Jean-Pierre Bat

  • « Les réseaux Foccart » : la formule a fait couler beaucoup d'encre. Comme s'ils étaient le sésame invisible et insaisissable de la Françafrique. En 1969, le journaliste Georges Chaffard brosse le portrait de « Jacques Foccart. L'homme des affaires secrètes ». La France est en plein post-mai 68 ; le général de Gaulle vient de quitter le pouvoir et « l'affaire Foccart » a éclaté dans les médias. L'heure est aux règlements de comptes politiques. Reprenant l'enquête de Georges Chaffard dans une édition critique nourrie des archives découvertes depuis un demi-siècle autour de Jacques Foccart et d'enquêtes de terrain en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale, Jean-Pierre Bat propose une photographie historique de la France et de la décolonisation de l'Afrique dans les années 1960. La biographie de Foccart permet de retracer les sociabilités et trajectoires politiques nées de la Seconde Guerre mondiale et de la crise coloniale à travers une génération qui connaît l'apogée de son influence avec la fondation de la Ve  République. Une « balade » étonnante dans les coulisses de la République franco-africaine à l'heure des indépendances.  Jean-Pierre Bat, archiviste paléographe, agrégé et docteur en histoire, est chercheur associé à l'École nationale des chartes (PSL Université). Il a été responsable du «  fonds Foccart  » aux Archives nationales. Il est notamment l'auteur du Syndrome Foccart (Folio, 2012) et de La Fabrique des barbouzes (Nouveau Monde éditions, 2015). 

  • "Dès la fin des années 1950, les services secrets français préparent leur politique africaine en vue des indépendances. Mais, même eux ne peuvent pas tout se permettre et c'est là que les « barbouzes » entrent en scène, pour assumer cet illégalisme d'État. Leur passé importe peu, seules leurs compétences anticommunistes constituent le critère de sélection. Cependant leur liberté d'action et leur pouvoir ont un revers : la République française niera officiellement avoir eu connaissance de leurs agissements. Et pour cause, ils représentent la face cachée de l'histoire de France depuis la Libération : ce sont d'anciens épurés, des employés des officines clandestines de la IVe République, des activistes des complots du putsch d'Alger, des collaborateurs de Foccart ou des agents clandestins.
    La décolonisation de l'Afrique a été synonyme, pour la France gaullienne, de lutte anticommuniste et de défense de son domaine réservé. En 1960, le Congo devient le point de fixation de la guerre froide. Face aux Américains, aux Soviétiques et à la Tricontinentale (organisation regroupant les forces anti-impérialistes d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine), la France entend mener sa politique depuis Brazzaville.
    Jean-Pierre BAT est archiviste paléographe (École nationale des chartes), agrégé et docteur en histoire (Université Paris Panthéon-Sorbonne). Il est chercheur affilié au CNRS (Institut des mondes africains) et chargé d'études aux Archives nationales.
    Collection « Le Grand Jeu » Dirigée par Olivier Forcade et Sébastien Laurent, la collection « Le Grand Jeu » rassemble des travaux de recherche sur l'histoire du renseignement et des services secrets. "

  • Depuis plus de cinquante ans, l'histoire des relations intimes nouées entre la France et l'Afrique est pleine de tumultes et de mystères. Aujourd'hui, un journaliste et un historien rouvrent 26 dossiers et en révèlent les secrets. Empoisonnement de l'indépendantiste camerounais Félix Moumié, coup d'État contre Hassan II, opérations secrètes du mercenaire Bob Denard aux Comores, couronnement impérial de Bokassa, élimination manquée de Kadhafi, exil de Ben Ali, chute de Laurent Gbagbo... À partir d'archives, d'investigations et de témoignages inédits, Pascal Airault et Jean-Pierre Bat lèvent le voile sur cinquante ans de scandales franco-africains.

  • Si, pour Charles Baudelaire, « l'action n'est pas la soeur du rêve », Georges Pompidou, agrégé de Lettres féru de poésie, a cherché, toute sa vie durant, à prouver le contraire.
    Ses années de gouvernement ont enraciné la Ve République, et son élection à l'Élysée a réalisé l'impensable : succéder au général de Gaulle, dont il avait été le plus proche collaborateur de 1946 à 1968, sans pour autant avoir appartenu au cercle des « barons ».
    Au service de la réconciliation d'une société française déchirée par la Seconde Guerre mondiale puis les crises coloniales, il a cherché à tracer les voies d'un avenir, qu'il a d'abord imaginé européen avec l'adhésion du Royaume-Uni, dont il a été le fervent artisan.
    Derrière le souvenir de la mort brutale d'un président proche des Français, se dessine, à la lecture de ce livre, la silhouette intime d'un homme d'État qui s'est fait une certaine idée de la modernité dans la France des Trente Glorieuses, et a laissé, au coeur de Paris, un testament monumental : le Centre Beaubourg.

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