Michèle Therrien

  • Ouverture à l'inattendu, attachement au milieu naturel, qualité des relations interpersonnelles, partage, humour, voilà quelques clés pour mieux comprendre les propos que tiennent les Inuit sur leur histoire, leur société, leur place dans le monde, l'avenir, le changement climatique et le développement industriel. Les voix qui nous parviennent depuis l'Alaska, l'Arctique canadien et le Groenland nous dévoilent une civilisation contemporaine dont nous ne soupçonnons pas la richesse.

  • Ailleurs, ailleurs..., dans le désert de l'Australie aborigène, dans le Grand Nord inuit, juste de l'autre côté de nos rives, en Algérie, Tunisie et chez les Roms aussi, l'heure est à une terrible realpolitik qui contraint les femmes à se dresser contre les violences que retournent contre elles leurs propres hommes, englués dans une haine post-coloniale. Occupées à « réparer » la colère masculine, elles n'en rêvent pas moins d'actualiser leurs « politiques rituelles du genre ». Placées « en délit de corps », condamnées à l'éternel féminin par les oppresseurs d'hier comme d'aujourd'hui, du dehors comme du dedans, toutes jurent, doublement, de ne jamais s'agenouiller.

  • Avec la création du territoire du Nunavut, les Inuits qui ne souhaitent plus être appelés Les Esquimaux donnent au monde entier une extraordinaire Leçon de survie et de stratégie. Au sein du Canada, ils disposent désormais d'un espace grand comme quatre fois la France, ont plein pouvoir en matière d'éducation, de santé, d'environnement, d'économie et de politique. C'est une sorte de tout état culturel qui se forme et qui donne à réfléchir à d'autres minorités. Le Nunavut marque définitivement l'entrée des Inuits dans l'ère moderne, ce processus inédit s'accomplissant en accord avec Le pouvoir fédéral canadien. L'Inuk de demain parlera encore L'inuktitut ; chasseur, il utilisera sa motoneige et tant Le monde animal, que les glaces ou Les terres de son. pays, demeureront à ses yeux sacrés.

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