sans doute, mais il s'agit du contraire d'un "journal intime". J'ai forgé pour le définir le mot "extime"."
    Michel Tournier.

  • À travers leur apparente disparité, ces quatre-vingt-deux texticules ont pour source commune la curiosité de l'auteur et son ouverture sur le monde extérieur. La beauté des êtres et des choses, leur bizarrerie, leur drôlerie, leur saveur justifient et récompensent une chasse heureuse et insatiable. La démarche des quadrupèdes - amble ou diagonale ? -, la valeur fondamentale du genou, les secrets de la grève dévoilés par le jusant, les déambulations nocturnes des hérissons, la haine que les arbres se vouent les uns aux autres, et aussi ces personnages tutélaires, les Rois Mages, le Père Noël, saint Christophe, Saint Louis, et surtout ces hommes et ces femmes dévorés par les médias - Sacha Guitry, lady Diana, Michael Jackson -, et enfin ces amis qui sont maintenant de l'autre côté du fleuve, voici ce dont il est question dans ces pages.

  • Villon, Marot, Ronsard, Rousseau, Chateaubriand, Vigny, George Sand, Gautier, Flaubert, Malot, Le Roy, Zola, Verlaine, Rimbaud, Rostand... Une anthologie originale des plus beaux textes de Noël, présentés par Michel Tournier.
    La magie de Noël vue par les plus grands auteurs On connaît la légende de Gaspard, Melchior et Balthazar, venus s'incliner sur le berceau de l'enfant Jésus et déposer à ses pieds la myrrhe, l'or et l'encens. Est-on bien sûr, pourtant, que les Rois mages ne furent que trois ? Et s'il y en avait eu un quatrième, menant à travers la steppe enneigée un attelage de rennes, distribuant en cours de route les cadeaux entassés sur son traîneau ? Mais arrivé trop tard, hélas, à Bethléem... Son nom : le Père Noël, bien sûr !Telle est l'hypothèse émise par Michel Tournier dans sa préface à cette anthologie, qui rassemble quelques-uns des plus beaux textes, parfois rares ou inattendus, inspirés par l'hiver, Noël et la Nativité.De Rutebeuf à Proust, de Villon à Rimbaud, de Ronsard à Maupassant, on y trouvera notamment la " Chanson du jour de Noël " de Marot, la " Légende de saint Nicolas " de Nerval, " Les Grands froids de Noël " de Jules Verne, " Les Nuits de Noël " d'Hector Malot, " Christmas " de Jules Vallès, " La Messe de minuit " d'Eugène Le Roy," Les Étrennes " de Pierre Loti, " Les Sapins " de Guillaume Apollinaire... et bien d'autres encore.

  • Pierrot ou les secrets de la nuit, Barbedor, La fin de Robinson Crusoé, La Mère Noël : quatre contes de Michel Tournier.
    "Quand tout le monde peut me lire, même les enfants, dit-il, c'est la preuve que j'ai donné le meilleur de moi-même." En effet, Michel Tournier n'écrit pas pour les enfants. Il écrit simplement de son mieux, avec comme idéal la brièveté de La Fontaine, la force de Perrault, la limpidité de Kipling, la naïveté de Saint-Exupéry.
    Ces quatre histoires nous sont contées par Michel Tournier, l'auteur en personne. La magie de la voix de ce conteur d'exception nous transporte avec bonheur dans son univers tendre et poétique.

  • Ce livre réunit les lettres envoyées par Michel Tournier à Hellmut Waller, rencontré à Tübingen en 1946. L'ensemble de ces vingt-trois lettres couvre une période de plus de trente années de 1967 à 1998.
    En 1967, Tournier vient de recevoir le prix de l'Académie française pour Vendredi ou les Limbes du Pacifique. C'est peu de temps après cette publication qu'Hellmut Waller, juriste de formation devenu procureur général chargé de requérir contre les nazis, va, en marge de ses activités, se mettre à traduire en allemand l'oeuvre de son ami.

    Cet échange est de première importance, par sa durée d'abord - trente et une années - et pour l'éclairage apporté sur le travail de l'écrivain, ses relations avec le monde littéraire et de la photographie, ses voyages, sa vie quotidienne, la genèse
    de ses oeuvres, voire les pistes délaissées, les récits virtuels envisagés.

  • Contrebandier de la philosophie : sept conférences suivies d'échanges avec le public Nouv.

    Dans ces conférences inédites, données de 1994 à 2004, Michel Tournier accorde une grande importance à l'échange avec ses lecteurs. C'est avec humour qu'il présente ses expériences, comme son heureux échec à l'agrégation de philosophie, et dévoile, dans les coulisses de la création, son idéal de littérature : écrire des romans avec de la « philosophie de contrebande ».
    Par leur complémentarité, ces conférences racontent le parcours de Michel Tournier et révèlent ses sources d'inspiration : il s'agit souvent de sa relation avec les livres qui l'ont inspiré, ceux de Kant, Flaubert ou Jules Verne, ou avec les personnalités qui l'ont marqué - on croise même le président Mitterrand descendant d'hélicoptère. Il arrive aussi qu'il dérive vers ses relations avec les éditeurs et les termes des contrats passés, ou bien vers les enquêtes préalables aux romans.
    Voici une traversée malicieuse de l'oeuvre de Tournier par Tournier, qui en montre l'extraordinaire cohérence et donne envie de tout (re)lire sans plus attendre.

  • Publier un livre, nous dit Michel Tournier, c'est procéder à un lâcher de vampires. Car un livre est un oiseau sec, exsangue, avide de chaleur humaine, et, lorsqu'il s'envole, c'est à la recherche d'un lecteur, être de chair et de sang, sur lequel il pourra se poser afin de se gonfler de sa vie et de ses rêves. Ainsi le livre devient ce qu'il a vocation d'être : une oeuvre vivante.

    Une cinquantaine de livres sont donc venus se poser sur le lecteur Tournier, lequel, ayant une plume à la main, a essayé de décrire les fruits imaginaires que ces semences produisaient dans sa tête. Il en résulte une suite de brefs essais, qui vont de Charles Perrault à Jean-Paul Sartre et de Novalis à Günter Grass, où la joie d'écrire s'ajoute au bonheur de lire.

  • Ce petit livre est né d'un exercice qu'on ne saurait trop recommander à ses amis, parce qu'il est à la fois plaisant et enrichissant. Il s'agit simplement de passer au crible les centaines de milliers de mots que nous offrent, dans le superbe désordre alphabétique, tous les dictionnaires français disponibles. On note ceux qui paraissent intéressants par quelque côté, leur étrangeté, leur drôlerie, leur beauté, la dérive aberrante de leur usage, etc.

    Ce livre peut être refait par chacun, et il sera à chaque fois différent. Mais toujours son auteur y gagnera quelque chose, car ce modeste exercice s'apparente d'une certaine façon à un examen de conscience. Le souci de connaître le "mot propre" et d'en user à bon escient est une forme de probité.

  • J'aimerais pouvoir dire que j'ai découvert Arthur Tress. En vérité, c'est plutôt lui qui m'a découvert. Mon roman « Le Roi des Aulnes » venait de paraître en traduction américaine. Il m'a envoyé un paquet de photos avec quelques lignes : « D'après votre roman, m'écrivait-il en substance, je pense que vous devriez aimer ce que je fais » J'ai été choqué, ébloui, prodigieusement intéressé. Puis j'ai vécu avec ses images qui ne quittaient plus mon musée cérébral. Enfin il s'est annoncé. J'avais un peu peur. J'imaginais un être hirsute et fruste, voire un peu sale, auquel il faut tout pardonner puisqu'il a du génie. J'ai vu arriver un petit jeune homme frêle et timide, tiré à quatre épingles, dissimulant un regard blessé derrière des lunettes d'étudiant en théologie. Mais à l'intérieur de son gros sac de photographe, il y avait un portrait en médaillon : celui de Franz Kafka. Voilà sans doute la clé la plus apéritive du mystère Tress. Michel Tourmier de l'Académie Goncourt

  • Voyage dans l'au-delà, descente aux enfers, invocation des défunts, dialogue avec les spectres, mais aussi apparition maléfique de revenants, de vampires, de dames blanches... De tout temps, on a raconté l'impossible rencontre entre les vivants et les morts. Des récits captivants hantent les traditions populaires et ne cessent d'inspirer la littérature, la peinture et le cinéma. Homère, Dante, Fénelon, Nerval, Hugo, Poe, Gracq, Quignard, Delacroix, Hitchcock et bien d'autres nous entraînent ici vers les rives inquiétantes d'un autre monde. Et nous suivons, dans cet ouvrage original, ces passeurs qui, de l'Antiquité à nos jours, nous engagent à traverser cette frontière interdite et nous conduisent ainsi sur des territoires inconnus.

  • « - Écoutez !... Ce médaillon, je le connais, il est unique, il n'y en a qu'un seul exemplaire au monde, et je sais de quoi je parle... Je connaissais celui qui l'a fabriqué... D'un rire moqueur et désagréable, Sophie brise à nouveau l'élan du jeune homme : - Qu'est-ce que vous me racontez, là !? Vous délirez, mon pauvre ami, ce médaillon se transmet dans notre famille de génération en génération ! Vous n'êtes pas assez vieux pour avoir plus de trois cents ans, cessons cette plaisanterie, si vous le voulez bien, car vous commencez sérieusement à m'énerver ! - Je vous jure que je vous dis la vérité ! Mon histoire est si invraisemblable qu'il m'est parfois pénible de savoir qu'elle existe. J'aimerais tant vous la raconter. Elle est si triste et si belle à la fois. »

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