Jean-Philippe Warren

  • Dans l'esprit de bien des gens, la seconde moitié du XIXe siècle confirme le repli conservateur d'une population canadienne-française engagée dans un combat ardu pour la survivance. Mais que faire d'un homme comme Honoré Beaugrand, qui aime à se décrire comme un « natural-born kicker » ? Soldat dans l'armée mexicaine, journaliste à La Nouvelle-Orléans, touriste en Chine, romancier et poète à ses heures, maire de Montréal, riche actionnaire de banques et de compagnies de chemins de fer, propriétaire du journal « La Patrie », il entend convaincre ses compatriotes du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, du principe d'une éducation obligatoire et gratuite, de l'idéal du suffrage universel et de l'importance de l'autonomie des affaires temporelles à l'égard de l'autorité de l'Église catholique. En écrivant la biographie de Beaugrand, Jean-Philippe Warren nous fait découvrir un Québec qui ne cesse de nous surprendre. Un Québec fortement empreint de valeurs martiales, ouvert sur l'Amérique. Un Québec nationaliste qui ne croit pas que l'affirmation collective doive servir à broyer l'individu. Un Québec, enfin, résolument industriel et urbain, et qui jette, déjà, un regard nostalgique sur ses origines, célébrant le folklore et les traditions désormais condamnées par les progrès de la science et de la technologie. Du grand-père, coureur de bois et navigateur, au petit-fils, globe-trotteur et businessman, la famille Beaugrand révèle les lignes de partage des Canadiens français au lendemain de la Rébellion de 1837. À ceux qui refusent la résignation et la soumission que prêchent les élites conservatrices, la vie de Beaugrand rappelle la valeur, au fond si simple, de l'audace.

  • Comme toutes les grandes villes occidentales, Montréal fourmille de taxis qui parcourent les rues, font la navette entre l'aéroport et le centre-ville, attendent près des stations de métro, des hôpitaux et des grands hôtels. Trains, tramways, autobus, métros et vélos de Montréal ont eu droit à leur histoire, mais pas les taxis. Le monde du taxi est pourtant un sujet riche et complexe, un carrefour où se rencontrent plusieurs spécialisations de l'histoire : urbaine, politique, économique, sans oublier le travail et l'immigration. Depuis sa voiture, le chauffeur ou la chauffeuse est témoin des rapports tendus entre le travailleur et l'État, la ville et les citoyens, les quartiers excentrés et le centre-ville, le peuple et les élites. Il est aussi témoin des luttes entre la majorité francophone et les minorités culturelles, des mutations technologiques et de l'essor du transport en commun.

    Le monde du taxi, c'est aussi et surtout des travailleurs qui forment une catégorie sociale unique et qui pratiquent un métier rempli de paradoxes. Au fil de son enquête, Jean-Philippe Warren en est venu à la conclusion que le chauffeur de taxi est la dernière incarnation du cowboy : libre de ses mouvements, de son emploi du temps, mais prisonnier de quantités de facteurs. Il peut arrêter de travailler quand il veut et travaille sans cesse. Il a toujours de l'argent dans ses poches, mais est pauvre. Il veut que l'État intervienne pour le protéger, mais exècre les régulations. Il pratique un métier monotone, mais rempli d'imprévus. Il est à la fois entouré de monde et seul. S'ajoutant à la diversité ethnique des membres de la profession, ces paradoxes créent une sous-culture absolument fascinante où se jouent des luttes de pouvoir économique et de contrôle territorial. Une sous-culture tout aussi difficile à intégrer qu'à quitter.

    En utilisant les ressources combinées de l'histoire et des sciences sociales, en mêlant l'examen des archives et l'enquête de terrain, cette première histoire du taxi à Montréal débouche sur un portrait inédit de la ville. Elle se veut aussi une contribution à la compréhension d'un monde qui cultive les extrêmes et qui, s'il veut se transformer pour le mieux, doit s'appuyer sur des données tangibles et une histoire critique.

  • Voici un nécessaire tour d'horizon d'un champ de recherche resté trop longtemps marginal au Québec. Les auteurs, qui comptent parmi les meilleurs spécialistes de la question, présentent une série de tableaux qui donne une idée de l'ampleur du territoire couvert par l'histoire des sexualités. Ils se penchent ainsi sur des sujets aussi divers que l'éducation, le corps, les communautés religieuses, la censure, l'armée, la pornographie, la sexologie, la contreculture, la science, les mouvements des gais et lesbiennes, le culturisme, ou encore le "cinéma de fesses". De cette lecture, on sort convaincu que la sexualité est bien non seulement une question de moeurs - comme on le disait autrefois -, mais aussi une affaire hautement politique qui participe de la dynamique profonde des sociétés. Avec les texte de : Denyse Baillargeon, Caroline D'Amours, Michèle Garneau, Patrizia Gentile, Christine Hudon, Jeff Keshen, Marc Lafrance, Nicole Laurin, Tamara Myers, Viviane Namaste, Isabelle Perreault, Jeffery Vacante et Jean-Philippe Warren.

  • Dans cette étude, Jean-Philippe Warren cnosidère dans la longue durée le traitement réservé aux nationalistes québécois incarcérés pour les crimes politiques violents. Depuis les rébellions des Patriotes de 1837-1838 jusqu'au procès du FLQ, en passant par les actions terroristes de la " Bande tragique " et les émeutes anticonscriptionnistes de Québec de 1918, l'ouvrage éclaire la confrontation brutale entre la violence politique et la violence d'État. Le rôle passablement trouble du judiciaire comme défenseur de l'ordre établi ressort aussi de cette analyse fine et implacable.

  • En abordant la révolution sexuelle, la découverte des drogues, la création des coopératives d'alimentation naturelle ou la fondation des communes, Jean-Philippe Warren et Andrée Fortin offrent un panorama de la dynamique sociale sur laquelle repose la contestation des années 1960 et 1970 au Québec. Ils cherchent également à comprendre en quoi nous sommes en partie les héritiers de la contreculture. Du vacarme des spectacles rock au silence des séances de méditation et des rêves de voyages interstellaires aux retours à la terre, la contreculture ne cesse, encore aujourd'hui, de surprendre.
    Jean-Philippe Warren est professeur titulaire de sociologie à l'Université Concordia. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur les mouvements sociaux et l'histoire des idées au Québec.
    Andrée Fortin est professeure émérite de sociologie à l'Université Laval. Elle a écrit plusieurs ouvrages sur le Québec, notamment sur ses réseaux, sa culture et sa ville.

  • Le présent ouvrage raconte comment la « rencontre des deux mondes » entre les nations autochtones et les empires européens a provoqué un immense choc des cultures. Il analyse les mécanismes qui ont mené, au nom de la civilisation, à l'écrasement et à l'expropriation des peuples de l'Amérique septentrionale. Par des exemples concrets, il dévoile ce que les auteurs appellent « le piège de la modernité », la liberté promise par les Occidentaux servant en définitive à opprimer et à refouler les populations amérindiennes. Vaste fresque qui couvre plus de trois cents ans d'histoire, ce livre nous en apprend au moins autant sur les nations autochtones à l'époque coloniale que sur le monde occidental dans lequel nous vivons. Le portrait qui se dégage de cette étude à la fois fouillée et accessible est d'une implacable lucidité.

  • L'Histoire nationale du Québec Nouv.

    Préconisant une approche à la fois chronologique et thématique qui couvre la période allant de 1832 jusqu'à nos jours, cet ouvrage collectif porte sur la dualité idéologique qui teintera la création des programmes et des manuels scolaires, mais également la querelle des écoles historiographiques de Québec et de Montréal.

    Les auteurs présentent la pensée des tenants de la bonne entente avec le conquérant britannique et le Canada anglais ainsi que celle de ceux qui ont une vision plus nationaliste du parcours historique des Québécois, prônant l'affirmation et l'émancipation de la nation.

    Un livre profond et accessible sur l'un des volets les plus importants de l'histoire des idéologies au Québec depuis le début de l'enseignement de l'histoire nationale.

    Avec des textes de Michel Allard, Félix Bouvier, Alex Bureau, Charles-Philippe Courtois, Alexandre Lanoix, Olivier Lemieux et Jean-Philippe Warren.

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