Joseph Moingt

  • Il s'agit de six méditations spirituelles données en l'église Saint-Ignace de Paris durant le carême. Ni traité de théologie, ni commentaire exégétique, ces textes renouent avec la plus haute tradition de l'Église et du christianisme : la méditation sur le Christ.
    Méditations d'un homme de foi qui veut répondre à l'espérance qui l'habite, et aider chacun d'entre nous à nourrir sa propre intelligence de ce qui a changé de manière définitive, au matin de Pâques, avec le Christ.
    Ce livre permettra à chacun également de préparer le carême avec les mots et les pensées d'un très grand esprit religieux.
    « Il semble devenu très difficile à notre époque de croire en la résurrection », explique Joseph Moingt, en s'attachant précisément à nous faire méditer sur l'énigme et la difficulté du croire pour retrouver un chemin intime et présent jusqu'au Christ.

  • La foi chrétienne a pour singularité, origine et histoire de croire en un Dieu qui a parlé aux hommes depuis toujours et qui est venu habiter parmi eux voici deux mille ans, incarné en Jésus de Nazareth, mort sur une croix et rappelé par Dieu à la vie pour conduire l'humanité à sa destinée éternelle. Mais cette révélation, reçue de la faiblesse et de la folie de la croix, dit saint Paul, est difficile à croire, et elle tombe de si haut et vient de si loin qu'elle paraît en voie de s'effacer de la culture occidentale qu'elle a si longtemps inspirée et régentée.

    Ce livre revisite la tradition qui a répandu cette foi et éprouve si elle est encore capable de donner à croire que Dieu vient aux hommes du futur de notre destin.
    Le nom de Dieu apparaît en toutes langues avec les premières traces de la rationalité humaine ; le dieu des Hébreux surgit lui-même du panthéon du Proche-Orient ancien avant d'être promu Dieu unique par les prophètes d'Israël ; Jésus, se disant envoyé par lui, qu'il appelle Père, le fait reconnaître Père commun de tous les hommes qui veut les réconcilier avec lui et entre eux pour en faire ses fils. Recueillant son enseignement, la tradition chrétienne proclame que Jésus est le Fils éternel de Dieu, né homme de la Vierge Marie pour régénérer l'humanité dans l'Esprit de Dieu et la conduire par l'Église à la vie éternelle.
    Mais la science moderne des textes bibliques et évangéliques a creusé un fossé entre ce qu'on peut connaître avec certitude de l'histoire de Jésus et l'interprétation qui en est faite par le dogme de l'Église, dogme que l'évolution des esprits rend peu crédible à nos contemporains. Aussi, les théologiens, qui entendent respecter la vérité historique des textes et les rendre intelligibles à notre temps, se sentent obligés de repenser cette tradition en son entier sous l'éclairage d'une foi critique. Telle est l'ambition de ce livre : entreprendre une démarche de véracité et de liberté dans la recherche du sens de la foi.

    Il s'attachera dans ce but à déchiffrer le mystère qui tend à s'exprimer sous le mythe de la préexistence du Christ, idée qui est à la base de l'articulation dans le dogme des concepts de trinité, incarnation et rédemption : il s'agit en fait de la révélation de l'humanité de Dieu, comprise comme l'amour par lequel il entre en communication avec les hommes pour les libérer de leur finitude, du repli égoïste et mortifère de chacun sur soi qui les empêche de parvenir à l'unité entre eux et avec l'univers.

    Un second livre, en préparation, envisagera de dire, dans un langage dépouillé de technicité, en quoi consistent la vie et la mission de l'Église, vie de communion fraternelle dans l'Esprit du Christ, mission de "salut" ou d'humanisation du monde.

  • Le second tome de Croire au Dieu qui vient se propose de vérifier ce qu'il est advenu de la nouveauté évangélique en comparant l'existence des communautés dans les temps apostoliques à ce qu'elle est de nos jours sous le rapport de l'essentiel de la vie chrétienne : entrée dans l'Église par la profession de foi baptismale, célébration de la mort de Jésus par le partage du pain eucharistique, vie fraternelle selon les enseignements de l'Évangile, unité de l'Église sous la conduite des successeurs des apôtres. Tout cela est maintenu, mais compris et vécu très différemment.
    Ces changements sont significatifs du tournant vers l'Ancien Testament amorcé par l'Église au IIIe siècle pour échapper aux dérives hérétiques. Alors qu'elle vivait du souvenir de Jésus dans l'attente de son retour, la foi est devenue religion, ceinte de rites purificateurs et d'interdits, le sacré a envahi la communion à l'Esprit, la tradition a refoulé le libre essor de la parole, la démarcation du sacerdoce et du laïcat a renforcé la clôture de l'Église sur le monde. La nouveauté évangélique n'en continuait pas moins à inspirer le goût de la liberté, mais plus la société se sécularisait et plus le monde se vidait de l'esprit du christianisme, au point que des mots tels Dieu, salut ou péché ont perdu tout sens pour un grand nombre de gens.
    Ainsi le second parcours s'attache-t-il à repenser les visées essentielles de la foi chrétienne, en Dieu, au Christ, au salut, à l'Évangile, celles sur lesquelles tout chrétien est interrogé sous l'horizon de l'incroyance généralisée de notre temps, non pour 'convertir' son interlocuteur,
    ni pour justifier (excuser!) les chrétiens d'être croyants, mais sur la base de la rationalité commune aux hommes d'aujourd'hui, à leurs critères de véracité et de vérité, dans le but de témoigner du sens de l'homme et de l'humain qu'inspire la foi chrétienne, de répondre à
    leurs interrogations sur l'avenir de l'humanité, et de leur proposer une action commune pour sauver l'homme de la déshumanisation qui le menace.
    Ce livre est tourné vers le futur que Jésus a ouvert au Dieu de l'homme et à son projet créateur, dégagé des liens et des ombres du passé, et l'Église est invitée à se présenter au monde dans la nouveauté, tissée de folie et de sagesse, préparée par l'Évangile depuis toujours.

  • « Le titre Figures de théologiens donné à ce volume ne doit pas faire illusion : il s'agit de portraits théologiques, non biographiques, ni psychologiques, ni littéraires ; j'y parle de théologiens disparus, uniquement, et ne m'intéresse qu'à leur théologie, et encore à leurs orientations et à leurs pratiques plus qu'à leurs idées. J'ai connu de très près plusieurs d'entre eux, mais il en est que j'ai seulement rencontrés ou lus. Le motif d'écrire sur celui-ci ou celui-là m'a le plus souvent été dicté par ma charge de responsable de la revue des Recherches de science religieuse, pour saluer la mémoire d'un collaborateur disparu ou introduire un numéro spécial ; ou, plus occasionnellement, pour répondre à la demande d'une autre revue, préfacer un livre ou en rendre compte. Les textes ici reproduits sont donc loin de représenter mes affinités avec tel ou tel auteur ou les influences que j'ai subies de l'un ou de l'autre, comme si j'avais voulu retracer ma propre biographie intellectuelle à travers tous ces portraits. En espérant que les lecteurs d'aujourd'hui puissent y reconnaître le lointain cheminement des questions qu'ils trouvent encore, sous de nouvelles formes, à l'horizon de leurs propres recherches et dans l'espoir qu'ils parviennent à s'intéresser à la pensée de leurs devanciers comme à la trajectoire de la théologie dont l'avenir leur est désormais transmis [J. Moingt].

  • Faut-il se résigner à voir l'Eglise catholique se replier sur elle-même, comme par un étrange effet de glaciation ? Peut-elle toujours être coupée à ce point des hommes d'aujourd'hui ? Non, répond le théologien Joseph Moingt, qui se livre ici à un plaidoyer sans complaisance pour que l'Eglise trouve un nouvel élan. Un élan qui passe nécessairement par une mutation profonde : promouvoir des vraies communautés d'Evangile, en allégeant l'institution, offrir aux femmes une place digne de ce nom, revenir aux grandes intuitions du concile Vatican II. N'est-ce pas le sens d'un authentique humanisme évangélique ? Il y a urgence à aller de l'avant. Il y a urgence à inscrire une nouvelle espérance, loin des peurs ou des crispations du passé.

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