Joseph Mery

  • On lisait autrefois sur la façade de l'hôtel de ville de Marseille une fort belle inscription latine qui résumait très-bien, en quelques lignes, l'histoire de cette antique cité. « Marseille, disait ce parchemin de noblesse, est fille des Phocéens ; elle est soeur de Rome ; elle fut la rivale de Carthage ; elle a ouvert ses portes à Jules-César, et s'est défendue victorieusement contre Charles-Quint. »Cette inscription, composée par l'Académie de Marseille, a disparu ; elle est probablement aux archives, à côté d'une autre inscription que Louis XIV fit enlever à la porte Royale, et qui lui sembla trop fière après une révolte.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Les Joyaux

    Joseph Mery

    Le royaume de Solo, enclavé dans l'île de Java, n'a pas une étendue fort considérable, mais c'est un délicieux pays, surtout depuis l'extinction complète du fameux volcan Mara-Api, la colère du feu. Ce n'est pas le seul rapport que Java ait avec la Sicile..De même que la Grèce a créé les ruines de Ségeste, de Taorminum, d'Agrigente, dans l'île de l'Etna, de même le Bengale a créé les ruines aussi admirables de l'île de Mara-Api.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Napoléon en Italie Nouv.

    Napoléon en Italie

    Joseph Mery

    "Lorsque M. Méry nous a proposé de donner nos soins à la publication de Napoléon en Italie, poème en vingt chants, dont le premier vers n'existait pas encore, nous n'avons pas hésité à répondre à l'appel du poète et à partager la double confiance qu'il avait dans l'exactitude périodique de son travail et dans le succès continu de nos armes.
    « Si je prévoyais, nous disait-il, une seule interruption dans mes livraisons ou dans nos victoires, je ne commencerais pas. »
    L'événement a justifié cette prédiction ; elle est d'ailleurs reproduite dans les premiers chants du poème."

  • La Vénus d'Arles

    Joseph Mery

    Nous recevons en France une éducation pleine de bon sens ; elle nous conseille des choses raisonnables toute notre vie ; mais elle a le tort de nous rendre intolérants à l'égard de nos voisins d'outre-Rhin et d'outre-Manche, lesquels se permettent parfois des excentricités originales qui prennent leur source sur les bancs d'Oxford et de Heidelberg. Chez nous aussi, les nourrices et les femmes de chambre, ayant charge d'enfants, se mettent quelquefois à l'écart, et, malgré la défense paternelle, font à leurs petits élèves de stupides contes de fées ou de revenants.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Le nom de Joseph Méry, s'il a été bien oublié, surgit parfois au détour d'un essai, d'une anthologie, d'un article de dictionnaire4. Ce polygraphe du XIXe siècle (1797-1866) a beaucoup écrit : satires, théâtre, livrets d'opéra, romans, nouvelles... Une recherche dans le catalogue électronique de la Bibliothèque Nationale de France donne 774 notices et cela ne tient pas compte des innombrables textes parus dans la presse.

    Histoire de ce qui n'est pas arrivé est l'une des toutes premières uchronies (la deuxième ou troisième) et pourtant si les textes de Louis Geoffroy (Napoléon et la conquête du monde, 1836) ou Charles Renouvier (Uchronie (l'utopie dans l'histoire) : esquisse historique apocryphe du développement de la civilisation européenne tel qu'il n'a pas été, tel qu'il aurait pu être, 1857-1876) sont régulièrement réédités, la nouvelle de Jospeh Méry n'a jamais été reprise en volume depuis 1859 et donc restée quasiment inconnue.

    La date de divergence de cette uchronie «napoléonienne» (bonapartiste serait plus juste) est le 21 mai 1799 pendant le siège de Saint-Jean d'Acre8 ce qui est une originalité9 par rapport à la production habituelle qui se situe plutôt pendant le Premier Empire : que de Campagnes de Russie et de batailles de Waterloo ont été gagnées ! Pour certains, tel Louis Geoffroy, Napoléon est même devenu le maître du monde.
    Dans Histoire de ce qui n'est pas arrivé, au titre programme qui est une excellente dé#nition de l'uchronie, remporter la victoire à Saint-Jean d'Acre dans le cadre de la campagne d'Égypte représente le bris du verrou vers l'Orient. Sur notre ligne temporelle les troupes de Bonaparte ont été arrêtées par une vieille tour surnommée « La Maudite » au sujet de laquelle le général corse aurait dit : « Le sort du monde était dans cette tour ». Poursuivons avec une autre citation impériale: « Il n'est point de petits événements pour les nations et les souverains : ce sont eux qui gouvernent leurs destinées. ». « La Maudite » chutant, Bonaparte ne sera pas Napoléon Ier mais un nouvel Alexandre fondant un empire dans les Indes : « la tour maudite de Saint-Jean d'Acre était la tour du destin, Turris fatidica».
    Philippe Ethuin, extrait de la présentation.

  • Paris futurs

    Joseph Méry

    « Paris sera toujours Paris » chantait Maurice Chevalier en 1939. Ville éternelle, ville lumière, Pantruche, Paname...
    Pourtant nombre d'auteurs ont rêvé d'autres Paris, de Paris du futur. Nous proposons quelques-unes de ces visions datant de 1851 jusqu'à 1906 dans ce volume. Émile Souvestre propose en 1843 une anticipation qui n'est guère réjouissante dans Le Monde tel qu'il sera où les banquiers ont pris le pouvoir, les enfants sont allaités par des nourrices à vapeur, la presse est sous le monopole d'un seul titre et les citoyens sans cesse contrôlés. Vingt ans plus tard, Jules soumet le manuscrit de Paris au XXe siècle (écrit vers 1863) à son éditeur Hetzel qui le refuse. D'autres textes sont publiés comme ceux de Pierre Véron (En 1900, 1878), Émile Calvet (Dans mille ans, 1883), ou d'Albert Robida (Le Vingtième siècle en 1882 ou La Vie électrique en 1892). Entre 1851 et 1906 plusieurs auteurs imaginent des Paris futurs. Ces visions sont très variées et naviguent entre utopie sociale, satire et humour. Chaque texte a ses caractéristiques propres et parfois surprend par sa modernité. Théophile Gautier donne deux articles au journal Le Pays en décembre 1851 sous le titre « Paris futur » qui sont recueillis dans Caprices et Zig-Zags en 1852. Raillant le nombrilisme parisien, le « parisianisme », et son orgueil déplacé, il compare le pauvre Paris du XIXe siècle aux splendeurs des villes antiques avant d'imaginer une remise à plat (au sens propre). Deux ans plus tard, Joseph Méry répond à Théophile Gautier avec un « Paris futur » satirique que Françoise Sylvos caractérise ainsi : « Il y brocarde tous les travers de Paris qui font partie des lieux communs du pré-urbanisme utopique. Sur le mode de Boileau ou dans la tradition de Montesquieu, il critique les embarras de Paris et propose d'enjamber les avenues encombrées à l'aide d'arches ressemblant à des galeries couvertes. Ces dernières permettent aux piétons de vivre, de consommer sans avoir à traverser les grandes artères de la capitale. » Que d'eau, que d'eau, pourrait-on ajouter mais pour le comprendre, il faut lire ce texte. » Le « Paris Futur » de Victor Fournel est beaucoup plus sérieux. Historien de Paris, il imagine ce que pourrait être le Paris de l'avenir selon un « modèle exacerbé de l'urbanisme haussmannien ». En 1869, Tony Moilin, futur communard, rêve d'un Paris utopique dans Paris en l'an 2000. Comme il l'indique dans son avertissement : « Le Paris dont il est question dans cet ouvrage ne ressemble guère, je l'avoue, au Paris actuel. À tous les incrédules qui trouveraient mes réformes trop radicales et impossibles à réaliser, je ne répondrai qu'un seul mot : c'est que d'ici à l'an 2000 il s'écoulera 131 années, et que, pendant ce long laps de temps, il pourra survenir plus d'une révolution et se faire bien des changements. » Si l'extrait proposé ici ne concerne que la « transformation de Paris », l'utopie de Tony Moilin balaie l'ensemble des réformes dont il rêve : organisation du travail, société, instruction, gouvernement, religion et moeurs. Il ne survit pas à la Semaine sanglante et est fusillé le 28 mai 1871. Le texte d'Arsène Houssaye nous projette en « L'An trois mille sept cent quatre-vingt-neuf » dans un Paris devenu une capitale de l'univers pleine de poésie. Finissons sur la note humoristique que nous offre Eugène Fourrier imaginant des archéologues du futur décryptant une bien mystérieuse inscription communément gravée sur les murs de Paris.
    - Philippe Éthuin

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  • Le nom de Joseph Méry (1797 - 1866), célèbre en son temps, est un peu tombé dans l'oubli. On le croise parfois au détour d'études littéraires et quelques éditeurs reprennent parfois ses textes. Si son domaine de prédilection n'est pas la science fiction, - sa polygraphie féconde le rendant inclassable - il a produit quelques textes relevant du genre comme Histoire de ce qui n'est pas arrivé, l'une des premières uchronies de l'histoire ou Les Ruines de Paris plusieurs fois repris dans des anthologies. « Ce qu'on verra », publié tout d'abord sous le titre « Nouvelles de l'avenir » (malgré le pluriel une seule semble être parue) emmène le lecteur en 3845, soit un bond de mille ans dans l'avenir.
    Joseph Méry utilise l'anticipation avec une visée satirique et humoristique. Comme Pierre Véron et d'autres, Joseph Méry imagine un centre du monde qui a basculé hors d'Europe, dans lequel les transports et les communications se sont grandement améliorés. L'Afrique et l'Asie ont connu une progression les faisant égales de l'Europe et des États-Unis.
    Le vocabulaire a connu des simplifications amusantes : par exemple « kil » remplace « kilomètre » car la « vie est trop courte pour nous servir de mots longs » cependant comment le distinguer du « kil » pour « kilogramme » ?
    Dans ce monde mondialisé, parmi les artistes à succès, qu'ils soient compositeurs, dramaturges ou peintres, se côtoient Européens, Chinois, Indiens ou Africains. La mode mêle crêpe de Chine et braie gauloise. Parisien on tombe amoureux d'une belle de Valparaiso lors d'une étape à Lima. Le Havre est le faubourg de l'Amérique. De grandes villes comme Lupata en Afrique, véritable paradis urbain, Tombouctou ou Alger rayonnent sur tout le continent. D'antiques vestiges de la civilisation européenne ornent Paris tout comme des statues de Brahma et on y glorifie les noms des Français autant que ceux des étrangers en raison des mérites pour l'humanité et non en fonction de la nationalité d'origine.
    Les moeurs ont évolué, le célibat est condamné, le mariage obligatoire et la rivalité amoureuse lourdement sanctionnée. Ce monde est vertueux.
    En 3845, l'homme a dompté la nature, transformé la forêt équatoriale en jardins, éradiqué les animaux sauvages pour laisser place à l'humanité. L'irrigation et les vertus de l'électricité assurent la fertilité des terres qui nourrissent une population mondiale très importante. Les espaces vierges sont des espaces de relégation pour les célibataires endurcis. L'humanité perce les montagnes et détourne les fleuves. Le lit de la Seine a été creusé pour créer Paris port de mer.
    La musique tient une grande place dans la nouvelle de Joseph Méry. L'avenir a inventé l'opéra sans paroles, bien plus reposant pour l'ouïe et le théâtre sans réplique où seule la musique est parole. De nouveaux instruments sont apparus tel l'érophone « qui est la voix de l'amour ».
    Les sciences et les techniques ont envahi tous les domaines y compris l'art. La musique est désormais à vapeur. Les chemins de fer électriques, véritables paquebots des terres dotés de tout le confort moderne, traversent tous les continents, emportant dans leurs voitures couchettes, restaurant, jardin, etc., des milliers de voyageurs.
    Tout est placé sous le signe de l'immense, de l'incomparable, et de la démesure : un pont relie Alger à Marseille, le port de Marseille accueille trente mille navires électriques, les déserts humains n'existent plus.
    L'aire urbaine de Paris s'est étendue jusqu'à Rouen et la Seine est une artère irriguant l'immense agglomération. Elle reste la cité de la culture, du passé glorieux et des plaisirs.
    Dans « Ce qu'on verra » Joseph Méry s'amuse des hypothèses des archéologues du futur et se moque de l'orgueil de son époque, dans « Les Ruines de Paris », il systématise le procédé.

  • "Le monde est la patrie du joueur d'échecs ; c'est une profession ou un amusement cosmopolite. L'échiquier est un alphabet universel à la portée de toutes les nations. Le bonze joue aux échecs dans la pagode de Jagrenat ; l'esclave, porteur de palanquins, médite un mat contre un roi de caillou, sur un échiquier tracé dans la sable de la presqu'île du Gange ; l'évêque d'Islande charme le semestre nocturne de son hiver polaire avec les combinaisons du gambit du roi, et le début du capitaine Évans ; sous toutes les zones, les soixante-quatre cases du noble jeu consolent les ennuis du genre humain..." (Joseph Mery "Le joueur d'échecs")
    Suivi d'une étude passionnante sur le jeu des échecs par l'historien français Louis Dubois : "Recherches sur le jeu des échecs".


    Format professionnel électronique © Ink Book édition.





  • Ursule

    Joseph Méry

    BnF collection ebooks - "Sylvain, le valet de chambre, entra dans l'herbier d'Urbain Andrivet, et dit : - La voiture de monsieur le comte est avancée. C'était un Frontin moderne, un jeune homme de trente ans, à la démarche grave, à l'oeil vert, au regard louche ; il tenait à la main un journal qu'il se remit à lire, après avoir fait son annonce promptement et en donnant le titre de comte à son maître."BnF collection ebooks a pour vocation de faire découvrir en version numérique des textes classiques essentiels dans leur édition la plus remarquable, des perles méconnues de la littérature ou des auteurs souvent injustement oubliés. Tous les genres y sont représentés : morceaux choisis de la littérature, y compris romans policiers, romans noirs mais aussi livres d'histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou sélections pour la jeunesse.

  • PARMÉRY - Ainsi, mon cher Félix, à dater d'aujourd'hui te voilà docteur en médecine ! Que les malades seront heureux demain ! - Moins heureux que les plaideurs, mon cher Arthur ; à dater d'aujourd'hui tu es avocat. - Enfin nous voilà sortis de l'école avec deux belles carrières devant nous : la médecine et le barreau. - Hélas ! il y a déjà beaucoup de médecins ! - Hélas ! il y a déjà beaucoup d'avocats !Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Les Nuits parisiennes

    Joseph Mery

    L'hôtellerie de madame Hombert était fort renommée à Florence en 1836. Elle avait une succursale à la campagne ; les voyageurs qui se logeaient en ville, à Porta Rossa, près du pont de la Trinité, avaient le droit, en payant, d'habiter le château rural.Comme bien d'autres, je me suis donné cette excursion pastorale dans les paysages où peignit Giotto, où Dante a pensé, où Mazaccio a aimé, où Alfieri a chanté.Nous étions tous riches alors ; les poëtes voyageaient en financiers, ce qui vexait beaucoup les financiers, trop amoureux de leurs priviléges.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • La Floride

    Joseph Mery

    BnF collection ebooks - "Les plus tragiques scènes de notre monde se passent sur l'Océan ; mais elles n'ont d'autres témoins que le soleil, ou les astres de la nuit, ou les oiseaux voyageurs. Quand le Malabar, vaisseau de la Compagnie hollandaise, s'abîma dans le gouffre de la mer Indienne, nul regard humain ne vit cette scène de désolation ; les passagers et l'équipage s'étaient jetés à la mer ; le capitaine seul ne voulut pas quitter son pavillon..."BnF collection ebooks a pour vocation de faire découvrir en version numérique des textes classiques essentiels dans leur édition la plus remarquable, des perles méconnues de la littérature ou des auteurs souvent injustement oubliés. Tous les genres y sont représentés : morceaux choisis de la littérature, y compris romans policiers, romans noirs mais aussi livres d'histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou sélections pour la jeunesse.

  • Monsieur Auguste

    Joseph Mery

    - Votre bal est très-beau, mon cher monsieur Lebreton. - Oh !... un simple petit bal de famille... dès amis, des parents, des voisins... quelques notables de Chatou... et vous vous obstinez à ne pas danser, vous, monsieur Auguste Verpilliot, mon jeune et grave ami ? - Danser ! à mon âge ! vingt-huit ans ! et avec mes petites ambitions de professeur !... Je laissé la danse aux écoliers... - A votre ami Octave, par exemple. Oh !Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • « Monsieur, lui dis-je, l'antiquité n'a pas de plus grands philosophes que vous ! »M. Thomas Paulus, à cette parole, la première depuis notre sortie du club où j'avais fait fortuitement sa connaissance, s'inclina avec une modestie sans orgueil et me serra énergiquement la main.« Maintenant, ajoutai-je, savez-vous ce qui vous arrivera ? - Oh ! qui le sait ? dit M. Paulus. - Je le sais, moi. Il est si aisé d'être prophète !Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Héva

    Joseph Mery

    Sur la côte de Coromandel, non loin de Madras, dans les terres autrefois désertes, on trouve un paysage si beau que les voyageurs n'en ont jamais parlé, car les phrases manquent, et ils aiment mieux laisser dans l'Inde une omission qu'une injustice. Monsieur Sonnerat est le seul qui ait hasardé cette exclamation : - Que la nature est belle dans la solitude de Tinnevely ! puis il a fait la statistique des factoreries de Madras.J'ai sur mes devanciers un avantage considérable pour peindre ce paysage ; je ne l'ai pas vu.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Tout marin, tout voyageur qui a visité Tunis avant 1838 se rappelle avoir vu, devant une petite baie couronnée de tamaris, une maison de chétive apparence pittoresquement jetée sur la côte, et dont la toiture plate se voilait de rameaux flottants, de lentisques et de palmiers : un mur demi-circulaire, dont les deux extrémités aboutissaient à la mer, défendait cette maison contre les agressions nocturnes du maraudeur et de la bête fauve ; quelques petites barques, les unes à flot, les autres échouées dans des massifs d'algues, de tamaris et de pourpiers de mer, semblaient indiquer une habitation de pêcheurs.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Vers la fin du mois de mars 1834, un jeune homme m'aborda devant le palais Rinnccini, à l'angle du Corso de Home, et me dit : - Vous avez le bonheur de voir tous les jours l'auguste mère de Napoléon, et vous pouvez me rendre un service de compatriote. - Mettons-nous au soleil, lui dis-je, là, devant le le palais de l'ambassade d Autriche, et nous pourrons causer. - Voici, monsieur, reprit-il... ; il y a déjà fort longtemps que l'Institut a commis l'imprudence de me couronner pour ma cantate d'Ariadne abandonnée dans l'île de Naxos.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Paris aime à déplacer son Forum. Il change de grande artère à chaque siècle ; son coeur a battu un peu partout. Il y a encore, parmi nous, des vieillards qui ont vu trois de ces déménagements et entendu les derniers chansonniers du Temple, les élèves de La Fare et de Chaulieu, ce poëte égrillard à qui Voltaire adressait ces vers :A vous, l'Anacréon du Temple,
    A vous, le sage si vanté,
    Qui nous prêchez la volupté
    Par vos vers et par votre exemple.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • La Cour d'amour

    Joseph Mery

    Le 25 août 1248, la ville d'Aigues-Mortes assistait à un spectacle inouï : son port, le premier qu'un roi de France donnait à la Méditerranée, contenait une flotte immense sous voile ; c'était la main droite de la France tendue vers l'Orient. Deux mille flammes d'or, scellées de la croix rouge, flottaient à la cime des mâts, les chaloupes accostant le flanc des navires leur jetaient des légions d'hommes d'armes ; les fanfares belliqueuses éclataient sur tous les ponts ; les cloches de la ville répondaient aux vaisseaux ; et tout ce tumulte de fête, de joie, de guerre, était dominé par le cri de Dieu le veut !Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • La ville de Louisbourg est une station du chemin de fer de Stuttgart ; ses rues larges et tirées au cordeau mériteraient d'avoir des passants ; elles sont désertes comme les rues de Pise. On les traverse dans leur solitude riante pour arriver au château, le Versailles du Wurtemberg.Ce château a deux façades qui sont une antithèse en architecture ; l'une ressemble à un immense éclat de rire pétrifié ; l'autre est sombre comme un vieux palais vénitien qui a de funèbres histoires à raconter au visiteur.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Les Damnés de l'Inde

    Joseph Mery

    Non loin de Samarang, au fond d'un golfe que la mer s'est creusé en face de la petite île de Madura, s'étend une plaine où la végétation puissante des zones tropicales, une végétation de jungles, disparaissait, à l'époque de notre récit, sous les efforts intelligents de quelques colons européens. Ceux-ci avaient choisi ce lieu isolé pour s'y livrer à des cultures qui payèrent au centuple leurs peines et leurs sueurs. Hommes infatigables, anciens marins, dégoûtés de l'Océan, sur lequel quelques-uns d'entre eux avaient navigué plus souvent comme forbans que comme amateurs, ils s'étaient réunis au nombre de cinq, pour défricher, à l'aide d'un travail dont le chant du coq donnait chaque matin le signal, une terre où les eaux vaseuses et croupissantes, sur lesquelles des plantes aux larges feuilles étendaient leur éventail, où une forêt serrée comme les mailles d'un corselet de fer, opposaient aux labeurs des cinq colons des obstacles dont leur infatigable activité et leur santé robuste finirent par triompher.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


  • Et si Napoléon avait suivi les traces d'Alexandre le Grand et envahi le Moyen-Orient ? S'il s'était évadé de Sainte-Hélène à bord d'un submersible faisant furieusement écho au Nautilus ? Si l'Empereur des Français avait conquis l'Amérique du Sud, avait coulé des jours paisibles dans une plantation de Louisiane ? C'est tout cela et bien plus encore qui est raconté dans ce volume, consacré aux autres vies de Napoléon Bonaparte, celles qui n'ont pas existé.

    Textes de Louis Geoffroy, Joseph Méry, Alphonse Allais, Capitaine Danrit & H.A.L Fisher (traduit de l'anglais par Philippe Éthuin)

  • BnF collection ebooks - "Trente ans se sont à peine écoulés depuis la glorieuse expédition de l'armée d'Orient, et déjà elle semble appartenir aux âges reculés, tant elle se détache des autres campagnes de la révolution par un caractère tout particulier et sa couleur antique : le vieux soldat qui la raconte avec la simplicité du camp, nous apparaît, comme un légionnaire de l'armée de Dioclétien, brûlé par le soleil d'Eléphantine."BnF collection ebooks a pour vocation de faire découvrir en version numérique des textes classiques essentiels dans leur édition la plus remarquable, des perles méconnues de la littérature ou des auteurs souvent injustement oubliés. Tous les genres y sont représentés : morceaux choisis de la littérature, y compris romans policiers, romans noirs mais aussi livres d'histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou sélections pour la jeunesse.

  • Ursule

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    • Ligaran
    • 1 Décembre 2015

    Extrait : "Sylvain, le valet de chambre, entra dans l'herbier d'Urbain Andrivet, et dit : - La voiture de monsieur le comte est avancée. C'était un Frontin moderne, un jeune homme de trente ans, à la démarche grave, à l'oeil vert, au regard louche ; il tenait à la main un journal qu'il se remit à lire, après avoir fait son annonce promptement et en donnant le titre de comte à son maître."
    À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN :
    Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de grands classiques de la littérature ainsi que des livres rares, dans les domaines suivants :
    o Fiction : roman, poésie, théâtre, jeunesse, policier, libertin.
    o Non fiction : histoire, essais, biographies, pratiques.

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