Michel Dallaire

  • Dans la poésie de dégainer, les morts se multiplient au rythme d'un film western spaghetti. L'auteur lance une rafale de mots comme s'il manipulait une mitraillette. Outre l'entrechoquement de termes qui heurtent parfois, s'entremêlent les débris du survécu, dans la langueur d'un spleen à contrer. L'espoir ténu crie un questionnement dont les réponses demeurent vagues. Les vers se bousculent et se tiraillent, nerveux comme des coups de couteau dans le cahier d'un enfant parvenu à l'âge adulte.

  • On ne joue pas avec le souvenir, dit-on souvent. Et pourtant ! Dans ce roman à trois voix, l'auteur explore les méandres d'une rupture artistique et amoureuse qui a survécu au temps. Entre les partitions pour violoncelle et les manuscrits d'un jeune poète, entre l'homme, les femmes et l'enfant, les années coulent et les lieux d'appartenance se redessinent, s'imbriquent les uns dans les autres. Souvent maladroite, la nostalgie s'insinue, des vies se défont et se refont. Sous une lune d'automne, les personnages oscillent entre des fragments du passé et du présent, tentant de situer leurs souvenirs, leurs craintes et leurs espoirs.

  • Dans ce recueil écrit à deux mains, les poètes se livrent à un jeu de métissage littéraire où le dire de l'un et de l'autre se dévoilent, se confondent, se complètent, se prolongent... Entre Témara (Maroc) et Sudbury (Canada), ils partagent leurs nomadismes, libérant un cri sans boussole, et s'inventent de nouveaux horizons. L'errance, le souvenir, le désir dictent leur poésie-mirage, leur poésie-radeau, face à la tempête qui ballote ceux qui ne s'encombrent pas de chaînes.

    Fruit d'une riche collaboration, «nomadismes» investit la distance et y ouvre un espace de dialogue.

empty