Joëlle Ducos

  • L´histoire du français, comme celle de toute langue, est, par nature, de l´ordre du continu, ce qui rend délicate l´assignation de bornes et d´étapes exprimées dans les termes d´une chronologie précise. Néanmoins les linguistes distinguent volontiers le français médiéval - celui qui, sur le territoire de la langue d´oïl, s´inscrit dans l´espace gallo-romain - du français classique, moderne ou encore contemporain. En son sein, la distinction de l´ancien et du moyen français souligne des étapes dans le développement phonétique, morphologique, syntaxique et lexical de la langue.
    Cet ouvrage nous invite à comprendre la formation de la langue française depuis 842 et les Serments de Strasbourg (premier texte officiel écrit en langue romane) jusqu´à l´imprimerie. Il montre ainsi comment une langue à visée standardisante émerge peu à peu de la diversité des dialectes.

  • S'il est une notion qui, principalement en raison de l'oeuvre de Walter Benjamin, peut sembler emblématique de la modernité, c'est bien celle de « passage ». L'auteur de Paris, capitale du XXe siècle, voyait dans les passages commerciaux situés dans les grandes villes comme une sorte de symbole du monde moderne. Sa vie, mais aussi sa mort à Port-Bou en 1940, firent par ailleurs de lui un « passeur » à cheval entre plusieurs mondes et plusieurs époques. Enfin, son grand livre inachevé, gigantesque recueil de notes en vue d'une histoire globale de ce qui faisait la modernité du XIXe siècle, est aujourd'hui connu sous le nom de Livre des passages. Il n'est évidemment pas question de traiter ici de l'oeuvre de Benjamin. Si l'on a jugé bon de la mentionner, outre le fait qu'elle est sans doute assez directement responsable du titre de ce colloque, c'est parce qu'elle peut aussi nous inviter, ne serait-ce que par comparaison, à nous interroger sur les différents « passages » médiévaux, pas moins nombreux qu'à l'époque contemporaine mais nécessairement différents quant à leur signification. En effet, dans un monde divers, contrasté, fragmenté comme l'est celui du Moyen Âge, ne peut-on penser que le « passage » d'une région à une autre, d'une langue à une autre, d'un statut à un autre, représentent des changements plus importants que dans nos sociétés modernes, toujours plus homogènes ?

  • Comment l'homme médiéval percevait-il le temps qu'il fait ? Cette série d'études centrées sur la météorologie tente de répondre à la question. Les textes scientifiques sont confrontés aux textes littéraires, à la pensée religieuse.

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