Michel Dion

  • Pourquoi des danses transes en l'honneur des dieux africains dans le Candomblé ? Qu'est-ce qui a conduit une Francaise de bonne famille, médaillée de la Résistance, à embrasser cette religion de banlieue apportée au Brésil par des Noirs descendant d'esclaves ? Michel Dion fait le récit d'un double basculement de vie, spirituel et social, nous invitant à découvrir, comme dans une initiation, un monde que l'on aurait pu croire à jamais perdu. Une remarquable et précise introduction au Candomblé de Salvador de Bahia.

  • Dans le bouddhisme tibétain, tout moi est sans substance qui lui soit intrinsèque. Toute substance qu'il paraît avoir lui vient de liens d'interdépendance avec d'autres réalités qui lui sont extérieures : les autres, la société et la culture ambiantes, la Nature. Tout moi ne dure pas pour toujours, parce que les êtres vivants sont mortels, mais surtout parce qu'ils sont constamment en changement. Le projet, propre à la philosophie de l'existence, de devenir qui nous sommes, de Kierkegaard jusqu'à Sartre, est-il alors incompatible avec la philosophie du bouddhisme tibétain ?

  • The aim of this book is to deepen our understanding of financial crimes as phenomena. It uses concepts of existential philosophies that are relevant to dissecting the phenomenon of financial crimes. With the help of these concepts, the book makes clear what the impact of financial crimes is on the way a human being defines himself or the way he focuses on a given notion of humankind. The book unveils how the growth of financial crimes has contributed to the increase of the anthropological gap, and how the phenomenon of financial crimes now distorts the way we understand humankind. Using the existential philosophies of Kierkegaard, Nietzsche, Jaspers, Buber, Heidegger, and Marcel, the book sheds light on how these philosophies can help to better perceive and describe financial crimes. Next it looks at prevention strategies from an organizational perspective, using concepts of Sartre, Gadamer and Tillich. The book provides readers with existential principles that will help them be more efficient when they have to design and implement prevention strategies against corporate crime.

  • De l'oeuvre de quatre grands romanciers des XIXe et XXe siècles - Dostoïevski, Musil, Kundera, Proust - Michel Dion tire des notions pouvant être utiles au renouvellement de la notion de « vie organisationnelle ». Partant du constat que la révolution industrielle a changé notre vision du monde, mais également notre façon d'ap¬préhender la consommation, la production, les échanges commerciaux et le milieu des affaires en général, l'auteur étudie ce changement radical de façon originale par un regard sur l'oeuvre d'écrivains qui en subissaient eux-mêmes les effets dans leur vie personnelle et sociale.
    C'est donc en se penchant sur ces oeuvres que Michel Dion analyse quatre grands défis de la vie organisationnelle : le défi esthético-spirituel et les enjeux liés à la connaissance que nous avons de notre milieu organisationnel et à la capacité d'y rechercher la vérité et le bonheur (Proust) ; le défi intellectuel - Robert Musil, fasciné par l'histoire des idées, apparaissait comme incontournable à cet égard ; le défi psychosociologique - la dynamique des rapports sociaux et l'analyse psychologique qu'elle suppose ont été parfaitement intégrées à l'oeuvre de Dostoïevski ; le défi sociopolitique - par son analyse pointue des ambiguïtés de la vie, Kundera éclaire le propos de l'auteur de multiples manières et sur des sujets que peu d'autres avant lui avaient réussi à traiter d'une façon tant littéraire que philosophique.

  • Le fondement de cet essai est une enquête effectuée en Roumanie entre 1981 et 1998 sur l'Homme nouveau communiste, maître du pays pendant quarante-deux ans, et l'Homme nouveau légionnaire chrétien, allié de Mussolini, Hitler et Franco, qui a dominé la scène politique roumaine dans l'entre-deux guerres. Leur point commun essentiel est le fanatisme : tout fanatisme n'érige-t-il pas en Vérité une croyance religieuse ou d'ordre religieux ? Ne se projette-t-il pas dans un monde imaginaire d'où il combat l'ennemi qui souille le monde quotidien, toujours plus irréel à ses yeux ?

  • Cet ouvrage traite des dimensions morales rattachées à trois types de crimes financiers : la corruption, le blanchiment d'argent et le cyber-crime. L'approche kantienne est ici généralement adoptée. Mais l'utilitarisme a parfois sa raison d'être, quant à certaines dimensions propres à ces crimes financiers. Pour chacun des crimes en question, c'est toute notre conception de l'être humain qui est mise en jeu, selon l'approche que nous retenons pour les considérer.

  • Cas à peu près unique dans la littérature québécoise, André Major, qui a contribué à la définir et à la promouvoir, entend n'y participer qu'à partir d'un écart, d'une certaine "retraite" maintes fois figurée et thématisée dans ses écrits, et bien avant la rédaction des carnets, comme le montre le dossier de ce numéro. L'originalité et le paradoxe de cette position - et des textes qui l'aménagent et la défendent -semblent en justifier l'examen, à la fois dans les publications les plus récentes et dans l'ensemble de l'oeuvre, qui gagne à être ainsi rétrospectivement réévaluée. De plus, ce numéro comprend une bibliographie de l'auteur, un entretien et un inédit. Vous pourrez aussi y lire un article de David Bélanger sur l'autofiction ainsi que les chroniques de Pascal Riendeau, d'André Brochu et de Lucie Robert.

  • Dirigé par Sara Dion, le dossier de ce numéro est consacré au sexe. Catherine Chabot, Nathalie Claude, Nicolas Berzi, Andréane Leclerc et Éric Noël font partie des créateurs qui ont accepté de dire à quel point le sexe dans le théâtre québécois contemporain est audacieux, pudique, libre, politique, créatif ou encore convenu. Hors dossier, on trouve notamment une Carte blanche signée Alexandre Goyette, qui nous entraîne dans les coulisses du tournage de King Dave, et des entrevues avec les metteurs en scène Gisèle Vienne et Florent Siaud.

  • Coordonné par Sara Dion, le dossier de ce numéro est consacré au répertoire théâtral québécois. Sarah Berthiaume, Jean-Denis Beaudoin, Édith Patenaude et Guillaume Corbeil font partie des créateurs qui ont accepté de se pencher sur le sort de pièces signées par des auteurs comme Marcel Dubé, Françoise Loranger, René-Daniel Dubois et Jovette Marchessault. Hors dossier, on trouve notamment un appel à l'audace signé Paul Lefebvre, mais aussi des entretiens avec Daniel Wetzel, du collectif berlinois Rimini Protokoll, et Anne Teresa De Keersmaeker, célèbre chorégraphe flamande.

  • This book on the psychology of white collar criminals discusses various cases of financial crime, while also attempting to delve into the minds of the criminals in question. The literature on this topic is growing as it gains momentum in the scientific field, as a result of the extremely negative impact white collar crime has on its victims. Because there is considerable damage and vulnerability from these crimes, it is important to begin to classify them, and to understand the minds of those that commit these offenses. While the current literature is not extensive, this work provides a closer look into the various ethical and legal facets of financial crime, and helps to uncover the social, psychological and neurobiological factors that intersect in the minds of those criminals.

  • Dans La pensée du roman en 2003, Thomas Pavel suggérait que « l'objet séculaire » de l'intérêt du roman est « l'homme individuel saisi dans sa difficulté d'habiter le monde[2] ». Walter Benjamin de son côté faisait du roman « la forme que les hommes se procurèrent, lorsqu'ils ne furent plus capables de considérer que du seul point de vue des affaires privées les questions majeures de leur existence[3] ». L'intérêt de la philosophie contemporaine pour la littérature est à rapporter à de telles propositions. Dans son introduction à l'ouvrage collectif Éthique, littérature, vie humaine, en 2006, Sandra Laugier remarque que « la littérature nous donne [...] à voir et à vivre la difficulté d'accès au monde, au réel », en sa qualité d'« expérience indissolublement intellectuelle et sensible[4] ». Daniel Schwarz écrit pour sa part dans un article intitulé « A Humanistic Ethics of Reading » : « Literature provides surrogate experiences for the reader, experiences that, because they are embodied within artistically shaped ontologies, heighten our awareness of moral discriminations[5]. » L'aspect moral dans ces approches n'est donc pas nécessairement contenu dans le texte, sous la forme d'un message ou d'une conduite à suivre, mais plutôt, parce qu'il met en jeu des représentations de l'agir et du penser humains, dans le dialogue qui se noue entre le lecteur et le texte, espace où peut s'exercer librement son discernement. Ce qu'on entend par éthique dans le présent dossier se rapproche alors de la définition qu'en donne Charles Taylor à la suite de Bernard Williams dans son étude de l'identité moderne : « l'ensemble des moyens que nous mettons en oeuvre pour répondre à la question "comment devrions-nous vivre ?"[6] »

  • Existe-t-il une façon éthique pour les femmes de s'habiller ou encore de transformer leur corps ? Qui est responsable de l'apparence des femmes dans nos sociétés ? Les femmes elles-mêmes, les dessinateurs de mode ou l'industrie du marketing, du vêtement et des cosmétiques ? Et qu'en est-il des fillettes et des adolescentes ? Leur anorexie est-elle aussi tributaire de la mode qu'on le dit ? Leur attirance pour la mode hypersexualisée, aussi problématique qu'on le prétend ? Et pourquoi leurs mères s'inquiètent-elles autant de les voir se transformer en lolitas alors qu'elles sont elles-mêmes prêtes à se soumettre à tous les supplices pour paraître belles et sexy ? Perçoivent-elles la mode comme un instrument d'asservissement ou de liberté ? On peut aussi se demander si les femmes ont véritablement les moyens de faire preuve d'éthique dans leurs choix de vêtements, de coiffure et d'apparence corporelle puisqu'elles sont victimes d'un système marchand qui les tyrannise sans relâche. Un tel questionnement oblige à tenir compte des facteurs culturels, ethniques et religieux liés aux attentes sociétales.
    Quant aux acteurs de l'industrie de la mode, peuvent-ils faire preuve d'éthique au niveau de la création, de la production et de la commercialisation de leurs produits sans risquer d'être moins compétitifs ? Les designers ont-ils une responsabilité sociale en tant qu'artistes ? Les gestionnaires ont-ils la possibilité d'opter pour des processus de production textile moins polluants ? Et peuvent-ils positionner leur marque sur le plan éthique alors qu'elle s'inscrit dans une logique mercantile ? Autant de questions qui démontrent l'étendue des dilemmes éthiques auxquels l'industrie de la mode est confrontée.

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