Joseph Czapski

  • En 1941, lorsque l'Allemagne se retourna contre l'URSS, des dizaines de milliers de Polonais - hommes, femmes et enfants - furent libérés des camps de prisonniers soviétiques et autorisés à rejoindre l'armée polonaise formée dans le sud du pays. Le peintre et officier de réserve Joseph Czapski fut l'un des survivants de ce périple meurtrier. Le général Anders, commandant en chef de l'armée, assigna à Czapski la tâche d'accueillir les Polonais qui s'engageaient et d'enquêter sur la disparition de milliers d'officiers disparus. Bloqué à tous les échelons par les autorités soviétiques, Czapski ignorait qu'en avril 1940, les officiers avaient été abattus dans la forêt de Katyn. Le récit de Czapski sur les années qui ont suivi sa libération du camp, la formation de l'armée polonaise et son périple en Asie centrale et au Moyen-Orient pour combattre sur le front italien est un témoignage capital sur les souffrances des Polonais en URSS. L'auteur y mêle des portraits de ses compagnons, des réflexions philosophiques ainsi que le récit de ses rencontres avec de grandes figures littéraires, dont Anna Akhmatova.
    Né à Prague en 1896 dans une famille aristocratique polonaise, Joseph Czapski passa son enfance en Biélorussie, puis fit des études de droit à Saint-Pétersbourg et de peinture à l'Académie des Beaux-arts de Cracovie. Czapski fut parmi les rares officiers de l'armée polonaise qui survécurent au massacre de Katyn en 1940. Son livre Souvenirs de Starobielsk retrace ses efforts pour faire connaître la vérité à propos de ce crime.
    Comme peintre, Czapski est connu notamment pour son appartenance au mouvement kapiste, qu'il contribua à fonder avec quelques amis, pendant son séjour à Paris (1924-1933). Après la Seconde Guerre mondiale, il vécut en exil en France, à Maisons-Laffitte, dans la banlieue de Paris. Il participa à la fondation du mensuel culturel polonais Kultura de Jerzy Giedroyc. Il y est mort en 1993.


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  • « Dans une petite salle, bondée de camarades, chacun de nous parlait de ce dont il se souvenait le mieux. Je pensais alors avec émotion à Proust, qui serait bien étonné et touché peut-être de savoir que vingt ans après sa mort, des prisonniers polonais écoutaient avec un intérêt intense l´histoire de la duchesse de Guermantes, la mort de Bergotte et tout ce dont je pouvais me souvenir de ce monde de découvertes psychologiques précieuses et de beauté littéraire. » La Recherche du temps perdu ou comment survivre, sortir de la déchéance,  grâce au souvenir d'une lecture.

  • Le livre Figure emblématique et référence morale de l´intelligentsia polonaise, Joseph Czapski, avec ce recueil d´essais composés de 1945 à 1979, restitue les tourmentes, les espoirs, les contradictions, en un mot les « tumultes », du siècle entier.  En quelques touches incisives, il fait surgir des tableaux vivants et colorés, depuis les déserts de l´Irak jusqu´aux abattoirs de Chicago, des marchés de Dakar à la Côte d´Azur.  Témoin et acteur des événements, frayant autant avec les grands hommes qu´avec des inconnus, sur les rives de mondes que tout sépare en apparence (la géographie, la civilisation, l´idéologie ou la culture), Czapski le peintre et l´humaniste évoque ici des souvenirs - ces « spectres » du passé -, mais en se tournant vers le présent et l´avenir, il dit ses émerveillements et ses révoltes, ses émotions et ses répulsions devant la beauté du monde et l´horreur de l´existence.  « Ce qui n´est pas biographie n´existe pas », déclarait le philosophe Stanislaw Brzozowski. Assertion idéalement applicable à ces essais qui ont ponctué le débat intellectuel polonais ces dernières décennies   L'auteur Né à Prague en 1896 dans une famille aristocratique polonaise, Joseph Czapski passa son enfance en Biélorussie, puis fit des études de droit à Saint-Pétersbourg et de peinture à l´Académie des Beaux-arts de Cracovie. Czapski fut parmi les rares officiers de l´armée polonaise qui survécurent au massacre de Katyn en 1940. Son livre Souvenirs de Starobielsk retrace ses efforts pour faire connaître la vérité à propos de ce crime.
    Comme peintre, Czapski est connu notamment pour son appartenance au mouvement kapiste, qu´il contribua à fonder avec quelques amis, pendant son séjour à Paris (1924-1933). Après la Seconde Guerre mondiale, il vécut en exil en France, à Maisons-Laffitte, dans la banlieue de Paris. Il participa à la fondation du mensuel culturel polonais Kultura de Jerzy Giedroyc. Il y est mort en 1993.

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