Laurent Van Eynde Van Eynde

  • Anthony Mann. Arpenter l'image est le premier ouvrage en français qui propose une analyse des films majeurs de l'un des plus importants réalisateurs hollywoodiens classiques, Anthony Mann (1906-1967). Celui-ci s'est investi dans les genres les plus importants de l'art cinématographique : film noir, western, film de guerre, péplum. Les auteurs visent, à travers ces analyses, à réfléchir l'image cinématographique et à contribuer à une philosophie de l'image. C'est que l'ambition de Mann est bien réelle : il s'obstine, tout au long de sa carrière, à comprendre ce qu'est l'image et l'action qu'elle donne à voir. Mann raconte et s'efforce de comprendre en même temps, à même ses images, ce que c'est que de narrer en image, ce qu'est une action qui est de part en part image. Mann arpente les images qu'il compose.

  • Cet ouvrage collectif constitue le quatrième volume des « Cahiers Castoriadis ». Envisager conjointement la praxis et l'institution conduit au coeur même du travail de Castoriadis, permettant ainsi de le saisir dans sa dimension la plus novatrice, laquelle ne va toutefois pas sans risques. Son originalité tient pour partie à sa capacité à affronter sans fard l'aporie que manifeste le rapprochement de ces deux notions.

  • Cet essai propose une analyse de six films majeurs d'Alfred Hitchcock dans la perspective d'une contribution à une philosophie de l'image et de ses formes. L'art d'Hitchcock est tout entier dans un acte de création spécifiquement cinématographique, constituant une image autosuffisante, clôturée sur elle-même, mais dès lors coupable également de se substituer au « réel » par une composition formelle si cohérente qu'elle en devient nécessaire. Un double mouvement caractérise la création hitchcockienne : l'institution de l'image comme une totalité insulaire, et la réflexivité par laquelle l'image se montre intimement coupable de ce qu'elle crée. L'ambiguïté appartient à l'image autant que sa puissance résolue.

  • Les recherches rassemblées dans cet ouvrage collectif visent à déterminer la place de l'affectivité et celle de l'imaginaire dans l'accroissement de la capacité des individus à entrer dans un processus de création sociale. Il ne s'agit pas de faire une revue de la littérature consacrée à cette question, ni de développer une conception spécifique du rapport entre l'affectivité, l'imaginaire et la création sociale, mais bien de mettre en évidence une série de présupposés tant anthropologiques que normatifs autour desquels les conceptions de l'affectivité, de l'imaginaire et de la création sociale s'articulent. S'il y a un rapport de corrélation entre l'affectivité, l'imaginaire et la création sociale, toute conception de l'affectivité en appelle intrinsèquement à une certaine conception de l'imaginaire, cette articulation chaque fois spécifique entre affectivité et imaginaire en appelant à son tour à une certaine conception de la création sociale, et inversement.

  • Si Goethe a souvent proclamé qu'il n'avait pas le sens de la philosophie, l'oeuvre de Kant a pourtant durablement retenu son attention. Sa lecture s'est pour l'essentiel portée sur la Critique de la faculté de juger, en laquelle il reconnaissait une tentative fondamentalement originale de penser, dans l'unité de notre expérience, la création géniale et le savoir d'une vie organique de la nature. L'esthétique de Goethe peut, ainsi, apparaître comme l'un des commentaires les plus originaux de la troisième Critique. Ce livre, entre métaphysique et esthétique, rend compte de manière détaillée de la lecture de Kant par Goethe, et situe cette rencontre hors du commun dans le contexte historique de l'émergence du romantisme, du classicisme et de l'idéalisme allemands. La richesse philosophique et littéraire de l'époque, est encore féconde aujourd'hui. L'interprétation de Kant par Goethe en est, sans doute, l'une des démonstrations les plus convaincantes. La philosophie contemporaine ne cesse de s'expliquer avec Kant et la littérature allemande de dialoguer avec Goethe. Leur face-à-face, dont nous mesurons mieux aujourd'hui l'enjeu, mais aussi les aboutissements, est un des moments fondateurs de notre modernité.

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