Marie-Françoise Baslez

  • On imagine volontiers que l'Église, depuis ses origines, est une, catholique (universelle), apostolique (organisée par les apôtres de Jésus) et romaine (sous l'autorité de l'évêque de Rome), que les Églises orientales sont restées indépendantes pour des raisons intellectuelles ou historiques, que le culte a toujours été rendu de la même manière et le dogme fixé de toute éternité. Essaimage, dissidences et persécutions n'auraient-ils donc changé en rien le devenir des communautés chrétiennes durant leurs quatre ou cinq premiers siècles d'existence ? La construction de l'identité catholique aurait-elle été aussi linéaire qu'on le croit encore souvent ? Au contraire, la réalité est que la marche vers l'universalisme se déroule sous le signe de tensions continuelles. Au commencement, il n'y a pas de doctrine, mais seulement un message, l'évangile. Il n'y a pas non plus d'organisation, sinon locale. Les communautés développent une conscience collective, l'enseignement et la discipline se construisent au fil des siècles sous l'effet de contraintes extérieures, notamment politiques, tout autant que des évolutions de la pensée antique dans un perpétuel bouillonnement d'idées. Appuyé sur une connaissance intime des sources chrétiennes et non chrétiennes et nourri des recherches les plus récentes, ce livre riche et suggestif décrit un long processus de construction qui se clôt avec la transformation du christianisme en religion impériale à partir du règne de Constantin, le concile de Nicée (325) et finalement celui de Chalcédoine (451). Il renouvelle profondément l'histoire concrète des quinze ou vingt premières générations de chrétiens.

  • Pour cerner au plus près la figure de Jésus en interrogeant l'histoire et les Evangiles, voici une enquête en forme de dictionnaire menée par une historienne spécialiste du christianisme des premiers âges
    L'historienne spécialiste du christianisme des premiers siècles Marie-Françoise Baslez interroge les évangiles pour en extraire ce qui peut s'y trouver de plus historique. Son dictionnaire est divisé en trois parties - la naissance et la famille, la vie publique, la mort et l'après mort. Chaque entrée, d'Annonces angéliques à Zélotes, place les événements et les personnes dans le contexte des réalités et des traditions de l'époque, de l'histoire juive et du monde gréco-romain. Le résultat est un livre multiple, à la fois récit, recherche et guide, conçu pour répondre aux questions que se posent chrétiens et non chrétiens sur les origines d'un fait religieux particulièrement prégnant.

  • Qui était le vrai Paul ? Le personnage historique aujourd´hui souvent cité dans les controverses philosophiques et politiques a été présenté par l´Eglise comme le doctrinaire de la conversion des païens. En réalité, il était d´abord homme d´action. Cet originaire de Tarse, devenu disciple de Jésus, s´est comporté au Ier siècle de notre ère en véritable entrepreneur religieux et a sillonné l´Orient romain pour multiplier les noyaux de croyants. Pourtant, l´apôtre connut des échecs qui témoignent de l´autonomie des premières communautés chrétiennes. En vrai stratège, Paul a su composer avec les pouvoirs publics et répondre aux contestations des autres leaders ecclésiastiques. Rechercher Paul derrière les portraits stéréotypés que nous en livrent les sources, c´est donc découvrir une personnalité complexe : un être qui resta attaché à ses origines juives ; un savant doué d´un sens évident de la communication, qui acquit une formidable maîtrise de l´espace politique romain. Un homme, tout simplement, qui partout suscita des attachements au point qu´on en fit le premier héros de roman chrétien.

  • Dans cet essai, Marie-Françoise Baslez explique comment les évêques des premiers siècles, que leurs lettres révèlent comme des hommes de relation et d'échange, ont peu à peu structuré un christianisme éclaté et pluriel. On y découvre une « Église des réseaux », construisant son unité dans la diversité, en communion par la communication. Ces évêques furent de grands épistoliers, qui écrivaient à leurs communautés des lettres informatives et réactives, surtout dans les moments de crise, et qui s'écrivirent beaucoup entre eux en créant les conditions de fonctionnement d'une Église synodale. Rapportant les débats, affrontements et ruptures qui agitaient les chrétientés locales, les correspondances épiscopales, souvent peu connues et en partie inédites, donnent accès à un monde complexe et foisonnant en posant les fondations d'un gigantesque édifice, l'Église catholique. Après Saint Paul (Fayard, 1991, 2013), Les persécutions dans l'Antiquité, victimes, héros, martyrs (Fayard, 2007, prix Chateaubriand) et Comment notre monde est devenu chrétien (Points-histoire, 2011), Marie-Françoise Baslez, historienne des religions, professeur émérite à l'université de Paris Sorbonne, publie Les premiers bâtisseurs de l'Église, qui vient enrichir une synthèse sur l'histoire des premières communautés chrétiennes et du christianisme primitif.

  • Siècle charnière dans l histoire des religions, le IVe siècle voit le christianisme passer de religion minoritaire et persécutée à religion tolérée et tolérante, puis officielle et parfois répressive. À partir de Constantin Ier, en effet, des persécutions ont été exercées à la fois contre des chrétiens hérétiques, les païens et les juifs considérés comme des ennemis de l intérieur. Ces répressions nous interrogent encore aujourd hui.Quand une religion est établie en position dominante, avec la possibilité d utiliser le bras séculier dans une confusion du religieux et du politique, devient-elle nécessairement intolérante et répressive ? Plusieurs religions et, notamment, plusieurs monothéismes peuvent-ils coexister ? Un monothéisme, par définition exclusif, est-il intrinsèquement intransigeant, voire fanatique ?Dans le champ très actuel de l histoire des représentations, on a beaucoup écrit sur la persécution en se fondant principalement sur les sources apologétiques. Cet ouvrage collectif s attache, au contraire, à analyser dans leur contexte toutes les sources disponibles, archéologiques aussi bien que littéraires et juridiques, chrétiennes aussi bien que juives ou « païennes ». Ainsi ces études de cas invitent-elles à réfléchir sur la notion même de persécution, en confrontant la loi à son application, l idéologie aux actes, en faisant la part d un discours convenu tant sur les victimes que sur les destructions.

  • Les formes littéraires du roman et de l'autobiographie ont en commun de n'être guère représentées dans la Grèce classique et de s'être constituées à partir de l'époque hellénistique et romaine. Elles ne cesseront plus, par la suite, de jouer un rôle dans la culture européenne. Elles offrent des éléments de réflexion importants sur l'apport des sciences de l'Antiquité.

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