Jeanyves Guérin

  • À l'occasion du centième anniversaire de la naissance d'Albert Camus, en novembre 2013, " Bouquins " réédite le premier et seul dictionnaire qui lui soit consacré, aujourd'hui considéré comme l'ouvrage de référence.
    Romancier, dramaturge, essayiste, journaliste, Albert Camus (1913-1960) a été le plus jeune lauréat français du prix Nobel de littérature. Aucun de ses compatriotes, au XXe siècle, n'a obtenu une audience aussi universelle. Ses éditoriaux de Combat en avaient fait le plus brillant porte-parole des hommes nouveaux issus de la Résistance. Au même moment, L'Étranger et Caligula lui donnaient l'aura d'un moderniste. Les écrits qui ont suivi ont fait l'objet de malentendus. L'Homme révolté a été surtout lu à travers le prisme d'une controverse de guerre froide. Les engagements du démocrate ont été disqualifiés comme insuffisamment radicaux. Son opposition à l'indépendance de l'Algérie lui a enfin aliéné une large fraction de l'opinion intellectuelle. Pourtant la fidélité des lecteurs, en France et plus encore hors de France, a eu raison de la condescendance des doctes. L'histoire est passée et le temps des procès est révolu. L'on dispose aujourd'hui d'oeuvres complètes. Le Premier Homme et les textes que Camus n'avait pas confiés à des éditeurs sont désormais accessibles aux lecteurs. Dans ce dictionnaire, chaque oeuvre éditée (roman, nouvelle, pièce de théâtre, recueil d'essais, et les principaux articles) fait l'objet d'un article, accompagné d'un état des traductions et d'une bibliographie donnant une large part aux travaux étrangers. Une place importante a été accordée aux engagements du citoyen. Figurent également les grands thèmes de l'oeuvre, de même que les notions qui sous-tendent la pensée de l'auteur et les principaux personnages des fictions. En amont de ces écrits ont droit à des entrées les auteurs classiques et modernes avec lesquels Camus a entretenu un commerce de lecteur ; en aval, les auteurs qui l'ont commenté. Des entrées sur les interlocuteurs et intercesseurs de Camus, ses amis algérois, les intellectuels avec lesquels il a dialogué, sur les principaux périodiques, les journaux et revues, auxquels il a collaboré. En annexe figurent une bio-chronologie de l'auteur et une bibliographie internationale des écrits sur son oeuvre.

  • Les rapports entre nationalisme, littérature et plus généralement esthétique sont au coeur de ce volume, quatrième de la série « L'Action française. Culture, société, politique ». Comme son principal objet est la sphère littéraire, historiens, historiens ou théoriciens de la littérature ont été sollicités pour étudier revues, institutions et figures plus ou moins connues, favorables, réservées, voire hostiles au mouvement d'Action française. Quelle part la littérature - roman, théâtre, poésie - tient-elle chez les maurrassiens et quelle fonction lui assignent-ils ? Maurras, avant d'être un doctrinaire politique, a été critique et journaliste, et ces activités ont façonné sa manière et son style. Lui-même invite à revenir sur les rapports entre politique et littérature quand il évoque son itinéraire dans Quand les Français ne s'aimaient pas : « Les Lettres nous ont conduit à la Politique, [...] notre nationalisme commença par être esthétique. »

  • La nouvelle revue française de Jean Paulhan ; 1925-1940 et 1953-1968 Nouv.

    Par sa longévité et par la qualité exceptionnelle de ses sommaires, la Nouvelle Revue française, occupe une place privilégiée dans le champ des revues littéraires françaises du vingtième siècle. Jean Paulhan en a été le maître pendant trente ans, de 1925

  • Audiberti ; chroniques, romans, théâtre Nouv.

    Le centenaire de sa naissance a remis l'oeuvre immense d'Audiberti sous les feux de la critique. Le colloque qui s'est tenu à la Sorbonne Nouvelle en novembre 2005 propose l'exploration d'oeuvres de l'auteur antibois moins connues que le mal court à qui l

  • Voici le premier ouvrage universitaire consacré au fils du cordonnier de Fougères devenu professeur, écrivain et académicien, à l'intellectuel engagé, à l'homme qui voulut « changer la vie » pour ne plus avoir à désespérer : Jean Guéhenno (1890-1978). François Mauriac a tenu à le rappeler : « Ce petit-fils de Rousseau, ce fils de Michelet, les hommes ne sont pas venus à bout de l'amitié qu'il leur voue ». Ni à bout de son esprit de résistance qui lui fit noter, dès le 17 juin 1940, dans son Journal des années noires, « je ne croirai jamais que les hommes soient faits pour la guerre. Mais je sais aussi qu'ils ne sont pas faits non plus pour la servitude ». Les textes de littéraires et d'historiens ici rassemblés portent sur les aspects les plus forts de son oeuvre et de ses combats, 11 Novembre et 8 Mai. Tous signalent le rôle qu'y a joué ce manuscrit refusé en 1921, cette méditation sur le sacrifice, à vingt ans, de ses camarades de la Grande Guerre, qui vient d'être enfin publiée chez Claire Paulhan : cette Jeunesse morte dont toute sa vie fut hantée. Comme Jean-Jacques, comme Michelet, comme Péguy, ces hommes de vérité, ces coeurs simples qui avaient volé eux aussi le feu de la culture et qu'il a su faire revivre et aimer, Jean Guéhenno a vécu « comme tous les autres, dans l'absurdité de son temps mais dans l'entêtement et la rigueur de sa seule pensée ».

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