Marie-Andree Beaudet

  • En 2015, il subsistait dans l'ensemble des pays en développement environ un milliard de personnes vivant dans l'extrême pauvreté, et cela bien que cet état de terrible précarité ait reculé de manière importante au cours des dernières années, selon les chiffres avancés par la Banque mondiale. Comment pouvons-nous encore améliorer ce bilan ? Quelles mesures peut-on mettre en place pour juguler cette extrême pauvreté ?
    Les réponses qu'apportent les auteurs de cet ouvrage collectif sont fondées sur la conviction qu'il importe avant tout de repenser la façon dont nous comprenons la pauvreté et les politiques mises en oeuvre pour y remédier. D'abord et avant tout, la lutte efficace contre la pauvreté doit passer par l'autonomisation des populations au moyen de politiques sociales qui améliorent l'accès à l'éducation et à la santé. Seuls les investissements dans le capital humain finiront par accroître la capacité des personnes à devenir elles-mêmes des agents de changement.

  • Gilles Marcotte (1925-2015). La parenthèse de l'histoire littéraire s'est durement refermée à l'automne 2015, sur une oeuvre ample qui s'étend de l'après-guerre à la fin des années 2000, oeuvre hybride, à bien des égards atypique, à la fois journalistique et universitaire, critique et littéraire, dont l'impact sur la littérature au Québec est considérable. Qu'une gerbe d'études, d'essais et de témoignages s'intitule Présences de Gilles Marcotte n'est que pure justice. L'auteur de Présence de la critique, du Roman à l'imparfait et de La prose de Rimbaud qui présentait son travail comme un accompagnement, qu'il se soit agi de suivre des jeunes chercheurs dans leur progression ou de faire équipage avec l'écriture d'un poème pour l'entendre au plus creux de son murmure, demeure présent à notre travail. Ce numéro réunit des interventions qui mettent en valeur de multiples facettes du travail de Gilles Marcotte.

  • L'édition hivernale de la revue Études littéraires est consacrée à l'héritage intellectuel et littéraire de Jeanne Lapointe, professeure de littérature à l'Université Laval, ayant oeuvré pour la modernité dans le Québec des années 50. L'accent y est mis sur sa contribution littéraire, ses textes et ses collaborations, ancrés dans sa passion pour la littérature, la poésie et les idées, ainsi que sur les amitiés nées de son activité de mentore. Claudia Raby et Lucie Robert dans leur article respectif se penchent sur le rôle déterminant joué par Jeanne Lapointe au sein de l'institution universitaire dans les décennies 1950-1960. Camille Néron examine son discours sur la poésie entre 1954 et 1996. Les contributions de Nathalie Watteyne et Mylène Bédard, elles, proposent des analyses du travail d'accompagnement critique avec plusieurs écrivaines québécoises. Enfin, Lori Saint-Martin retrace son parcours de doctorante avec Jeanne Lapointe et le cheminement parfois ardu des femmes au cycle supérieur.

  • L'objectif de ce livre est double. Un peu plus de vingt ans après la tenue à Québec d'un colloque intitulé « La littérature comme objet social », il nous a paru nécessaire de faire le point sur les développements méthodologiques, théoriques et heuristiques déployés ces dernières années par de nouvelles générations de chercheurs qui se réclament diversement d'une tradition qui remonte aux travaux fondateurs de Gyrgy Lukács et de Lucien Goldmann et qui ont intégré dans leur réflexion les avancées de la sociocritique (depuis Claude Duchet), de l'analyse du discours social (depuis Marc Angenot), de la théorie du champ et de l'institution littéraire (depuis Pierre Bourdieu et Jacques Dubois). Au fil des ans, les recherches se sont développées sur des terrains variés, qui débordent largement la stricte analyse de textes. Elles reflètent ainsi la diversité, la complémentarité et l'intérêt d'une tradition qui n'a cessé de se remettre en question.

    Second objectif, lié de très près au premier : nous avons souhaité que cette mise à jour soit l'occasion de souligner l'apport singulier à cette discipline de Denis Saint-Jacques, professeur émérite de l'Université Laval. Les signataires de cet ouvrage ont travaillé avec lui à un titre ou à un autre et savent tous le rôle important qu'il a joué dans le renouvellement des modèles de recherche en études littéraires. La diversité de ses champs d'intérêt l'a conduit à développer des méthodologies issues de différents courants sociologiques et à accueillir des interrogations liées à l'ensemble des pratiques artistiques. Homme d'équipe avant tout, il a su déployer à la fois l'initiative, l'autorité et l'humilité nécessaires au travail collectif. Les textes réunis ici témoignent de cette transmission fondamentale.
    Avec des textes de Paul Aron, Marie-Andrée Beaudet, Luc Bonenfant, Micheline Cambron, Marie-José des Rivières, Sandria P. Bouliane, Pierre Rajotte, Adrien Rannaud, Lucie Robert, Chantal Savoie, Esther Trépanier, Alain Vaillant et Alain Viala.

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