Jean-Paul Demoule

  • Pendant 99 % de l'histoire de l'humanité, l'homme a été chasseur, pêcheur et cueilleur. Il y a douze mille ans seulement, les humains, au nombre de quelques centaines de milliers, nomadisaient par petits groupes. Aujourd'hui, sept et bientôt neuf milliards d'humains, presque tous sédentaires, peuplent la terre. Leurs sociétés sont très inégalitaires, puisque environ 1 % d'entre eux possèdent la moitié de la richesse mondiale.
    Comment en est-on arrivé là ? Que s'est-il passé pendant ces dix millénaires trop souvent absents de notre culture générale et médiatique ? Une invention décisive, en plusieurs endroits du globe : celle de l'agriculture et de l'élevage. Grâce à elle, la population humaine va s'accroître rapidement, prendre le contrôle de la planète et éliminer un grand nombre d'espèces biologiques. L'expansion démographique continue débouche sur la création des premières villes, des premiers États et, finalement, de l'écriture et de l'histoire...
    Cette « révolution néolithique » a vu se mettre en place des pratiques qui ont toujours cours aujourd'hui : le travail, la guerre ou encore la religion. Jean-Paul Demoule les explore avec la hauteur de vue de l'archéologue et la passion de transmettre. Il bouscule notre vision de la préhistoire et notre rapport au monde tel qu'il est, ou tel qu'il pourrait être.

  • À quoi sert l'archéologie ? L'archéologie fascine, elle fait partie des métiers que voudraient faire les enfants, voeu que très peu réaliseront. Les enfants en effet s'interrogent sur l'origine, et tous les adultes à leur tour. Car, au fond, la question est bien celle de l'origine : du monde, des humains, de chaque société. Et pour élucider ces mystères, depuis le XIXe siècle, l'archéologie s'est progressivement substituée aux religions et assure une mission essentielle : elle construit le passé, le territoire et la légitimité historique de chaque nation.
    C'est ce que montre cet essai, où l'archéologue engagé Jean-Paul Demoule rend compte de la double fonction de cette discipline, scientifique d'une part, idéologique de l'autre, avec des frontières qui parfois se brouillent. En témoignent les débats français autour de l'enseignement de l'histoire et du " roman national ", puis de l'" identité nationale ", marqués depuis les années 2000 par l'irruption des " Gaulois ", des " Barbares " et des manipulations de l'histoire dans les discours politiques et médiatiques.
    En témoignent également, dans de nombreux pays, les manières dont agit l'archéologie, tant dans ses interprétations historiques que dans sa mise en oeuvre sur le terrain, avec sa contamination croissante par les idéologies ultralibérales de la concurrence généralisée. On verra ainsi, dans le cas spécifique de la France, comment la convergence des intérêts économiques à court terme, de l'idéologie ultralibérale mais aussi des incuries administratives met en danger le sauvetage d'un patrimoine archéologique gravement menacé.

  • Ouvrage couronné par l'Académie françaiseMais où sont passés les Indo-Européens ? On les a vus passer par ici, depuis les steppes de Russie, ou par là, depuis celles de Turquie. Certains les ont même vus venir du Grand Nord. Mais qui sont les Indo-Européens ? Nos ancêtres, en principe, à nous les Européens, un petit peuple conquérant qui, il y a des millénaires, aurait pris le contrôle de l'Europe et d'une partie de l'Asie jusqu'à l'Iran et l'Inde, partout où, aujourd'hui, on parle des langues indo-européennes (langues romanes comme le français, slaves comme le russe, germaniques comme l'allemand, et aussi indiennes, iraniennes, celtiques, baltes, sans compter l'arménien, l'albanais ou le grec). Et depuis que les Européens ont pris possession d'une grande partie du globe, c'est presque partout que l'on parle des langues indo-européennes - sauf là où règne l'arabe ou le chinois.Mais les Indo-Européens ont-ils vraiment existé ? Est-ce une vérité scientifique, ou au contraire un mythe d'origine, celui des Européens, qui les dispenserait de devoir emprunter le leur aux Juifs, à la Bible ?Jean-Paul Demoule propose dans ce livre iconoclaste de s'attaquer à la racine du mythe, à sa construction obligée, à ses détournements aussi, comme la sinistre idéologie aryenne du nazisme, qui vit encore. Il montre que l'archéologie la plus moderne ne valide aucune des hypothèses proposées sur les routes de ces invasions présumées, pas plus que les données les plus récentes de la linguistique, de la biologie ou de la mythologie. Pour expliquer les ressemblances entre ces langues, d'autres modèles restent à construire, bien plus complexes, mais infiniment plus intéressants.Pour aller plus loin : jeanpauldemoule.com

  • Du monumental vase de Vix jusqu'au disque de Nebra, la plus ancienne carte du ciel connue, en passant par les premiers temples de l'humanité en Turquie ou les tunnels regorgeant d'offrandes de Teotihuacan, jamais autant de trésors n'ont été découverts que ces dernières décennies. C'est cette richesse fascinante que Jean-Paul Demoule entend explorer avec nous dans cet ouvrage.
    Mais au-delà de l'or des Scythes ou des pharaons, des « trésors » non moins estimables sont là, sous nos pieds, insignifiants en apparence - comme ce brin de cannabis trouvé dans une tombe chinoise - si ce n'est invisibles - la séquence ADN qui a caractérisé l'homme de Denisova.
    Fervent défenseur de l'archéologie préventive, l'auteur montre qu'il importe de les sauver, mais aussi de les penser pour que des mots comme « civilisation », « peuple », « culture » ou « migration » ne soient pas détournés. Fouiller, c'est plus que jamais éclairer notre avenir.

  • C´est fou le nombre de clichés que nous continuons de véhiculer à propos de l´histoire de France. Ainsi : nos ancêtres sont les Gaulois, d´ailleurs de pittoresques barbares - heureusement que les Romains sont passés par là... Le Moyen Âge n´est qu´une sorte de longue nuit où il ne se serait pas passé grand-chose... Clovis fut un acteur majeur de l´identité de la France... Les Barbares nous ont envahis... Et tout à l´avenant.

    Or, comme le dévoile ce livre avec maestria, les fouilles menées surtout depuis vingt ans nous prouvent à quel point le passé sur le territoire que nous appelons France n´a rien à voir avec ce que continuent de raconter les leçons encore préconisées par l´Éducation nationale. Des leçons dépassées qui traduisent chez nombre de responsables (de programmes, voire politiques) « au mieux une inculture, au pire des a priori idéologiques accablants ». Regrettable : la richesse de ces fouilles qui apparaissent ici dans toute leur multiplicité n´est montrée que ponctuellement à la télévision, à destination du grand public, et leur sens profond n´est pas toujours explicité.

    C´est donc à un décapage vigoureux que se livre - non sans humour - Jean-Paul Demoule, qui fut pendant plus de dix ans à la tête de l´institut majeur de fouilles en activité sur notre territoire, l´Inrap, invitant son lecteur à reprendre le fil de l´histoire réelle, tout en en dénonçant les manipulations. Audacieux, il évoque d´emblée la préhistoire quand les premiers immigrants semblent déjà arrivés d´Afrique sur notre territoire actuel (vers Béziers). Ensuite, nous allons rencontrer les Homo sapiens, créateurs d´art dans les grottes ornées il y a 35 000 ans, les « colons du Moyen-Orient » apportant l´agriculture et l´élevage il y a environ 7 800 ans, les Gaulois experts dans la métallurgie du fer, les Romains et... des Barbares moins barbares que leur nom ne continue de le suggérer ! Sans oublier de revisiter les modes de vie plus proches de nous, au Moyen Âge, à la Renaissance et jusqu´à la Seconde Guerre mondiale, selon les couches de la société et ses membres très divers.



    L´archéologie nous raconte une nouvelle histoire de France - concrète et argumentée - et non sa reconstruction idéologique poussiéreuse, voire dangereuse, remontant au XIXe siècle et à la IIIe République.

  • Il y a environ dix millénaires, l'histoire de l'humanité connut une véritable révolution : dans différentes régions du monde, de petits groupes de chasseurs-cueilleurs entreprirent de domestiquer certains animaux - chien, mouton, chèvre, buffle, lama... - et de cultiver certaines plantes - blé, orge, lentille, mil, riz... de la biologie, de la philosophie, de la science des religions,
    de l'histoire et de la psychanalyse, quelques-unes des innombrables interrogations que fait surgir la question du "mourir".

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • « La moitié de l'humanité est désormais confinée. Ce serait un événement considérable, du jamais vu dans l'histoire. En réalité, l'histoire de l'humanité pourrait être, malgré les apparences de la mondialisation, celle de son confinement progressif, depuis le nomadisme des débuts paléolithiques jusqu'aux concentrations urbaines actuelles. » Jean-Paul Demoule

  • Nous entraîne dans un passionnant tour de France archéologique, qui débute avec l'apparition en Auvergne de l'Homo erectus (un million d'années avant notre ère) et se termine au bord de la Méditerranée, lorsque la conquête de la Gaule par les Romains est

  • La révolution néolithique qui a lieu entre 10 000 et 5 000 avant notre ère en plusieurs endroits du globe, est le moment le plus décisif de l'histoire humaine. C'est le passage de la cueillette et de la chasse à l'invention de l'agriculture et de l'élevage.
    Jean-Paul Demoule présente ici les raisons climatiques, environnementales et culturelles de cette révolution.
    Des conséquences infinies.
    Ses conséquences sont multiples et nous les observons chaque jour : explosion démographique, migrations, sédentarisation, naissance des villes et de l'écriture, essor des violences entre communautés.
    Comprendre le changement.
    Cet enregistrement à la fois détaillé et dune grande hauteur de vue fait un point complet sur une période charnière de l'histoire de l'humanité. Il offre une mise en perspective de notre rapport multi-millénaire au monde en tant qu'héritiers directs de ces premiers paysans et éleveurs.

  • Ce guide présente des notions générales sur le travail archéologique tel qu'il se pratique actuellement, tout en le replaçant dans son histoire et au sein des sciences humaines. Les auteurs s'adressent particulièrement à des étudiants, mais tous ceux qui souhaitent s'initier à l'archéologie apprécieront également ce guide. Grâce à lui, les étudiants de licence peuvent bénéficier d'un manuel adapté à leurs besoins. Cette nouvelle édition, actualisée, augmentée et illustrée, accorde une place importante aux renouvellements de la recherche archéologique de ces dernières années. Bénéficiant de l'expérience de quatre enseignants-chercheurs, archéologues et pédagogues reconnus et très complémentaires, ce manuel allie rigueur scientifique et accessibilité.

  • On connaît le jeu du « cadavre exquis », qui consiste à faire un dessin, puis à plier la feuille en n'en laissant dépasser qu'un fragment, à partir duquel le joueur suivant improvise son propre dessin... Les quatre auteurs de ce livre, en reprenant le principe, l'ont adapté à la description d'une planète plausible et des diverses formes de vie susceptibles d'y apparaître et de s'y développer. Quelle espèce extraterrestre le hasard et les lois de l'évolution vont-ils produire ? Cette « exquise planète », inventée en restant autant que faire se peut dans le champ du possible par un astrophysicien, un paléontologue et un archéologue, ne ressemble guère à la Terre, si ce n'est par l'inépuisable inventivité de ses espèces, et pourtant elle aurait pu être la nôtre si le hasard en avait décidé ainsi. Et elle prend un relief bien particulier quand un écrivain de science-fiction, Pierre Bordage, prenant le relais final, vient enrichir les descriptions scientifiques et factuelles d'un souffle épique qui efface la frontière commodément tracée entre science et fiction. Pierre Bordage, auteur de science-fiction, s'intéresse à tous les genres du domaine. Spécialiste du « space opera » (Les Guerriers du silence, Abzalon, Griots célestes), il ne néglige ni le « postapocalyptique » (Le Feu de Dieu), ni la « fantasy historique » (L'Enjomineur), l'anticipation (Wang), l'uchronie (cycle de Ceux qui sauront) ou la « fantaisie » (Les Fables de l'Humpur). Jean-Paul Demoule, archéologue, professeur de protohistoire européenne à l'université Paris-I et membre de l'Institut universitaire de France, a présidé l'Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP). Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont On a retrouvé l'histoire de France. Roland Lehoucq, astrophysicien au CEA dans le domaine de la topologie cosmique, s'est fait une spécialité de vulgariser la science à partir d'ouvrages de fiction (La Science-Fiction sous les feux de la science, D'où viennent les pouvoirs de Superman ?). Il tient la rubrique « Scientifiction » dans la revue Bifrost. Jean-Sébastien Steyer, paléontologue au CNRS rattaché au Muséum national d'histoire naturelle, signe des rubriques liant la science et l'imaginaire dans les revues Pour la science et Espèces. Il est l'auteur de La Terre avant les dinosaures. 

  • La révolution néolithique est sans doute l'un des événements majeurs de l'histoire humaine. Indépendamment, dans plusieurs régions du monde, des espèces animales et végétales sont domestiquées, permettant une maîtrise des ressources alimentaires. Il en résulte une explosion démographique sans précédent qui conduit en quelques millénaires à des sociétés inégalitaires et violentes où apparaissent des villes et des États. Cet ouvrage, associant les points de vue d'archéologues, d'anthropologues, de linguistes, de généticiens, d'agronomes, s'interroge sur les causes de cette révolution et en décrit les diverses formes dans les principales régions du monde - Proche-Orient, Afrique, Chine, Amériques, Océanie, Japon - grâce aux acquis les plus récents de la recherche. En résulte une analyse des conséquences sociales, économiques, culturelles, mais aussi écologiques et démographiques de l'invention de l'agriculture et de l'élevage qui est, peut-être, la première grande rupture des équilibres entre l'homme et la nature.

  • Quels sont les apports de l'archéologie aux interrogations les plus récentes sur la trajectoire de l'humanité, son évolution biologique et cognitive, ses rela-tions à l'environnement, l'histoire de ses techniques de production comme de destruction ? L'archéologie offre-t-elle des outils pour renouveler l'approche des notions de communauté et de territoire ? Peut-elle éclairer la réflexion sur les catégories de peuple et de nation ? Permet-elle de mieux appréhender les passions nationalistes et les intégrismes ? Quelle peut être la contribution de la connaissance des sociétés anciennes à la vie dans la Cité ? Comment se nouent les liens entre l'archéologie et les autres disciplines ?
    Cet ouvrage réunit des contributions de philosophes, historiens, sociologues, psychanalystes, anthropologues et archéologues, de plusieurs pays, qui examinent les différents aspects de cette relation de l'homme à son passé et soulignent les enjeux contemporains de l'archéologie.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2008.)

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