Laurent Le Gall

  • A voté

    Laurent Le gall

    • Anamosa
    • 30 Mars 2017

    En cette année d'élection présidentielle, les questions qui nourrissent les médias et tenaillent sans doute déjà nombre de citoyens sont sans aucun doute " Voter ou pas ? ", et " Pour qui voter ? " Il s'agit ici, dans une histoire vivante et enlevée, organisée en une dizaine d'" instantanés ", de s'interroger sur pourquoi et comment nous votons, pourquoi et comment les Français, à partir du XIX e siècle, ont appris à voter. Les pratiques électorales sont, à intervalle régulier, l'objet d'un commentaire si intense qu'il en fait oublier l'essentiel : d'où vient l'évidence des actes et des rites dont elles sont faites ? D'où vient l'habitude du bulletin, de l'isoloir et de l'urne ? En réalité, ces choses de la vie démocratique n'ont rien de secondaire. Laurent Le Gall montre, à partir de souvenirs personnels de suffrages (la première élection, celle des délégués de classe), d'affiches, de bulletins (le bulletin nul : qu'écrire ? Le sens de la transgression et l'économie graphique de l'espoir et du désespoir ; la modernité technique fait-elle la modernité démocratique ?) ou de campagnes électorales (1974 à travers le film de Depardon, 2002), les pratiques différenciées qui président à l'acte de vote et des sens que des acteurs différemment socialisés lui ont donnés depuis les années 1830, mais aussi toutes les luttes qu'il a fallu, dans les campagnes du XIXe siècle comme dans les villes du XXe siècle, pour apprendre à voter. Il fut un temps où les bulletins n'étaient pas imprimés, où le notable des lieux le remplissait pour le citoyen. Et dans les villages du pays, les affaires sont nombreuses qui voient les villageois s'emparer de l'urne de la communauté voisine et demander rançon, d'autre la brûlent en guise de résistance. Plus tard, les trucages, la multiplication des fraudes et des bourrages d'urne, dont bruissent longtemps les élections, la nécessité d'édifier un code électoral et de pacifier l'urne et le bulletin, dessinent une autre histoire électorale du pays. Mais les fraudes et les bagarres ne sont pas tout. Ce livre explique l'ascension d'un rite qui nous est devenu familier et des objets oubliés à force d'évidence sur lequel il prend appui. Dans le repli des débats idéologiques auxquels on ramène tout le plus souvent, il raconte, en somme, comment les Français ont appris à voter et pourquoi on le fait, derrière l'utopie du suffrage, restituant au bulletin ce qui en fait toute sa richesse : son évidence et son énigme.

  • En prenant pour objet « le vote au village » au xxe et au xxie siècle, ce livre s'attache à construire une sociologie et une histoire « au ras du sol » des pratiques politiques locales. À rebours des grands paradigmes interprétatifs qui voient des idéologies partout, et qui déduisent ce que font les acteurs d'une simple adhésion à des idées politiques, les contributeurs - historiens, sociologues et politistes - s'inspirent d'une approche écologique du vote soucieuse de saisir l'électeur en contexte. Le principe de l'élection est loin de résumer l'ensemble des rapports au politique et des occasions au gré desquelles ces derniers se nouent. Il constitue néanmoins un observatoire particulièrement fertile pour analyser les pratiques (et la manière changeante dont celles-ci s'organisent) et les répertoires d'appréciation que mobilisent les acteurs et les circonstances dans lesquelles ils les (ré)activent dès lors qu'ils votent.

  • Cette nouvelle parution d'ESPACE présente un dossier sur le diorama tel qu'il s'expose en art contemporain. Vu l'importance du phénomène, son actualité et l'usage terminologique du diorama qui est maintenant courant, la revue nous propose d'interroger les liens qu'il entretient avec le diorama populaire et muséal, ce qui l'en distingue et quel est la portée de cette récupération. Les oeuvres de Xu Zhen, Dominique Gonzalez-Foerster, Kent Monkman et Vicky Sabourin sont notamment à l'étude. Hors dossier, les comptes-rendus de Generation - 25 Years of Contemporary Art in Scotland, de l'exposition 399 days de Rachel Kneebone, de la rétrospective Niki de Saint-Phalle et de la de la Biennale nationale de sculpture contemporaine de Trois-Rivières, entre autres.

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