Mattéoni Olivier

  • Dans la lutte que mène Louis XI contre les princes, le duc de Bourbon, Jean II, fait figure d'oublié. Or, en 1480, ses principaux officiers sont mis en accusation pour avoir attenté aux droits du roi. Après une enquête sur le terrain, un procès s'ouvre devant le parlement de Paris. Il donne lieu à de riches plaidoiries où sont détaillés l'ensemble des excès, usurpations de cas royaux et autres « exploits » de juridiction souveraine censés avoir été commis par les hommes du duc. C'est autour de cette procédure qu'est construit le présent livre.
    Pour en comprendre les enjeux, la politique de Jean II de Bourbon dans sa principauté a fait l'objet d'une nouvelle lecture. Elle montre que le duc a élaboré, dans les années 1470, un véritable projet politique, fondé sur un idéal de réforme, dont les fondements divins et les implications souveraines ont pu être jugés, par les agents royaux, attentatoires aux intérêts de la Couronne.
    Le procès de 1480 a été pensé comme une leçon de souverai-neté à l'intention du duc de Bourbon. Il doit être lu comme la confrontation, non seulement de deux pouvoirs, mais aussi de deux conceptions du pouvoir.
    Ce livre est une contribution de premier plan à l'histoire des rapports politiques entre Louis XI et les princes.

  • L'importance des archives comptables médiévales n'est plus à démontrer. Elles ont nourri nombre d'études d'histoire sociale, économique ou institutionnelle. En revanche, l'élaboration des comptes en tant que documents n'a pas donné lieu à une enquête d'ensemble. L'ambition de ce livre, qui rassemble les actes du colloque qui s'est tenu aux Archives nationales et à la Cour des comptes les 10 et 11 octobre 2012 et qui clôturait un cycle de recherche de plusieurs années, était de faire le point sur la question de la fabrique de la norme comptable à la fin du Moyen Âge. Plus précisément, en s'attachant à l'analyse des supports, du format, de l'organisation des comptes, et, au sein de ces derniers, de l'articulation des parties du discours entre elles, ou encore aux savoir-faire mathématiques des agents teneurs de comptes, le livre entend proposer une réflexion sur les enjeux de l'usage de l'écrit comptable par les institutions médiévales, tant laïques qu'ecclésiastiques, à l'échelle européenne. À partir de cette variété institutionnelle, plusieurs questions irriguent les contributions ici rassemblées. Y a-t-il des normes communes pour tenir les comptes ? Sont-elles partout appliquées ? Comment évoluent-elles et comment en contrôle-t-on l'application ? Quelles sont les manières d'identifier, de classer et de compter qui sont utilisées pour gérer le temps, les biens, les personnes ? Organisé en trois grandes parties, qui s'intéressent successivement aux formes et à l'ordonnancement des comptabilités, aux savoirs comptables, à l'ordre du discours, et que prolonge une comparaison avec d'autres périodes et d'autres espaces, le livre se clôt sur la réflexion de praticiens qui replacent la question de la normalisation comptable dans la longue durée, jusqu'à aujourd'hui. Par ses apports et les différents points de vue qu'il croise, cet ouvrage permet de mieux comprendre les transformations cognitives et matérielles qui ont façonné les pratiques de gestion, d'administration et, au-delà, de gouvernement, à la fin du Moyen Âge.

  • De Jean de Berry, l'histoire a retenu l'image d'un prince mécène et bibliophile, ardent défenseur de la couronne au temps de Charles V et de Charles VI. Doté d'une principauté au centre du royaume, tenue en apanage, il a développé une administration dont les contours ont déjà été reconnus. Sa chancellerie, en revanche, a peu retenu l'attention. C'est autour des pratiques de l'écrit documentaire, actes en tête, que s'organise la présente publication. Celle-ci se veut une contribution à une meilleure connaissance de l'acte princier des xive et xve siècles, un domaine qui, s'il a été illustré par divers historiens et diplomatistes, ne l'a été jusqu'à maintenant que de façon discontinue et incomplète. Par l'extension géographique et la variété de ses pouvoirs, par sa proximité avec la personne royale (il a été successivement fils, frère, oncle de roi), par la durée de son activité (une soixantaine d'années, de 1356 à 1416), Jean de Berry a légué un corpus central pour l'étude de l'acte princier. Un acte princier qui devient, à l'époque, une pièce importante de la production diplomatique et, par la captation de traits royaux, un outil efficace de la genèse de l'État moderne et de l'apprentissage de la sujétion. Organisation, recrutement, fonctionnement de la chancellerie, gestion de la mémoire des actes, traits internes et externes des productions, manifestations du pouvoir dans les titulatures et les sceaux, méthodes d'édition... sont scrutés dans les contributions de ce volume, non seulement pour Berry, mais aussi, de façon délibérément comparative, pour plusieurs de ses contemporains (princes anglais et navarrais, ducs de Bourbon, d'Anjou et de Bretagne).

  • Fruit de la collaboration de plusieurs historiens, ce recueil a été conçu comme un complément aux actes du colloque de Moulins d'avril 1995 publiés par le Comité pour l'histoire économique et financière de la France, en 1996, sous le titre : La France des principautés. Les Chambres des comptes aux xive et xve siècles. Sans prétendre être un inventaire documentaire stricto sensu, il propose, sous forme de dossiers consacrés à plusieurs Chambres des comptes du royaume de France (Chambres des comptes de Paris, de Bourgogne, de Bretagne, de Normandie, de Bourbonnais, de Beaujolais, de Forez) et extérieures au royaume (Chambres des comptes de Savoie et de Provence), une sélection de textes et de documents pour la plupart inédits et commentés. Ce livre espère ainsi contribuer à mieux faire connaître des institutions qui ont joué un rôle essentiel à la fin du Moyen Âge dans le processus de mise en place de l'État moderne.

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