Éditions des femmes-Antoinette Fouque

  • Du côté de chez Swann et Le Temps retrouvé, au commencement et à la fin de l'oeuvre, sont deux arches, parallèles dans leur construction et leur projet, sur lesquelles s'appuie l'immense cathédrale de La Recherche. Ce sont ces deux textes qui définissent le mieux ce qu'est l'ouvrage, l'histoire d'une vocation, la découverte du salut par l'écriture. Dans le premier, le narrateur restitue l'enfance: Combray, les rêves, le territoire qu'il partage avec sa mère et sa grand-mère, les lieux de la fascination, théâtre, voyage, visages de jeunes filles, or contenu dans certains noms comme celui de Guermantes. Dans le dernier livre, le temps a passé, rendant les êtres méconnaissables, détruisant tout à l'exception de l'Art, c'est-à-dire de l'union de la sensation et du souvenir dans la métaphore. Le narrateur peut commencer à écrire, l'ouvrage est fait. La Recherche, c'est le passage des Noms aux mots.

  • « Enfin la délivrance approche. Certainement j'ai été maladroite, j'ai mal tiré, j'ai failli me manquer. Certainement il aurait mieux valu mourir du premier coup, mais enfin on n'a pas pu extraire la balle et les ennuis ont commencé. Cela ne peut plus être bien long. Huit jours pourtant ! Cela peut encore durer huit jours ! Pendant lesquels je ne pourrai faire autre chose que m'efforcer de ressaisir l'horrible enchaînement. Si je n'étais pas si faible, si j'avais assez de volonté pour me lever, pour partir, je voudrais aller mourir aux Oublis, dans le parc où j'ai passé tous mes étés jusqu'à quinze ans. Nul lieu n'est plus plein de ma mère, tant sa présence, et son absence plus encore, l'imprégnèrent de sa personne. » M.P.

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