Laurent Lemire

  • «  La chance est une déesse qui se lasse d'habiter constamment auprès des mêmes  », écrivait Euripide. Nous la sentons près de nous, prête à être saisie avant de s'échapper. Quelle est donc cette étrange notion  ? Comment les philosophes, les savants, les poètes et les joueurs l'ont-ils appréhendée  ? Quelle est sa place dans l'Histoire, dans les découvertes, en amour  ? D'où viennent les expressions «  être né coiffé  » ou «  toucher le pactole  »  ?
    Dans ce petit livre ludique et richement documenté, prenant la forme d'un abécédaire, Laurent Lemire nous invite à déambuler dans les superstitions, les symboles et les idées. Il nous raconte des histoires étonnantes de chiffres magiques, de dés truqués, de hasard ou de probabilités dont Cicéron, Pascal, Laplace ou le docteur Petiot sont aussi les personnages.
     
    Laurent Lemire est journaliste, collaborateur au Nouvel Observateur et à Livres Hebdo. Il est notamment l'auteur de Savants fous, d'Archimède à nos jours  : une histoire délirante des sciences (Robert Laffont, 2002) et d'Alan Turing, l'homme qui a croqué la pomme (Fayard, 2012).
     

  • Pomme croquée et arc-en-ciel du drapeau gay, le célèbre constructeur d'ordinateurs Apple rend un hommage crypté au mathématicien Alan Turing, qui fut l'un des plus grands esprits du XXe siècle. Jeune étudiant à Cambridge dans les années 1930, Turing se distingue en publiant des travaux théoriques qui posent les fondations des recherches en intelligence artificielle. Il côtoie alors les plus grands mathématiciens de l'entre-deux-guerres. En 1936, à Princeton, aux États-Unis, il a l'idée de concevoir un ordinateur. La Seconde Guerre mondiale lui permet d'appliquer ses théories. Engagé par les services secrets britanniques, Turing parvient à percer le secret de la machine « Enigma », qui permettait aux nazis de coder leurs messages, et contribue ainsi à la victoire des Alliés. 
    /> Mais ce héros discret sera contraint de demeurer dans l'ombre. Condamné d'abord au secret pour ses recherches, Alan Turing le sera ensuite pour son homosexualité, dans une Grande-Bretagne de l'après-guerre où l'homosexualité est un crime - Oscar Wilde en avait fait les frais cinquante ans plus tôt. Désormais écarté de tous les grands projets scientifiques, Turing est effectivement condamné en 1952 à la castration chimique. Ne supportant pas les effets des traitements hormonaux, il met fin à ses jours : le soir du 7 juin 1954, cet étrange surdoué, inconditionnel du Blanche Neige de Walt Disney, croque dans une pomme imprégnée de cyanure. 
    À partir de d'archives conservées à Cambridge et d'enquêtes dans les milieux de l'informatique, Laurent Lemire conte l'histoire stupéfiante d'un génie victime de la cruauté et de l'intolérance de son temps.

  • La créature de Frankenstein, " Elephant Man ", Jack l'Éventreur ou les terroristes suscitent effroi et fascination.Qu'ils viennent de territoires inconnus ou s'inscrivent dans notre quotidien, ces monstres peuplent notre imaginaire, construisent nos mythes et nourrissent nos peurs. Dans cet ouvrage, Laurent Lemire s'intéresse à cette anormalité, mais nous révèle aussi que la monstruosité ne se cantonne pas à ces créatures difformes et parfois inhumaines. Elle fait bel et bien partie de notre réalité.
    Partant des mythes et des légendes, l'auteur analyse les monstres de tous types, y compris les plus anodins, les plus inattendus et interroge le rapport qu'ils entretiennent avec l'Homme, mettant ainsi en lumière la part sombre ou bizarre de l'humanité. Le monstre montre toujours quelque chose. Reste à savoir quoi...
    Dépassant de loin le simple mais instructif glossaire, l'auteur voyage avec bonheur à travers l'Histoire, la mythologie, les sciences humaines, mais aussi la criminologie et le droit, renouvelant le genre et tissant le lien qui va du merveilleux à l'horreur.

  • Chef de cabinet de Marcel Déat, collaborateur notoire, Georges Albertini refusa catégoriquement, à la Libération, malgré la gravité des faits qui pourraient lui être reprochés, de quitter Paris et de se joindre aux émigrés de Sigmaringen. Ce qui en dit long sur sa personnalité. Ancien socialiste, pacifiste convaincu cet homme fluet avait toujours eu un goût particulier pour noter et archiver toutes ses rencontres. Déjà à l'époque, chacun s'interrogea sur le sort des fameux « papiers » d'Albertini, brûlés selon ses amis, pieusement conservés selon certains. Est-ce pour cela qu'il bénéficia, lors de son procès, d'une extrême clémence : cinq ans de travaux forcés alors que d'autres subirent le peloton d'exécution ? Sa peine purgée, il participe alors à toutes les croisades anticommunistes et fonde, avec Boris Souvarine, les célèbres cahiers Ouest-Est. Réduit au silence en raison de ses activités sous l'Occupation, il n'en devient pas moins l'éminence grise, très appréciée, d'hommes d'État aussi différents que Vincent Auriol, Edgar Faure, Guy Mollet et Georges Pompidou. Il ne manque pas ensuite d'influencer certains éléments de la nouvelle classe politique française : Marie-France Garaud, Jacques Chirac, Alain Madelin, etc. Et là commence la légende de cet homme de l'ombre.

  • Un mathématicien qui réserve toujours deux chambres à l'hôtel - une pour lui, une pour son fantôme ; un schizophrène qui reçoit le prix Nobel d'économie ; un médecin qui préconise la marche à reculons pour régler les problèmes sociaux ; un autre qui s'acharne à démontrer que le Christ était un paranoïaque issu d'une famille alcoolique ; un moine qui invente des machines volantes dans une geôle du Moyen Âge ou un physicien qui disparaît dans une autre dimension... Voici une histoire des sciences relue sous l'angle des savants fous. D'Archimède à nos jours, ces personnages fantasques, bizarres et surprenants, ont tout bousculé, fait rire ou scandalisé, mais chacun a participé, à sa manière, à la grande aventure collective de la Science. Quelques-uns s'y sont même définitivement perdus...

  • Copernic? Personne ne s'intéressa de son vivant à ses travaux. Léonard de Vinci? Il a fallu attendre le XIX siècle pour redécouvrir ses dessins anatomiques. Mendel? Il cultiva des pois d'où sortirent les premières lois de la génétique trente-cinq ans plus tard. Comme Alfred Wegener et sa dérive des continents, Svante Arrhenius et sa théorie de l'effet de serre, Georges Lemaître et son Big Bang ou Peter Higgs et son fameux boson envisagé en 1964 mais « vu » pour la pre¬mière fois en 2012, tous ces savants ont en com¬mun d'avoir eu raison trop tôt. Leurs travaux furent incompris ou écartés avant de changer notre vision du monde. Plutôt que de considérer qu'ils étaient en avance sur leur temps, on préféra décréter qu'ils avaient pris le mauvais chemin.

    Avec brio, et un brin d'humour, Laurent Lemire brosse le portrait d'une vingtaine de savants, y compris les plus célèbres d'entre eux pour leur re¬donner leur juste place. Car, sans eux, les choses ne se seraient peut-être pas déroulées de la même manière.

    Voici une autre histoire des sciences à la fois surprenante, émouvante et passionnante.


  • L'homme ne descend pas du singe, l'homme fait partie des singes !

    Il y a plus d'un siècle, Darwin, avec la théorie de l'évolution, a révélé l'appartenance de l'homme au monde animal. Scandale ! Comme le disait une dame de la haute société britannique : " Faites que cela ne se sache pas trop ! "
    Après bien des années et des débats, on a fini par admettre l'évolutionnisme... mais à condition de préserver pour l'homme une place de choix. En inventant le chaînon manquant, par exemple, cet homme préhistorique introuvable qui ferait le lien entre les singes et nous, et nous différencierait radicalement d'eux.
    Pascal Picq et Laurent Lemire retracent les grandes étapes de la découverte des origines de l'homme de Buffon à nos jours, et montrent avec clarté et humour comment, dans les sciences anthropologiques ellesmêmes, a persisté et persiste encore l'a priori né d'Aristote et nourri par notre culture judéo-chrétienne selon lequel l'homme se situerait en haut de l'échelle des êtres, et serait comme l'achèvement du processus d'évolution.
    Or la paléoanthropologie, éclairée par les contributions de la génétique et de la biologie moléculaire, a permis d'établir notre parenté avec la lignée des grands singes africains comme les chimpanzés et les bonobos. L'homme ne descend donc pas du singe, mais de l'arbre...

empty