Presses universitaires du Midi

  • Les historiens ont longtemps privilégié le facteur technique dans l'approche des révolutions industrielles. Dans cette logique monocausale, le progrès technique était assimilé à une succession d'inventions apparues dans des secteurs pionniers, moteurs de la croissance, entraînant le reste de l'économie, dite traditionnelle, dans son sillage. L'un des paradoxes de cette approche consistait à valoriser l'innovation tout en évitant d'interroger les pratiques inventives. La dynamique interne du progrès technique et les traits de génie des inventeurs tenaient lieu de modèles explicatifs. La remise en cause de ces approches suscite bien des interrogations de méthode. Comment repérer les formes de l'invention ordinaire, en cerner les acteurs ? Comment assigner une origine à des nouveautés dont l'antériorité se perd dans la mémoire commune ? Comment appréhender des savoirs pratiques instables et non codifiés que ne livrent pas les corpus constitués de sources ? Comment concilier les définitions construites de l'invention et de l'inventeur, les catégories déjà forgées par les institutions et le corps social, et les mentions informelles ou indirectes de l'invention ? Ces questions débordent l'écrit. Cet ouvrage, issu d'un colloque international tenu à Paris en 2003, élargit le concept de sources : au-delà des « sources-textes », il considère les dessins, les enregistrements sonores, les instruments et outils, les installations, les échantillons, les modèles, les prototypes, etc. Il propose une réflexion originale sur le statut des archives de l'invention, sur leur mode de production et sur les méthodologies mises en oeuvre dans leur exploitation.

  • Ce livre est le fruit d'un colloque international tenu au Musée des arts et métiers grâce au soutien de nombreuses institutions internationales et nationales, en particulier le CNRS, le CDHTE/Cnam et l'Université Paris 8. Il a réuni des historiens, des archéologues et des archéomètres autour de ce matériau complexe qu'est l'acier avant l'ère de la production industrielle massive. Le cadre chronologique est donc celui des longues durées, de l'Antiquité au premier XIXe siècle. L'ouvrage s'articule autour de trois thèmes. Il s'ouvre par des définitions de l'acier en un temps où ce matériau n'avait pas été encore analysé selon les critères scientifiques contemporains. Dans ce domaine, l'apport récent de l'archéométrie et de l'archéologie, confronté aux terminologies d'usage comme aux traités savants, d'Aristote à Réaumur, offre une compréhension diachronique, tant scientifique que technique, d'un matériau dont la singularité frappe ses usagers depuis l'Antiquité. L'ouvrage se poursuit par une présentation des procédés de fabrications. Leur diversité illustra le foisonnement des modes opératoires qui parfois coexistent malgré des ruptures techniques majeures. Le Moyen Âge et les Temps modernes, périodes de différenciation des matières, des produits et des techniques, ont concentré l'attention des auteurs. Enfin, une large place a été consacrée aux marchés et aux usages de l'acier. Les différents procédés répondent à des logiques d'adaptation des matériaux aux besoins, aux contraintes et aux opportunités commerciales. Ouvrir le dossier de l'acier avant Bessemer, c'est finalement poser de façon neuve la question de l'entreprise et de la rationalité technique

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