Langue française

  • Ce livre se fonde sur le célèbre cri de protestation et d'espoir, « Y'en a marre », né au Sénégal et repris par la jeunesse africaine et sur l'inventivité artistique des gens de peu pour imaginer les rêves d'un autre monde possible. Il esquisse les modalités pratiques par lesquelles la philosophie africaine peut renoncer à « l'immaculée conception » et s'approprier vigoureusement la question du social.
    Kasereka Kavwahirehi pose ainsi courageusement la question du renouvellement, de la reconstruction, de la production du sens et de la finalité de la philosophie africaine dans un contexte où l'Afrique doit construire son « à-venir » en faisant face à de nouvelles luttes sociales contre la poussée néo-libérale et la mondialisation violente des inégalités.
    /> Le pari de ce livre est de faire éclore une philosophie africaine qui témoigne du désir de profondes transformations sociales et politiques qu'expriment les foyers de résistance constitués par les mouvements citoyens, la musique urbaine et les gens ordinaires qui utilisent leur précarité comme force mobilisatrice et point initial pour l'action et la solidarité. C'est une invitation à jeter un regard neuf sur le monde et à réactualiser les potentiels utopiques des mémoires africaines. À l'exemple de Socrate, sillonner les rues de nos cités bruyantes et y jouer le rôle demaïeuticien, tel est aussi le défi à relever.

  • Les poèmes portent une date et une marque, non dans une chronologie explicite qui indiquerait les année, les mois ou les jours, mais à l'intérieur des signes et des séquences, au contour des assonances et des analogies. Une manière pour ponctuer les métaphores et thématiser les étapes, du fait que toute l'écriture se trouve consignée depuis le premier poème intitulé Au seuil avec un soleil qui couve dans la nuit, jusqu'au terme du voyage qui s'arrête sur un Post Scriptum.

  • Quelle réponse littéraire et artistique les écrivains et artistes africains donnent-ils à la mondialisation comme question incontournable adressée à notre imagination ? Comment se donne à penser la responsabilité de l'écrivain/artiste africain aujourd'hui ? S'agit-il d'un accueil passif au risque d'une altération aliénante ou d'une hospitalité active qui fait de ce qui est reçu l'ingrédient d'une nouvelle création, s'inscrivant dans le sillage d'une mémoire locale ?

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