Laurent Coste

  • Qu'est-ce que la bourgeoisie dans la France de l'époque moderne ? Quelles sont les différentes caractéristiques de cette catégorie sociale qui connaît un essor spectaculaire durant la période et s'impose peu à peu dans le jeu politique et économique de la France du temps ? Affirmant sa puissance dès la Renaissance, puis sortie victorieuse de la période révolutionnaire, la bourgeoisie constitue les fondements de la société du XIXe siècle et affirme le triomphe de valeurs qui perdurent encore aujourd'hui.
    L'ouvrage dresse le tableau très complet, du XVIe siècle aux débuts de la Révolution industrielle, de cette population aux multiples visages et en constante évolution. À travers les figures du propriétaire foncier, du rentier ou du commerçant, jusqu'au grand affairiste citadin, il définit cette notion et fait l'analyse de cette « classe moyenne » ou « mitoyenne ». Formes de sociabilité, éducation, valeurs, représentations, ici détaillées, permettent de brosser un portrait tout en nuances qui permet de mieux comprendre la société française moderne.

  • Ces quelques extraits du Mémorandum d'Antoine Gautier (1798-1882), maire du Bouscat, conseiller général de la Gironde, adjoint puis maire de Bordeaux de 1849 à 1860, ont pour objectif d'attirer l'attention des chercheurs sur l'intérêt que représentent les 60 000 pages de ce journal intime tenu quotidiennement entre 1832 et 1882. Les passages transcrits, en intégralité, ont été choisis en raison de leur intérêt pour l'histoire politique, culturelle et sociale. L'auteur, qui se définit comme un conservateur progressiste, s'est non seulement intéressé à l'histoire locale mais aussi aux grands événements qui ont secoué la France et l'Europe en un demi-siècle. On lira des jugements intéressants sur la révolution de 1848, sur le coup d'État de 1851, sur la Commune de Paris mais aussi sur les tensions dans les Balkans, la vie théâtrale bordelaise, les ravages de l'oïdium sur le vignoble girondin, etc.
    Préface d'Alain Juppé

  • Dans un contexte de renouvellement profond de l'historiographie en histoire sociale, les 23 communications qui constituent cet ouvrage collectif ont pour ligne directrice les milieux élitaires européens, analysés sous trois angles successifs. La première partie, centrée sur la méthodologie, l'épistémologie et l'historiographie s'intéresse aux caractéristiques des élites à travers les âges, de l'Antiquité au temps présent. La deuxième prend le parti d'éclairages successifs sur quelques sociétés de l'Europe occidentale ou centrale, de l'époque moderne à nos jours. La péninsule ibérique et le monde anglo-saxon y sont particulièrement mis en valeur. La dernière s'intéresse aux conceptions familiales et aux pratiques des élites, et ce, plus particulièrement dans la France d'Ancien Régime.

  • Le 12 mars 1814, le maire de Bordeaux, Jean-Baptiste Lynch, arborant la cocarde blanche, accueillait les Anglais en libérateurs. Il montrait ainsi aux Alliés qui envahissaient la France que les Bourbons représentaient une alternative crédible à Napoléon. Deux siècles après ces événements, ce ralliement, titre de gloire de la capitale girondine de 1815 à 1830, une vingtaine d'historiens français et étrangers, se retrouvaient, à l'initiative du Centre d'Etudes des Mondes Moderne et Contemporain, pour évoquer ces événements « marginaux » de la campagne de France, en les replaçant dans le contexte général. Les vingt communications ont été regroupées en trois thématiques successives : la dislocation de l'Europe napoléonienne ; d'une fidélité l'autre, la fin du grand Empire ; le Sud-Ouest, terrain d'action périphérique ou centre d'impulsion du retour des Bourbons.

  • La crise économique de 2008 a révélé la difficulté de nos élites à gérer de semblables bouleversements et à faire accepter des réformes nécessaires, mais impopulaires. Étudier les réactions des élites face aux crises - prévention, réaction, raidissement, intériorisation et adaptation - interroge leur capacité à percevoir la gravité de la crise, leur rapport à la modernité et, plus globalement, leur aptitude à réformer pour prévenir les explosions sociales et donc à se maintenir au pouvoir.
    Cet ouvrage, qui fait suite au colloque organisé par le Centre d'études des mondes modernes et contemporain de Bordeaux, réunit vingt-huit chercheurs. Inscrit dans un temps long (de l'époque moderne jusqu'à nos jours) et dans un cadre transnational, leur propos s'appuie sur une double identification : celle des élites - mouvantes et diverses - et celle des crises - un événement brutal et inattendu, un moment de retournement ou un lent processus de dégradation d'une situation donnée. L'étude des sorties de crise, plus ou moins réussies, permet de répondre à la question de la permanence ou du renouvellement des élites. Se dégage alors l'importance du phénomène de l'expertise et des cercles d'influence avec le rôle des ingénieurs, des intellectuels, des hauts fonctionnaires ou encore « des conseillers du prince ».

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